Poème de Herbert Gschwendtner dans une variante du bavarois parlée dans les environs de St. Johann im Pongau,Salzbourg.
D' Muatterspròch im Vòderlônd, de uns de Òidn iwerliafert hômd, hert si so schê ô baim Singa kô òwer baim Redn derb klinga. Baim Straitn werds gòr gschead. Hòrt is's, bòids streng gnumma werd. Dônn wider schmaichèt sa si aî so zort, so liab und so faî. Hoamatspròch, der Ausdruck in dir
Lebavarois (BairischÉcouterⓘ), également appeléaustro-bavarois, est un groupe de dialectesallemands. Il forme avec l'alémanique le groupe de l'allemand supérieur. Il est parlé enBavière, mais plus de la moitié des locuteurs se trouvent en dehors duland : il est également parlé dans toute l'Autriche à l'exception duVorarlberg, dans la commune suisse deSamnaun ainsi que dans leTyrol du Sud et dans quelques îlots enCarnie.
À l'inverse, il existe également en Bavière des dialectes qui ne sont pas bavarois, comme enFranconie ou dans laSouabe bavaroise. Lalinguistique germanophone utilise le terme deBairisch plutôt queBayerisch, un terme politiquement associé au land de Bavière.
Le bavarois au sein du groupe de l'allemand supérieur : bavarois du Nord (bleu clair), moyen-bavarois (bleu) et bavarois du Sud (bleu foncé).
Comptant plus de 12 millions de locuteurs, le bavarois (ou allemand est-supérieur) forme le groupe de dialectes allemands le plus important. Les régions suivantes appartiennent au domaine du bavarois :
Il n'existe pas d'orthographe officielle et unifiée pour le bavarois et les différences régionales peuvent être très importantes. Il existe cependant certaines tendances, notamment dans la poésie et la littérature. L'orthographe bavaroise est généralement fortement inspirée de l'orthographe allemande, avec cependant quelques conventions supplémentaires. De plus amples détails sur l'écriture utilisée, notamment dans cet article, et la prononciation associée sont fournisplus bas.
Au moyen d'isoglosses historiques, le bavarois peut être géographiquement divisé en bavarois du nord, moyen-bavarois et bavarois du sud[réf. nécessaire].
Le bavarois du Nord est parlé dans une grande partie duHaut-Palatinat tandis qu’on parle une forme mixte de bavarois du nord et moyen-bavarois dans la capitaleRatisbonne et ses environs, ainsi que dans la partie nord desforêts de Bavière etde Bohême.
Il se distingue en particulier par lesdiphtongues « tombantes ».Bruder (« frère ») est par exemplebroùda, au lieu debruàda comme au sud duDanube. Par ailleurs, on rencontre le pronom personneldeß au lieu dedia pour la deuxième personne du pluriel (ihr en haut-allemand).
Il a une grande influence sur ses dialectes cousins du nord et du sud, étant donné que presque toutes les villes importantes de la zone linguistique bavaroise se trouvent à proximité duDanube. Le moyen-bavarois bénéficie en conséquence d'un plus grand prestige et est largement connu à l’extérieur de la zone linguistique. Les différences régionales dans les basses plaines duDanube sont en général moins importantes que celles dans les différentes valléesalpines du bavarois du Sud.
Le principal signe de ce dialecte est que les consonnes sourdes (fortis) /p/, /t/, /k/ sont amorties en consonnes sonores /b/, /d/, /g/, par exemple :Bech, Dåg, Gnecht pourPech, Tag, Knecht (« malchance, jour, valet »). Seul /k/ en tant que son initial avant une voyelle reste sourd (par exemple dansKua pourKuh, « vache »). De plus le-n final estamuï et la voyelle qui le précédait est nasalisée, comme dansko (kann,3e personne du singulier duprésent dekönnen, « pouvoir ») ouMo (Mann, « homme »).
Le moyen-bavarois peut également être séparé en deux variantes : est et ouest. La limite entre ces deux variantes se déplace graduellement vers l'ouest, sous l'influenceviennoise, entre laBasse-Autriche et lafrontière austro-allemande. Malgré l'atténuation desdialectes dans les grandes villes de la région duDanube, les dialectes deMunich etVienne passent pour des références du moyen-bavarois ouest et est. Voici quelquesisoglosses caractéristiques de la relation entre les variantes est et ouest :
La limite n'est pas facile à tracer car même à l'extrême-est de l'Autriche (Burgenland) on entend encore le [oa] historique au lieu du [à]viennois, ainsi que dans les régions rurales deHaute etBasse-Autriche on entend encore les terminaisons typiques du « vieux » bavarois en [a] et la diphtongue [ui] ainsi que [oa].
Le bavarois du Sud est parlé auTyrol, auTyrol du Sud, enCarinthie, dans une partie de laStyrie, en particulier à l'ouest, ainsi que dans les îlots allemands deCarnie. Presque toute laStyrie et leLand de Salzbourg sont dans la zone de transition entre le bavarois du Sud et le moyen-bavarois.
Le bavarois du Sud ne connaît pas la prononciation comme voyelle du /r/, qui progresse néanmoins dans les dialectes des villes. Après des voyelles un /l/ ne devient pas la voyelle /i/ mais un son entre /i/ et /u/ (notéü). En outre certains dialectes du bavarois du sud distinguent entre des sons forts et faibles commeDåch parallèlement àTåg pour « jour », le vieux /k/ ayant subi une mutation consonantique pour devenir/kch/[Quoi ?] enCarinthie, dans des parties deTyrol etSalzbourg, d'où le bavaroisKchlea pour l'allemandKlee (« trèfle »).
Le dialecte bas-bavarois deCarinthie présente entre autres la particularité suivante : en raison d'interférences avec leslovène, beaucoup de voyelles courtes enhaut allemand deviennent longues (/a/ ⇒ /aː/), par exemple :Lås lei lafm, /låːs lei laːfm/ (en allemandLass es nur laufen, « laisse-le courir »). Ce phénomène a par exemple pour conséquence de faire correspondre phonétiquementOfen (« four ») etoffen (« ouvert ») : /oːfm/.
Le dialecte de l'ouest de laStyrie se distingue par ladiphtongaison de presque toutes les voyelles accentuées.
La bavarois peut également, en plus desisoglosses historiques précités, être subdivisé en d'autres dialectes qui sont surtout rattachés à une région spécifique. On peut en particulier distinguer leviennois ou lemunichois. EnAutriche, on trouve également le Heanzisch dans leBurgenland, le dialectestyrien, les dialectes deCarinthie et les dialectes duTyrol. Un dialecte particulier enHaute-Autriche est le Mühlviertlerisch ainsi que le Waidlersprach enBasse-Bavière. Le Zimbrisch et le Egerdeutsch viennent d'îlots enItalie et enBohême.
Extrait de lecture de la page Wikipédia bavaroiseDreiflüssestadionUne locutrice du bavarois enregistrée enAllemagne.
Le bavarois distingue voyelles courtes et longues ; à l'écrit cependant, ces différences n'apparaissent pas, mais la distinction se fait, commeenallemand, par le nombre de consonnes suivant la voyelle. Si aucune ou une seuleconsonne suit la voyelle, celle-ci est généralement longue, deux ou plusieurs consonnes suivent une voyelle courte. Lesgraphèmesch etschsont comptés dans ce calcul comme une seule consonne, puisqu'ils ne correspondent qu'à un seulphonème /ʃ/.
La répartition des voyelles longues et courtes en bavarois diffère profondément duhaut-allemand, de sorte qu’on a parfois l’impression qu’une voyelle courte en bavarois correspond à une longue en haut-allemand et inversement. Ceci n'est cependant que partiellement vrai.
Au total le bavarois distingue sept voyelles, chacune utilisée en deux variantes.
En bavarois, lessubstantifs sont divisés selon leurgenre. Le genre n'est généralement pas reconnaissable au nom lui-même, mais à l'article défini qui l'accompagne :
masculin
féminin
neutre (inexistant en français)
pluriel (tous genres)
da Hund (der Hund, le chien)
d'Ruam (die Rübe, le navet)
as / s'Kind (das Kind, l'enfant)
de / d'Leid (die Leute, les gens)
L'article défini désignant le féminin singulier,d'-, s'assimile souvent au son initial du nom qui le suit : il devientt'- avantf-, h-, s-, z-,b'- avantb-, m-, p- etg'- avantg-, k-. Par exemple :
Enbasilecte, lea avant une voyelle devientan. En bas-bavarois l'article indéfini au pluriel s'approche du sonoi, enCarinthieane et l'article défini conserve toujours la voyelle (de, jamaisd'-)
L'article en bavarois sedécline. La plupart des substantifs ayant perdu la marque du cas, la marque du cas est concentrée sur l'article.
Le substantif appartient aux mots bavarois avec inflexion, la caractéristique principale étant legenre, comme dans d'autres langues germaniques, qui dépend rarement de l'objet désigné ; c'est pourquoi il doit être appris pour chaque mot.
Le cas grammatical d'un substantif est marqué par l'article (voir ci-dessus). Dans la plupart des cas, le genre d'un substantif bavarois est le même que celui du mot correspondant enhaut allemand. Il y a cependant quelques exceptions :
Allemand
Bavarois
Néerlandais
Anglais
Allemand
Bavarois
Néerlandais
Anglais
die Butter (le beurre)
da Budda
de boter
the butter
das Liter (le litre)
da Lidda**
de liter
the litre
das Radio (la radio)
da Radio
de radio
the radio
das Meter (le mètre)
da Mèdda**
de meter
the metre
die Kartoffel (la pomme de terre)
da Kadoffi
de aardappel
potato
die Schublade (le tiroir)
da Schublån
de lade
the drawer
die Zwiebel (l'oignon)
da Zwiafi
de ui
the onion
die Marmelade (la marmelade)
da Mamalâd
de jam
the jam
das Virus (le virus)
da Virus**
de virus
the virus
die Schokolade (le chocolat)
da Tschoglâd
de chocolade
the choclate
die Petersilie (le persil)
da Bêdasui
de peterselie
the parsley
die Ratte (la rate)
da Råtz
de rat
the rat
das Vaterunser (leNotre-Père)
da Faddaunsa*
ons vader
our father
die Zecke (la tique)
da Zegg
de teek
the tick
der Monat (le mois)
as Monat***
de maand
the month
die Heuschrecke (la sauterelle)
da Heischregg
de sprinkhaan
the grasshopper
das Heue (le foin)
t'Heing
de hooi
the hay
die Schnecke (l'escargot)
da Schnegg
de slak
the snail
der Tunnel (le tunnel)
as Tunnöi
de tunnel
the tunnel
die Spitze (la pointe)
da Schbiez
de top
the top
der Teller (l'assiette)
as Della
de plaat
the plate
der Kommentar (le commentaire)
as Kommentar
het commentaar
the comment
* En bavarois, „der Paternoster“ (rare) est également masculin. ** Cette variation, qui s'appuie sur le fait que les mots latin en -us et les mots allemands en -er sont presque toujours masculins, partage le bavarois avec le haut-allemand et le langage familier le bavarois et lehaut-allemand dans la langue quotidienne. *** En particulier dans les expressions usuelles „jeds Monat“(jeden Monat, chaque mois), „nächsts Monat“(nächsten Monat, le mois prochain), „letzts Monat“(letzten Monat, le mois dernier), mais jamais pour les noms de mois : da Monad Mai (le mois de mai).
Le bavarois a conservé trois des quatre cas allemands :nominatif,datif etaccusatif. Les deux derniers coïncident en partie. Legénitif n’existe que dans des expressions figées. Comme enhaut-allemand, le substantif n'est que rarement décliné, mais le cas apparaît par le biais de l'article.Il existe plusieurs classes dedéclinaison qui se démarquent principalement dans le cas dupluriel : une classification grossière peut se faire entre la déclinaison faible (ou classe N) et la déclinaison forte (ou classe A).
Substantifs faibles
Les substantifs faibles se terminent généralement par-n au pluriel. Beaucoup de féminins faibles se terminent déjà par-n au singulier. La forme plurielle est donc soit identique au singulier, soit obtenue par l'ajout d'un-a (par analogie avec les substantifs forts). Les masculins faibles possèdent une terminaison au singulier pour tous les cas sauf le nominatif, généralement-n (et le pluriel en-n également).
Parmi les substantifs faibles (W1), on compte les masculins et féminins se terminant par-n au pluriel ainsi que tous les féminins avec la terminaison du pluriel-an (la plupart se terminent au singulier par-ng ; la voyelle a y est épenthétique. Tous les masculins et neutres dont le singulier se terminent par-i se rangent également dans cette classe. Beaucoup des substantifs correspondants enhaut-allemand sont cependant forts.
W1:-n
Singulier
Pluriel
Allemand
Français
Singulier
Pluriel
Allemand
Français
Singulier
Pluriel
Allemand
Français
m:
Hås
Håsn
Hase, Hasen
lièvre
Busch
Buschn
Busch, Büsche
buisson
Deifi
Deifin
Teufel, Teufel
diable
f:-n
Brugg
Bruggn
Brücke, Brücken
pont
Goaß
Goaßn
Geiß, Geißen
chèvre
Nuss
Nussn
Nuss, Nüsse
noix
f:-an
Dâm
Dâman
Dame, Damen
dame
Schlang
Schlangan
Schlange, Schlangen
serpent
Zeidung
Zeidungan
Zeitung, Zeitungen
journal
n:
Oa
Oan
Ohr, Ohren
oreille
Bleami
Bleamin
Blume, Blumen
fleur
Stiggi
Stiggin
Stück, Stücke
morceau
Substantifs forts
Dans le cas de la déclinaison forte, il n'y a pas de terminaison indiquant le cas. Le seul changement que subit le mot est le nombre, à savoir la différence entre lesingulier et lepluriel. Il existe plusieurs façons de marquer lepluriel. Les masculins et neutres forts utilisent la terminaison-a, qui vient de la terminaison-er du moyenhaut-allemand et qui est encore utilisée enhaut-allemand moderne. Il existe cependant des mots qui appartiennent également à cette classe (avec un pluriel en-a) sans avoir jamais possédé de pluriel en-er. Le pluriel des féminins est souvent construit avec la terminaison-an, comme le mot Endung (terminaison) lui-même : oa Endung, zwoa Endungan.
On peut séparer les substantifs en plusieurs classes en fonction de leur pluriel. Les possibilités les plus fréquentes sont l'umlaut ou la suffixation, les deux pouvant également être combinées. Pour la terminaison du pluriel, on trouve-n (déclinaison faible) et-a, pour l'Umlaut, il existe plusieurs variantes :
S1: Umlaut (UL)
Singulier
Pluriel
Allemand (singulier)
Français
S2: UL +-a
Singulier
Pluriel
Allemand (singulier)
Français
å > e
Nåcht (f)
Necht
Nacht
Nuit
Lånd (n)
Lenda
Land
Pays
o > e
Dochta (f)
Dechta
Tochter
Fille
Loch (n)
Lecha
Loch
Trou
u > i
Fuchs (m)
Fichs
Fuchs
Renard
Mund (m)
Minda
Mund
Bouche
au > ai
Maus (f)
Mais
Maus
Souris
Haus (n)
Haisa
Haus
Maison
oa > ea
---
---
---
---
Doaf (n)
Deaffa
Dorf
Village
ua > ia
Bruada (m)
Briada
Bruder
Frère
Buach (n)
Biacha
Buch
Livre
åi, oi > äi, öi
Fåi (m)
Fäi
Fall
Chute
Woid (m)
Wöida
Wald
Forêt
Les exemples ci-avant illustrent les classes 1 et 2 des substantifs forts, dont la marque est un umlaut au pluriel. La classe S1 ne possède pas d'autre marque du pluriel que l'umlaut (pas de terminaison). On trouve dans cette classe uniquement des masculins et féminins. La classe S2 est marquée par l'umlaut et la terminaison-a. On trouve dans cette classe quelques masculins et beaucoup de neutres.
La classe S3 contient tous les masculins, féminins et neutres sans umlaut au pluriel et avec la terminaison-a, ici la plupart des féminins se terminent au singulier par la terminaison-n venant à l'origine du datif. Quelques masculins dont la racine se termine par une voyelle possèdent la terminaison-na au pluriel :
S3:-a
Singulier
Pluriel
Allemand
Français
Singulier
Pluriel
Allemand
Français
Singulier
Pluriel
Allemand
Français
masc. :
Bàm
Bàma
Baum
arbre
Må
Måna
Mann
homme
Stoa
Stoana
Stein
pierre
fem. :
Flaschn
Flaschna
Flasche
bouteille
Ein
Eina
Eule
hibou
Paradeis
Paradeisa
Tomate
tomate
neutre :
Kind
Kinda
Kind
enfant
Liacht
Liachta
Licht
lumière
Gscheft
Gschefta
Geschäft
magasin
La dernière classe forte S4 est constituée des substantifs invariables au pluriel, par exemple Fisch (masc ; poisson) et Schaf (neutre ; mouton). Dans quelques dialectes les pluriels de ces substantifs s'expriment par un allongement ou raccourcissement de la voyelle. Cette classe contient principalement des masculins et neutres. Tous les féminins en-n qui appartiennent historiquement à la classe des substantifs faibles, peuvent également être classés ici, puisque leur pluriel n'est pas marqué : 'Àntn - Àntn' "Ente" (canard). Ces féminins évoluent cependant vers la classe S3 avec un pluriel en-a (voir l'exempleEin "Eule" ci-avant).
On trouve également quelques pluriels irréguliers :
Singulier
Pluriel
Allemand
Français
Néerlandais
Anglais
Boa,également Baia
Baian
Baier
Bavarois
baier
baier
Beng
Benk
(Sitz-)Bank
banc
bank
bank
Gscheng
Gschenka
Geschenk
cadeau
geschenk
present
Aug
Aung
Auge
œil
oog
eye
Fàggi
Fàggin/Fàggla
Ferkel, Schwein
cochon
varken
pig
Kaiwi
Kaiwin/Kaibla
Kalb
veau
kalf
calf
Les mots suivants n'existent qu'au pluriel : Leid (Leute, gens), Hiana (Hühner, volaille), Fiacha (das Vieh, le bétail).
Enallemand standard, tous les masculins faibles ont une terminaison pour tous les cas sauf le nominatif, mais il est courant de l'omettre dans la langue parlée. En bavarois, cette tendance est beaucoup plus forte et seuls quelques masculins faibles conservent leur terminaison, par exemple 'Hås' "Hase" (lièvre) et 'Bua' "Knabe, Junge" (garçon) :
Baua, "Bauer" (agriculteur),Debb, "Depp" (sot) et quelques autres se déclinent commeHås.Le motRåb, "Rabe" (corbeau) se décline commeBua : pour tous les cas sauf le nominatif,-m prend la place du-b dans la racine :Råm. Le plurielRåma est rare.
Lors de la combinaison de plusieurs pronoms personnels qui se contractent en-s, on insère la voyelle-a-. Au contraire de l'allemand, il existe plusieurs dispositions possibles. On peut également avoir plusieurs significations. Voici quelques exemples :
contracté
*(complet)
Allemand
Français
1.a)
Håm's da's scho zoagt?
Håm s(e) d(ia) (de)s scho zoagt?
Haben sie es dir schon gezeigt?
Te l'ont-ils déjà montré ?
ou:
Håm s(e) d(ia) s(e) scho zoagt?
Haben sie sie dir schon gezeigt?
Te les ont-ils déjà montrés ?ou Te l'ont-ils déjà montrée ?
1.b)
Håm'sas da scho zoagt?
Håm s(e) (de)s d(ia) scho zoagt?
Haben sie es dir schon gezeigt?
Te l'ont-ils déjà montré ?
ou:
Håm s(e) s(e) d(ia) scho zoagt?
Haben sie sie dir schon gezeigt?
Te les ont-ils déjà montrés ?ou Te l'ont-ils déjà montrée ?
Les pronoms possessifs ont au singulier des terminaisons différentes pour les trois genres, au contraire du pluriel où on a la même terminaison. Par exemple, le bavaroismeina, qui correspond à l'allemand "meiner". Il se décline de la sorte :
Les pronomsdeina etseina se décline de la même façon. Le pronomiara ("ihrer") est inspiré de l'allemand standard car le bavarois utilisait initialement le pronomseina également pour les possesseurs féminins.
Les pronoms indéfiniskoana ("keiner" en allemand) ainsi queoana ("einer") se déclinent comme les pronoms possessifs ci-dessus. Comme en allemand, on peut combiner ces pronoms aveciagad- ("irgend-).
On a aussi les pronoms indéfinisebba, ebbs ("jemand, etwas", quelqu'un, quelque chose) qui n'existent qu'au singulier et se déclinent comme suit :
Le bavarois ne possède qu'un seultemps simple, le présent. Tous les autres temps sont composés. Comme mode, on trouve en plus de l'indicatif et de l'impératif le subjonctif (Konjunktiv) qui correspond au subjonctif II (Konjunktiv II) de l'allemand standard.
Comme en allemand, l'indicatif est le mode du réel. Il est formé par l'ajout de différentes terminaisons à la racine du verbe et est généralement plutôt proche de l'indicatif allemand. Les terminaisons du pluriel diffèrent en partie de l'allemand. Les terminaisons sont les mêmes pour les verbes forts (irréguliers) et les verbes faibles (réguliers). Voici par exemple les conjugaisons au présent de l'indicatif demacha (machen, faire) etbrecha (brechen, casser) :
*Voir le paragraphe suivant. **Il est à noter que dans certaines régions (par exemple enCarinthie), le-t de l'allemand pour la troisième personne du pluriel est conservé. EnSouabe il s'agit de la terminaison du pluriel pour toutes les personnes (mia, ia, si machet).
À la première personne du pluriel, il existe également une forme plus récente qui est la plus fréquemment utilisée, sauf en fin de phrase dans une proposition subordonnée où cette forme est grammaticalement incorrecte : la terminaison-an est remplacée par la terminaison-ma, ce qui donne icimachma. L'origine de cette forme est expliqué plus bas dans le paragrapheParenthèse historique.
Il existe cependant des verbes qui dévient de ce schéma car leur racine se termine en-g ou-b. La terminaison habituelle de l'infinitif,-n, devient alors respectivement-ng ou-m. On a alors un changement de racine pendant la déclinaison, comme dansleng (legen, poser, verbe faible) ougem (geben, donner, verbe fort) :
Pour les verbes forts avec un-e- dans leur racine, on a de plus un changement de voyelle au singulier, le-e- devenant-i-, également à la première personne (au contraire de l'allemand où ce changement n'intervient que pour les deuxième et troisième personnes du singulier). On n'ajoute par contre pas d'Umlaut :er schlagt (allemand :er schlägt).
L'impératif n'existe en bavarois, comme en allemand ou en français, que pour la deuxième personne (singulier et pluriel) ainsi que la première personne du pluriel et la forme de politesse (qui correspond en français à la deuxième personne mais qui en allemand et en bavarois se conjugue comme la troisième personne du pluriel). L'impératif se construit selon les règles suivantes :
pour la deuxième personne du singulier, on utilise la racine du verbe sans terminaison, avec un changement de voyelle comme à l'indicatif présent pour les verbes forts. On n'utilise pas de pronom personnel sujet :måch!,får!,kimm!,gib!, ..;
pour la deuxième personne du pluriel on ajoute à la racine la terminaison-ts, ce qui correspond à la forme de l'indicatif présent. L'usage du pronom personnel est facultatif :måchts!,fårts!,kemts!,gebts!, ...
pour la première personne du pluriel, on utilise la forme de l'indicatif présent qui se termine par un-a. L'usage du pronom personnel est également facultatif :måchma!,fårma!,kemma!,gema!, ...
pour la forme de politesse on ajoute-(a)n à la racine. Par ailleurs, l'usage du pronom personnel est cette fois obligatoire, sous sa forme contractée-'S:måchan'S!,fårn'S!,keman'S!,gem'S!, ...
Le bavarois utilise trois verbes auxiliaires :sei (sein, être),håm (haben, avoir) etdoa(n) (tun, faire). En allemand standard, les trois auxiliaires sontsein,haben etwerden.
*Ces formes sont toutefois rares. On trouve également les formes longuessàmma ethàmma à l'indicatif ainsi quewâma etwâradma au subjonctif. Le participe passé estgwen.
Le participe passé estghåbt ou égalementghåd dans certaines régions.
doa(n)/dua(n)/dean/dian (tun, faire)
Il existe pourdoa(n) de nombreuses variantes régionales. La voyelle de la racine peut varier parmi-oa-/-ea- (principalement dans le moyen-bavarois ouest),-ua- (plutôt dans les dialectes de l'est) et-ia- (tirolien). Par ailleurs, un-n peut être ajouté à l'infinitif dans certaines régions.
Comme en allemand, les adjectifs en position d'épithète sedéclinent. La déclinaison diffère selon que l'adjectif accompagne unsubstantif avecarticle défini ouindéfini. La déclinaison indéfinie s'applique lorsque l'adjectif est substantivé (c'est-à-dire employé lui-même comme substantif). Les tableaux suivants illustrent ces deux formes sur l'adjectifsche (en allemandschön, en françaisbeau), à la racine duquel on ajoute-n, à l'exception duneutresingulier :
En bavarois, le suffixe-a est utilisé pour la formation ducomparatif. Dans certains cas, le radical est également modifié : ajout d'unumlaut, changement de voyelle ou de la consonne finale. La variante ouest du bavarois moyen fournit les exemples suivants :
Changement
Adjectif
Comparatif
Allemand
Français
Pas de changement :
gscheid
gscheida
klug
intelligent
nei
neiga / neicha
neu
neuf
liab
liawa
lieb
gentil, aimable
schiach
schiacha
hässlich
moche
hoagli
hoaglicha
wählerisch
difficile, fastidieux
Raccourcissement de la voyelle :
diaf
diaffa
tief
profond
a > e:
lang
lenga
lang
long
o > e:
grob
grewa
grob
grossier, bourru
groß
gressa
groß
grand
u > i:
dumm
dimma
dumm
bête
gsund
gsinda
gesund
sain
oa > ea:
broad
breada
breit
large
gloa
gleana
klein
petit
hoaß
heaßa
heiß
chaud
woach
weacha
weich
mou
oa > öi:
koid
köida
kalt
froid
ua > ia:
kuaz
kiaza
kurz
court
La forme dusuperlatif varie selon les régions : alors qu'on utilise parfois une forme similaire au suffixe-st de l'allemand, dans d'autres cas c'est le comparatif qui sera employé en lieu et place du superlatif. Ainsi, la phrase « Max Müller est le plus grand des douze enfants. » (en allemand « Max Müller ist der größte der zwölf Knaben ») se traduit en bavarois par les variantes suivantes : « Vo de zwöif Buam is dà Müller Màx am gressan(comparatif) / am greßtn(superlatif) /ou plus rarement : dà greßte/dà gressane. »
À côté de cette construction du superlatif (dite faible), on trouve aussi pour certains adjectifs une flexion forte :
En bavarois (mais pas en allemand standard), on différencie les adverbes des adjectifs à partir desquels ils sont formés en leur ajoutant la terminaison-a ou-e. Par exemple :
Des schmeggt koida bessa. - Das schmeckt kalt besser. (c'est meilleur froid.) Fast hèttn's'n lewada eigråm. - Fast hätten sie ihn lebendig eingegraben. (ils l'auraient presque enterré vivant.) A so dreggada kimmstma ned ins Haus! - So dreckig kommst du mir nicht ins Haus! (tu n'entres pas si sale chez moi !)
Les nombres en bavarois se terminent pour la plupart en-e. Ils sont invariables et ne se déclinent donc pas.oas, pour le nombre 1 fait toutefois exception.
Les nombres contiennent souvent des successions de consonnes inhabituelles, qui les rendent difficilement prononçable pour un locuteur dont ce n'est pas la langue maternelle. Voici une liste des nombres les plus importants :
1
oas
11
öife
21
oanazwånzge
2
zwoa
12
zwöife
22
zwoarazwånzge
200
zwoahundad
3
drei
13
dreizea
23
dreiazwånzge
300
dreihundad
4
fiare
14
fiazea
24
fiarazwånzge
40
fiazge
400
fiahundad
5
fimfe
15
fuchzea
25
fimfazwånzge
50
fuchzge
500
fimfhundad
6
sechse
16
sechzea
26
sechsazwånzge
60
sechzge
600
sechshundad
7
sieme
17
sibzea
27
simmazwånzge
70
sibzge
700
simhundad
8
åchte
18
åchzea
28
åchtazwånzge
80
åchtzge
800
åchthundad
9
neine
19
neizea
29
neinazwånzge
90
neinzge
900
neihundad
10
zene
20
zwånzge
30
dreißge
100
hundad
1000
dausnd
Les nombres substantivés sont en bavarois masculins, contrairement à l'allemand standard où ils sont féminins :
La bavarois dispose d'une grande variété de formes pour saluer ou prendre congé. Voici les plus importantes d'entre elles :
Bavarois
Utilisation
Équivalent allemand
Transcription littérale / Explication
servus!/seavas!
Familier - Saluer/prendre congé
hallo/tschüs!
Existe également en allemand standard et dans diverses langues d'Europe centrale. Provient du latinservus (serviteur ou esclave). Forme raccourcie de « je suis à ton service. »
(hawe-)dere!
Familier, voir intime - Saluer/prendre congé
Aucun
« (Ich) habe die Ehre! » / « (J')ai l'honneur ! »
griaß di (God)!
Familier - Saluer
grüß dich!
« (Es) grüße dich (Gott)! » / « Que (Dieu) te salue ! »
Les noms de jours présentés ci-après s'éloignent beaucoup de l'allemand classique. Ils ont en effet été influencés par legotique, autre langue germanique aujourd'hui éteinte. Ils sont toutefois en voie de disparition et ne sont encore employés que dans les zones rurales. De nombreux locuteurs bavarois ne les connaissent d'ailleurs pas.
Français
Bavarois (Allemand)
Explications
Lundi
Manda (Montag)
Même racine que le mot allemand (jour de la lune)
Mardi
Iada (Dienstag)
ÉgalementErtag (abrégé deErgetag) - Provient du grec « jour d'Arès » (l'équivalent grec de Mars).
Mercredi
Migga (Mittwoch)
Forme contractée du mot allemand.
Jeudi
Binda (Donnerstag)
ÉgalementPfinztag - Dérive du grecpenté (cinq). C'est donc le cinquième jour (dimanche étant le premier)
Le bavarois étant souvent écrit (par des poètes ou des musiciens par exemple), certaines conventions d'écriture se sont imposées, qui ont été utilisées dans cet article. Souvent une orthographe proche de celle de l'allemand standard est utilisée bien que la prononciation soit différente. Voici quelques indications concernant la prononciation des conventions d'écriture utilisées :
Ler après une voyelle, à l'exception dea, et avant une consonne (également en fin de mot) devient généralement un a semi-ouvert (à). Certains Bavarois prononcent parfois un r fortement roulé aprèso ouu.
Ler après una, avant une consonne, est au contraire souvent prononcé et dans ce cas fortement roulé, comme c'est le cas avant une voyelle. Ceci s'applique également en fin de mot.
-er non accentué est prononcé comme una semi-ouvert mais plus court.
Concernant lea et ses variantes, reportez vous à la section#Phonologie ci-avant.
ä etö sont prononcés comme e en allemand (é en français) et ü comme i, même si les linguistes notent de légères différences.
äi etöi se prononcent à peu près comme l'anglaisai danspain.
ei se prononce comme en allemand (à peu près aïe) avec parfois une légère déviation versäi.
g avantf,s etsch se prononcek.gh se prononce systématiquementk : ghabt, ghåitn et ainsi de suite. À titre d'anecdote, ceci est également valable dans le mot Joghurt. Pour cette raison, l'écriture Jogurt (les deux orthographes existent en allemand) semble curieuse à beaucoup de Bavarois.