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Fils d'un marchand desuif et de chandelles, la vie de Benjamin Franklin est en grande partie caractérisée par la volonté d'aider la communauté. La fondation des premierssapeurs-pompiers volontaires à Philadelphie, la première bibliothèque de prêt des États-Unis et l'invention dupoêle à bois à combustion contrôlée illustrent son ambition d'améliorer la qualité de vie et l'accès à l'éducation de ses concitoyens. Avec l'invention duparatonnerre, il parvient à écarter le danger que représentait jusqu'alors la foudre.
Son ascension sociale — rapportée à travers les nombreuses éditions de son autobiographie — restera longtemps un exemple de réussite par le travail et la discipline. Faisant partie despères fondateurs des États-Unis, son portrait figure sur lesbillets de 100 dollars américains.
Benjamin Franklin est né le[2], dans laMilk Street, àBoston. Dernier né d'une fratrie de dix-sept enfants (au sein d'une famille modeste, marquée par une atmosphèrepuritaine et conformiste, vivant de la fabrication de chandelles et de savons), il est le fils d'un immigré et colon anglaisJosiah Franklin(en).
Sa famille avait prévu qu'il fasse des études pastorales et pour le préparer àHarvard, son père, avec l'appui de son oncle, l'envoya à laSouth Grammar School[3] à l'âge de huit ans. Malgré ses très bons résultats, son père fut convaincu qu'il n'avait ni la vocation ni les qualités propres à la vie ecclésiastique[4].
Il est alors envoyé jusqu'à l'âge de dix ans dans une école d'écriture et d'arithmétique, laGeorge Brownell’s English School, où il acquiert une belle écriture mais ne brille pas en arithmétique[réf. nécessaire].
Le père, reculant devant le coût d'une scolarisation peut-être inutile alors que ses grands fils ont tous appris un solide métier manuel, le rappelle à l'âge de dix ans pour travailler dans son magasin commeartisan enbougies etsavons. Cette activité étant loin de satisfaire le jeune Franklin, son père lui accorde alors de découvrir de nombreux métiers :maçon,tonnelier,chaudronnier, qui lui permettent d'acquérir toutes sortes de compétences qui se révéleront utiles dans ses travaux scientifiques. Ses derniers jeux enfantins sont en outre restés légendaires : Benjamin et quelques compagnons d'aventure nagent dans les étangs et font ducanoë sur la rivière non loin de chez lui. Ils construisent des chaussées pierreuses à travers les marais pour s'avancer en des points d'observation ou de havre sans se mouiller. Par grand vent au printemps ou en automne, ils font virevolter leurscerfs-volants. Benjamin, précurseur d'unkitesurf rudimentaire, utilise même la propulsion d'un cerf-volant pour franchir plus vite et plus facilement qu'à la simple nage un plan d'eau[réf. nécessaire]..
Le jeune Benjamin Franklin reste surtout intéressé par les livres, à tel point que dans sonAutobiographie, il raconte qu'il« ne se souvient pas n'avoir jamais été sans savoir lire ». Cela pousse son père Josiah, en 1718, à envoyer le jeune Benjamin travailler chez son autre fils James, récemment rentré de Londres et installé commeimprimeur àBoston. Mais James est un patron sévère et acariâtre, prêt à s'emporter en de furieuses colères. Néanmoins, Benjamin, lorsqu'il n'est pas terrorisé, commence réellement à écrire et à lire. Les rencontres avec les clients de l'imprimerie lui ouvrent discrètement les portes de nombreuses bibliothèques, à moins qu'il n'emprunte le soir à la dérobée les ouvrages à l'atelier de reliure[réf. nécessaire]..
En1724, James entreprend l'édition d'un journal, leNew England Courant sous lepseudonyme deDameSilence Dogood[5] (litt. « Silence Faitdubien »). Le personnage du rédacteur inventé par Benjamin était une vieille veuve, « sainte-nitouche », habitant à la campagne[6]. Sous ce pseudonyme il écrit plusieurs articles, qu'il glisse sous la porte de l'atelier de son frère chaque nuit. Lequel ignore alors quel est l'auteur de ces articles[réf. nécessaire].
Ses textes connaissent immédiatement un grand succès auprès du public. Lorsque James est emprisonné pour avoir critiqué les autorités, pour rappeler la liberté d'expression de la presse, Benjamin publie une citation d'un journal britannique :
« […] sans liberté de pensée, il ne peut y avoir de sagesse ; et pas de liberté du peuple sans liberté d'opinion ; celle-ci est le droit de chaque homme tant qu'il ne porte pas atteinte à la liberté d'autrui. »
Pendant la période d'emprisonnement de son frère, Benjamin Franklin publie seul leNew England Courant avant que le titre ne soit interdit. Un subterfuge qui clôt précocement l'apprentissage de Benjamin permet à son frère James interdit de publication de continuer à publier le journal sous le seul nom de Benjamin Franklin en évitant lacensure. Mais il ne traite pas mieux son cadet qui reste un apprenti insolent à ses yeux, et selon lui, mérite d'être battu.
La rédaction d'un nouveau contrat d'apprentissage, caché, est à l'origine d'une terrible dispute avec son frère James. Cela pousse Benjamin Franklin âgé de 17 ans à vouloir quitter l'entreprise de son frère pour une autre. Mais James répand sur lui de viles méchancetés, apprenti en rupture d'autorité, en avertissant les autres imprimeurs locaux. Josiah Franklin s'efforce de réconcilier ses deux fils. Mais James, désagréable, pousse Benjamin à quitter Boston pourNew York. Il n'y trouve pas d'emploi d'ouvrier imprimeur anglophone. Le vieil imprimeur Bradford, désolé du désarroi de Benjamin, l'héberge gratuitement. Il indique que sa ville a toujours l'âme en grande partie néerlandaise. L'imprimeur cependant lui recommande d'aller àPhiladelphie, car il savait que son fils Andrew Bradford également imprimeur y avait une activité plus grande[réf. nécessaire].
Très jeune, Benjamin Franklin comprend que l’écriture est le meilleur moyen de répandre ses idées ; aussi perfectionne-t-il saprose souple, non pour le principe mais pour se forger un outil. « Écris comme les savants, disait-il, et parle comme le vulgaire ». Il se conforme au conseil donné par laRoyal Society en1667, recommandant « une manière de parler naturelle, sans fioritures »[réf. nécessaire].
Lorsqu’il quitteNew York pourPhiladelphie, enPennsylvanie, terre desquakers pacifistesanti-esclavagistes, son bagage intellectuel était celui des couches sociales supérieures. Mais il avait les vertus puritaines du travail soigné, de l’auto-examen minutieux et du désir de s’améliorer. Toutes ses vertus se retrouvent dans sonAutobiographie, qui se veut aussi un livre à l'usage de son fils. La section la plus connue de ce récit décrit son programme scientifique d’amélioration personnelle. Une liste de treizevertus :tempérance,silence, ordre, détermination,frugalité,industrie,sincérité,justice, modération,propreté,tranquillité,chasteté ethumilité, et qui s’accompagne pour chacune d’une maxime. Pour la tempérance par exemple :« Ne mange pas jusqu’à la somnolence. Ne bois pas jusqu’à la griserie. » Ses écrits louant l'honnêteté, la prudence (envers la chance) et le travail ont été cités parMax Weber dansL'Éthique protestante et l'Esprit du capitalisme[7].
En1722, Benjamin Franklin s'affirme végétarien. Il écrit sur son carnet les consignes suivantes :
« Ne pas manger de viande » ;
« Ne boire que de l'eau » ;
« Ne pas mentir » ;
« Ne pas dire du mal des autres » ;
« Faire de son mieux ce qu'on entreprend » ;
« S'instruire toutes les fois qu'il est possible ».
Sans le moindre argent, il s'établit alors àPhiladelphie, où il trouve une place d'apprenti-imprimeur chez Keimer, grâce à l'appui du fils Bradford.
Le hasard veut qu'il rencontre rapidement le gouverneur de laPennsylvanie,William Keith(en), qui lui adresse force louanges sur la qualité de son travail et lui propose de fonder sa propreimprimerie à Philadelphie. Keith, le prenant sous son patronage, rédige une lettre de recommandation pour convaincre le père de Benjamin Franklin de l'aider financièrement. Le retour de Benjamin comme fils prodigue àBoston en1724 est un échec complet. Le père refuse l'avance financière et Benjamin ne parvient pas à se réconcilier avec son demi-frère James. Le gouverneur lui promet alors des lettres de crédit pour lui permettre d'acheter le matériel d'imprimerie àLondres en Angleterre[8].
Benjamin Franklin part enAngleterre, mais le gouverneur ne lui fait jamais parvenir les lettres de crédits. Le gouverneur était réputé pour ses promesses, qu'il avait pour habitude de ne jamais tenir, ce que Franklin apprit trop tard. Grâce à l'appui et l'affection paternelle du vieux marchand quaker Denham, Franklin ne désespère pas. Toujours animé par l'idée de créer sa propre imprimerie, Benjamin Franklin travaille alors dix-huit mois àLondres comme imprimeur chez Samuel Palmer, où il accumule une petite épargne, surtout en donnant des cours de natation en fin de semaine. Terminant sa formation, il apprend surtout les dernières techniques en matière d'impression et s'initie à la science, notamment à la physique et la chimie, l'optique et la mécanique. Franklin se sent bien à Londres, mais le bon Denham qui repart vers l'Amérique lui rappelle de manière paternelle son premier objectif. Plusieurs rencontres lui permettent de revenir en Amérique en tant que commerçant avec un Anglais pour associé.
De retour àPhiladelphie, la disparition brutale du bon marchand Denham, qui s'était associé à son projet, condamne autant son entreprise que son installation par manque de capital suffisant. Elle le force à reprendre une activité d'ouvrier imprimeur à l'imprimerie Keimer dans laquelle il avait déjà été apprenti. Une dispute à propos de son salaire le décide définitivement à fonder sa propre imprimerie. Auparavant, chez Keimer, un ouvrier issu d'une famille fortunée, Meredith, s'associe à parts égales avec lui pour fonder son entreprise. Il lui prête en premier lieu l'argent qui lui faisait défaut afin de faire venir le matériel d'impression d'Angleterre. En attendant, pendant une période de trois mois il travaille toujours pour son ancien patron et imprime des billets de banque pour la colonie duNew Jersey.
Le métier d'imprimeur le met en contact avec les rudes réalités de l'entreprise. Modeste, contraint de rembourser ses emprunts, il n'est que le directeur et homme à tout faire alors que Meredith, insouciant, se contente de vivre de ses revenus.
En1729, il fait l'acquisition de l'imprimerie et du journal d'un concurrent, laPennsylvania Gazette. Cela lui permet de publier régulièrement des chroniques et des éditoriaux qui en font bientôt le quotidien le plus lu de l'Amérique coloniale.
Pour développer l'économie dePhiladelphie il défend l'idée d'y imprimer aussi du papier monnaie de l'État de Pennsylvanie, et par la même occasion en obtient le marché. Ce contrat très lucratif lui permet de rembourser ses dettes. Il parvient même à racheter les parts de son partenaire imprimeur, Meredith. Par la même occasion, il ouvre une boutique vendant dupapier, desparchemins et divers autres articles.
Le, il est élu imprimeur officiel du gouvernement de laPennsylvanie.
Cette même année, il accepte d'épouser une veuve, dont le nom de jeune fille estDeborah Read. Ce n'est pas une inconnue. Il s'agit de la fille de la famille de Philadelphie qui l'avait hébergé durant les premiers temps après sa venue de Boston. Avec ce mariage qui lui donne deux enfants, son fils William et sa fille Sally, il conforte sa position sociale.
Parallèlement, il se lance dans plusieurs activités sociales et culturelles. Il fonde « la Junte », groupe de discussion se réunissant chez lui les vendredis de chaque semaine pour débattre de sujets philosophiques et créer une réelle entraide entre vingt membres et au-delà de se soucier de tous les citoyens. Mais le succès est tel qu'il est contraint d'inciter à la multiplication de ce genre d'association, ne pouvant accueillir chez lui tous ceux qui voudrait y prendre part. Il décide de fédérer les associations et de leur donner des objectifs communs ou spécifiques. Il a l'idée de mettre en commun les livres de tous les membres afin de créer une bibliothèque.
Cela lui donne alors l'idée de fonder la première bibliothèque municipale en 1731. La bibliothèque était accessible à tous contre une modique souscription annuelle. En 1742, la bibliothèque s'enrichit de nouveaux membres et surtout de livres et prend le nom de « Compagnie de la bibliothèque de Philadelphie ». À cette époque, la bibliothèque comptait environ8 000 livres, des instruments et outils de physique, une collection d'objets d'histoire naturelle, ainsi que des collections d'arts et quelques terres autour de Philadelphie. Le modèle de la bibliothèque est copié à la grande joie de Benjamin Franklin dans tout l'État de Pennsylvanie, et dans les autres colonies. L'idée de rendre accessible les livres au plus grand nombre réjouissait Benjamin Franklin, qui y voyait un moyen de transmettre les idéaux de liberté.
À partir de1732, il publie un almanach sous le pseudonyme de Richard Saunders (unastrologue britannique) qui devient simplement lebonhomme Richard ou lepauvre Richard. Il continuera à le publier annuellement durant vingt-cinq ans, sous le titreL'Almanach du Bonhomme Richard (Poor Richard's Almanack). Franklin publie sous ce pseudonyme des proverbes, des adages et des conseils. Ils sont choisis et souvent adaptés par ses soins :
« Il n'y a pas de petits ennemis »
« Une seule pomme pourrie gâte ses voisines du panier »
« Chat ganté n’attrape pas de souris »
« L'école de l'expérience coûte cher, mais les sots n'en connaissent pas d'autres »
« Un œuf aujourd'hui vaut mieux qu'une poule demain »
Il apprend aussi plusieurs langues étrangères parmi lesquelles lefrançais, l'allemand, l'espagnol et l'italien. Cet almanach était aussi un recueil de maximes et de textes vantant les progrès de l'industrie et donnant des conseils économiques. La première édition se vend à 10 000 exemplaires.
Après avoir sollicité son entrée qui lui est d'abord refusée, il est reçu au sein de la loge« Saint-John » en février 1731. Cette loge à laquelle il reste fidèle durant sa vie fonctionne avec une patente reçue d’Écosse et se réunit au« Dragon Vert »[9]. Le frère McCalla de la loge« Keystone » trouve le grand livre authentique de laJohn's Lodge, renfermant des détails sur les membres de cet atelier depuis juin1731 jusqu’en juin1738. D'après ce livre, il ressort que Benjamin Franklin fut élevé au troisième degré dans cette loge le[10]. Cette loge joue un rôle de loge provinciale et il en devient le second grand surveillant en juin 1732, puis le vénérable maître.
Le, il devient grand-maître de laGrande Loge de Pennsylvanie qui entretient des relations avec laGrande Loge d'Angleterre où il siège avec le titre de grand-maître provincial. Lors de son séjour àParis, il est affilié à la loge desNeuf Sœurs où il assiste à l'initiation deVoltaire qui entre dans le temple appuyé sur son bras. Il est élu vénérable maître de cette loge le et le reste jusqu'en 1781[9].
Ses activités d'imprimeur et d'écrivain, et surtout d'éditeur et d'animateur d'association, permettent à Benjamin Franklin de se lancer en politique. La société des Amis contrôle l'espace politique pennsylvanien par des dirigeants intransigeants. Mais Benjamin, animateur d'associations ouvertes, tolérantes et appelant au bien public, possède un grand capital de sympathie auprès de la foule des modestes quakers. Par son sens du concret et de l'utile, Benjamin et ses amis rassemblent toutes les confessions, et même rêvent d'unir amicalement les différentes colonies, profondément divisées, irrémédiablement distantes, fières de leurs particularismes et haineusement jalouses sur tous les plans économiques, sociaux, religieux et politiques. Pour vouloir accepter de régler les innombrables jonctions de transports et d'échanges, ne faut-il pas avoir cet idéal de fraternité fixé au cœur ?
1736 : nommé secrétaire de l'assemblée générale de Pennsylvanie, il est réélu tous les ans avant de devenir représentant de la ville dePhiladelphie.
1737 : il obtient le titre de maître des Postes. Cette fonction importante facilite la diffusion de ses journaux et ses idées, et lui permet en outre d'être en lien avec les autres colonies.
1738 : il met en place la première compagnie de pompiers américaine à Philadelphie, la « Union Fire Company »[11]. Plusieurs compagnies concurrentes se créèrent alors à Philadelphie, mais il réussit à les fusionner. Philadelphie ne connaît pas de grand incendie durant cette période. Avec la même idée, il crée aussi une compagnie d'assurance contre le feu.
1743 : il fonde un club qui est à l'origine de la Société américaine de Philosophie (American Philosophical Society). La société édite une revue savante, leJournal of American Philosophical Society.
1744 : alors que l'Assemblée était incapable de mettre en place un plan pour défendre la colonie des incursions indiennes (les Amérindiens étaient alors alliés des Français), il réussit à créer une association volontaire pour la défense du pays. Le nombre de volontaires s'élève rapidement à 10 000.
1747 : il est élu, par la ville de Philadelphie, membre de l'Assemblée générale de la province (il batailla souvent contre les propriétaires qui demandaient toujours plus d'avantages tout en refusant les impôts).
1748 : Vivant dans l'aisance depuis le succès de ses almanachs, il se retire de la vie professionnelle à la fin de l'année en cédant son imprimerie. Désormais, l'honorable rentier peut se consacrer à la vie associative et politique pennsylvannienne, tout en maintenant une intense activité de recherche et en gardant ses fonctions officielles au service de la couronne britannique.
1749 : il crée avec ses amis le premier collègeAcademy of Philadelphia aujourd'huiuniversité de Pennsylvanie. Il est aidé financièrement en cela par la famille Penn, descendants du fondateur de la ville de Philadelphie,William Penn. Il en devient immédiatement le président.LeJoin, or Die, dessin prônant l'Union des colonies attribué à Benjamin Franklin.
1751 : il est élu membre de l’Assemblée de Pennsylvanie.
1752 (février) : il crée et ouvre lePennsylvania Hospital à Philadelphie.
Le, il est éluDeputy Postmaster General of North America. Cela lui permet d'avoir des contacts avec l'ensemble des 13 colonies. Sa réforme du système instaura des liaisons postales hebdomadaires entre Phildadelphie et Boston, ce qui permit de diviser par deux les délais de livraison[12].
1754-1755 : il tente d'unifier les colonies pour se défendre plus efficacement face aux Français, en prélude à laguerre de Sept Ans qui oppose la Grande-Bretagne et la France, en particulier pour le contrôle de la vallée de l'Ohio. Au cours de l'hiver 1754-1755, Benjamin Franklin, représentant de l'assemblée de Pennsylvanie, s'inquiète de la présence militaire française àFort Duquesne. Au printemps, il s'efforce d'apporter une aide efficace aux troupes du généralEdward Braddock. Après l'écrasement de celles-ci par les Français, la défense des frontières pennsylvaniennes est confiée au colonel Franklin, qui instaure une section d'artillerie, destinée à impressionner les indiens.
1756 : il réforme la police de Philadelphie, en mettant en place un nouveau règlement visant à mieux protéger les citoyens tout en préservant leur vie privée. Il met en place un éclairage public dans les rues de Philadelphie. Il a alors cinquante ans.
1757 : l'assemblée de Philadelphie l'envoie à Londres pour régler les problèmes entre les propriétaires terriens (la famillePenn) et le gouvernement.
Le, il se voit décerner undoctorat honorifique par l'université de St Andrews grâce à ses travaux en science. Il recevra un honneur similaire de l'université d'Oxford en 1762. Ainsi, même s'il n'a reçu aucune éducation universitaire, on le désigne désormais souvent « docteur Franklin ».
1760 : L'assemblée de Pennsylvanie gagne à Londres son long procès contre les propriétaires Penn. Ceux-ci, s'inclinant devant l'autorité royale qui les déclare contributeurs, demandent à Benjamin Franklin de veiller à une répartition équitable de l'impôt pennsylvannien ainsi qu'à l'établissement de taxes justes. À l'instar des autres colonies américaines, la politique royale d'exploitation et de contrôle des ressources y est observée en première ligne.
Le, il perd son siège à l'assemblée de Pennsylvanie ; il est accusé par ses adversaires d'être favorable au gouvernement royal, parce qu'il convoiterait le poste de gouverneur. Il est nommé agent des colonies àLondres, (soit l'ambassadeur de fait non seulement de la Pennsylvanie, mais aussi duMassachusetts, duNew Jersey et de laGéorgie). Il est de retour enAngleterre le 9 décembre, où il accoste à l'île de Wight. Il reste onze ans à ce poste.
Benjamin Franklin se convertit très tardivement à l’idée des États-Unis. Pour l’historien américain Gordon Wood, avant de devenir « the First American » (« le premier Américain »), Franklin est d'abord le dernier colon. Pendant la majeure partie de sa vie, il se considèreBritannique et faisant partie d’unEmpire. Il ne se réinvente en Américain militant qu’à partir de 1775, quand il a quitté son poste de représentant des colonies en Angleterre[13].
Il est longtemps resté convaincu de la supériorité des Britanniques, allant même jusqu'à dénoncer l'arrivée massive d'immigrants allemands en Pennsylvanie. Dans une lettre de 1753, il déplore que parmi ceux qu'il qualifie de « rustres de Palatins » : « peu de leurs enfants apprennent l'anglais. Ils font venir de nombreux livres d'Allemagne. Bientôt ils seront plus nombreux que nous, si bien que tous les avantages dont nous disposons ne suffiront pas à préserver notre langue »[14]. À l'exception des Saxons, considérés comme les ancêtres des Britanniques, Franklin ne considère pas les Allemands comme des « Blancs », ni même les Suédois, les Russes, les Italiens, les Français ou les Espagnols. « Le nombre de personnes parfaitement blanches dans ce monde est très faible », déplore-t-il dans un essai en 1751[14]. Jusqu'en 1775, Franklin n'a jamais renoncé à son rêve d'une Amérique peuplée de Britanniques. À la suggestion d'encourager les unions entre Britanniques et Allemands, de son ami Peter Collinson, il répond : « Les femmes allemandes sont généralement si déplaisantes pour l'œil anglais qu'il faudrait une dot considérable pour inciter un Britannique à accepter un tel mariage »[14]. Finalement, conscient que l'installation des Allemands est définitive, Franklin devient l'administrateur d'une association caritative qui finance des écoles anglaises dans les quartiers allemands. Son succès sera toutefois mitigé, les immigrés se sentant surveillés et menacés[14].
Plaque commémorative de l'indépendance des États-Unis d'Amérique, 56 rue Jacob,Paris6e
Il rentre de Grande-Bretagne où il était représentant des colonies, chargé d'empêcher l'application duStamp Act. Son accueil est salué puisqu'il a réussi, non sans s'être fait humilier par le conseil privé du roi après les troubles duMassachusetts. Il retourne tristement à Philadelphie, où, après moult hésitations, il se range parmi les partisans de l'indépendance, au contraire de son fils William, gouverneur duNew Jersey depuis1762. Il ne peut désavouer la conscience américaine libre. Il condamne cependant leBoston tea party, qu'il considère comme étant un « acte d'injustice violent »[15]. Malgré sa délicate situation personnelle et familiale, il rejoint le mouvement d'indépendance. En1776, il préside la « convention constitutionnelle de Philadelphie ». Il est membre de laCommission des Cinq, avec notammentThomas Jefferson, chargée par leSecond Congrès continental de rédiger le texte de laDéclaration d'Indépendance. Il en est un des signataires au côté de représentants desTreize Colonies.
En, Franklin part pour Paris, afin de servir d'ambassadeur officieux des États-Unis en France[16], accompagné deSilas Deane, ami et diplomate, etArthur Lee, diplomate plus jeune qui l'accompagne.
Accompagné de ses deux petits-enfants, il traverse l'Atlantique sur le vaisseauReprisal malgré les navires militaires britanniques. Il essaie, en plongeant un thermomètre dans l'eau, de trouver des indices d'un puissant fleuve maritime chaud qui mène vers les côtes d'Europe selon la croyance des vieux navigateurs. Mais dénutri et malade, il voit les côtes de France le. Le lendemain, il débarque àAuray dans leport Saint-Goustan[17]. La délégation américaine gagne Nantes puis Paris par la route. Entre-temps, remis sur pied, Benjamin a lu la description stéréotypée que font de lui les journaux, entretenant une attente frénétique. Il garde ses lunettes, le bonnet de fourrure du philosophe américain, son simple bâton de marche. Sans épée, sans perruque poudrée, l'ambassadeur républicain vêtu de manière simple fait sensation. Le savant qui parle français avec accent et lenteur, si ce n'est avec difficulté, entreprend avec patience une carrière diplomatique des plus réussies. Il est là pour appeler les Français à soutenir les Américains dans leurguerre d'indépendance. Porté aux nues par la communauté scientifique et littéraire parisienne, il est vu comme l'incarnation des valeurs humanistes desLumières. À une réunion de l’Académie française, Franklin etVoltaire, pourtant très malade mais attiré par la grande célébrité du penseur américain, se lient d'amitié et s'embrassent publiquement.Turgot exprime lui aussi son admiration pour le diplomate.
Il choisit de séjourner dans une grande résidence desservie par de nombreux serviteurs à Passy, entretenant une douce amitié avec quelques beautés mesdames Helvétius ou Brillon. Sa vie se partage ainsi entre badinage en français et rapports scientifiques, entre promenade au bois de la Muette et études dans son cabinet avec ses secrétaires. Il y invite à dîner ses voisins autant que les personnalités les plus en vue du royaume. Entre 1777 et 1785, il loge à l'hôtel de Valentinois àPassy[18].
Au ministère des Affaires étrangères, Benjamin Franklin se rend compte que si les Français souhaitent prendre leur revanche sur la Grande-Bretagne, et qu'il existe une réelle sympathie envers la cause américaine, le royaume hésite à s'engager tant la situation des rebelles américains est encore vulnérable. Franklin met donc en place un dispositif diplomatique pour parvenir à ses fins : il multiplie les contacts, court-circuite la diplomatie britannique, développe ses relations avec les hommes politiques français.
Benjamin Franklin reçu parLouis XVI en mars 1778 (gravure allemande de 1784).
Mais les nouvelles de la résistance américaine sont mauvaises. À l'annonce de la prise de Philadelphie parLord Howe durant l'été 1777, Benjamin rétorque sur un ton poli, pour ne pas perdre la face, en rappelant que sa chère ville n'est pas une modeste bourgade : « C'est plutôt Philadelphie qui a pris Howe. » L'inquiétude est pourtant terrible. De plus, le vieillard désormais bien nourri est souvent terrassé par la goutte. Comme les Français adulent encore plus le représentant des perdants, il a coutume de répliquer « ça ira, ça ira », une expression qui passe à la mode.
En, après la nouvelle de la défaite britannique deSaratoga, les trois représentants américains parviennent à signer un accord avec la France. Deane et Lee rentrent aux États-Unis, laissant Franklin seul ambassadeur à Versailles. La reconnaissance auprès du souverain Louis XVI de la nouvelle République est acquise, ainsi que l'alliance militaire et économique nécessaire. La mission diplomatique est un succès, mais l'avenir de la République reste encore bien incertain.
La même année 1778, il devient membre de la loge maçonnique des « Neuf Sœurs ». Il en sera éluvénérable l'année suivante, puis réélu en 1780.
Après une nouvelle défaite britannique à labataille de Yorktown enVirginie, il ébauche les premières négociations de paix avec les représentants du pouvoir britannique. Durant l'été 1782, alors queJohn Adams etJohn Jay prennent le chemin de Paris, Franklin rédige les grandes lignes du traité qui fera autorité : il réclame l'indépendance totale, l'accès aux zones de pêche des nouveaux territoires, l'évacuation par les forces britanniques des zones occupées et l'établissement d'une frontière occidentale sur les rives duMississippi.
En 1783, Adams, Jay et Benjamin Franklin, alors âgés de plus de soixante-dix ans, signent pour les États-Unis untraité de paix qui garantit l'Indépendance[19]. Ce traité met fin à la guerre d'indépendance.
De retour aux États-Unis en 1785, sa popularité est à son comble : il est élu de nouveau président de l'État de Pennsylvanie pour trois ans. Il participe aussi à larédaction de la Constitution américaine[20]. Il est rapporté de Franklin une citation adressée àElizabeth Willing Powel sur la nature du nouveau pouvoir politique :A Republic, if you can keep it.
À côté de ses activités d'imprimeur, d'homme politique et de diplomate, Benjamin Franklin conduit après 1750 un grand nombre d'activités scientifiques dont les résultats participent de sa renommée en Europe.
Le souci des autres citoyens au sein des associations philadelphiennes a permis d'accroître son attention sur les transports, la sécurité civile, notamment la lutte contre l'incendie et les catastrophes naturelles. Le pompier bénévole Franklin qui porte seau et couverture, a été étonné par l'embrasement violent qui faisait disparaître les granges et maisons paysannes touchées par la foudre au voisinage de Philadelphie. L'eau pompée et transportée au seau, les couvertures tendues pour récupérer, sans dommages, bien matériel et personnes piégées aux étages n'étaient d'aucune utilité.
Benjamin Franklin drawing Electricity from the Sky parBenjamin West, (vers 1816).Maquette de maison en tôle pour expérimenter les effets de la foudre, musée des Arts et Métiers de Paris.
Il est particulièrement célèbre pour ses travaux dans le domaine de l’électricité, notamment ses expériences sur l'électricité dans les nuages et son explication de lafoudre. En1750, il rédige le protocole d'uneexpérience célèbre avec un cerf-volant. Afin de prouver à ses contradicteurs de laRoyal Society que les éclairs étaient de simples décharges de nature électrique, il propose de faire voler un cerf-volant dans le passage de nuage orageux. La corde du cerf-volant une fois humidifiée sera mise à distance d'une clé métallique, ainsi devront être libérées des étincelles. Pour éviter les moqueries et limiter le danger, il décide de conduire l'expérience en privé. Elle présente d'évidents risques d'être fatale aux deux expérimentateurs : son fils William tient le cerf-volant pendant que Benjamin, surveillant le ciel traversé de lambeaux de nuages orageux, approche la clé. La conduite d'un cerf-volant peut être mortelle en cas d'éclair, comme ce fut le cas pourGeorg Wilhelm Richmann. Ces recherches suscitent pourtant un grand intérêt en Europe et des expériences similaires sont menées, notamment par le FrançaisThomas-François Dalibard.
Ces recherches conduisent à l'invention duparatonnerre, dont les premiers exemplaires sont installés sur sa maison, sur l'Independence Hall ainsi que sur l'académie de Philadelphie. Aux recherches sur la nature de l'électricité, on doit par exemple des termes aussi courants que « batterie », « positif », « négatif », « charge », « condenseur (condensateur) », etc.
Il a également placé lui-même des paratonnerres ; par exemple, en 1782, Benjamin Franklin a installé un paratonnerre sur la flèche du clocher de l'église Saint-Clément d'Arpajon, en France.
Il est aussi un chercheur pionnier dans le domaine de lamétéorologie (cloches de Franklin) et même un des premiers hommes à monter dans unemontgolfière. En effet, au moment du vol de la première montgolfière (1783), sa maison est voisine du terrain d'envol. Il en fit une description dans une correspondance privée, et rencontra même le marquis d'Arlandes et un frère Montgolfier. L'analyse du vol par ballon à air chaud et à gaz qu'il fit à cette occasion est fascinante de clairvoyance[21].
L'harmonica de verre de B. Franklin dans une édition italienne de ses lettres àBeccaria (Milan, années 1770).
Au cours de son voyage à Londres, motivé par le procès contre la famille Penn, les lenteurs et incessants reports de la procédure juridictionnelle britannique entre 1758 et 1760, lui laisse l'oisiveté de fréquenter les sociétés savantes et les universités anglaises. Il peut s'adonner continûment à la science expérimentale tout en fréquentant les cercles de pouvoir londoniens et en multipliant les voyages instructifs jusqu'en 1762.En1762, il invente leglassharmonica, instrument à clavier composé de verres frottés[22].
Il est aussi l'inventeur deslunettes à double foyer et dupoêle à bois à combustion contrôlée, qui porte encore son nom et est en usage répandu à la campagne. CommeThomas Edison, c'est le côté concret et pratique de la philosophie, de la science et des techniques qui l'intéresse. En1770, il est le premier àcartographier le courant marin duGulf Stream qui longe le littoral est des États-Unis[23].
Mais également, il a aussi conçu des théories concernant le caractère contagieux durhume[24].
En 1768, dans un texte intituléA Scheme for a New Alphabet and Reformed Mode of Spelling, il propose une réforme de l'orthographe pour la langue anglaise avec un nouvel alphabet phonétique. Cette invention ne rencontrera pas de succès.
Franklin place toutes ses inventions dans ledomaine public et indique clairement dans ses écrits qu'il s'agissait là d'une volonté délibérée.« … de même que nous profitons des avantages que nous apportent les inventions d'autres, nous devrions être heureux d'avoir l'opportunité de servir les autres au moyen de nos propres inventions ; et nous devrions faire cela gratuitement et avec générosité. »
Franklin est aussi le premier à proposer une expérience permettant de calculer la taille d'unemolécule. Il verse une cuillère à café d'huile à la surface d'un étang àClapham, près de Londres et s'aperçoit que la tache d'huile s'étend sur un demi-acre (approximativement 2 000 m2)[25]. Il observe que les vaguelettes provoquées par le vent ne se propageaient pas sur l'huile. Dans un premier temps, il ne saisit pas l'ampleur de cette simple expérience maisLord Rayleigh se rend compte cent ans plus tard en divisant le volume d'huile par la surface d'étalement que l'on trouvait une valeur de l'ordre dunanomètre.
Il est en 1784 le premier à évoquer l'idée de décaler les horaires afin d'économiser l'énergie[26], idée qui sera sans suite jusqu'au vingtième siècle et le passage à l'heure d'été.
Sur la question de l'esclavage, Benjamin Franklin a un positionnement plus pragmatique qu'idéologique : il possède lui-même des esclaves domestiques, et publie beaucoup d’annonces relatives à la vente et l’achat d’esclaves dans sagazette de Philadelphie. Toutefois, il finit par être, dans ses derniers années, un fervent partisan de sonabolition[13].
En 1751, il publieObservations relatives à l'accroissement de l'humanité dans lequel il avance que l'esclavage affaiblit le pays qui le pratique[27]. Ilaffranchit ensuite ses esclaves en 1772. Il aurait aussi obligé sa fille Sarah à affranchir les siens sous peine d’être déshéritée[13].
De toutes ces activités, il affirmera qu'il préfère que l'on dise de lui « il a eu une vie utile » plutôt que « il est mort très riche »[réf. nécessaire].
Il meurt à Philadelphie le, à l'âge de 84 ans. À l'annonce de sa mort, l'Assemblée nationale constituante française de 1789 décrète trois jours de deuil national[29]. Il a souhaité avoir une cérémonie d’enterrement avec le « moins de cérémonie et de dépense possible ».
Dans son premier testament Benjamin Franklin voulut donner une partie de sa fortune (2 000livres sterling) pour permettre la réalisation de travaux afin de rendre navigable leSchuylkill. Cependant, il révise son testament, car cette somme semblait être bien insuffisante pour réaliser les travaux. Finalement, il cède une partie de sa fortune aux villes deBoston etPhiladelphie (1 000 livres sterling chacune). Cet argent devait être prêté à des artisans pour permettre leur installation. Il comptait sur les intérêts (5 %) pour faire augmenter la somme initiale. D’après ses calculs, au bout de cent ans, la somme devait s’élever à131 000 livres sterling. Il souhaite alors dans son testament qu’une partie de cette somme (100 000 livres sterling) soit utilisée pour construire des hôpitaux, infrastructures, fortifications, écoles… L’autre partie devant à nouveau être prêtée. Au bout de 200 ans la somme devant s’élever à 4 061 000 £ sera à la disposition du gouvernement de l’État.
Pour Philadelphie, il prévoit le même mécanisme, au bout de cent ans la somme devait servir à construire un aqueduc pour amener de l’eau potable en ville et à rendre comme il le souhaitait initialement le Skuylkil navigable. Par ailleurs, il lègue àGeorge Washington son bâton de pommier sauvage avec lequel il avait pour habitude de se promener. Ses livres sont quant à eux cédés à différentes institutions et à ses petits-fils.
Ses créances sont données à l’hôpital de Pennsylvanie, en espérant que les personnes qui lui devaient de l’argent auront l’impression de faire une bonne action en payant leur dette à l’hôpital.
Son nom fut attribué auFranklin Institut de Pennsylvanie, l'un des plus vieux et prestigieux organismes associatifs américains dévoués à la recherche scientifique.
Benjamin Franklin écrivit sonépitaphe (Mock Epitaph) à l'âge de vingt-deux ans[30],[31] :
The body of
B. Franklin, Printer Like the Cover of an Old Book Its Contents torn Out And Stript of its Lettering and Gilding Lies Here, Food for Worms. But the Work shall not be Lost; For it will (as he Believ'd) Appear once More In a New and More Elegant Edition Revised and Corrected By the Author.
Le corps de
B. Franklin, imprimeur, telle la couverture d'un vieux livre dépouillée de ses feuilles, de son titre et de sa dorure Repose ici, pâture pour les vers. Mais l'ouvrage ne sera pas perdu et reparaîtra, c'est la foi de Franklin, dans une nouvelle édition, plus élégante, revue et corrigée par l'Auteur.
Cette épitaphe n'a pas été employée. Sur sa tombe, ne figurent que quelques mots :Benjamin and Deborah Franklin 1790.
↑DansL'aventure coloniale,Daniel Boorstin (Les Américains, Collection Robert Laffont, 1991) décrit les difficultés matérielles spécifiques des imprimeurs dans les colonies britanniques, à commencer par le manque decaractères typographiques (dont la fabrication est strictement contrôlée par le pouvoir britannique), la médiocre qualité dupapier et de l'encre d'imprimerie, de même que le manque de presse (p. 314 et suivantes).
↑MélanieTraversier,L'harmonica de verre et miss Davies : essai sur la mécanique du succès au siècle des Lumières,, 512 p.(ISBN978-2-02-145145-0 et2-02-145145-3)
Augustin-Charles Renouard,Franklin : 1706-1790, dansLes bienfaiteurs de l'Humanité : Études biographiques, Paris : Librairie Paul Ducrocq, 1878,p. 19-59
André Maurois,Franklin, la vie d'un optimiste, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1946, 80 pages. Dessin H. Simon.
Benjamin Franklin. Un Américain à Paris (1776-1785), Paris-Musées, 2007. Catalogue d'une exposition dumusée Carnavalet.
Jacques Ahrweiler,Benjamin Franklin, premier savant américain, collection savants du monde entier, éditions Seghers, Paris, 1965, 190 pages.
Tugdual de Langlais,L'armateur préféré de Beaumarchais Jean Peltier Dudoyer, de Nantes à l'Isle de France, Éd. Coiffard, 2015, 340 p.(ISBN9782919339280).