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Bataille des Ardennes

50° 37′ nord, 6° 08′ est
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Cet article concerne la bataille de la Seconde Guerre mondiale. Pour la bataille de la Première Guerre mondiale, voirBataille des Ardennes (1914).

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OpérationWacht am Rhein
Bataille des Ardennes
Description de cette image, également commentée ci-après
Soldats américains du290e régiment d'infanterie près d'Amonines.
Informations générales
Date
LieuArdenne (Belgique,Luxembourg,Allemagne)
IssueVictoire desAlliés
Belligérants
Drapeau des États-UnisÉtats-Unis
Drapeau du Royaume-UniRoyaume-Uni
Drapeau du CanadaCanada
Drapeau de la BelgiqueForces belges libres
Drapeau de la FranceFrance
Drapeau du LuxembourgRésistance luxembourgeoise
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-UniBernard Montgomery
Drapeau des États-UnisDwight Eisenhower
Drapeau des États-UnisOmar Bradley
Drapeau des États-UnisGeorge Patton
Drapeau de l'AllemagneWalter Model
Drapeau de l'AllemagneGerd von Rundstedt
Forces en présence
au
83 000 hommes
424 chars
394 pièces d'artillerie
300 000 hommes
2 500 chars
1 900 pièces d'artillerie
Pertes
(États-Unis):
8 607 à 19 276 tués
47 139 à 47 493 blessés
21 144 à 23 554 capturés ou disparus
(Royaume-Uni):
200 tués
1 400 blessés ou disparus
2 501 civils belges tués et350 disparus
15 652 à 17 236 tués
34 439 à 41 600 blessés
16 000 à 27 582 capturés ou disparus

Batailles

Front d'Europe de l'Ouest


Front d’Europe de l’Est


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l’Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise


Théâtre américain

Données clés
Coordonnées50° 37′ nord, 6° 08′ est

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Labataille des Ardennes est le nom donné à l'ensemble des opérations militaires de laSeconde Guerre mondiale qui se sont déroulées enArdenne pendant l'hiver 1944-1945. Le théâtre des opérations se déroule presque exclusivement enBelgique et dans le nord duLuxembourg, principalement dans l'Ardenne belge et l'Éislek luxembourgeois, avec pour objectif final de la part desAllemands la reconquête du port d'Anvers, mais leur offensive sera stoppée avant même d'atteindre laMeuse. La bataille commence le par une attaque surprise allemande, à laquelle on a donné le nom d'« offensivevon Rundstedt ». LeGeneralfeldmarschall von Rundstedt y était pourtant opposé : il estimait l'objectif trop ambitieux[1]. Il s’agit de l’une des plus grandes batailles de l’Histoire[2].

Les Allemands l'appellent opérationWacht am Rhein (en référence au tableau deLorenz Clasen et de lacélèbre chanson), et lesAnglo-AméricainsBattle of the Bulge (la « bataille du Saillant ») prenant en considération la forme de « coin » que la ligne de front avait prise lorsque la pénétration allemande fut arrêtée.

La bataille des Ardennes se termine fin, après le refoulement des Allemands au-delà de leur ligne de départ[3].

On se rappellera une offensive victorieuse que le généralLudendorff avait lancée surLiège un peu au nord, pendant laPremière Guerre mondiale, et en, l'opérationLüttich (« Liège » en allemand, en référence à cette offensive), contre-offensive à l'opérationCobra : si la première avait inspiréHitler, la seconde aurait dû le rendre plus prudent.

Notions préliminaires

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Lapertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution.Améliorez-le oudiscutez-en, sachant quela pertinence encyclopédique d'une information se démontre essentiellement par des sources secondaires indépendantes et de qualité qui ont analysé la question.(novembre 2018)
La division est la grande unité tactique de référence pour lesopérations militaires de laSeconde Guerre mondiale.

Ladivision américaine

  • La division d'infanterie (Infantry Division ouInf Div) a, en théorie, un effectif de832 officiers et 13 386 sous-officiers et soldats.
Le charroi est composé de 1 440 véhicules dont636 Jeeps.
Son armement lourd est composé de54 obusiers de 105 mm,12 obusiers de155 mm,57 canons antichars de57 mm,13 canons antichars de37 mm,90 mortiers de60 mm,54 mortiers de81 mm.
Son armement léger est composé de6356 fusils M1cal .30,172 fusils 1903cal .30, 5 279 carabines M1,243 fusils automatiques BAR,67 mitrailleuses .30 (air),90 mitrailleuses .30 (eau),236 mitrailleuses .50,93 pistolets-mitrailleurs .45, 1 157 pistolets .45,557 lance-roquettes.
Un certain nombre d'unités sont rattachées à la division dont un bataillon de chars moyens (M4 Sherman) et de chars légers (M3 Stuart ouM24 Chaffee), un bataillon d'artillerie antiaérienne (canons de40 mm Bofors tractés oumitrailleuses .50 surhalftrack), un bataillon de chasseurs de chars avec 36chasseurs de chars (M10 Wolverine puisM36 Jackson) et une escadrille de10 avions légers de liaison.
  • La division blindée (Armored Division ouArmd Div) a un effectif de 11 000 hommes. Elle comprend195chars moyens,77 chars légers,50 chasseurs de chars, de l'infanterie blindée et des unités d'appui. L'appellation américaine estArmored Division tandis que la division blindée britannique s'écritArmoured Division.
  • La division aéroportée (Airborne Division ouAbn Div) est une division d'infanterie légère de 10 000 hommes pouvant être aéroportée.

Ladivision allemande

  • La division d'infanterie (Volksgrenadier Division) comporte en cette fin d'année 1944, en théorie,342 officiers, 1 724 sous-officiers et 8 006 soldats.
Le charroi est composé de426 véhicules,119 motos, 1 522 bicyclettes, 1 142 chariots,346 remorques, 3 002 chevaux.
L'armement lourd se compose de12 obusiers de150 mm,24 canons de105 mm,18 canons de75 mm,38 obusiers de75 mm,14 canons anti-tank de75 mm autotractés,9 canons anti-tank de75 mm tractés,9 canons antiaériens de37 mm autotractés,24 mortiers de120 mm,42 mortiers de81 mm,12 lance-flammes.
L'armement léger se compose de 6 504 fusils, 1 536 pistolets, 2 064 pistolets-mitrailleurs,369 mitrailleuses légères,54 mitrailleuses lourdes,216 lance-roquettes (Panzerfaust ouPanzerschreck).
  • La division aéroportée (Fallschirmjäger division). Outre le fait que ces divisions peuvent comporter des troupes parachutées qui ne transportent que des armes portatives, elles disposent toutefois d'un matériel équivalent aux divisions d'infanterie.

Les échelons au-dessus de la division :

Lecorps d'armée est une grande unité dont la composition n'est pas fixe. Il comprend un commandement, un certain nombre de divisions (2 à 7) et des unités d'appui et delogistique.
L'armée comprend un nombre variable de corps d'armée. Les Allemands utilisent le termePanzer Armee (Pz Armee) lorsque le nombre de divisions blindées (Pz Div) affectées est important.
Le groupe d'armées comprend un certain nombre d'armées (2 à 5).

Sur le front occidental :

Situation des Alliés début

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Le front occidental le.
  • Lefront occidental s'est étendu. Après l'échec d'Arnhem (17 septembre 1944), il suit d'abord une ligne est-ouest coupant lesPays-Bas en deux et ensuite une ligne nord-sud suivant très approximativement lafrontière franco-allemande jusqu'enSuisse. Depuis les ports français, les lignes de communication sont longues. Libérée dès le, leport d'Anvers permettrait aux Alliés de ne plus faire transiter les énormes quantités de ravitaillement divers par les ports français. Mais si le port est libéré dès le, l'estuaire de l'Escaut, long de80 km, ainsi que l'ile deWalcheren, qui en permettent l'accès, serait encore tenu par laWehrmacht pendant85 jours (Bataille de l'Escaut se déroule du 2 octobre au 8 novembre 44), interdisant aux navires alliés d'entrer dans le port. Hitler veut à tout prix empêcher son utilisation et dès le13 octobre, les premiersmissiles V1 s'abattent sur Anvers. Le, c'est au tour desV2 d'entrer en scène.
  • Les Alliés manquent de moyens mais, pour ne pas permettre à l'ennemi de se ressaisir, ils doivent continuer leur offensive. Au nord, une attaque vient d'être lancée pour s'emparer des barrages de laRoer afin d'empêcher les Allemands de déclencher d'éventuelles inondations. Au sud, la3e armée dePatton prépare une offensive versFrancfort. Pour réunir les moyens nécessaires, le front a été dégarni dans les Ardennes où quatre divisions américaines tiennent120 km de front.

Le dispositif des Alliés comprend :

Au total, cela représente69 divisions.

Situation des Allemands début

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  • Pour les Allemands, les lignes de communication et la longueur des fronts se sont réduites, ce qui permet de regrouper les forces et même de constituer quelques réserves. Lesfronts d'Italie etde Russie sont stabilisés. La mobilisation de tous les hommes entre 16 et 60 ans permet de rétablir les effectifs. La défense de la patrie ressaisit le moral de ceux qui ne sont pas encore résignés. Dos au mur, les Allemands acceptent l'idée de combattre sans idée de recul.
  • La production de matériel militaire est satisfaisante. Une nouvelle6e armée blindée SS a même pu être constituée. Toutefois, il faut agir rapidement car lesbombardements stratégiques alliés deviennent inquiétants et les réserves en carburant s'amenuisent.

Quatre groupes d'armées sont déployés face aux Alliés :

Avec les réserves, le total est de74 divisions, soit un nombre équivalent à celui des Alliés.

Objectifs allemands

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Enjeux pour le Reich

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Depuis l'écroulement du front de Normandie au début du mois d'août 1944, les cercles militaires dirigeants du Reich, sur une consigne de Hitler en personne, préparent une réédition de la campagnede 1940 : une offensive en Ardenne[4]. Hitler lui-même expose aux commandants des unités engagées dans cette action sa vision de ce que doit être l'offensive à venir quatre jours avant le déclenchement des opérations : faire prendre conscience aux alliés occidentaux, par une action offensive de grande ampleur, de la vanité de défaire le Reich dans un délai court, tout en créant les conditions, une fois l'offensive couronnée de succès, d'une paix à l'Ouest[5].

Le Reich tente aussi de profiter du calme relatif dufront de l'Est durant l'automne et de la fatigue des troupes alliées engagées sur le front occidental, harassées par plusieurs mois de durs combats à travers la France, par l'ampleur des pertes et par la longueur des lignes de communication alliées[6].

Le plan allemand

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Plan de l'offensive « Wacht am Rhein ».

Le, peu de temps après le retour de Gerd von Rundstedt sur le front de l'Ouest[5], et après une conférence tenue à l'Oberkommando der Wehrmacht, Hitler charge un état-major restreint sous le contrôle dugénéral Jodl de préparer une offensive en Ardenne. Cette opération reçoit le nom de « Wacht am Rhein » (allusion à l'hymneGarde au Rhin).

Reportée plusieurs fois, l'offensive se concentre sur la forêt ardennaise, et le port d'Anvers, pour aboutir à un nouveauDunkerque[7], dans un contexte d'incursions alliées sur le territoire du Reich[6]. Peu de commandants de troupes estimaient réalisables les plans visant à rééditer la campagnede 1940 : Model et Rundstedt eux-mêmes, en dépit des proclamations publiées dans les jours qui précèdent l'offensive[8], doutent des chances de succès des plans grandioses imaginés par Hitler et ses proches conseillers, Alfred Jodl etWilhelm Keitel. Les deux responsables de la mise en œuvre de cette opération, Model et Rundstedt, défendent une petite solution, consistant à neutraliser, puis repousser les forces alliées stationnées entreAix-la-Chapelle et laMeuse[9]. Ce doute est partagé à tous les échelons supérieurs de la hiérarchie militaire allemande, malgré des bouffées d'optimisme, liées au discours de Hitler devant les commandants des unités destinées à être engagées dans cette opération, les et[8].

Malgré ces réserves, Hitler, conforté par Jodl et Keitel, maintient les objectifs grandioses qu'il a assignés à l'offensive en préparation, notamment la reconquête d'Anvers ; il finit même par convaincre les plus sceptiques, parmi lesquels Model lui-même[9], tandis qu'aux échelons immédiatement inférieurs,Manteuffel etDietrich se contentent d'émettre de solides réserves sur les chances de succès de la solution proposée par Hitler, puis, une fois ces réserves écartées, de faire le maximum pour assurer le succès de l'opération[8].

Le secret entoure la préparation de l'opération, aidé en cela par des mesures draconiennes pour le préserver. Les maréchauxvon Rundstedt etModel sont informés le24 octobre. Parmi les dirigeants du Reich,Albert Speer est l'un des rares à être tenu informé de la préparation et de la mise en œuvre de cette offensive[8].

Model est un fidèle du régime ; il commande le groupe d'armées B qui sera chargé de l'attaque et dont les unités auront du nord au sud les objectifs suivants :

  • la15e armée fixera l'ennemi en front ;
  • la6e armée blindée SS (neuf divisions) sera chargée de l'effort principal. Nouvellement constituée, elle sera mise en place au dernier moment. Elle franchira laMeuse au sud-ouest deLiège, protègera elle-même son flanc nord, coupera les forces alliées du nord de leur ligne de communication et s'emparera d'Anvers ;
  • la5e armée blindée (neuf divisions) franchira la Meuse dans la zone deNamur et avancera jusqu'àBruxelles pour protéger le flanc sud au-delà de la Meuse ;
  • la7e armée (onze divisions) attaquera pour protéger le flanc sud à la hauteur d'Arlon jusqu'à la Meuse.

L'opération devra être appuyée par :

  • le parachutage de nuit au nord deMalmedy de l'unité du colonelvon der Heydte chargée de bloquer les routes venant du nord (opération Stösser) ;
  • l'infiltration en Ardenne de l'unité spéciale du colonelSkorzeny composée de militaires allemands en uniforme américain parlant l'anglais et chargés de créer la confusion dans les lignes américaines (opération Greif).

La bataille

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Forces en présence

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Drapeau de l'Allemagne Forces allemandes

L'ensemble des forces allemandes participant à la bataille des Ardennes font partie dugroupe d'armée B sous les ordres duGeneralfeldmarschallWalter Model.

Deux cent mille hommes répartis en5 divisions de Panzers et treize divisions deVolksgrenadier participent à la première vague de l'offensive et sont principalement répartis entre la6e armée blindée SS, commandée parSepp Dietrich et la5e armée blindée, placée sous le commandement deHasso von Manteuffel, chargées de porter les coups les plus durs aux troupes alliées ; ces deux armées sont épaulées par la7e armée allemande, chargée de la protection du flanc sud. Ces unités comptent ensemble environ600 chars et1600 canons d'assaut, mais dans leurs rangs se trouvent des unités harassées par les combats de l'automne ou inexpérimentées ; de plus, les deux tiers de ce qui reste des chasseurs allemands forment le soutien aérien pour les troupes au sol. Malgré ces faiblesses, la Wehrmacht dispose dans les premiers jours de l'offensive d'une supériorité numérique importante sur la partie du front où doit se dérouler l'offensive[9].

Drapeau des États-UnisDrapeau du Royaume-Uni Forces alliées

Initialement, les unités alliées impliquées dans la bataille des Ardennes font partie de la1re armée américaine (généralHodges). À partir du, sur ordre d'Eisenhower, une réarticulation des forces comprenant plusieurs divisions britanniques et canadiennes (soit plus de 50 000 hommes) est effectuée, certains régiments belges et le2e régiment de chasseurs parachutistes SAS français étaient aussi présents.

Samedi

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Les positions avant l'attaque des Ardennes le : la6e armée blindée SS compte neuf divisions, la5e armée blindée sept et la7e armée onze.

Dèsh 30, une importante préparation d'artillerie est déclenchée. Àh, des patrouilles de combat allemandes s'infiltrent entre les points d'appui américains afin de s'emparer de quelques passages obligés.

Àh, couverte par le brouillard, la véritable offensive allemande commence :

À15 h 23, unefusée V2 lancée lors de l'offensivetouche le cinéma Rex d'Anvers, tuant567 personnes dont291 soldats alliés, ce qui en fait le tir de missile le plus meurtrier de l'histoire du conflit.

En fin d'après-midi,Eisenhower etBradley qui sont en réunion àVersailles, sont informés de l'attaque. Ils n'en mesurent pas encore l'ampleur. Le mauvais temps empêche les reconnaissances aériennes. Néanmoins,Bradley donne des ordres à la9e et à la3e armée pour envoyer respectivement les7e et10e divisions blindées américaines vers la1re armée. Ces unités commenceront leur mouvement dans la nuit.

Dimanche

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Soldats de laWaffen-SS rattachés au Kampfgruppe Knittel, sur la route deSaint-Vith àMalmedy, durant l'offensive des Ardennes ; certains observateurs de cette photo ont cru identifier à tort le lieutenant-colonelJoachim Peiper comme le sous-officier à droite.
Prisonniers américains massacrés àBaugnez (Malmedy) le.

Les diables verts : coupure des axes à l'arrière

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Versh, des avionsJunkers 52 larguent un millier deFallschirmjäger (parachutistes allemands) sous le commandement du colonel von der Heydte sur leplateau des Hautes Fagnes au nord deMalmedy, avec pour objectif le carrefour dumont Rigi (opérationStösser). La dispersion est extrême, laLuftwaffe ne disposant plus que de jeunes pilotes inexpérimentés et ayant reçu pour mission de voler de nuit et par un temps exécrable. Sur les 800 paras de von der Heydte, un tiers seulement est parachuté sur la zone, entre Spa et Montjoie. La coupure de l'axe Eupen/Malmedy devient impossible : von der Heydte tente de rejoindre les lignes. Les colis avec l'armement lourd seront rarement retrouvés, ce qui amoindrira l’efficacité de l'action. Beaucoup d'hommes seront capturés assez rapidement. Isolés, les derniers se rendront aux Américains le, dont von der Heydte, épuisé, le bras fracturé.

L'opération griffon : Skorzeny et ses faux Américains, désorganisation de l'arrière

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Les commandos duWaffen-SSOtto Skorzeny (150e brigade), revêtus d'uniformes américains et utilisant des véhicules capturés, lancent l'opération Greif (griffon) : ils coupent les lignes téléphoniques, changent les panneaux routiers, organisent de faux plantons aux carrefours et créent la confusion, surtout dans les mouvements américains. Censés monter une "brigade" de langue anglaise, Skorzeny et son adjoint, von Koelkersam, devront se contenter d'une dizaine de soldats parlant sans aucun accent. Ils n'obtiendront qu'un dixième du matériel allié promis[10]. Ils n'auront toutefois pas dans la durée tout l'effet perturbateur escompté. L'idée avait été reprise par Hitler, s'inspirant des Américains en septembre devant Aix-la-Chapelle[10]. Sous un faux uniforme, ils risquent la mort par exécution s'ils sont pris, ce qui sera le cas pour nombre d'entre eux.

La colonne Peiper

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Aunord de la pénétration, lacolonne Peiper qui a déjà fait de nombreux prisonniers, s'empare versh d'un dépôt américain àBullange et peut faire le plein de carburant alors qu'ils étaient presque en panne (un PZ VI Königstiger consomme5 l d'essence au km, pour une autonomie de 170 km) sur route. Elle reprend ensuite sa progression vers l'ouest. La7e division blindée américaine qui descend versSaint-Vith passe quelques kilomètres devant la tête de la colonne allemande.

Le massacre de Malmedy

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Article détaillé :Massacre de Malmedy.

À12 h 30,Peiper capture, àBaugnez près deMalmedy, une centaine d'artilleurs de la colonne de la division américaine[11]. Ceux-ci sont rassemblés dans une prairie mais, vers14 h, avec les troupes SS qui suivent, un officier déclenche la tuerie des prisonniers[12]. Plusieurs peuvent s'enfuir et pour certains même rejoindre leurs lignes. L'information du « massacre de Baugnez » parviendra rapidement aux unités américaines (principalementvia un article duStars and Stripes du) qui, au lieu d'être terrorisées, penseront surtout à venger leurs camarades. Le soir, la1re SS Panzer Division rejette vers le nord la jeune99e division d'infanterie américaine et la colonne Peiper arrive devantStavelot[13].

Aucentre, soumis à l'attaque de la5e Panzer Armee :

Ausud, le flanc de la pénétration allemande est contenu sur la ligneEchternach-Diekirch.

À Reims, vers20 h 30, les82e et101e divisions aéroportées reçoivent leurs ordres de mouvement et partent dans la nuit[15],[16].

Les 18 et

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Infanterie allemande progressant à travers la forêt ardennaise.

Au nord

Avec les renforts qui arrivent, le commandant de la1re armée américaine organise sa ligne de défense de la région d'Elsenborn vers le sud-ouest.
Le 18, la colonnePeiper prendStavelot mais ne peut s'emparer d'un dépôt américain sur la route en direction deFrancorchamps[17], qui est incendié par des éléments de l'armée belge qui en avaient la garde. Il en résulte un manque de carburant qui va ralentir les mouvements de la colonne lorsque celle-ci s'engage dans la vallée encaissée de l'Amblève, prendLa Gleize et s'avance versStoumont. Elle est alors immobilisée par une attaque aérienne, ce qui permet au génie américain de faire sauter un pont devant les premiers chars, les obligeant à faire demi-tour. Dès le 19, des unités américaines dont la célèbre82e division aéroportée qui vient d'arriver, la stoppent à Stoumont et attaquent même ses arrières. Divers massacres sont perpétrés par les troupes allemandes sur des civils, dont le 19 dans le village deParfondruy.

Au centre :

Dans larégion de Saint-Vith, isolés, deux des trois régiments de la106e division d'infanterie ont été faits prisonniers mais la7e division blindée tient fermement une position en forme de fer à cheval. Elle oblige les Allemands à adapter leurs plans et à engager prématurément des renforts, alors qu'ils affrontent de constants problèmes de ravitaillement en carburant.
Du nord de Clervaux àDiekirch, les points d'appui de la28e division américaine luttent jusqu'à l'extrême. Les rescapés des deux régiments nord s'exfiltreront vers Saint-Vith et Bastogne où ils continueront le combat.
ÀBastogne, le 18 à16 h, le groupement blindé B de la10e division blindée américaine et un bataillon antichar se sont déployés. À partir de22 h 30, venant deReims, la101e division aéroportée les rejoint. Le lendemain, ils subiront les premières attaques puissantes.

Au sud :

Le109e régiment de la28e division, commandé par le colonelRudder (le chef des rangers de lapointe du Hoc) mène le combat retardateur depuis Diekirch. Il tiendra jusqu'à l'arrivée des renforts.

Au siège duhaut commandement allié :

Le 19, Eisenhower réunit les commandants des groupes d'armées. Il prescrit à Devers d'étendre le front de son6e groupe d'armées vers le nord afin de permettre à Patton de regrouper des unités en vue d'une attaque sur le flanc sud du saillant. Il charge Bradley d'agir de manière similaire au nord. Ces directives du commandant en chef auront pour effet le déplacement de centaines de milliers d'hommes. Lorsque Ike demande à Patton le temps qui lui sera nécessaire pour tourner son armée de l'est vers le nord, ce dernier répond promptement 3 jours. Ce délai irréaliste fait sourire les généraux présents ; surtout Monty qui prévoyait 6 jours pour une manœuvre similaire venant du nord. Ce qu'ils ignorent, c'est qu'avant de recevoir les instructions de Ike, Patton a déjà donné des ordres pour préparer le mouvement. Malgré les routes gelées, la célérité de la3e armée sera surprenante : l'attaque de Patton aura lieu dans les 3 jours annoncés.

Les 20, 21 et

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Char américain (chasseur de chars M36 Jackson ).
Soldats américains prisonniers des Allemands ().

Depuis le 19 et jusqu'au 22, la couverture nuageuse et les brouillards empêchent toute action importante de l'aviation.

Au nord

Peiper est coupé de ses arrières. À Stoumont, le 20 et le, la bataille est féroce. La nuit, il y a des combats corps à corps entre les parachutistes et les SS. Peiper doit se replier surLa Gleize.
La6e SS Panzer Armee est définitivement arrêtée et les Américains ont repris Stavelot.

Au centre

Articles détaillés :Bataille de Saint-Vith etSiège de Bastogne.
À Saint-Vith, les Allemands attaquent en force et prennent la ville le 21 vers minuit. La7e division blindée se rétablit à l'ouest mais reçoit l'ordre de se replier. Sa remarquabledéfense de Saint-Vith a brisé la marée allemande et a surtout permis aux autres unités américaines de venir former la digue nord du saillant.
Entre Saint-Vith etBastogne, les116e et2e Panzer Division de la5e Panzer Armee, après avoir été retardées par les ravitaillements en carburant qui suivent difficilement, atteignent le 22 respectivement Hotton et Marche. Elles se heurtent à la84e division américaine qui y a pris position la veille.
À Bastogne, dès le 20, les « Panzer » allemands contournent par le nord et par le sud. Ils ont ordre de ne pas prendre la ville et d'assurer l'objectif : la Meuse, mais plus tard, l'effet de surprise perdu, quand Hitler aura changé d'avis[10], cela deviendra impossible. La nuit du 21 au 22, la ville est complètement encerclée. Les Allemands mènent successivement mais infructueusement plusieurs attaques pour s'emparer de ce nœud routier particulièrement important. La place est défendue par 18 000 Américains comprenant la101e division aéroportée, un groupement blindé de la10e division blindée, un bataillon antichars, deux bataillons d'artillerie et des rescapés de la9e division blindée et de la28e division. La101e division est normalement commandée par le général Taylor mais il est aux États-Unis. C'est lebrigadier généralAnthony McAuliffe qui assure l'intérim. On lui a confié le commandement de toutes les unités encerclées. Officier d'artillerie, il utilise de manière remarquable le feu des sept bataillons d'obusiers dont il dispose (cinq organiques, deux en renfort). Le 22 à12 h, les Allemands exigent la reddition de la ville sous menace de destruction. La réponse deMcAuliffe est ferme et brève : « Nuts » (traduite dans ce contexte par « Des clous » dans le sens « Hors de question, non catégorique… »).
Le 21, l'unité ducolonel Hogan de la3e division blindée américaine (400 hommes), sous les ordres du généralMaurice Rose, a été envoyée trois jours plus tôt en reconnaissance surLa Roche. Après s'être retirée deMarcourt, elle se retrouve encerclée àMarcouray (actuelle commune deRendeux, sur l'Ourthe) à la suite de l'arrivée des Allemands àBeffe, qui lui coupent désormais la retraite versHotton[18],[19].

Au sud

Le 22, la Panzer Lehr Division qui a contourné Bastogne par le sud, s'empare deSaint-Hubert.

Plus au sud

Depuis le 20, la4e division blindée américaine s'est déployée dans la région d'Arlon. Le 22 àh, sans attendre l'arrivée de toutes ses unités, Patton démarre sa contre-attaque en direction de Bastogne.

Au haut commandement allié

Le, Eisenhower décide de confier le commandement temporaire des unités US nord du saillant, soit la9e armée et la1re armée (sauf sonVIIIe corps), à Montgomery. Vu la situation, Ike juge que ces forces échappent désormais au contrôle de Bradley. Il estime aussi que c'est la meilleure manière d'obtenir un engagement franc duXXXe corps britannique, seule grande réserve tactique disponible.
LeXXXe corps se porte en effet rapidement vers le sud afin de garantir d'abord la sûreté des passages sur la Meuse.
La décision de « Ike » sera mal accueillie par Bradley et d'autres généraux américains qui n'apprécient pas l'orgueilleux maréchal britannique.

Les 23, 24 et

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Le « Tigre II » deLa Gleize, qui participa à l'offensive des Ardennes dans lacolonne Peiper. La colonne fut stoppée et le char d'assaut définitivement abandonné sur place à La Gleize le24décembre 1944.
Des soldats américains de la101e division aéroportée surveillent la route qui mène à Bastogne.
L'étroit passage du rocher Bayard à Dinant de nos jours.

Dès le 23, le temps s'éclaircit et l'aviation alliée passe à l'attaque. Le 24, il y a 5 000 sorties alliées contre seulement 1 000 sorties allemandes.

Le char à Celles.

Au nord

La ligne de défense alliée est fermement installée.
Le 24, avant l'aube,Peiper, en panne de carburant et abandonné, fait sauter ses véhicules et s'exfiltre à travers bois. Il laisse àLa Gleize ses blessés et des prisonniers américains. Tous ses chars sont perdus, la1re SS Panzer Division est brisée.

Au centre

Bastogne subit de violentes attaques. Les défenseurs guident par radio l'appui et le soutien aérien. Chaque jour, plus de cent tonnes d'approvisionnement (surtout des médicaments et des munitions d'artillerie) leur sont parachutées.
À Marcouray, à court de carburant pour revenir vers les lignes américaines, le colonel Hogan demande à bénéficier d'un largage de fuel par parachute. Effectué le 23 et le 24, les colis tombent cependant derrière les lignes ennemies. Encerclés par trois divisions allemandes, une reddition leur est proposée le 24 après-midi. Le refus américain est catégorique. Ils s'exfiltrent la nuit même à pied vers leurs lignes distantes d'une dizaine de kilomètres, après avoir saboté leurs véhicules. Ils atteignentSoy après14 heures de marche, et participeront, une fois rééquipés, à la contre offensive à partir du[18],[19].
Plus à l'ouest, les blindés allemands ont progressé dans la trouée entre Marche et Dinant mais avec lenteur car ils manquent de carburant et subissent sur leur flanc nord le harcèlement d'une brigade blindée britannique. Le 24, la2e Panzer Division prendCelles (8 km à l'est deDinant) ; la Meuse est en vue. Hasard d'appellation, en face se trouve la célèbre2e division blindée américaine surnommée « Hell on wheels » (« l'enfer sur roues »), déjà combattue en Normandie et renforcée par une brigade blindée britannique. Une légende persiste depuis cette époque, expliquant que Marthe Monrique[20], propriétaire d'un café (Le Pavillon Ardennais) au carrefour de Celles, après que le char de tête (toujours visible aujourd'hui) a sauté sur une mine, a expliqué aux Allemands que la route était minée jusqu'à Dinant. Les Allemands se seraient alors réfugiés dans les bois sans tenter de prendre cette route. La vérité est sans doute plus complexe, même s'il est possible que ce mensonge ait été dit.
Lorsque les Allemands arrivent à Celles par le petit chemin deConjoux, ils sont exténués et à court de carburant. Une partie de la division fonce vers le carrefour de Celles et une avant-garde est envoyée versFoy-Notre-Dame.
Le soir du, une Jeep fonce vers Dinant par le chemin du Froidveau. À son bord, trois soldats allemands habillés de vêtements américains. Ils tentent de forcer le passage durocher Bayard. Ils ne s'arrêtent pas aux injonctions des gardes et un cordon de mines est tiré en travers de la route. La Jeep saute et les trois Allemands sont tués. Pourquoi cette reconnaissance ? On peut imaginer que les Allemands devaient s'assurer que les chars pouvaient passer par le goulet formé par le rocher Bayard et la falaise avant de risquer de descendre sur Dinant par ce chemin. Or, il faut savoir que ce passage est de 2,7 mètres et que les plus petits chars allemands avaient une largeur de 3,2 mètres. Il eut donc été impossible d'atteindre Dinant par le Froidveau !
Cette nuit du 24 au 25, le baron Jacques de Villenfagne de Sorinnes est persuadé de pouvoir faire une reconnaissance de nuit des positions allemandes. Il demande l'autorisation auMajor John Watts du3rd Tank Battalion qui accepte. Avec son ami Philippe le Hardy de Beaulieu, ils parviennent à recueillir assez d'éléments pour indiquer aux Anglais les positions sur lesquelles un tir d'artillerie doit être dirigé.
Le lendemain matin, le ciel est clair et l'aviation alliée peut sortir et attaquer les positions allemandes. Conjointement, l'artillerie pilonne les endroits désignés par le Baron de Villenfagne. Également, la2e division blindée américaine lance une attaque depuisCiney et les Britanniques attaquent depuis Sorinnes. Les Allemands ne peuvent résister et sont contraints d'abandonner la majorité de leurs véhicules faute de carburant, pénurie à laquelle la plupart des unités allemandes ont été confrontées durant toute l'opération. Aussi, certains se rendent-ils tandis que d'autres, isolés, tentent de rejoindre le gros de leurs troupes àBuissonville.

Au sud

Les unités de Patton attaquent et la4e division blindée pousse sur la routeMartelange - Bastogne. Le 24, elle est bloquée à10 km au sud de Bastogne et doit effectuer un débordement par l'ouest. Elle ne pourra pas atteindre Bastogne pour Noël comme espéré.

Répression

Article détaillé :Massacre de Bande.
La veille de Noël, une tragédie s'accomplit àBande (commune deNassogne, à10 km deMarche-en-Famenne). Le, des troupes chargées de représailles à la suite d'actions de résistance du mois de septembre font leur apparition dans le village. Ces troupes ont déjà sévi àNoville-lez-Bastogne les jours précédents et n'ont rien à voir avec la2e Panzer Division qui occupe le village.
Ce dimanche matin, ces troupes spéciales arrêtent des hommes du village dont une partie à la sortie de la messe. Ils les rassemblent dans une scierie abandonnée le long de la route Nationale 4 et les interrogent un par un. Dans le courant de l'après-midi, ils en libèrent une partie mais en gardent 33 dont le plus jeune, André Gouverneur, a fêté ses 17 ans le mois précédent. Pendant une partie de l'après-midi, ces jeunes hommes doivent rester debout, en rang et les bras levés par un froid glacial. Puis un premier homme est emmené par un garde vers la maison Bertrand (maison qui a été incendiée en septembre lors de précédentes représailles). Un coup de feu retentit puis un deuxième homme est emmené et le scénario se renouvelle avec les autres. Quand vient le tour de Léon Praile, celui-ci frappe violemment le garde et s'enfuit en courant à travers champs dans la pénombre du jour qui tombe. Il entend siffler les balles autour de lui et parvient jusqu'aux bois où il se cache un certain temps avant de trouver refuge dans un fenil de la ferme de son oncle. Il s'y cache jusqu'au, date à laquelle les Britanniques entrent dans Bande. Léon Praile indiquera le lieu où le massacre fut commis. Aux32 fusillés du se rajoutèrent les corps des frères Malempré de Roy le lundi portant le nombre de victimes à 34.
Les 23, 24 et, la ville deMalmedy est bombardée, par erreur, par des avions alliés. Il y a plusieurs centaines de tués parmi la population belge et les militaires américains.

Du 26 au

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Tank et infanterie de la82e division aéroportée avançant vers leur objectif en Belgique.

Chaque jour, l'aviation alliée fait des milliers de sorties. Le 26,Saint-Vith considéré comme un objectif capital est complètement détruit. Les sorties allemandes sont de moins en moins nombreuses ; elles dépassent rarement quelques centaines.

Sur le bord nord du saillant

Dix divisions alliées sont en ligne et deux en réserve. LeXXXe corps britannique peut intervenir à bref délai et la6e division aéroportée britannique est arrivée àDinant.

À Bastogne,

Les ravitaillements par air continuent. Plusieurs planeurs atterrissent dont un amenant une équipe de chirurgiens.
Le 26 à16 h 45, l'avant-garde de la4e division blindée américaine parvient à réaliser la jonction. Le couloir est extrêmement étroit et les combats seront âpres pour l'élargir.
Le 27, un convoi d'ambulances peut évacuer des blessés. Le général Taylor a rejoint sa division. Après avoir remercié et félicité MacAuliffe, il reprend le commandement.
Les jours suivants, munitions, équipements chauds, cigarettes et même, avec un peu de retard, dindes de Noël arrivent à Bastogne.

À Saint-Hubert,

Les Américains reprennent Saint-Hubert le 31 décembre[10].

ÀCelles,

La2e Panzer Division, encerclée par la2e division blindée américaine, laisse 1 500 prisonniers et de nombreux véhicules.

À l'OKW,

Le 28, Hitler finit par admettre qu'Anvers ne peut être atteint et change la mission : détruire les forces alliées en Ardenne.
Le 30, la5e armée deHasso von Manteuffel lance une attaque importante pour essayer de couper le corridor versBastogne.

Janvier 1945

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Initialement conçue en support de l'offensive des Ardennes pour supprimer la suprématie aérienne alliée , mais repoussée à cause du mauvais temps, laLuftwaffe lance le une attaque surprise massive ; il s'agit de l'opérationBodenplatte. Volant en rase-mottes, l'aviation allemande attaque une trentaine de bases alliées : Me-109, Ju-88, FW-190, Me-210, soit 1100 chasseurs au total, une première[10]. Selon certaines sources,800 avions sont détruits ou endommagés ; 300 selon d'autres, mais pour ne pas inquiéter la population, les services d'information alliés ont minimisé les faits. Les terrains sont très endommagés. La Luftwaffe perd toutefois dans ce raid277 avions et beaucoup de ses derniers pilotes chevronnés. Elle n'est plus en mesure de combler ses pertes et de jouer un rôle dans la fin de la guerre. Les Alliés qui n'ont presque pas perdu de pilotes dans cette opération remplacent les avions perdus en deux semaines.

Le même jour, profitant de l'affaiblissement du groupe d'armées Devers, les Allemands lancentune attaque de diversion en Alsace, l'opération Nordwind, sans aucune répercussion en Ardenne.

À Saint-Hubert,

Le 5 janvier, la9e compagnie du901e reprend Saint-Hubert faisant 70 prisonniers américains avant d'être chassée par un coup d'audace des S.A.S. du commandantPuech Samson envoyés par Patton. Le901e bat en retraite pour se réorganiser à Tavigny. Entre le 11 et le 15, il abandonne cinquante trois chars sabordés faute d'essence ou de pièces de rechange. Idem le 9 pour une première pièce d'artillerie

En ce mois dejanvier 1945, les conditions atmosphériques sont épouvantables. En Ardenne, il y a beaucoup de neige et la température est tellement basse qu'il faut faire tourner régulièrement tous les moteurs pour que l'huile ne se fige pas. C'est dans ces conditions que démarre le la contre-attaque de Montgomery. En fait, il s'agit de l'attaque duVIIe corps américain du général Collins qui a été relevé sur ses positions par leXXXe corps britannique. Elle démarre de la région deHotton en direction deHouffalize. Elle est appuyée sur sa droite, à partir du, par des unités britanniques (division galloise et la6e division aéroportée). La jonction avec la contre-attaque de Patton qui a commencé12 jours plus tôt est prévue dans la région d'Houffalize. Les opérations sont lentes car les journées sont courtes et les Allemands se sont bien retranchés derrière des canons antichars et de nombreux champs de mines. Mais les bombardements lourds sont terribles et les chasseurs bombardiers pilonnent et mitraillent les fuyards sur cette unique voie de retraite encore ouverte. La jonction a lieu le. À la même date, leXXXe corps britannique retourne vers le front de Hollande.

Le, la1re armée américaine est replacée sous le commandement de Bradley mais la9e reste sous celui de Montgomery.

Le Commandement suprême allemand (OKW) ordonne le repli car, après trois mois d'arrêt, lesSoviétiques ont repris l'offensive. Constatant l'échec définitif de cette offensive, Hitler rentre en train à Berlin le[21].

Le, Saint-Vith est repris et le, les Allemands sont repoussés au-delà des positions qu'ils occupaient lors du déclenchement de leur offensive.

Conséquences et conclusions

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Tout en reconnaissant la précarité desa posteriori, les historiens militaires estiment que les Alliés ont commis deux erreurs :

  • sur le plan du renseignement, malgré le remarquable secret du plan allemand, les Alliés disposaient d'informations qui auraient dû les mettre en garde mais ils les ont parfois ignorées, parfois mal interprétées ; ainsi des renseignementsUltra[b] n'ont pas été pris au sérieux ;
  • sur le plan du dispositif, le faible déploiement allié en Ardenne constituait un fameux coup de poker.

Quant aux Allemands qui avaient connu un succès foudroyant sur le même terrain en mai 1940, ils n'ont pas tenu compte (Hitler, du moins) des conditions qui avaient changé :

  • un hiver rigoureux a remplacé un printemps radieux ;
  • la supériorité aérienne a changé de camp ;
  • la coordination char-artillerie-aviation de laBlitzkrieg n'existe plus ;
  • le ravitaillement, particulièrement en carburant, n'est pas assuré.

La bataille des Ardennes aura des conséquences militaires majeures pour les Allemands puisqu'ils y épuiseront leurs meilleures unités. Elle aura aussi des conséquences politiques importantes car en attaquant sur le front occidental, Hitler a fait le jeu deStaline. L'Armée rouge pourra ainsi franchir rapidement la Vistule et atteindre l'Oder. De leur côté, les armées alliées occidentales ne bénéficieront pas autant qu'elles l'auraient souhaité de l'épuisement des réserves allemandes.

Monument du Mardasson à Bastogne.

Le vainqueur de la bataille des Ardennes est indéniablement le général Eisenhower qui, de nouveau, a assumé avec compétence les responsabilités qui lui étaient confiées. Dans ses mémoires, il assure avoir prévu et désiré cette attaque[23].

Pour témoigner leur reconnaissance, les Belges ont érigé à Bastogne un énorme monument sur la colline de la ville appelée Mardasson. Au cœur de cemémorial, on peut lire la phrase latine « Liberatoribus americanis Populus Belgicus memor » (« A ses libérateurs américains le peuple belge qui n’oublie pas »). Le, lors de l'inauguration, le président de la cérémonie ajouta : « Puisse cette inscription dans la pierre l'être également dans les mémoires ».

Régions concernées

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Les environs deStavelot,Malmedy,La Gleize,Stoumont,Trois-Ponts,Bastogne,Clervaux,Diekirch,Ettelbruck,Houffalize,Rochefort,Saint-Vith,Vianden,Wiltz

Bilan humain

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Les pertes varient selon les sources.

  • Selon le SHAEF, les pertes américaines seraient de 75 685 hommes dont 10 733 tués. Il est toutefois certain que les pertes ont été supérieures à celles du débarquement de Normandie (10 000 dont 2 500 tués).
  • Dans un article pourFrance 24, la journalisteStéphanie Trouillard, avec l'historienFrédéric Guelton, estime les pertes allemandes à près de 100 000 hommes et celles américaines à près de 80 000[24].
  • Selon l'OKW, les Allemands auraient perdu au total 110 000 hommes dont 28 000 prisonniers.
  • LeDepartment of Defense reconnaît 19 000 tués, 47 500 blessés et 23 000 disparus ainsi que la perte de773 tanks et tank destroyers et592 avions[source insuffisante].
  • Les pertes allemandes officielles sont de 84 834 hommes dont 12 600 tués et 38 000 blessés ainsi que la perte de 600 à 800 blindés dont un grand nombre furent réparés, et environ800 avions.
  • Une autre source[Laquelle ?] donne les chiffres suivants :
MortsDisparusBlessésTotalPerte en matériel
Allemands17 23616 00034 43967 675600 à800 blindés
800 avions
Américains8 60721 14447 13976 890773 blindés
592 avions
Civils2 501 Belges3501 2004 051

Les pertes belges sont celles de quelques troupes engagées avec les Alliés et, surtout, elles sont le résultat des bombardements de l'aviation, notamment à Bastogne et à Houffalize. On compte aussi les 34 jeunes civils fusillés àBande par les S.S., ainsi que l'instituteur du village deGivry fusillé avec trois anciens élèves au bord d'une route où ils ont été surpris alors qu'ils tentaient de rallier les rangs alliés.

Musées

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Plusieurs musées consacrés à la bataille font partie de l'Association des Musées de la Bataille des Ardennes (AMBA).

Références

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Ouvrages d'historiens ou d'historiens militaires

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Autres auteurs ou articles de presse

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Romans

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Filmographie

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Documentaires

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Jeux vidéo

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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Notes

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  1. Il est impossible de préciser le nombre exact de véhicules de chaque sorte pour une division blindée en car chaque division était réapprovisionnée tant bien que mal avec ce qu'il était possible de lui procurer. Par exemple, certaines divisions possèdent encore quelques chars, vétérans de Normandie (exemple, leno 111 de la116e Pz Division encore visible aujourd'hui à Houffalize). D'autres divisions doivent être entièrement rééquipées.
  2. C'était le nom ultra-secret des messages interceptés et analysés par un groupe de cryptanalystes situés à Londres, àBletchley Park, qui avaient « cassé » le code allemand et sa machineEnigma[22].

Références

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  1. Les quinze grandes batailles "belges" qui ont changé l'Europe
  2. @NatGeoFrance, « Des détails cachés de la bataille des Ardennes enfin révélés », surNational Geographic,(consulté le).
  3. « Bataille des Ardennes : la folle attaque d'Hitler », surLe Point,(consulté le)
  4. Kershaw 2012,p. 175.
  5. a etbKershaw 2012,p. 178.
  6. a etbKershaw 2012,p. 180.
  7. Kershaw 2012,p. 179.
  8. abc etdKershaw 2012,p. 182.
  9. ab etcKershaw 2012,p. 181.
  10. abcde etfGazette des uniformes, HS18, regi'arm,, 77 p., p21
  11. (en) Steven P. Remy,The Malmedy massacre: the war crimes trial controversy, Harvard, Harvard university press,(ISBN 978-0-674-97195-0)
  12. (en) Charles Whiting,Massacre at Malmedy, Barnsley, Pen & Sword,(ISBN 978-1-84415-620-7)
  13. (en) Richard Gallagher,The Malmedy Massacre, New York,
  14. Thomas G.Bradbeer,« Major General Cota and the Battle of the Huertgen Forest: A Failure of Battle Command? »[archive du], United States Army Combined Arms Center(consulté le)
  15. (de) Tobias Albrecht,Das "Massaker von Malmedy": Täter, Opfer, Forschungsperspektiven: ein Werkbuch, Aachen, Shaker,, 168 p.(ISBN 978-3-8322-9241-6)
  16. (en) John M. Bauserman,Malmedy massacre, White Mane Pub,(ISBN 978-1-57249-288-2)
  17. Localisation près deLa Bicoque -50° 24′ 29″ N, 5° 55′ 47″ ELe forum de référence sur la Seconde Guerre mondiale 1939-1945. - Le dépôt d'essence de Stavelot.
  18. a etbOffensives sur l'Ardennes - Marcouray fut un mini-Bastogne - la marche de Noël 1944 à Marcouray.
  19. a etbLe village de Marcouray pendant la bataille des Ardennes.
  20. Marthe Monrique dans un article duSoir.
  21. Evans 2009,p. 765.
  22. McDonald 2004.
  23. Dwight D. Eisenhower,Croisade en Europe, Paris, Robert Laffont,, 593 p., p396 :Mais, pour Bradley et moi, la situation répondait à notre espoir, nous l'avions même provoquée, connaissant la force de nos troupes concentrées sur les ailes du faible front des Ardennes.
  24. Stéphanie Trouillard, « La bataille des Ardennes : "le grand règlement de compte entre les Américains et les Allemands" »Accès libre, surFrance 24,(consulté le)
  25. « Des lieux chargés d'histoire », surdecember44 (site du musée « December 44 » de La Gleize.
  26. La 20th Century Fox, le géant américain de productions cinématographiques, débarque à Bastogne pour un film!,La Meuse, le
  27. (en) Dave McNary, « Fox Developing WW2 Movie 'Liberty Road' About Battle at Bastogne », surVariety.com,(consulté le).
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