| Date | Entre le et le |
|---|---|
| Lieu | Saligny etMormaison |
| Issue | Indécise |
| •Henri-Pierre Delaage | •Jean-Baptiste de Couëtus •Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière •Prudent de La Robrie † |
| 500 hommes[1] | Inconnues |
| 57 morts 32 blessés (total des combats deSaint-Denis-la-Chevasse et des Landes de Béjarry)[2],[3] | Inconnues |
Batailles
| Coordonnées | 46° 48′ 31″ nord, 1° 25′ 26″ ouest | |
|---|---|---|
Labataille des Landes de Béjarry se déroule entre le et le près deSaligny, lors de laguerre de Vendée.
Battue le 27 novembre 1795 à labataille de Saint-Denis-la-Chevasse, l'armée vendéenne deCharette devient errante et cherche à éviter les colonnes républicaines du généralHoche[1]. Dans ses mémoires, l'officier royalistePierre-Suzanne Lucas de La Championnière écrit :« L'ennemi nous cernait de toute part et le cercle se resserrait tous les jours ; nous recommençâmes la marche qui nous avait sauvés autrefois et, nous mettant en bataille tout le jour dans de grandes landes d'où nous pouvions voir de fort loin, nous traversions pendant la nuit entre leurs postes »[1].
La date du combat des landes de Béjarry — ou de Boisjarry — n'est pas connue avec exactitude. D'après le rapport deHoche, le combat se déroule entre le 27 novembre et le 3 décembre 1795[2]. Lors de cette action, une partie de l'armée vendéenne menée par le général en secondJean-Baptiste de Couëtus attaque une colonne de l'adjudant-généralDelaage, forte de 500 hommes selonLucas de La Championnière[4],[1]. D'après le récit de l'officier vendéen, les républicains occupent alors un poste près deSaligny, sur le bord de la lande[5]. Les Vendéens mettent d'abord en fuite quelques républicains[5] mais le terrain n'est pas favorable aux mouvements de la cavalerie et les patriotes s'en tirent avec des pertes légères[4].
Dans ses mémoires[A 1],Lucas de La Championnière indique que l'armée vendéenne fit« peu de mal à l'ennemi »[4].
Le 3 décembre, le généralHoche écrit au généralGrouchy :« Nous avons perdu cinquante-sept hommes en deux affaires ; La Robrie y a été tué, ainsi que plusieurs autres chefs[2],[7]. ».Le Moniteur universel donne pour sa part le 18frimaire, soit le 8 décembre, un bilan de 57 tués et 32 blessés dans deux actions contre Charette livrées autour du 10[3],[A 2].
François Prudent Hervouët de La Robrie, le commandant de la cavalerie vendéenne, est tué d'une balle dans le ventre lors de ce combat[4],[1],[8],[A 3]. Son corps est enterré àSaligny[4].
« Depuis cette époque, nous fûmes toujours errans, occupant successivement le bourg de Saligné, de la Latterie, Saint-Denis, Montorgueil, la Chicaillère, etc. ; pendant ce temps, l'ennemi nous cernait de toute part et le cercle se resserrait tous les jours ; nous recommençâmes la marche qui nous avait sauvés autrefois et, nous mettant en bataille tout le jour dans de grandes landes d'où nous pouvions voir de fort loin, nous traversions pendant la nuit entre leurs postes, et c'est par ce moyen que nous vînmes attaquer 500 hommes aux landes de Béjarry ; M. de Couëtus dirigeait cette expédition ; nous fîmes peu de mal à l'ennemi, le pays était trop coupé pour que notre cavalerie pût agir.
Nous y perdîmes Robrie, le plus brave officier de ceux qui nous restaient. Sa mort fut vengée quelques jours après par la destruction totale d'un autre détachement qui était venu près du même endroit remplacer le premier[6]. »
— Mémoires dePierre-Suzanne Lucas de La Championnière.
« L'armée n'a point éprouvé de revers, comme les malveillants en avaient répandu le bruit; elle vient, au contraire, de faire une manœuvre qui a pour but de séparer, sans espoir de jonction, Charette de Sapinaud, et de rétablir les communications essentielles. Le mouvement général s'est fuit le 10 du courant, et nous a rendus maîtres des Herbiers. On peut assurer que les derrières de la ligne seront bientôt désarmés, tant les mesures prises sont actives.
Charette a déjà eu deux affaires avec les républicains; une déroute complète a distingué chaque fois l'imprudence des rebelles. Nous avons eu dans les deux actions cinquante-sept hommes tués et trente-deux blessés[3]. »
— Le Moniteur universel, le 18 frimaire.
« Le récit que l'on a fait de la mort de la Robrie est fort beau, mais point véritable. J'ai vu La Robrie frappé du coup dont il mourut, j'en puis parler savamment. M. Charette n'était point à l'attaque du poste deSaligny. Il avait donné la moitié du commandement de l'armée à M. de Couëtus, et s'était porté versle Poiré avec l'autre. Robrie qui n'était pas à l'armée, nous rejoignit avec un peloton de cavalerie dans la lande de Béjarry, au moment où nous apercevions l'ennemi. Le poste des républicains cantonné sur le bord de la lande était peu nombreux et ne fit nulle résistance. La sentinelle tira son coup de fusil à cinquante pas et se sauva. Cavalerie et infanterie se mirent à sa poursuite. Dans un chemin fort étroit, sur le bord de la Boulogne, nous suivions d'assez près cinq à six républicains qui, après avoir gagné une hauteur opposée, firent leur décharge sur notre peloton. Un cavalier fut tué raide et Robrie fut blessé dans le bas-ventre. Il détourna son cheval. Je lui demandai : où vas-tu ? Je suis blessé à mort, me répondit-il. Ce sont, je crois, les dernières paroles qu'il ait prononcées. Il tomba à quelques pas de là. On l'enterra à Saligny[5]. »
— Lettre dePierre-Suzanne Lucas de La Championnière à l'historienAlphonse de Beauchamp en 1806.