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Bath Iron Works (BIW) est un importantchantier naval, situé au bord de larivière Kennebec, àBath, dans l'État duMaine, auxÉtats-Unis.

Fondé en1884, ce chantier naval est devenu un important fournisseur de l'United States Navy. Il appartient à laGeneral Dynamics Corporation depuis1995.
Bath Iron Works est également le nom de l'entreprise qui possède et exploite ce chantier naval, et de la division de General Dynamics depuis1995.
Descendant d'une prospère famille de négociants de Bath, Thomas W. Hyde s'était illustré pendant laguerre de Sécession devenantbrigadier général à l'âge de 23 ans. Revenu dans sa ville natale, il exploita une petite fonderie, puis fonda la société Bath Iron Works, Ltd. le. Il racheta une ancienne forge située au bord de la rivière Kennebec, à Bath, et l'équipa pour y construire des bateaux en acier, qui étaient encore rares à l'époque.
Le chantier naval commença cependant par construire desbateaux à vapeur en bois. La coque était fabriquée par un autre chantier, Bath Iron Works se chargeant des machines et de tout l'équipement. LeCottage City, lancé en1890, assura un service régulier entrePortland (Maine) etNew York pour les passagers et les marchandises. L'année suivante, leManhattan, un bateau identique était construit.

Deux canonnières en acier munies de voiles auxiliaires, laMachias et laCastine, furent ainsi lancées en1893 pour l'US Navy et deux autres furent commandées peu après. En1894, le chantier fut en grande partie détruit par un incendie, mais le général Hyde mobilisa les ressources de sa ville pour le reconstruire. À cette époque, Bath Iron Works construisit également des bateaux à vapeur en bois et desbateaux-phares.
Plusieurs yachts célèbres furent également lancés à Bath :
Entre1899 et1901, Bath Iron Works livra cinq torpilleurs légers et très rapides à l'US Navy, et en1904, un croiseur, leCleveland, et l'unique cuirassé construit à Bath, leGeorgia. Ce dernier navire eut néanmoins le plus grand mal à rejoindre la mer en empruntant la rivière Kennebec, qui n'était pas assez profonde. Le chantier naval se limita dès lors à des navires de moindres dimensions et se spécialisa dans la construction d'un nouveau type de bâtiment, ledestroyer. Les destroyers accomplirent de nombreuses missions, comme l'escorte des convois,la détection et la destruction des sous-marins.
Les premières années duXXe siècle furent difficiles pour le chantier Bath Iron Works, qui dut s'associer avecCharles Schwab (en) pour former l'US Shipbuilding Trust. Mais cette association ne dura que peu de temps en raison de la campagne anti-trusts du présidentTheodore Roosevelt. Bath Iron Works passa entre les mains du fils cadet du général Hyde, décédé en1899, John S. Hyde. Les nombreuses commandes de l'US Navy, notamment les destroyers, redressèrent rapidement la situation financière. Par ailleurs, le chantier modernisa ses méthodes de travail, abandonna complètement les coques en bois.
Pendant laPremière Guerre mondiale, il lança de nombreux destroyers du type Liberty, mis au point à Bath et également construit dans d'autres chantiers. Après la mort de John S. Hyde, en1917, William T. Cobb présida aux destinées de Bath Iron Works. Le chantier connut une période très active pendant la guerre, employant jusqu'à 1 900 travailleurs. Mais l'après-guerre fut dramatique, l'effectif retomba à 650 et aucun navire ne fut lancé en1922. Le chantier ferma ses portes et fut vendu aux enchères ainsi que tout son équipement, le.

En1927, un ancien directeur du chantier, William S. Newell, releva Bath Iron Works. Il loua le chantier, créa la Bath Iron Works Corporation avec de l'argent emprunté et acheta de l'équipement dans une vente aux enchères àPhiladelphie. L'année suivante, il lança un premier yacht, leVanda, long de 73 mètres. D'autres suivirent, de plus en plus grands et rapides, comme leCorsair IV pour le financierJohn Pierpont Morgan, long de 104 mètres et lancé en1930. Lekrach de Wall Street interrompit les commandes de yachts. Toutefois, en1936, Harold S. Vanderbilt chargea le chantier de construire leRanger pour laCoupe de l'America, qu'il remporta l'année suivante.
Bath Iron Works reçut également des commandes dechalutiers pour plusieurs armements du Maine ; dix-huit chalutiers furent construits entre1928 et1937. Pendant laProhibition, lesgarde-côtes, chargés d'intercepter la contrebande d'alcool, commandèrent sept vedettes de la classe Argo, qui furent livrés en1931 et1932. De nouveaux destroyers pour l'US Navy furent commandés en1931, lesDewey etFarragut, qui furent livrés en1936. C'étaient les premiers destroyers construits depuis1918.
En1940, le rajeunissement de l'US Navy voté par leCongrès entraîna la construction d'une nouvelle flotte de destroyers pour remplacer les anciens, donnés auRoyaume-Uni. L'entrée en guerre des États-Unis accrut encore les commandes de l'US Navy. DePearl Harbor à lacapitulation du Japon, 82 destroyers furent construits, soit un tous les 17 jours. L'effectif du chantier, qui était tombé à 300 au début des années 1930, s'élevait à 12 000 travailleurs en1943. Mais en1947, il s'élevait à peine à 350.
L'activité redémarra d'abord grâce à une commande de 32 chalutiers, passée par legouvernement français ; ils furent livrés entre1947 et1949. Bath Iron Works reçut bientôt de nouvelles commandes de l'US Navy : des destroyers, des frégates, des escorteurs, desbâtiments de débarquement LST. Par ailleurs, la construction de yachts reprit.
En1968, la holding qui était propriétaire de Bath Iron Works, Bath Industries Inc., fusionna avec un fabricant de revêtement de sol, Congoleum-Nairn Inc. Mais le chantier traversa une phase difficile, perdant de l'argent sur ses contrats avec l'US Navy dont les prix étaient fixes alors que l'inflation faisait rage. La maison mère, désormais nommée Congoleum Corporation, chargea un ingénieur chimiste, John R. Sullivan, de redresser la situation du chantier naval. Sullivan implanta laconstruction modulaire, utilisée dans les chantiers japonais, que Bath Iron Works fut le premier chantier naval américain à adopter, ce qui contribua à redresser sa situation financière. Le chantier naval devint également l'un des plus sûrs du pays.
Bath Iron Works fut chargé de la construction de 13 des 27 frégates lance-missiles de la classeFFG-7 (en) pour l'US Navy, réalisant l'exploit de terminer avec 99 semaines d'avance et une économie substantielle. Le chantier était redevenu une affaire extrêmement rentable, avec un carnet de commandes bien rempli.
Dans lesannées 1980, Bath Iron Works remporta plusieurs contrats importants. Des croiseursAegis de laclasse Ticonderoga furent ainsi construits entre1982 et1991. En1985, furent commandés des destroyers Aegis de laclasse Arleigh Burke. C'est alors que la direction de Congoleum tenta d'augmenter la rentabilité du chantier en tentant de limiter les coûts salariaux, ce qui déclencha une grève de 14 semaines, en1985.
En1986, Bath Iron Works devint la filiale de Bath Holding Corporation, elle-même filiale de Fulcrum II Limited Partnership, un fonds de placement.
À la fin de1992, le chantier naval avait un carnet de commande de 2 milliards dedollars américain pour la construction de 14 destroyers de la classe Burke allant jusqu'en 1997, mais pas la moindre activité dans le domaine civil. En1993, Bath Iron Works tenta de se diversifier par le développement de navires transporteurs d'automobiles, conjointement avec American Automar Inc., Great American Lines Inc., un constructeur japonais et la filiale canadienne d'un constructeur finlandais. Ce projet reçut le soutien dugouvernement fédéral.
La baisse des dépenses militaires entraîna néanmoins une diminution d'activité et une baisse des effectifs du chantier, qui passèrent de 12 000 en1989 à 8 000 en1995. Les principaux actionnaires, des compagnies d'assurances comme Prudential, qui avaient acquis de gros paquets d'actions dans les années 1980, commencèrent à chercher un repreneur.General Dynamics Corporation, un des principaux fournisseurs duPentagone, se porta alors acquéreur, ce qui permit à Bath Iron Works de continuer à travailler pour la défense, la construction navale civile étant de toute façon saturée.
General Dynamics investit massivement pour moderniser le chantier naval de Bath et construire au meilleur coût les 11 destroyers DDG-51 de la classe Arleigh Burke commandés par l'US Navy. L'effectif du chantier passa 7 300 en1997. Bath Iron Works remporta de nouveaux contrats pour un véhicule d'assaut amphibie pour les Marines et la construction de 12 navires de transportclasse San Antonio pour l'US Navy.
En1998, General Dynamics, déjà propriétaire de Bath Iron Works et du chantierElectric Boat de Groton acheta le chantier Nassco, deSan Diego (Californie).
Fin 2008, le chantier commence la construction du destroyerUSS Zumwalt (DDG-1000), une classe de navires de combat de nouvelle génération.