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| Date | |
|---|---|
| Lieu | au large ducap Saint-Vincent (Portugal) |
| Issue | Victoire britannique |
| DonJosé de Córdoba | John Jervis |
| 24 navires de ligne 7 frégates | 15 navires de ligne 5 frégates 1 sloop 1 cotre |
| 250 morts 550 blessés 4 navires capturés | 73 morts 327 blessés |
Batailles
| Coordonnées | 37° 01′ 30″ nord, 8° 59′ 40″ ouest | |
|---|---|---|
Labataille du cap Saint-Vincent est unebataille navale qui a lieu le et oppose les flottes britanniques et espagnoles à proximité ducap Saint Vincent, au sud-ouest duPortugal.
L'amiral SirJohn Jervis, fort de ses quinze vaisseaux de ligne, l’emporte sur les 24 navires de l'amiral espagnol, donJosé de Córdoba.
Les Espagnols perdent en raison de la piètre qualité de leurs équipages. Jervis peut compter sur des matelots disciplinés et sur des commandants chevronnés, tels queNelson etCollingwood, futurs héros deTrafalgar.
La déclaration de guerre par l'Espagne auPortugal et à laGrande-Bretagne en 1796 a rendu la position britannique enmer Méditerranée dangereuse. La flotte franco-espagnole dans cette mer comptait en effet38navires de lignes, contre quinze pour les Britanniques. Cette supériorité force ces derniers à évacuer leurs positions enCorse et sur l'île d'Elbe.
Au début de l'année 1797, la flotte espagnole forte de27 navires doit rejoindre la flotte française àBrest et entre-temps escorter une flotte de57 navires marchands àCadix transportant du mercure, indispensable à la production d'or et d'argent aux Amériques. José de Cordoba et sa flotte quittentCarthagène le. Prévoyant d'arriver sans dommage à Cadix, les Espagnols se font surprendre par une forte tempête entreGibraltar et Cadix, qui les déporte plus à l'ouest que prévu dans l'océan Atlantique et oblige les navires espagnols donc à un voyage plus long vers Cadix.
Pendant, ce temps,John Jervis fait appareiller une flotte de dix navires deTage pour intercepter les Espagnols. Le, Jervis arrive au large ducap Saint-Vincent et est renforcé par l'arrivée de cinq navires sous le commandement de l'amiral William Parker.
Le, lafrégateMinerve, sous le commandement d'Horatio Nelson, croise à proximité immédiate de la flotte espagnole en profitant d'un épais brouillard pour ne pas se faire repérer. Nelson atteint la flotte britannique le et transmet la position des navires espagnols au commandement britannique. À cause du brouillard, il ne peut pas en comptabiliser le nombre, mais Jervis ordonne cependant l'interception.
Au matin du, Jervis apprend que la flotte espagnole se situe à35milles de ses positions et qu'il est avantagé par le vent.


Jervis souhaite engager le combat et les deux flottes se rencontrent le. Nelson se trouve à l'arrière de laligne britannique, et se rend compte qu'il faudra un long moment avant qu'il puisse entrer en action. Il effectue alors son premier acte de désobéissance aux ordres. Au lieu de continuer à suivre la ligne, il change de cap, pour engager la bataille avec une division espagnole composée duSan José (112 canons), duSan Nicolás (80) et de laSantísima Trinidad (130). Il les combat tous les trois, assisté par leHMS Culloden venu à l'aide de Nelson.
Après un duel d'artillerie d'une heure, leCaptain et leCulloden sont fortement endommagés. Nelson se trouve bord à bord duSan Nicolás et conduit à l'abordage du navire espagnol une partie de son équipage. Il crie « À l'abbaye de Westminster ou une victoire glorieuse » et le force le navire à se rendre. LeSan José tente de venir à l'aide du San Nicolas mais a du mal à manœuvrer.
Nelson passe ensuite avec sa compagnie d'abordage du pont duSan Nicolás sur celui duSan José et le capture également. La nuit tombant, la flotte espagnole bat en retraite versCadix. En plus des deux prises de Nelson, deux autres vaisseaux ont été capturés par les Britanniques.

Nelson est victorieux mais a désobéi aux ordres. Étant apprécié de Jervis, l'affaire en reste là. Toutefois, dans son rapport officiel sur la bataille, il n'est pas fait mention de Nelson. Il écrit cependant une lettre privée à George Spencer dans laquelle il explique que Nelson avait beaucoup contribué à la « chance de la journée ». Nelson écrit aussi plusieurs lettres au sujet de sa victoire et note que son action avait été portée à connaissance de la flotte.
Le point de vue de Nelson sur le combat a été plus tard contesté par le contre-amiralWilliam Parker, qui était présent à bord duHMS Prince George. Par ailleurs, Parker a affirmé que Nelson avait été appuyé par plus de navires que ce qu'il avait reconnu et qu'au moment de mener l'assaut sur leSan José, le navire avait déjà baissé pavillon.
Néanmoins, la version de Nelson fait référence. Elle est bien accueillie en Grande-Bretagne, où Jervis est fait « vicomte de Saint-Vincent » et Nelson chevalier de l'ordre du Bain. Le, il est promu contre-amiral de l'Escadre bleue. Cette promotion est cependant liée à son ancienneté, plutôt qu'à ses actions pendant la bataille.
Cette victoire a découragé tout projet d'alliance entre la France révolutionnaire et le royaume d'Espagne mais a aussi remonté le moral de laRoyal Navy. qui avait été fortement ébranlé par toute une série de mutineries. Enfin et surtout, elle a favorisé en Nelson, par la reconnaissance unanime de ses pairs, l'ascension au sein de la Navy d'un jeune chef capable de prendre des initiatives imprévisibles et intrépides, désobéissant aux schémas classiques de la guerre sur mer.
Ces initiatives, emportant l'adhésion en pleine confiance de ses subordonnés, seront couronnées de succès jusqu'aux triomphes des batailles d'Aboukir et deTrafalgar, avec l'anéantissement de la flotte de l'ennemi juré des Britanniques dePitt,Napoléon.