Cet article est uneébauche concernant lapolitiquefrançaise.
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Scission dans | Gauche révolutionnaire(1935) |
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Bataille socialiste est un ancien courant à la gauche de laSection française de l'Internationale ouvrière (SFIO) actif de 1927 à 1939, dirigé parJean Zyromski etMarceau Pivert (qui s'en détachera en 1935 pour fonder laGauche révolutionnaire).
La Bataille Socialiste perpétue au sein de la SFIO la traditionguesdiste, du refus de soutenir un gouvernement« bourgeois »[1]. Elle est créée à la suite du24e congrès lorsque la gauche du parti a présenté une motion portée parBracke-Desrousseaux etJean Zyromski qui réunit 23 % des mandats face à la motion de synthèse du centre (Paul Faure) et de l'aile droite (Léon Blum). Les signataires de cette motion se rassemblent à partir de juin 1927 autour du mensuelLa Bataille socialiste, qui paraît jusqu'en juin 1939[2].
Le courant s'inscrit dans la minorité et s'oppose dans un premier temps àPaul Faure, le secrétaire général du parti. De 1927 à 1933, la Bataille socialiste joue alors un rôle historique de premier plan, en réduisant tous les débats entre socialistes aux seules questions de la discipline et de la participation à un gouvernement.
La question se pose en 1929 lorsque leradicalÉdouard Daladier propose aux socialistes un accord de gouvernement. L'aile droite du parti (blumistes etnéo-socialistes) y est favorable, tandis que la Bataille socialiste met toute son énergie à convaincre Paul Faure de l'importance d'une non-participation. Celui-ci craignant être marginalisé par Léon Blum, secrétaire dugroupe socialiste à la Chambre des députés, se rapproche de l'aile gauche sur les conseils deJean-Baptiste Séverac .
Lorsque le deuxièmeCartel des gauches (accord de désistement entre socialistes et radicaux au2d tour) remporte lesélections législatives de 1932,Édouard Herriot propose à nouveau aux socialistes de participer à son futur gouvernement. Uncongrès est convoqué afin de choisir la stratégie à suivre. Paul Faure et la Bataille socialiste parviennent à faire approuver par le congrès les « cahiers de Huyghens » (nom du gymnase où il est réuni) qui fixent des conditions (inacceptables pour les radicaux) pour une participation socialiste au gouvernement. Les radicaux rejettent ces conditions et forment ungouvernement deconcentration républicaine soutenu par le centre-droit.
Désormais soutien de Paul Faure, la Bataille socialiste obtient fin 1933 l'exclusion des chefs réformistes[3] (néo-socialistes, commeMarcel Déat). Puis après les évènements du6 février 1934, elle milite pour la formation d'un « front marxiste » avec lescommunistes pour faire barrage aufascisme. Elle parvient en juin à convaincre la direction de la SFIO d'accepter la proposition d'unité d'action deMaurice Thorez qui aboutie à la signature d'un pacte d'unité le 27 juillet. C'est la première étape de la création duFront populaire.
Toutefois, la radicalisation de son discours sur la révolution sociale et la prise du pouvoir commence à l'isoler au sein de la SFIO et ses militants les plus modérés (Daniel Mayer,Max Lejeune) la quittent lors du32e congrès de juin 1935. De plus, la signature dutraité franco-soviétique en mai 1935, forme une rupture entre Jean Zyromski qui accepte le principe d'une défense nationale face au fascisme et Marceau Pivert qui en tant que pacifiste convaincu préfère ledéfaitisme révolutionnaire. Elle se concrétise par la scission de Pivert qui fonde laGauche révolutionnaire le 20 septembre 1935[4].
Retournée dans la minorité, la Bataille socialiste consacre son action à la réunification des socialistes et communistes dans un nouveau parti unique. Isolée, elle abandonne ce projet en 1937.
À la suite de la victoire du Front populaire auxélections législatives de 1936, la Bataille socialiste approuve la formation d'ungouvernement dirigé par un socialiste. Toutefois, le soutien au gouvernement se fragilise après le choix de Léon Blum de ne pas intervenir dans laguerre d'Espagne alors que Jean Zyromski souhaite un soutien actif aux républicains espagnols. Par la suite, il refuse en juin 1937 de soutenir le nouveaugouvernement dirigé par le radicalCamille Chautemps, auquel participe les socialistes.
Avec la fin du Front populaire en avril 1938 et la formation dugouvernement Daladier (radicaux et centre-droit), la Bataille socialiste s'oppose à tout compromis avec l'Allemagne nazie et dénonce notamment lesaccords de Munich approuvés par les députés socialistes. Le courant se rapproche ensuite de Léon Blum lors de laseconde session du 35e congrès en décembre 1938, qui y propose « la fermeté à l'égard des puissances fascistes » contrairement au secrétaire général Paul Faure qui prône lepacifisme. Cette alliance Blum-Zyromski est renouvelée à l'ouverture du36e congrès de mai 1939, mais les blumistes rejoignent la motion de synthèse de Paul Faure et la Bataille socialiste se retrouve une nouvelle fois isolée au sein de la SFIO.
Elle condamne la signature duPacte germano-soviétique et souhaite après ladéclaration de guerre contre l'Allemagne que la défaite d'Hitler soit la priorité de la France. Ladéfaite de 1940 et l'installation durégime de Vichy suspendent les activités de la Bataille socialiste et de la SFIO.
Après laLibération en 1944, la SFIO est dirigée par le courant « humaniste » deLéon Blum qui laisse la place de secrétaire général àDaniel Mayer. Critiquant une évolution doctrinale qualifiée de « travailliste », la minorité derrièreGuy Mollet s'organise en préparation du38e congrès de 1946 pour recentrer le parti sur une ligne marxiste. Dans cette minorité, des « socialistes unitaires » (anciens proches deJean Zyromski qui a rejoint lePCF en 1945) reconstituent la Bataille socialiste. A l'issue du congrès, Guy Mollet est élu secrétaire général du parti avec le soutien de la BS.
Le courant est alors animé parPierre Commin,Jean Pierre-Bloch,Léon Boutbien etAndré Ferrat, mais se divise très rapidement entre ceux qui, comme Commin, continuent de soutenir la direction, et une minorité autour deÉlie Bloncourt qui refuse l'engagement dans laTroisième Force, et maintient un courant autonome qui décide de publier, à partir de un bulletin du même nom.
La BS soutient alors les grandes grèves dans lesquelles s'engage laConfédération générale du travail. Elle s'appuie notamment sur l'influence deMarcel Fourrier, rédacteur en chef du journal Franc-tireur, qui est un de ses militants, et qui maintient des liens étroits avec leParti communiste français.
La publication, en décembre, d'un manifeste condamnant le vote par les députés socialistes de la loi du « tendant à la défense de la République » (dénomination officielle), conduit la direction de la SFIO à sanctionner les auteurs, membres des instances dirigeantes du parti, notammentÉlie Bloncourt,Daniel Haas, qui seront exclus du parti dès. Ceux-ci créent alors le Mouvement socialiste unitaire et démocratique (MSUD) en, qui prend le nom deParti socialiste unitaire (dit « premier PSU ») en[5].
Guy Mollet, alors ancien secrétaire général de la SFIO, relance la Bataille socialiste en 1972 après être entré dans la minorité du jeuneParti socialiste lors ducongrès d'Epinay[6]. Le courant regroupait les proches de Guy Mollet commeJacques Piette,Adrien Spinetta ouMaurice Coutrot. Il présente une motion portée parClaude Fuzier et composée de jeunes militants aucongrès de Grenoble de 1973. Elle obtient 8,1 % lors du vote indicatif puis 7,9 % face à la motion de synthèse deFrançois Mitterrand. L'expérience est renouvelée aucongrès de Pau en 1975 mais elle ne dépasse pas la barre des 5 % qui permet d'être représenté au sein du comité directeur du parti. À la suite de cet isolement et de la mort de Guy Mollet, le courant se transforme enCentre de liaison et d’action : révolution, unité, socialisme (CLARUS) qui disparut en 1977[7]. Une partie de ses membres commeJacques Fleury rejoignent alors le courant dePierre Mauroy, autre figure de l'ancienne SFIO au sein du PS « mitterrandien ».
Le nom a été utilisé de 2007 à 2017 par un site marxiste d'archives[8].