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Benetton Formula

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Pour les articles homonymes, voirBenetton (homonymie).

Benetton Formula
Logo
Caractéristiques
Caractéristiques de l'écurie
DisciplineFormule 1
LocalisationDrapeau du Royaume-UniEnstone,Oxfordshire,Angleterre
Dirigeants et pilotes
PrésidentDrapeau de l'Italie Luciano Benetton
DirecteurDrapeau du Royaume-Uni Peter Collins
Drapeau de l'ItalieFlavio Briatore
Drapeau du Royaume-UniDavid Richards
Drapeau de l'Italie Rocco Benetton
Directeur techniqueDrapeau du Royaume-Uni Rory Byrne
Drapeau du Royaume-UniRoss Brawn
Drapeau du Royaume-UniPat Symonds
Drapeau du Royaume-UniMike Gascoyne
PilotesDrapeau de l'AutricheGerhard Berger
Drapeau de l'ItalieTeo Fabi
Drapeau de la BelgiqueThierry Boutsen
Drapeau de l'ItalieAlessandro Nannini
Drapeau du Royaume-UniJohnny Herbert
Drapeau de l'ItalieEmanuele Pirro
Drapeau du BrésilNelson Piquet
Drapeau du BrésilRoberto Moreno
Drapeau de l'AllemagneMichael Schumacher
Drapeau du Royaume-UniMartin Brundle
Drapeau de l'ItalieRiccardo Patrese
Drapeau des Pays-BasJos Verstappen
Drapeau de la FinlandeJJ Lehto
Drapeau de la FranceJean Alesi
Drapeau de l'AutricheAlexander Wurz
Drapeau de l'ItalieGiancarlo Fisichella
Drapeau du Royaume-UniJenson Button
Caractéristiques techniques
ChâssisBenetton
MoteursBMW,Ford Cosworth,Renault,Playlife
PneumatiquesPirelli,Goodyear,Bridgestone,Michelin
Résultats
Début1986,GP du Brésil
Dernière course2001,GP du Japon
Courses disputées260
Points marqués851,5
Titres constructeurs1 (1995)
Titres pilotes2 (1994 et 1995)
Victoires27
Podiums102
Pole positions15
Meilleurs tours en course36

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Benetton Formula est une écurie deFormule 1 fondée parLuciano Benetton à la suite du rachat de l'écurie anglaiseToleman. Benetton a participé à 260 Grands Prix de Formule 1 entre 1986 et 2001, inscrit un total de 851,5 points en championnat du monde, remporté 27 victoires, obtenu 102 podiums, 15pole positions et 36meilleurs tours en course.

Elle a connu son heure de gloire avec les titres de champion du monde des pilotes de l'AllemandMichael Schumacher en1994 et1995 et le titre mondial des constructeurs en 1995.

En déclin à partir de 1996, l'écurie est rachetée par le constructeur automobile françaisRenault en 2000.

La saison 2001 est la dernière disputée sous le nom Benetton-Renault avant de devenirRenault F1 Team en 2002[1].

Historique

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1983-1985 : de sponsor à constructeur

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Photo d'une monoplace verte et noire en piste.
La Tyrrell 012 de Michele Alboreto, sponsorisée par Benetton.

Au début des années1980, la familleBenetton, impliquée dans le commerce de l'habillement, décide de promouvoir sa marque de prêt-à-porter éponyme en sponsorisant plusieurs clubs sportifs professionnels àTrévise, enItalie. Ainsi, Benetton soutient lePallacanestro Trévise (basket-ball), leSisley Volley (volley-ball) et acquiert leBenetton Rugby Trévise qu'il sponsorise depuis. Recherchant une promotion de la marque au niveau mondial,Luciano etGilberto Benetton choisissent laFormule 1 car il s'agit, selon ses critères, d'un sport excitant, glamour et avec un fort esprit de compétition. À cette période, la discipline-reine du sport automobile bénéficie d'une audience télévisuelle en hausse continue. La vitesse, les monoplaces colorées, la dimension internationale la haute technologie, et le facteur humain qui caractérisent la Formule 1 séduisent la famille italienne qui cherche à promouvoir son image jeune et dynamique[2].

En1983, Benetton devient le commanditaire principal de l'écurie britanniqueTyrrell Racing, à hauteur de quatre millions dedollars. Malgré un moteurFord Cosworth atmosphérique à la puissance bien inférieure à celle des moteurs turbocompressés,Michele Alboreto remporte au volant de laTyrrell 011 leGrand Prix des États-Unis Est, àDétroit, le dernier succès de l'écurie britannique et du moteur Ford-Cosworth en Formule 1. La formation anglaise entame cependant son déclin et Benetton met fin à son partenariat pour sponsoriserAlfa Romeo dès la saison suivante[3],[2],[4].

Photo d'une monoplace blanche en piste.
La Toleman TG185 de Teo Fabi aux couleurs de Benetton en 1985.

En1984, lesAlfa Romeo 184T pilotées parEddie Cheever etRiccardo Patrese arborent les couleurs de Benetton, qui soutient l'écurie italienne avec un budget équivalent à celui alloué à Tyrrell. Les résultats se révèlent très modestes, excepté une troisième place de Patrese lors duGrand Prix d'Italie 1984[5],[6]. Le manque de performance d'Alfa Romeo, confirmé dès le début de la saison1985, déplaisent à Davide Paolini, le directeur de la publicité de Benetton, qui évoque un« parrainage un peu décevant », et à Luciano Benetton, qui souhaite rester en Formule 1 à la condition de s'impliquer davantage dans la gestion d'une écurie[7],[8],[9].

Benetton sponsorise également la modeste écurie britanniqueToleman Motorsport, dans une situation financière critique, malgré de solides performances réalisées par le jeuneAyrton Senna en et une équipe technique solide, dirigée par l'ingénieur sud-africainRory Byrne. Toleman est contrainte de manquer les trois premières manches du championnat, carGoodyear etPirelli refusent de fournir l'écurie en pneumatiques. Seule l'intervention de Benetton, qui entre dans le capital de l'écurie et rachèteSpirit Racing en faillite pour transférer son contrat de pneumatiques de Pirelli à Toleman permet à cette dernière de courir. Fin 1985, Benetton rachète Toleman pour deux millions de dollars[7],[9].

1986-1990 : les débuts en tant qu'écurie

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Premier succès (1986)

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Gerhard Berger pilote une Benetton B186 aux pneus bicolores « United Colors » auGrand Prix de Detroit 1986.

Benetton, désormais désireux« d'agir personnellement » dans les décisions de l'équipe, fait donc ses débuts en Formule 1 en tant que constructeur en1986, sous pavillon britannique[10]. Il s'agit de la première marque non liée au secteur automobile à faire son entrée dans la discipline[7]. Davide Paolini en est le directeur général, tandis que Peter Collins assure la direction sportive[8]. Avant son rachat par Benetton, Toleman développe la TG186, finalement rebaptiséeBenetton B186[11]. Dessinée parRory Byrne, elle est propulsée par unmoteur turbocompressé àquatre cylindres fourni parBMW, et équipée de gommesPirelli. Elle est confiée à l'ItalienTeo Fabi et à l'AutrichienGerhard Berger[8]. Benetton se démarque notamment par sa livrée multicolore à dominante verte, inhabituelle en Formule 1, y compris pour les pneumatiques, à l'occasion duGrand Prix de Détroit[12],[7].

Les B186 font preuve d'une vélocité impressionnante pour leur première saison : l'écurie marque huit points dès ses trois premières courses, avec notamment une troisième place de Gerhard Berger àSaint-Marin. Néanmoins, l'écurie souffre d'importants problèmes de fiabilité mécanique lors du reste du championnat. En fin de saison, Teo Fabi réalise deuxpoles positions enAutriche et enItalie, puis, Gerhard Berger, à la faveur des meilleures performances de ses pneumatiques Pirelli sur les gommesGoodyear équipant la concurrence, remporte sa première victoire, également le premier succès de l'écurie britannique, lors duGrand Prix du Mexique. Benetton se classe finalement sixième du championnat du monde des constructeurs avec dix-neuf points[13],[12].

Les débuts du partenariat avec Ford (1987-1988)

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Photo d'une monoplace rouge, verte et jaune sur un circuit.
Thierry Boutsen au volant de la Benetton B188 au Grand Prix du Canada 1988.

Pour1987, Gerhard Berger quitte Benetton pour laScuderia Ferrari et est remplacé par le BelgeThierry Boutsen. BMW, qui fournissait trois écuries, n'approvisionne plus que l'écurieBrabham. Benetton profite de la disparition deHaas Lola pour reprendre le contrat la liant avecFord-Cosworth[14],[15]. LaB187 est ainsi équipée d'unmoteur V6 turbocompressé, mais très peu fiable, gâchant ainsi les solides performances réalisées en qualifications, jusqu'à ce que le constructeur américano-britannique ne modifie leturbocompresseur. Boutsen et Fabi se classent ensuite très régulièrement dans les points et une troisième chacun, enAutriche et enAustralie,[7].

Peu avant l'entame de la saison1988, Luciano Benetton cède la présidence de l'écurie à son deuxième fils,Alessandro, tandis que Teo Fabi est remplacé par son compatrioteAlessandro Nannini[16],[17]. LaB188 est une évolution de sa devancière et se distingue par unmoteur V8 atmosphérique, puisque Ford-Cosworth choisit de se détourner des blocs turbocompressés, anticipant ainsi leur interdiction pour1989. Boutsen et Nannini obtiennent sept podiums, tous des troisième places. Le Belge est également troisième duGrand Prix de Belgique, mais lui et son coéquipier écopent d'une disqualification pour avoir utilisé uncarburant non conforme à la réglementation. Benetton se classe finalement à la troisième place du championnat des constructeurs, avec 39 points, loin derrièreMcLaren et Ferrari[18],[7].

Arrivée de Flavio Briatore à la direction (1989)

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L'organigramme de l'écurie voit l'arrivée deFlavio Briatore,géomètre de formation qui s'est tourné vers les affaires et rencontre Luciano Benetton à labourse de Milan au début des années. Chargé d'introduire la marque de vêtements sur le marché américain, Briatore mène une offensive commerciale couronnée de succès. Fin1988, Briatore est convié parLuciano Benetton à assister auGrand Prix d'Australie et, bien que peu captivé par la discipline qu'il considère comme« un divertissement » et non un sport, accepte de devenir le nouveau directeur général de Benetton Formula[19],[20].

Photo d'une monoplace verte, rouge et bleue en piste.
Alessandro Nannini au volant de la Benetton B189 au Grand Prix de Belgique 1989.

Benetton conserve laB188 en début de saison1989, le temps queFord-Cosworth finalise sonmoteur V8 HBA fourni exclusivement à l'écurie italienne pour sa nouvelleB189. Un accident lors d'essais privés àImola réalisés parAlessandro Nannini contraint également l'équipe à retarder l'engagement de cette monoplace[21]. Néanmoins, le châssis B188 demeure compétitif et Nannini obtient la troisième place duGrand Prix de Saint-Marin. L'autre baquet est confié au noviceJohnny Herbert : le Britannique, grand espoir de la course automobile, est victime d'un très grave accident lors d'une manche duchampionnat international de Formule 3000 en sur lecircuit de Brands Hatch, peu de temps après la signature de son contrat avec Peter Collins pour. De graves blessures aux jambes compromettent la suite de sa carrière. Tenant à respecter la parole qu'il avait donnée, Collins confirme l'engagement d'Herbert qui prend le départ du premier Grand Prix de la saison, auBrésil. Malgré des débuts encourageants soldés par une quatrième place, il apparaît vite que Herbert n'est pas encore suffisamment rétabli : souffrant physiquement et marchant avec des béquilles, il termine régulièrement hors des points et échoue parfois à se qualifier[22]. Flavio Briatore entre alors rapidement en conflit avec Peter Collins, lui reprochant notamment sa mauvaise gestion du cas Herbert : la non-qualification du Britannique auCanada lui vaut son remplacement par un autre novice,Emanuele Pirro, alors pilote essayeur chezMcLaren, et le départ de Collins[23],[24]. La B189, engagée à partir duGrand Prix de France, permet à Alessandro Nannini de s'imposer auJapon, la deuxième victoire de l’histoire de Benetton, à la suite de la disqualification d'Ayrton Senna[25].

Nouvelles ambitions avec Nelson Piquet (1990)

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Photo d'une monoplace verte, rouge, bleue et jaune en piste.
La Benetton B190 en démonstration en 2013.

Fin, Flavio Briatore ne renouvelle pas le contrat d'Emanuele Pirro et réussit un grand coup en enrôlant le triple champion du mondeNelson Piquet pour lasaison 1990, qui semble sur le déclin après deux saisons délicates au sein duTeam Lotus[26]. Le manager italien lui offre un salaire modeste au regard de son statut mais assorti de primes aux résultats. Le Brésilien est surtout motivé par l'arrivée deJohn Barnard, victorieux avec McLaren les années précédentes. L'ingénieur britannique signe un contrat de trois ans et une liberté d'action totale. Il se penche sur la futureB190 dessinée par Rory Byrne et impose de nombreuses modifications, point de départ d'une relation délicate entre les deux hommes. Byrne quitte l'écurie au cours de la saison 1990 pour s'engager chezReynard tandis que Barnard crée un bureau d'études moderne, leBenetton Advanced Research Group, installé àGodalming, utilise la soufflerie de laRoyal Aircraft Establishment àFarnborough et développe l'utilisation de lafibre de carbone. Ces avancées technologiques permettront le développement de laB191 de 1991. De son côté, Flavio Briatore signe un contrat de trois saisons avecFord assorti d'une ristourne de 30 % sur le prix des moteurs en échange de la présence du logo du motoriste sur les voitures[27],[28]. L'équipe encore jeune, même si elle ne pouvait pas se vanter de l'expérience et de la tradition des grands constructeurs, commence à se faire un nom au sein du microsome de la Formule 1 : en quelques années seulement, la famille Benetton a apporté de nouvelles méthodes de communication et de gestion à la discipline, commençant à faire de l'ombre aux écuries historique sur le plan sportif et à contrarier les autres sur le plan politique[16].

Bien qu'au crépuscule de sa carrière, Nelson Piquet et Alessandro Nannini réalisent de bonnes performances au volant de laB190 alignée à partir duGrand Prix de Saint-Marin. Le Brésilien, vainqueur de deux courses consécutives auJapon et enGrand Prix d'Australie, obtient la troisième place du championnat du monde des pilotes[7]. Cependant, en fin de saison, une semaine après lamanche espagnole, Nannini est victime d'un grave accident d'hélicoptère lors duquel son bras est sectionné[29]. Bien que son bras ait été rattaché avec succès grâce à une série d'opérations, l'accident marque la fin de sa carrière sportive[30]. Benetton le remplace parRoberto Moreno, transfuge de l'équipeEurobrun qui a fait faillite. Après la collision entre Ayrton Senna et Alain Prost au départ du Grand Prix du Japon, Piquet et Moreno réalisent un doublé, le second décrochant son unique podium en Formule 1[31],[32]. À la fin de la saison, Benetton se classe troisième du championnat du monde des constructeurs avec 71 points.

1991-1995 : les années Schumacher

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Réorganisation technique (1991)

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La Benetton B191 en 2006 àGoodwood.

En marge de lasaison 1991, Flavio Briatore, qui cherche à augmenter le budget de l'écurie pour ne plus dépendre du seul soutien direct de la famille Benetton, signe un partenariat de trois ans avec le cigarettierReynolds en échange de dix millions de dollars annuels ; les monoplaces arborent les couleurs deCamel qui devient le sponsor-titre de l'équipe. Benetton signe également un contrat exclusif de fourniture de pneumatiques avecPirelli pour trois millions de dollars[33].Joan Villadelprat est nommé directeur sportif en remplacement de Gordon Message. Afin de renforcer le secteur de l'ingénierie, 35 % du capital de Benetton Formula est cédé à l'écurieTWR deTom Walkinshaw, à l'origine de la victoire de laJaguar XJR-9 aux24 Heures du Mans 1988[34].

Au début de la saison, Benetton choisit d'utiliser laB190 de1990, équipée d'ailerons conformes à la nouvelle règlementation. À son volant,Nelson Piquet termine troisième duGrand Prix inaugural aux États-Unis[34]. La nouvelle monoplace, laB191, qui fait son apparition lors de la troisième manche disputée àSaint-Marin, est la première de celles des écuries de pointe à adopter la philosophie de conception du nez haut, une innovation apportée l'année précédente par laTyrrell 019[35]. Piquet remporte ensuite une victoire surprise auCanada après que laWilliams-RenaultFW14 deNigel Mansell ait soudainement connu une panne technique dans le dernier tour de la course alors qu'il était en tête. Le Brésilien décroche une dernière troisième place enBelgique[36],[34].

A l'occasion de cette épreuve, Flavio Briatore se montre impressionné par la prestation du débutantMichael Schumacher, issu de la filièreMercedes et appelé à la hâte parJordan Grand Prix pour remplacerBertrand Gachot, incarcéré àLondres[7]. Briatore engage le jeune Allemand à partir de la course suivante àMonza en remplacement de Roberto Moreno. Eddie Jordan dépose une plainte contre Briatore et l'écurie Benetton auprès de laHaute Cour de justice britannique. Finalement, cette affaire est résolue parBernie Ecclestone, qui était également impliqué dans le transfert de Schumacher vers Benetton : celui-ci propose un arrangement sous la forme d'une fourniture gratuite de moteursYamaha à Jordan pour 1992. Benetton termine le championnat du monde des constructeurs à la quatrième place avec 38,5 points[37],[38],[34].

Pendant ce temps, à la mi-saison,John Barnard quitte Benetton en raison de divergences avec la direction de l'écurie. Rory Byrne, qui venait tout juste de rater l'arrivée deReynard en Formule 1, fait son retour en tant que chef aérodynamicien, tandis queRoss Brawn, issu du Tom Walkinshaw Racing, est nommé directeur technique. Tous deux développent et perfectionnent la B191 imaginée par Barnard[39]. Enfin, un grand terrain est trouvé àEnstone pour bâtir le futur quartier général et l'usine de l'écurie[33],[34].

Le début de l'ère Byrne-Brawn (1992)

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La Benetton B192 en 2008 àGoodwood.

En janvier 1992,Luciano Benetton déclare dans un journal argentin que le triple champion du mondeAlain Prost rejoindra son écurie en 1993. Rapidement démentie, cette annonce jugée relativement crédible confirme le nouveau statut de l'équipe[40],[41]. À l'entame de lasaison,Tom Walkinshaw Racing accroit à 50 % sa prise de participation dans le capital de Benetton Formula.Nelson Piquet se retire de la Formule 1 et est remplacé par le pilote britanniqueMartin Brundle[42]. Malgré son inexpérience,Michael Schumacher devient le premier pilote de l'écurie. Enfin, le pilote deFormule 3000Alessandro Zanardi est recruté en tant que pilote d'essais, tandis qu'est annoncé le développement d'un moteur V12 parFord-Cosworth[34].

Comme lors de la saison précédente, l'écurie choisit d'aligner une version modifiée de la voiture de la saison précédente, laB191B, pour les trois premières courses du championnat, au volant de laquelle Schumacher obtient deux podiums. LaB192 est engagée à l'occasion du centième Grand Prix de l'histoire de Benetton, enEspagne[34], dotée d'une très bonne fiabilité en dépit de sa vitesse de pointe, permet à ses pilotes de décrocher onze podiums, dont la première victoire de Schumacher sous la pluie duGrand Prix de Belgique et de terminer chaque course dans les points[34]. À l'issue de la saison, Benetton se classe à la troisième place du championnat du monde des constructeurs avec 91 points[7]. En coulisses, Flavio Briatore rencontreAyrton Senna pour discuter d'une éventuelle collaboration pour 1993 et 1994 mais, incapable de s'aligner sur les exigences financières du triple champion du monde, Briatore ne peut donner suite[43].

Dans la continuité (1993)

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Photo d'une monoplace verte et jaune en piste, vue de côté
Michael Schumacher surBenetton B193 au Grand Prix de Grande-Bretagne 1993.

Durant l'intersaison précédant lechampionnat 1993,Martin Brundle est licencié par l'écurie et remplacé par le vétéranRiccardo Patrese, en provenance deWilliams[44]. LaB193 affiche des performances similaires à celles de sa devancière, mais les progrès techniques demeurent modestes : l'antipatinage n'est introduit qu'en milieu de saison. De ce fait, durant la première partie du championnat, les performances de la B193 souffrent de la comparaison avec laWilliams FW15C, la monoplace la plus véloce du plateau[7].Michael Schumacher, en remportant leGrand Prix du Portugal, signe l'unique victoire de l'écurie cette année[45]. À la fin de la saison, Benetton termine troisième du championnat des constructeurs avec 72 points, derrière Williams et McLaren[46].

Schumacher champion du monde (1994)

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Jos Verstappen surBenetton B194 au Grand Prix de Grande-Bretagne 1994.

Avant l'entame de lasaison 1994, Ford, bien que lié par un contrat d'exclusivité avec Benetton, décide de motoriser également McLaren. Flavio Briatore se tourne alors vers Renault qui accepte de fournir Benetton pendant trois ans à partir de la saison 1995. Pour cette dernière saison avec le motoriste américain, Benetton bénéficie du nouveau Ford Zetec-R qui, avec 760 chevaux, est plus puissant que son prédécesseur. La monoplaceB194 est une évolution de la B193 dont elle élimine les principaux défauts. Cette voiture partage également une ressemblance avec la modestePacific PR01 reposant sur un projet conçu parRory Byrne lorsqu'il travaillait chezReynard avant de rejoindre Benetton[47].

Pour épauler Schumacher, Briatore recrute le FinlandaisJ.J. Lehto mais, blessé lors d'essais privés, il est remplacé par le NéerlandaisJos Verstappen qui dispute les deux premières courses avant le retour de Lehto. Jugé insuffisamment performant, le Finlandais est ensuite congédié et Verstappen rappelé dès le Grand Prix de Montréal avant de céder sa place, à deux courses de la fin, àJohnny Herbert. Le rival désigné de Schumacher est le triple champion du MondeAyrton Senna et saWilliamsFW16. L'Allemand prend d'emblée le dessus en remportant les deux premières courses (Interlagos etAïda) alors que son rival n'en termine aucune. Déçu par le manque de performances de sa FW16, le Brésilien met en cause la légalité de laBenetton B194, affirmant qu'elle est dotée d'un systèmeantipatinage interdit par le nouveau règlement de laFIA. Le troisième Grand Prix, à Imola, est marqué par les décès deRoland Ratzenberger et d'Ayrton Senna tandis que Schumacher remporte sa troisième victoire consécutive et s'envole au championnat. À la fin de la course, laFerrari 412 T1 deGerhard Berger, la McLaren-Peugeot MP4/9 deMika Häkkinen et la B194 de Schumacher sont mises sous scellés par les commissaires et leurs boîtiers électroniques saisis pour analyse par la FIA. Le bilan des investigations conclu à la légalité des trois voitures mais les doutes sur la Benetton subsistent. Après le Grand Prix de France qui voit Schumacher prendre un départ fulgurant, la FIA délègue alors à l' entreprise privéeLiverpool Data Research Associates Ltd. le soin d'analyser en détail les données récupérées sur la B194. Il apparaît que Benetton dispose d'un système de départ automatique illégal. Toutefois, les investigations révèlent aussi que Benetton ne l'a visiblement pas utilisé et que sa procédure d'activation est extrêmement complexe pour le pilote[48]. Si l'écurie est théoriquement en infraction, la FIA ne prend aucune sanction.

ÀHockenheim, la B194 de Verstappen s'arrête aux stands pour ravitailler lorsqu'une giclée d'essence est accidentellement expédiée sur les échappements et le moteur ; la voiture s'embrase instantanément et brûle pendant une dizaine de secondes. Le pilote et les mécaniciens s'en tirent sans blessures graves mais cet incendie déclenche la polémique dans le paddock car l'examen du système de ravitaillement révèle qu'une valve de sécurité a été démontée pour accélérer le débit du carburant. Benetton se défend en disant avoir obtenu l'autorisation deCharlie Whiting de procéder à cette modification. Si le délégué technique de la FIA a bien été consulté, il précise qu'il a seulement donné son aval pour demander l'autorisation à la sociétéIntertechnique qui fournit les systèmes de ravitaillement. L'entreprise française fait alors savoir qu'elle n'a pas été consultée et qu'elle aurait refusé la demande. La FIA menace alors d'exclure Benetton du championnat[49].

Remis de ses frayeurs, le Hollandais, dès la course suivante à Budapest, monte sur le premier podium de sa carrière, derrière Schumacher et Hill.

Schumacher est disqualifié àSilverstone, pour un dépassement lors du premier tour de formation. Benetton et Schumacher ignorent volontairement le drapeau noir afin de négocier avec les commissaires de piste à la fin de la course ; il est alors disqualifié et suspendu pour deux courses. LaFIA est accusée de chercher à relancer l'intérêt du championnat dominé par l'Allemand. Ces soupçons sont relancés àSpa, où Schumacher, vainqueur, est disqualifié pour usure excessive du patin de bois sous la voiture après un tête-à-queue sur une bordure.Damon Hill profite de l'absence de son rival pour combler son retard au championnat et les deux hommes se présentent à égalité de points àAdelaïde pour la dernière course de la saison. Dès le départ, Hill saute dans les roues de Schumacher, parti en première ligne derrière Mansell en pole position, et cherche à le pousser à la faute. Hill maintient la pression jusqu'au trente-cinquième tour où Schumacher touche le mur avant de revenir sur la piste : sa monoplace est endommagée et ne peut terminer la course. Dans le sixième virage, ignorant que Schumacher est sur le point d'abandonner, Hill se porte à sa hauteur pour le dépasser lorsque Schumacher se rabat sur lui, brisant le triangle de suspension de la Williams et provoquant leur double abandon. La FIA conclut à un simple incident de course : le titre de champion du monde des pilotes revient à Schumacher tandis que Williams remporte celui des constructeurs.

En coulisses, la famille Benetton, inquiète du pouvoir grandissant pris par Tom Walkinshaw, décide de l'écarter discrètement avec l'aide de Flavio Briatore. L'homme d'affaires italien qui avait acquisLigier lui délègue la gestion de l'écurie française.

Le doublé pilote et constructeur (1995)

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Photo vue de côté d'une monoplace bleue, blanche et jaune, en piste.
Michael Schumacher (ici sur laBenetton B195 auGrand Prix de Grande-Bretagne 1995) remporte cette année-là son deuxième titre de champion du monde.

En,Flavio Briatore acquiert une participation majoritaire de l'écurie françaiseLigier, alors en difficulté financière à la suite de l'implication de son précédent propriétaire,Cyril Bourlon de Rouvre, accusé d'escroquerie[50],[51]. L'opération, visant à hisser Benetton au même niveau de performance que sa rivale Williams, a pour objectif de transférer à Benetton la fourniture desmoteurs V10Renault qui équipaient les monoplaces françaises, un moteur que l'écurie anglo-italienne convoite depuis deux ans[52]. Cette manœuvre permet de contourner le veto de Williams qui, de son côté, avait établi un solide partenariat technique avec Ligier depuis 1993 afin d'empêcher un éventuel accord entre Benetton et Renault. En attendant la formalisation de l'accord, en, Michael Schumacher se familiarise avec les moteur français en effectuant un essai àEstoril sur uneJS39. Peu de temps après, Briatore vend Ligier àTom Walkinshaw, ancien actionnaire de Benetton[50].

Photo vue de devant d'une monoplace bleue en piste.
Le Britannique Johnny Herbert (ici au Grand Prix du Canada 1995) contribue à l'obtention de l'unique titre de champion du monde des constructeurs remporté par Benetton.

Pour1995, laB195, une évolution de la monoplace précédente, est confiée à Schumacher et au BritanniqueJohnny Herbert, titularisé pour la totalité de la saison[53],[54],[55]. La nouvelle voiture rencontre quelques difficultés en début de saison, le nouveau moteur Renault entraînant des difficultés dans la mise au point des réglages et de l'équilibre de la B195. Une fois ces problèmes de jeunesse résolus, la B195 permet à Benetton de dominer le championnat avec onze victoires en dix-sept courses, dont un doublé enEspagne une victoire enBelgique, où Schumacher s'élance depuis la seizième place sur la grille, et où, avec des pneus slicks sur une piste humide, il lutte à armes égales avec la Williams deDamon Hill équipée de pneus pluie[56]. Michael Schumacher résiste facilement à son rival Damon Hill à partir de la manche barcelonnaise, et avec neuf victoires lors de cette saison, s'assure le titre dès l'avant-dernier Grand Prix, àAïda[53],[57],[58]. Les bonnes performances de Johnny Herbert, vainqueur àSilverstone etMonza, et marquant des points régulièrement le reste de l'année, ont permis à Benetton de remporter, avec 137 points, pour la première et unique fois, le titre de champion du monde des constructeurs[53]. Peu après le non-renouvellement de son contrat à la fin de la saison, Herbert déclara que le développement de la Benetton B195 a été trop axé selon les convenances de Schumacher, ce qui l'avait empêché d'exprimer pleinement son potentiel[59].

L'été 1995 est surtout marqué par l'officialisation du départ de Michael Schumacher pour laScuderia Ferrari à partir de1996. D'après Briatore, le pilote allemand a été séduit par le prestige de l'écurie italienne, l'envie d'un nouveau défi et un salaire sur lequel Benetton ne pouvait s'aligner[60].

1996-1999 : le déclin

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Le duo Alesi-Berger (1996)

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Photo des stands d'une équipe de course, une voiture est entourée de nombreux ingénieurs.
LaB196 aux stands lors du Grand Prix du Portugal.
Photo d'une monoplace bleue sur une piste de course.
LaB196, une monoplace décevante.

À partir de1996, l'écurie Benetton adopte une licence italienne après avoir concouru sous les couleurs britanniques. Ce changement symbolique n'a aucune incidence sur la logistique de l'équipe, qui conserve son siège installé àEnstone, enAngleterre[61]. LaB196 est une évolution de la monoplace de l'année précédente, adaptée à la règlementation technique en vigueur cette saison[62].Michael Schumacher choisit de rejoindre laScuderia Ferrari tandis queJohnny Herbert rejoint l'écurie suisseSauber[63]. En dominant nettement la concurrence,Damon Hill et l'écurieWilliams remportent les titres de champion du monde des pilotes et des constructeurs[64]. La B196, reléguée dans le peloton, rend selon ses deux pilotes entre 7 et15 km/h en ligne droite à leur concurrente directe[65].

Benetton aligne un nouveau duo de pilotes, le FrançaisJean Alesi et l'AutrichienGerhard Berger. Pour ce dernier, il s'agit de son deuxième passage au sein de l'équipe italienne, après sa première participation en1986. Benetton affiche de grandes ambitions en début de saison, espérant rivaliser avec Williams, Ferrari, Damon Hill et Michael Schumacher, avant de connaître une saison décevante[62]. Pour la première fois depuis1988, elle ne remporte aucune course. Sur le tracé urbain deMonaco, Jean Alesi mène l'épreuve avant que sa suspension ne le trahisse, et le Français termine troisième auCanada et enFrance. Son meilleur résultat est une deuxième place àMonza, circuit où sa voiture est pourtant handicapée par sa faible vitesse de pointe[65].Cependant, la régularité d'Alesi et Berger, qui terminent quatorze des seize courses de la saison, permet à Benetton de d'obtenir la troisième place du championnat du monde des constructeurs avec 68 points[66].

Fin 1996, Benetton doit faire face au départ des deux ingénieurs artisans de son succès : le directeur techniqueRoss Brawn et le concepteurRory Byrne, qui rejoignent Michael Schumacher chez Ferrari[67],[68].

Dernière victoire (1997)

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Jean Alesi sur laBenetton B197 auGrand Prix d'Italie 1997.

La conception de laB197 de lasaison 1997 est confiée àPat Symonds et àNick Wirth qui modifient en profondeur la monoplace de l'année précédente. La voiture est allégée d'une vingtaine de kilogrammes, le différentiel hydraulique et ladirection assistée sont retravaillés, une boîte de vitesses à six rapports est installée et la suspension arrière est complètement modifiée. La motorisation est assurée par un moteur Renault RS9 de 755 chevaux. La B197 est présentée surPiccadilly Circus, dans les murs duPlanet Hollywood. La saison s'avère à nouveau compliquée malgré des essais prometteurs, la B197 ne pouvant rivaliser avec lesWilliams FW19 etFerrari F310B. Si elle se montre très rapide sur certains circuits, la B197 s'avère très capricieuse et délicate à mettre au point[69].

Le jeuneAlexander Wurz décroche la troisième place àSilverstone en 1997.

Benetton lutte pour la troisième place avecMcLaren, conservant sa place grâce à la fiabilité incertaine du puissant moteur Mercedes. Le nouveau pilote d'essai de l'écurie,Alexander Wurz, fait ses débuts pour trois courses (Canada, France et Grande-Bretagne) en remplacement de Gerhard Berger atteint d'une sinusite. S'il abandonne lors des deux premières, il monte sur le troisième marche du podium en Angleterre[70].

La situation interne se dégrade inexorablement sous la pression des mauvais résultats. Flavio Briatore critique ouvertement Jean Alesi tandis que Berger, qui vient de perdre son père dans un accident d'avion durant sa convalescence, est invité à prendre son temps pour se rétablir, son remplaçant donnant entière satisfaction. Dans ces conditions, sa victoire àHockenheim où il réalise lapole position et domine toute la course aidé par une audacieuse stratégie à deux ravitaillements, a un goût amer[71]. Seulement menacé un temps par la Jordan-Peugeot du jeuneGiancarlo Fisichella, il s'impose devant Michael Schumacher et Mika Hakkinen et obtient la première victoire d'une Benetton depuis 1995, la dernière de l'écurie et la seule avec la nationalité italienne[72]. Dans cette ambiance pesante, Jean Alesi arrive malgré tout à exploiter sa B197 en certaines occasions, terminant troisième en Espagne puis deuxième au Canada, en Grande-Bretagne, au Luxembourg et en Italie. Lors de l'épreuve italienne, Alesi parti de la pole position mena l'essentiel de la course avant de se faire dépasser par David Coulthard dans les stands[65].

Déçus par le déclin de l'écurie italienne, Alesi part chezSauber tandis que Berger annonce sa retraite. L'écurie tente d'approcherDamon Hill, sans résultat. En cours de saison, la famille Benetton rachète 35 % des actions de l'écurie que détenaitFlavio Briatore qui démissionne en septembre ; il est remplacé parDavid Richards dont la sociétéProdrive obtient une renommée mondiale en assurant avec succès l'engagement officiel deSubaru dans le championnat du monde des rallyes au milieu des années 1990. Le Britannique avait auparavant été mandaté parBritish American Tobacco, sponsor de Subaru en rallye, pour négocier un rachat de l'écurie italienne pour le compte du cigarettier. Si un désaccord fait échouer la négociation, Richard est néanmoins choisi comme directeur de l'écurie Benetton en remplacement de Briatore[73]. Le manager britannique découvre une équipe en difficulté : le contrat de sponsoring avec Mild Seven expire déjà fin 1998 et, surtout, Benetton Formula n'a plus de fournisseur moteur avec le retrait de Renault de la Formule 1. Flavio Briatore, actionnaire de laScuderia Minardi et qui avait acquis une option pour la fourniture de moteurs Renault RS9 fabriqués sous licence par la société françaiseMecachrome revend son contrat à Benetton pour 5 millions de dollars. Ces moteurs développent environ 750 chevaux, nettement moins que les blocs Mercedes ou Ferrari[74]. Ils sont théoriquement identiques à ceux desWilliams FW20, même si les résultats des essais hivernaux de Barcelone laissent entrevoir quelques différences et que leurs évolutions seront liés aux investissements des écuries dans leur développement[75].

Enfin, un partenariat est signé avecBridgestone deux jours avant la présentation de la nouvelle voiture[76],[77]. Des rumeurs circulent rapidement au début de l'année 1998, affirmant que Benetton a fourni toutes les données des gommes Goodyear au manufacturier japonais, ce que l'écurie anglo-italienne et Bridgestone démentent[78]. La présentation officielle de la B198 se déroule sobrement à Londres, David Richards insistant essentiellement sur la nécessité d'une stabilité et d'un cap clair pour affronter l'avenir. La B198 conçue par Nick Wirth est présentée comme une véritable innovation par rapport aux précédentes monoplaces qui n'étaient que des évolutions d'un concept déjà ancien[79].

Quelques coups d'éclats dans le peloton (1998-1999)

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LaBenetton B198 en exposition en 2014.

Pour lasaison 1998, le nouveau manager engage un jeune duo de pilotes :Giancarlo Fisichella qui sort d'une solide saison chez Jordan etAlexander Wurz, vainqueur des24 Heures du Mans en 1996. Dès son apparition en Australie, la B198 se retrouve au centre d'une polémique lorsque plusieurs ingénieurs d'écuries concurrentes mettent en doute sa capacité à protéger les jambes des pilotes en cas d'accident[80]. Néanmoins, la B198 se montre performante dès le début de la saison, avec une double entrée dans les points en Australie. Au Brésil, les B198 arborent de gros déflecteurs entre les roues avant et étrennent un nouveau système de répartition du freinage sur une seule roue. Une épreuve que Wurz termine à la quatrième place alors qu'il n'avait encore jamais roulé sur lecircuit d'Interlagos tandis que Fisichella prend le point de la sixième place[81]. AuCanada, la course est stoppée peu après le départ après un carambolage impliquant Alexander Wurz et les pilotesSauber etProst, durant lequel laB198 de l'Autrichien effectue plusieurs tonneaux. À Jean Alesi, furieux contre la jeune génération de pilotes« qui ne comprend pas qu'une course ne se joue pas uniquement au premier virage », l'Autrichien répond laconiquement :« J'aurais certes pu freiner plus tôt mais je suis un pilote de Formule 1, non ? » Lors duGrand Prix d'Autriche, l'équipe obtient sa quinzième pole position grâce à Fisichella, qui abandonne en course après un accrochage avec la Sauber de Jean Alesi. Si, à la mi-saison, Benetton pointe à la troisième place du championnat des constructeurs, la seconde moitié de la saison est plus difficile, l'écurie souffrant de la décision de Bridgestone de favoriserMcLaren-Mercedes en lice pour le titre constructeur, au détriment de Benetton qui doit se contenter de pneus de qualité inférieure. Benetton perd deux places au profit deWilliams etJordan et termine cinquième du championnat des constructeurs, avec 33 points. Wurz est huitième avec dix-sept points tandis que Fisichella prend la neuvième place avec seize points.

La saison 1998 est marquée par les incertitudes autour du moteur devant motoriser les Benetton à partir de 2000, voire déjà 1999. David Richards souhaite abandonner le partenariat avec Mecachrome au profit d'une alliance avecFord-Cosworth qui motorise déjàStewart ; il essaie de persuader les Benetton de vendre une partie de leurs actions dans l'écurie au constructeur américain pour s'assurer de bénéficier d'un moteur d'usine mais ils refusent. Les discussions avec Ford s'enlisent et lors du Grand Prix de Silvertsone, David Richards signe un contrat de fourniture moteur pour 1999 et 2000 avec Mecachrome[77]. Mais David Richards, qui avait mis sa démission dans la balance si la famille Benetton ne parvenait pas à un accord avec le motoriste américain, est contraint de quitter l'écurie en octobre 1998. La famille Benetton le remplace par Rocco Benetton, présent depuis en tant que directeur commercial[82]. Le fils de Luciano, désormais à la tête de la gestion sportive devient, à seulement trente ans, le plus jeune manager d'équipe en Formule 1. Toujours en coulisses, à l'instigation de Flavio Briatore le manufacturier de tabac japonais Mild Seven prolonge son contrat jusque fin 2000[82].

Giancarlo Fisichella sur laBenetton B199 auGrand Prix du Canada 1999.

1999 est annoncée comme la saison du retour au premier plan. La famille Benetton a repris le contrôle de l'écurie et laB199 conçue par Nick Wirth assisté par Pat Symmonds est présentée comme une voiture révolutionnaire :« La B199 se veut ingénieuse et particulièrement poussée dans le domaine de l'aérodynamique[83] » explique Rocco Benetton lors de la présentation de la voiture à Enstone. La monoplace dispose d'une boîte de vitesses à double embrayage, d'un différentiel hydraulique et surtout d'un système de répartition du couple sur les roues avant expérimenté l'année précédente sur laB198. Ce « Front Torque Transfert » développé avec l’aide d’Xtrac et de GKM agit comme une assistance au freinage permettant aux pilotes de retarder le freinage et de garder une meilleure stabilité en virage, tout en limitant les pertes de temps en cas de blocage des roues. D'après les spécialistes, ce système pourrait s'avérer décisif pour effectuer un dépassement en début de virage, même si plusieurs concurrents mirent en doute la légalité de ce système assimilé à une aide au pilotage. Toutefois, le système agit bien sur les roues et non directement sur les freins, ce qui le rend théoriquement légal. La conception de la B199 a nécessité 4 500 dessins techniques et soixante heures de travail par semaine[83]. L'écurie confirme son duo de pilotes de la saison précédente et engage le jeune espoir françaisLaurent Redon comme pilote d'essai ; essayeur de laScuderia Minardi la saison précédente, le Français a privilégié l'offre de Benetton alors qu'il envisageait une carrière aux Etats-Unis. Faute de pilote d'essais la saison précédente, Fisichella et Wurz devaient tester la voiture en plus des weekend de courses, ce qui avait fini par se ressentir physiquement. Benetton apparaît comme la plus jeune équipe du plateau puisqu'avec ses trois pilotes et le manager Rocco Benetton, la moyenne d'âge est de 26 ans[83].

Rocco Benetton ne fait pas mystère de ses ambitions :« Nous voulons revenir au sommet mais nous savons que ce sera difficile et que nous devons être humbles et réalistes ce qui signifie que nous devrons peut-être nous contenter d'être seulement deuxième ou troisième. » Malgré cet optimisme affiché, la B199 reste propulsée par un moteur, lePlaylife FB-01, qui n'est qu'une légère évolution du Mecachrome GC37-01 de l'année précédente, et une simple mise à jour du Renault RS9 de 1997 qui ne peut masquer son manque de puissance face aux blocs Ferrari, Mercedes ouMugen-Honda dont on sait que la maison-mère envisage de revenir en tant que constructeur en2000[84],[85].

Les essais d'avant-saison montrent quelques soucis de fiabilité et que l’équilibre de la voiture est bousculé par l’installation du système de transfert de couple à l'avant de la voiture[86].

Dès les premières courses, la conception de la B199 se révèle définitivement erronée : l'équipement technologique embarqué la rend lourde, lente et provoque un manque d'adhérence chronique tandis que la fiabilité s'avère douteuse et que d'importantes vibrations dans le cockpit gênent le travail des pilotes[86]. Régulièrement, le système FTT est débranché pour gagner quelques kilogrammes et permettre d'équilibrer la répartition des masses de la voiture[87],[88]. La boîte de vitesses à double embrayage, trop lourde et n'apportant aucun avantage, est également abandonnée dès le Grand Prix de Saint-Marin, troisième course de la saison[89]. Les deux pilotes obtiennent quelques points en début de saison, mais sont incapables de suivre le rythme des McLaren, Ferrari et Jordan. Le seul un coup d'éclat est la deuxième place de Fisichella au Canada, après une course à rebondissements. L'Italien ne cache pas sa satisfaction :« Depuis deux courses, nous étions complétement perdus mais ce week-end nous avons su faire fructifier le gros potentiel intrinsèque de la voiture. Le début de la course fut difficile car je sous-virais avec le plein d'essence. Mais quand la machine s'est allégée, elle est devenue beaucoup plus aisée à conduire. Plus encore que le résultat brut, c'est le comportement de la voiture qui me remplit de joie ce soir[90]. »

Mais la B199 retrouve son véritable niveau dès les Grands Prix suivants : performances médiocres en qualification, courses laborieuses, manque de fiabilité, système FTT régulièrement inutilisable et peu de points inscrits. Déçu par les performances de Wurz, Rocco Benetton envisage même, début août, un échange avecPedro Diniz, de chez Sauber[91]. Au Grand Prix de Belgique, Benetton renouvelle les contrats de ses deux pilotes pour la saison 2000 avec une option pour 2001. Les deux pilotes obtiennent également de Rocco Benetton une réorganisation du staff technique[92]. En fin de saison, lors du Grand Prix d'Europe sur le Nürburgring, dans des conditions très pluvieuses, parti sixième, Fisichella hérite de la tête de la course au45e des 66 tours mais son appuie-tête se décroche peu après ; surpris, il part en tête-à-queue et abandonne[93],[94].

Benetton termine sixième du championnat des constructeurs, ce qui provoque le renvoi deNick Wirth et du directeur sportif Joan Villadelprat. Le directeur technique Pat Symonds est conservé mais il est désormais secondé par un directeur de projet, Tim Densham, qui possède une solide expérience en Formule 1 par ses passages chezLotus,Brabham,Tyrrell et chezHonda où il participa à un programme de recherche[95].

Malgré ses performances décevantes, la B199 a principalement souffert d'être sous-motorisée, leSupertec FB-01 développant 780 chevaux contre 810 pour le Mercedes FO 110H et 805 pour le Type 048/B/C de Ferrari. Quant au système de répartition du couple sur les roues avant, il sera repris, avec un certain succès, parBritish American Racing quelques années plus tard avant d'être interdit par laFIA[96].

2000-2001 : le rachat par Renault et la disparition

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Alexander Wurz sur la Benetton B200.

Après l'échec de la campagne de1999 et l'incapacité à renouer avec le succès, le modèle d'écurie indépendante apparaît difficilement viable face aux grands constructeurs de plus en plus présents en Formule 1. Le budget de l'écurie évalué à environ 100 millions de dollars dépend essentiellement de l'apport des sponsors et est lourdement grevé par le coût des décevants moteurs Supertec, limitant la capacité d'investissement dans larecherche et développement, pourtant vitale. La famille Benetton prend alors la décision de vendre rapidement l'écurie. Dans le même temps, Renault qui a décidé de revenir en tant que constructeur se met en quête d'une écurie à racheter. Après réflexions, c'est Benetton qui est choisi. Les négociations se déroulent sans grande difficulté durant l'hiver 1999-2000. Le 15 mars 2000, Carlo Gilardi,administrateur délégué du Groupe Benetton, signe àBillancourt l'accord de cession de l'écurie à Renault pour 120 millions de dollars, mettant un terme à l'aventure commencée quinze ans plus tôt[97]. Dans un communiqué, Luciano Benetton déclare :« Aujourd'hui, pour garantir à l'écurie le développement qu'elle mérite dans ce nouveau contexte, il est opportun de passer le témoin[98]. » Selon les termes du contrat, Benetton continue à courir sous son nom propre jusqu'à la fin de la saison 2001, date à laquelle l'écurie deviendra officiellementRenault F1 Team.

Pour la nouvelle saison, Benetton revient à la simplicité avec laB200 conçue parPat Symonds, Tim Densham et l'aérodynamicien Ben Agathangelou :« La B200 a été conçue pour utiliser une technologie et des méthodologies éprouvées dans le but d'être toujours rapide et fiable. Nous avons fait des progrès sur le poids et mené des recherches considérables sur l'aérodynamique et la géométrie de la suspension. Nous avons aussi travaillé en étroite collaboration avec Supertec pour produire un moteur Playlife sur mesure pour la voiture. C'est ce qui nous manquait. Pour cette B200, la philosophie appliquée a été celle d'un retour aux concepts basiques de l'automobile de course. Simplicité et efficacité à tous les niveaux. »

Le duo de pilotes qui a donné satisfaction les deux saisons précédentes est conservé. La monoplace est présentée officiellement le dans l'enceinte duMusée national d'Arts àBarcelone. Malgré ses difficultés sportives, l'écurie reste suffisamment attractive pour conserver ses sponsors principaux.Japan Tobacco, D2 Mannesman,Agip ou encoreKorean Air renouvellent leur partenariat tandis que l'électronicienMarconi et MTCI les rejoignent.

En interne, Rocco Benetton cède sa place à Flavio Briatore, resté proche du constructeur français, pour préparer le retour du nouveau propriétaire. Le nouveau manager fait sa première apparition dans le paddock au deuxième Grand Prix de la saison au Brésil, où Giancarlo Fisichella termine deuxième.« Le début de course avec le plein fut très pénible, il y avait un très fort sous-virage et rester sur la trajectoire était difficile. Heureusement, après quinze tours, j'ai retrouvé du grip mais je n'ai pas cessé d'attaquer jusqu'à la fin. », déclare le pilote. Benetton pointe alors à la deuxième place du classement des constructeurs[99].

En avril, la presse britannique annonce que Benetton vient de recruterMike Gascoyne, le réputé directeur technique de Jordan, ce qui crée la panique dans l'écurie irlandaise. Briatore ravit également à Jordan son deuxième pilote,Jarno Trulli qui rejoindra Renault en 2002 puisqu'il n'est que « prêté » à l'écurie irlandaise pour les saisons 2000 et 2001. À ce stade, le projet pour2002 est d'associer Trulli à Jacques Villeneuve[100]. Alexander Wurz apparaît en danger et Briatore ne cache pas son souhait de s'en séparer rapidement. Les jeunesAntônio Pizzonia etGiorgio Pantano, qui roulent sur la B200 lors d'essais privés, sont pressentis pour le remplacer en cours de saison[101]. Les performances décevantes de l'Autrichien contrastent avec la forme de son équipier qui enchaîne encore deux podiums à Monaco et au Canada[102]. Benetton pointe à la troisième place du championnat des constructeurs, devant Williams et Jordan. Le contrat de l'Italien est logiquement renouvelé pour une saison, lors du week-end en Hongrie[103]. Le 17 août, le recrutement de Jenson Button pour 2001 et 2002 est officialisé[104]. L'équipe technique d'Enstone s'étoffe encore avec le recrutement de l'aérodynamicien Eghbal Hamidy, dont l'Arrows A21 se montre particulièrement efficace sur les circuits rapides[105].

Le Grand Prix d'Italie, en septembre, permet à Alexander Wurz de marquer ses premiers points grâce à sa cinquième place. Mais, depuis la mi-saison, la B200 est en perte de compétitivité et l'écurie glisse à la quatrième place du championnat, dépassée par Williams et menacée par Jordan et BAR[106]. Le Grand Prix suivant, àIndianapolis, est marqué par la violente altercation entre Fisichella et Briatore qui lui reproche sa« paresse » et son manque de travail après sa quinzième place en qualification[107]. Si les dernières courses, auJapon et enMalaisie ne permettent pas à Benetton d'inscrire des points, l'écurie conserve de justesse sa quatrième place au championnat.

Après cette saison en demi-teinte, Benetton bénéficie, en 2001, d'un moteur Renault d'usine pour sa dernière année d'existence sous son nom propre. LaBenetton B201 est présentée sur laplace Saint-Marc, àVenise, le[108]. Dessinée parMike Gascoyne, rejoint par Mark Smith venu de chez Jordan, sa principale innovation est son moteur RS21 qui présente un angle large de 111° contre 72° habituellement dans un but aérodynamique, en raison du positionnement plus bas du moteur dans le châssis. Cette motorisation a été longuement testée dans un châssis B200B modifié. Patrick Faure, président deRenault Sport, fixe les attentes pour la nouvelle saison :« 2001 sera avant tout une année d'ajustement et de transition. C'est une année où nous allons renforcer et développer l'équipe et tester de nouvelles solutions, en particulier le moteur RS21, qui représente un grand pas en avant technologique en termes de compacité, de poids et d'efficacité[109]. » Si Giancarlo Fisichella est conservé, Alexander Wurz est remplacé parJenson Button, en provenance deWilliams, tandis que le poste de pilote d'essai est confié à l'AustralienMark Webber. Benetton abandonne les pneumatiques Bridgestone pour se tourner versMichelin qui effectue son retour dans la discipline. Dès les essais hivernaux sur le circuit d'Estoril, la voiture apparaît peu performante[110].

Benetton B201 en 2001 avecJenson Button à son volant.

Dès le premier Grand Prix, àMelbourne, les B201 sont en difficulté. Le moteur manque clairement de puissance et les Benetton sont réduites à se battre, en fond de grille, contre lesArrows A22 et les modestesMinardi PS01 tout en étant nettement devancées par lesJaguar R2 etBAR 003. L'avantage de la compacité du moteur RS21 se paie également par d'importantes vibrations dans la voiture, un manque de rigidité du châssis et d'importants soucis de fiabilité[111]. AuBrésil, Fisichella, parti en fond de peloton, ramène le point de la sixième place en profitant de l'abandon de onze concurrents tandis que Button semble complètement dépassé en terminant la course bon dernier avec plusieurs tours de retard. Excédé, le Britannique lâche que la B201 est une« boîte à merde inconduisible[112]. » En coulisse, le deuxième baquet pour la saison à venir fait l'objet d'une lutte entre Fisichella et Trulli qui aimerait rejoindre Renault en 2002, le duo Button - Trulli ayant les faveurs de Flavio Briatore et de Patrick Faure[113].

Il faut attendre la mi-saison, grâce à une aérodynamique corrigée et un système de contrôle de traction travaillé au cours de l'année, pour que les deux B201 terminent dans les points, lors duGrand Prix d'Allemagne (Fisichella quatrième et Button cinquième). Après un double abandon auGrand Prix de Hongrie, Fisichella, parti de la huitième place àSpa-Francorchamps, termine troisième et offre à l'écurie son dernier podium. Malgré la qualification de Giancarlo Fisichella en sixième position auJapon, aucune monoplace ne termine dans les points. Contrairement aux deux années précédentes, Benetton a réalisé une bien meilleure deuxième moitié de saison que la première, même si cela n'aura pas suffi pour remonter significativement au championnat. Benetton conclut sur une septième place finale, son plus mauvais classement, avant de disparaître.

Résultats en championnat du monde

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Résultats de l'écurie Benetton Formula en championnat du monde de Formule 1
SaisonÉcurieChâssisMoteurPneusPilotesGrands Prix disputésPoints inscritsClassement
1986Benetton Formula LtdBenetton B186BMW
4 en ligne turbo
PirelliDrapeau de l'AutricheGerhard Berger
Drapeau de l'ItalieTeo Fabi
16196e
1987Benetton Formula LtdBenetton B187Ford V6 turboGoodyearDrapeau de l'ItalieTeo Fabi
Drapeau de la BelgiqueThierry Boutsen
16285e
1988Benetton Formula LtdBenetton B188Ford V8GoodyearDrapeau de la BelgiqueThierry Boutsen
Drapeau de l'ItalieAlessandro Nannini
16393e
1989Benetton Formula LtdBenetton B189Ford V8GoodyearDrapeau de l'ItalieAlessandro Nannini
Drapeau du Royaume-UniJohnny Herbert
Drapeau de l'ItalieEmanuele Pirro
16394e
1990Benetton Formula LtdBenetton B189B
Benetton B190
Ford V8GoodyearDrapeau du BrésilNelson Piquet
Drapeau de l'ItalieAlessandro Nannini
Drapeau du BrésilRoberto Moreno
16713e
1991Camel Benetton FordBenetton B190B
Benetton B191
Ford V8PirelliDrapeau du BrésilNelson Piquet
Drapeau du BrésilRoberto Moreno
Drapeau de l'AllemagneMichael Schumacher
1638,54e
1992Camel Benetton FordBenetton B191B
Benetton B192
Ford V8GoodyearDrapeau de l'AllemagneMichael Schumacher
Drapeau du Royaume-UniMartin Brundle
16913e
1993Camel Benetton FordBenetton B193
Benetton B193B
Ford V8GoodyearDrapeau de l'AllemagneMichael Schumacher
Drapeau de l'ItalieRiccardo Patrese
16723e
1994Mild Seven Benetton FordBenetton B194Ford V8GoodyearDrapeau de l'AllemagneMichael Schumacher
Drapeau des Pays-BasJos Verstappen
Drapeau de la FinlandeJJ Lehto
Drapeau du Royaume-UniJohnny Herbert
161032e
1995Mild Seven Benetton RenaultBenetton B195Renault V10GoodyearDrapeau de l'AllemagneMichael Schumacher
Drapeau du Royaume-UniJohnny Herbert
17137Champion
1996Mild Seven Benetton RenaultBenetton B196Renault V10GoodyearDrapeau de l'AutricheGerhard Berger
Drapeau de la FranceJean Alesi
16683e
1997Mild Seven Benetton RenaultBenetton B197Renault V10GoodyearDrapeau de l'AutricheGerhard Berger
Drapeau de la FranceJean Alesi
Drapeau de l'AutricheAlexander Wurz
17673e
1998Mild Seven Benetton PlaylifeBenetton B198Playlife V10BridgestoneDrapeau de l'ItalieGiancarlo Fisichella
Drapeau de l'AutricheAlexander Wurz
16335e
1999Mild Seven Benetton PlaylifeBenetton B199Playlife V10BridgestoneDrapeau de l'ItalieGiancarlo Fisichella
Drapeau de l'AutricheAlexander Wurz
16166e
2000Mild Seven Benetton PlaylifeBenetton B200Playlife V10BridgestoneDrapeau de l'ItalieGiancarlo Fisichella
Drapeau de l'AutricheAlexander Wurz
17204e
2001Mild Seven Benetton RenaultBenetton B201Renault V10MichelinDrapeau de l'ItalieGiancarlo Fisichella
Drapeau du Royaume-UniJenson Button
17107e

Principaux pilotes

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Culture populaire

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Plusieurs Benetton sont visibles dans divers musées, comme la B195 de Michael Schumacher auMusée automobile et technologique de Sinsheim[114]. Une B186 pilotée par Gerhard Berger est conservée au musée BMW deMunich[115] et un autre exemplaire est exposé au musée duMondello Park deBrisbane[116]. Un exemplaire de la B193B est visible au Meilenstein Museum de Langenthal[117].

Certaines voitures ont également été vendues aux enchères, comme la B191 parSotheby's et une B198 par Memento Exclusive[118]. Une B192 a également été proposée aux enchères en avril 2022 dans le cadre duTour Auto de 2022[119].

Des Benetton B198 sont également utilisées dans des écoles de pilotage privées. Les monoplaces ne disposent généralement plus de leur moteur ou de leur monte pneumatique d'origine[120].

Les Benetton sont jouables dans les diversjeux vidéo de la sérieFormula One de 1996 à 2001. La B194 est également disponible dans l'édition Deluxe deF1 2020[121]. Desmods dans plusieurs jeux vidéo permettent de piloter des Benetton, comme la B199 dansAssetto Corsa[122].

Les différentes Benetton ont également été reproduites en modèles réduits par la marqueMinichamps[123].

Notes et références

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