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Bataille de Mogadiscio

2° 03′ 09″ nord, 45° 19′ 29″ est
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Bataille de Mogadiscio
Description de cette image, également commentée ci-après
« Super 6-4 », l'hélicoptère de Mike Durant, photographié peu après le décollage pour la mission le 3 octobre 1993.
Informations générales
Date et
LieuMogadiscio (Somalie)
Issue

Victoire tactique pour les États-Unis/ONU et victoire stratégique pour laSNA :

  • retrait de l'ONU le 3 mars 1994
  • retrait des États-Unis le 25 mars 1994
Belligérants
Drapeau UNOSOM II (Nations unies)Drapeau de la SomalieAlliance nationale somalienne
Commandants
Drapeau des États-UnisWilliam F. GarrisonDrapeau de la SomalieMohamed Farrah Aidid
Forces en présence
Drapeau des États-Unis
160 soldats initialement et ~ 3 000 en tant que forces de secours
12 véhicules (dont 9Humvees)
8 hélicoptèresMH-60 Black Hawk
8 hélicoptèresAH-6 et MH-6 Little Bird
Drapeau de la Somalie
2 000 à 4 000 miliciens et combattants civils[réf. nécessaire]
Pertes
Drapeau des États-Unis
19 morts[1]
105 blessés[1]
1 prisonnier[1]
2 hélicoptèresMH-60 Black Hawk détruits

Drapeau de la Malaisie
1 mort
7 blessés[2]
Drapeau de la Somalie
312 morts
814 blessés
(selon laSNA)[2]

Guerre civile somalienne

Données clés
Coordonnées2° 03′ 09″ nord, 45° 19′ 29″ est
Géolocalisation sur la carte :Somalie
(Voir situation sur carte : Somalie)
Bataille de Mogadiscio
Bataille de Mogadiscio

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Labataille de Mogadiscio, appeléebataille de la mer Noire (anglais :Battle of the Black Sea) par lesaméricains oujour des Rangers (somali :Maalintii Rangers) par lessomaliens, est unebataille qui s'est déroulée les3 et àMogadiscio, enSomalie, entre un détachement interarméesaméricain appelé Task Force Ranger et les milices de différents clans somaliens, lors d'une tentative d'arrêter deux proches d'un chef de guerre somalien, le généralMohamed Farrah Aidid.

Appelée aussi « Black Hawk Down » en référence à l'événement marquant où les somaliens abattirent trois hélicoptères américainsBlack Hawk à l'aide de lance-roquettesRPG-7, deux s’écrasèrent en zone hostile, entraînant la capture d’un pilote. Cet événement ainsi que la diffusion d’images derangers traînés dans les rues choqua profondément l’opinion publique américaine.

Elle deviendra célèbre avec la publication du livreBlack Hawk Down : A Story of Modern War de Mark Bowden en1999 et surtout son adaptation au cinéma parRidley Scott en2001, diffusé enFrance sous le titreLa Chute du faucon noir.

Contexte

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La guerre civile somalienne

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Article détaillé :Guerre civile somalienne.

Le 26 janvier 1991, le dictateur somalien MohamedSiad Barre est destitué et contraint à l'exil. Ali Mahdi Muhammad lui succède, mais le général Aidid veut sa part du butin. LaSomalie sombre dans la guerre civile. La famine fait son apparition du fait du manque de moyens et d'aides financières, d'une sécheresse prolongée, et de la volonté des chefs de guerre de priver de nourriture les clans rivaux.

Les opérations de l'ONU en Somalie

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Articles détaillés :Opération Restore Hope etOpération des Nations unies en Somalie II.

Le 3 décembre 1992, lesNations unies (ONU) lancent l'opérationRestore Hope, sous le contrôle desÉtats-Unis. Cette opération a pour but la reconstruction d'infrastructures, l'apport de denrées alimentaires et la réconciliation politique. Pour cela, 25 000 Marines débarquent. Les combats diminuent en intensité et la reconstruction progresse. L'administrationClinton, arrivée au pouvoir en janvier 1993, pousse l'ONU à s'impliquer davantage pour permettre aux États-Unis de réduire la taille de leurs forces déployées en Somalie. Le 26 mars 1993, l'ONU passe larésolution 814 qui créée une nouvelle force,ONUSOM II, qui entre en effet le 4 mai 1993 et a un rôle élargi à l'intervention militaire pour rétablir la paix. Les Marines quittent la Somalie et la participation américaine à ONUSOM II, appelée opérationContinue Hope, se limite à environ 4 000 soldats américains : 2 600 soldats de soutien logistique à l'ONUSOM II, une force de réaction rapide (Quick reaction force ou QRF) fournie par la10e division de montagne (infanterie légère) et un détachement deforces spéciales. Ces soldats sont placés sous une chaîne de commandement uniquement américaine, et ne passent sous les ordres de l'ONU que pour les ordres tactiques lors d'opérations de combat. Même dans ce cas, le commandant adjoint de l'ONUSOM II étant américain, les États-Unis sont assurés que leurs intérêts nationaux sont protégés. Parallèlement, l'amiral en retraite Jonathan Howe est nommé représentant spécial de l'ONU en Somalie[3].

La montée des tensions entre l'ONU et Aidid

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Alors que la réorganisation des forces était en cours, la rivalité entre factions somaliennes s'exacerbe. Dans la nuit du 6 au 7 mai, une bande attaque la ville deKismaayo et se heurte à un bataillon parachutiste belge. L'enquête de l'ONU conclut que cette attaque fut menée par le Somali Patriotic Movement - Somali National Alliance (SPM/SNA) d'Omar Jess. Alors que l'ONUSOM II cherche à étendre ses opérations vers le centre de la Somalie, la radio de l'United Somali Congress/Somali National Alliance (USC/SNA) de Mohammed Farah Aidid critique ses actions. Aidid propose au cours du mois de mai de participer à une conférence pour déterminer l'avenir de la région centrale du pays, mais semble vouloir en contrôler la plupart des aspects. Lorsque cette conférence se tient à partir du 21 mai, Aidid et l'ONUSOM II s'opposent régulièrement sur l'ordre du jour, le lieu, la sécurité et les participants à la conférence. La propagande anti-ONUSOM de sa radio augmente, et des rapports de renseignements signalent que des armes et des « technicals » ont disparu des sites de stockage d'armes d'Aidid autorisés par l'ONU. Or un déplacement de ces armes sans notification et approbation de l'ONU constitue une violation des accords passés. En conséquence, l'ONUSOM décide une opération d'inspection de ces sites, qui est notifiée à l'avance à Aidid le 4 juin et qui est lancée le lendemain.

Le 5 juin 1993, lestroupes pakistanaises de l'ONUSOM II inspectent simultanément les cinq sites autorisés d'Aidid. Les inspections se passent sans incident, à part une foule hostile qui force les troupes à se retirer précipitamment du site 5 (où se trouve également la radio d'Aidid). Les inspections montrent que les armes stockées sur place sont totalement différentes des inventaires déclarés à l'ONU. Les 25technicals censés être stockés sur les sites ont disparu. Au cours de leur retour vers leurs bases, les unités pakistanaises tombent dans une série d'embuscades complexes impliquant l'utilisation de foules de femmes et d'enfants pour les bloquer, et d'armes collectives pour détruire leurs véhicules. Selon les sources, 23 à 25 soldats pakistanais sont tués et plus de 75 soldats de l'ONUSOM II sont blessés[4].

Les premières opérations contre Aidid

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Après cette embuscade, les hostilités sont ouvertes entre l'ONU et l'USC/SNA. Dès le lendemain de l'embuscade, leConseil de sécurité des Nations unies passe la résolution 837 qui condamne les attaques préméditées du 5 juin, réaffirme le but de désarmer les factions et de neutraliser les émissions radio encourageant l'opposition à l'ONUSOM II, et autorise lesecrétaire général des Nations unies à prendre toutes les mesures nécessaires contre les responsables de ces attaques[5]. Le même jour, le représentant spécial du secrétaire général, Jonathan Howe, soumet une demande de moyens supplémentaires pour lutter contre Aidid, y compris une unité de forces spéciales, mais celle-ci fut refusée. En conséquence, les forces de l'ONUSOM II commencèrent leurs opérations contre la milice d'Aidid avec leurs propres moyens[6].

Le commandement des forces de l'ONUSOM II décida dans un premier temps de rétablir la sécurité à Mogadiscio, afin ensuite de sécuriser et contrôler les installations et les routes d'approvisionnement importantes, pour enfin permettre de neutraliser la milice de l'USC/SNA et radio Aidid. Le 7 juin, une force de quatreLockheed AC-130 et deuxBoeing KC-135 Stratotanker fut déployée dans la zone d'opérations en vue de futures opérations contre Aidid. Du 7 au 12 juin, les forces pakistanaises, marocaines et italiennes effectuèrent des missions d'ouverture de grands axes routiers de Mogadiscio. Le 12 juin, la QRF américaine, appuyée par des AC-130, attaqua les sites d'armes déclarés d'Aidid dont celui abritant sa radio. Les 13 et 14 juin, les AC-130 frappèrent le garage d'Osman Atto et le garage d'Aidid, soupçonnés d'être des caches d'armes illégales de l'USC/SNA. Les frappes furent suivies de nombreuses explosions secondaires, indiquant que les renseignements à leur sujet étaient corrects. Ces frappes étaient annoncées à l'avance pour permettre aux résidents à proximité de fuir et éviter ainsi de causer despertes civiles. Le 17 juin, l'ONUSOM monta une opération pour fouiller le QG d'Aidid, impliquant une force multinationale :

Les troupes pakistanaises purent entrer dans le complexe sans difficulté, mais les troupes marocaines furent soumises à des tirs intenses de miliciens dissimulés derrière des foules de femmes et d'enfants, ainsi que dans l'hôpital Digfer situé à proximité. Le chef de corps marocain fut tué et son adjoint blessé dès le début de l'engagement. Après environh 30, le groupe français fut envoyé dégager les Marocains. La fouille du complexe terminée, les Pakistanais se replièrent vers14 h 30, les Français fouillèrent plusieurs bâtiments à la recherche de miliciens. Les hélicoptères de la QRF furent utilisés aussi bien pour de l'appui aérien direct au canon de 20 mm ou au missileTOW, pour désigner des cibles aux forces terrestres et pour tenter de disperser les foules avec dugaz CS. Après environ sept heures de combat, les forces onusiennes se replièrent, ayant eu cinq morts et 46 blessés[7].

Ce même jour, l'amiral Howe émit un mandat d'arrêt contre Aidid et offrit une récompense de 25 000 dollars pour sa capture[8]. Guère intimidé, Aidid répliqua en promettant une somme d'un million de dollars pour la capture de l'amiral Howe. Sa radio continuait à diffuser sa propagande via des émetteurs clandestins. La chasse faite à Aidid - et son échec - grandissait la réputation de celui-ci[9].

Des raids des forces de l'ONUSOM II et des escarmouches avec des milices pro-Aïdid continuent. Le 12 juillet 1993 se tient une réunion des aînés du clan d'Aïdid dans la maison de Abdi Hassan Awale pour discuter d'une proposition de paix de Howe. Considérant le lieu comme un centre de commandement de la SNA, des hélicoptères AH-1 Cobra de la QRF américaine tirent seize missiles TOW sur la maison. Cette attaque tue, selon la milice d'Aïdid, 73 personnes, dont des femmes et des enfants. Quatre journalistes occidentaux arrivant sur les lieux sont battus à mort par une foule furieuse. Parmi les Somaliens tués se trouvaient nombre de leaders modérés opposés aux actions d'Aïdid. Après ce jour, les membres du clan s'estiment en guerre contre les États-Unis[10].

L'opération Gothic Serpent - Task Force Ranger

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La compagnie Bravo du3e bataillon du75th Ranger Regiment en Somalie en 1993.

Après le décès de quatre de ses soldats le 8 août à la suite de l'explosion d'une bombe sur l'un de leurs véhicules par la milice d'Aidid, et sous la pression du Secrétaire Général de l'ONU d'envoyer plus d'hommes dans le but d'aider à appliquer laRésolution 837 votée par leConseil de sécurité, le président américainBill Clinton autorise l'envoi d'uneunité interarmées de 450Rangers et autres soldats desopérations spéciales. L'opération, qui dépasse le cadre de l'opération Restore Hope par les Nations unies, est entièrement sous contrôle américain et confiée auJoint Special Operations Command (JSOC).

Le 26 août, lemajor-général William F. Garrison, commandant du JSOC, déploie la Task Force Ranger (abrégée « TF Ranger ») qui regroupe les éléments suivants :

Au cours de la fin août et du mois de septembre, la Task Force Ranger conduisit six raids visant à capturer Aidid ou ses proches lieutenants aux lieux suivants :

  • Lig Legato house, 28 août ;
  • Old Russian Compound, 6 septembre ;
  • maison d'Ahmen Jilao, 14 septembre ;
  • Radio Mogadiscio, 17 septembre ;
  • garage d'Osman Atto, 18 septembre ;
  • capture d'Osman Atto le 21 septembre[11].

Les combats des 3 et 4 octobre

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Carte de Mogadiscio avec en rouge les zones de combats et les lieux de crash des hélicoptères.

La préparation

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Le 3 octobre, un informateur somalien de laCIA apprend aux Américains qu'une importante réunion du clan d'Aidid doit réunir deux des principaux lieutenants de celui-ci, Omar Salad et Abdi « Qeybdid » Hassan Awale. La réunion a lieu dans l'après-midi, près du marché de Bakara situé dans un quartier tenu par les milices d'Aidid, appelé « le quartier de la Mer Noire ». Le commandement américain met sur pied une opération visant à capturer les hommes participant à cette réunion.

Le plan prévoit que 40 opérateurs de laDelta Force prendront d'assaut le bâtiment de la réunion et captureront tous les hommes présents sur place, pendant que 75 desRangers sécuriseront la zone autour du bâtiment. Les deux unités seront héliportées par 16 hélicoptères du160th SOAR.

Un convoi terrestre de douzeHumvees et de camions de cinq tonnes, mené par un autre groupe de 52 Rangers renforcé de quelques Delta et des cinq SEAL duSEAL Team Six, est chargé de récupérer les troupes héliportées et leurs prisonniers. Le commandement compte sur l'effet de surprise et la rapidité des troupes pour prendre de vitesse les milices du quartier.

Le raid

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Rangers au combat, 3 octobre 1993.

Le raid débute peu après15 h 30, et commence par se dérouler comme prévu. Les Delta capturent 24 personnes dans le bâtiment, dont Omar Salad, Mohamed Hassan Awale (que l'informateur somalien de la CIA avait confondu avec Abdi « Qeybdid » Hassan Awale). Le principal accroc est qu'un des Rangers, Todd Blackburn, chute d'un hélicoptère et tombe de plus de dix mètres de hauteur. Cependant, les miliciens somaliens, bien que pris de court par l'attaque-surprise, réagissent avec une rapidité et une efficacité inattendues, aidés en cela par les Américains qui mettent plus de temps que prévu pour effectuer la jonction entre le convoi et les unités héliportées. Très rapidement, les deux groupes subissent des tirs nourris ; plusieurs soldats américains sont blessés, et un camion est même mis hors service par un tir de roquette.

Todd Blackburn est transporté par des membres de son groupe jusqu'au convoi, qui détache trois Humvees pour l'évacuer d'urgence à la base de la TF Ranger. Ces trois véhicules subissent des tirs nourris pendant leur retour, au cours duquel le mitrailleur d'un des véhicules, le sergent Dominick Pilla, est tué, et deux autres Américains sont blessés.

Hélicoptères abattus

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Vidéo du début de l'opération et du crash du premier hélicoptère.

Vers16 h 20, alors que le reste du convoi n'a pas encore quitté les lieux, un des hélicoptèresMH-60 Black Hawk, indicatifSuper 6-1, est touché par un tir de roquette. Son rotor de queue atteint, l'hélicoptère touché s'écrase à quelques rues du bâtiment-cible des Américains. Le commandement américain réagit en envoyant d'abord une unité de sauvetage placée dans un autre hélicoptère volant au-dessus de la ville pour un pareil cas, renforcé d'un des détachements de Rangers héliportés. Le pilote et le copilote deSuper 6-1 ont été tués sur le coup lors du crash, mais les soldats en cabine ont survécu. L'un d'entre eux, Daniel Busch, a été gravement blessé en résistant autour de l'épave. Un desMH-6 Little Bird se pose à proximité de l'épave et parvient à embarquer Busch et l'évacue vers la base américaine - il décédera avant d'y arriver. Entre-temps, les troupes envoyées atteignent le lieu de l'épave et établissent un périmètre de sécurité d'où ils repoussent comme ils le peuvent les miliciens.

Les Rangers et Delta héliportés se trouvant encore au bâtiment-cible décident de rejoindre le site de crash à pied. En même temps, le convoi quitte la zone et tente également de rallier le site de crash. Gêné par des barrages établis à la va-vite par les Somaliens, ne pouvant être guidé efficacement par les aéronefs volant au-dessus de la ville, le convoi se perd et subit de lourdes pertes. Vers17 h, soit moins de trente minutes plus tard, le convoi compte trois morts, plus de la moitié de son effectif blessé (dont deux ne survivront pas à leurs blessures), et est passé à deux reprises à hauteur de la rue oùSuper 6-1 s'est écrasé sans pouvoir s'en approcher plus, celle-ci étant trop étroite. Son commandant décide d'abandonner et de rentrer à la base. Les troupes ayant cherché à atteindre le site à pied rencontrent également une résistance trop importante, un des Delta étant tué. Seule une partie parvient à rejoindre leurs camarades, l'autre en restant séparée par une rue où le volume de feu est tel qu'elle est infranchissable. Au total, près de cent soldats sont encerclés autour de l'épave et occupent plusieurs bâtiments contigus.

Entre-temps, vers16 h 40, uneroquette touche l'hélicoptèreSuper 6-4 piloté parMichael Durant, qui s'écrase à plusieurs centaines de mètres au sud des lieux des combats. La TF Ranger n'a presque plus de réserves à engager, et fait appel à la10e division de montagne (10th MD). Un convoi constitué de soldats de la10th MD et des véhicules ayant évacué Todd Blackburn est envoyé à son secours, mais il rencontre les mêmes difficultés que le premier convoi versSuper 6-1 et ne peut atteindre l'épave de l'appareil de Durant. Deux tireurs d'élite de la « Delta Force »,Gary Gordon etRandall Shughart, chargés de couvrir l'épave deSuper 6-4 depuis un autre hélicoptère, se portent volontaires pour être déposés au sol. Leur initiative est acceptée après deux refus, et leur hélicoptère les dépose. Les deux opérateurs Delta tentent de mettre à l'abri les quatre membres d'équipage, tous blessés mais encore vivants, et résistent face aux miliciens qui commencent à attaquer le second site de crash[12]. Les deux opérateurs Delta résisteront pendant environ une heure mais seront tués l'un après l'autre. Ils seront décorés de laMedal of Honor à titre posthume, décoration qui n'avait plus été remise depuis laguerre du Viêt Nam. Michael Durant, grièvement blessé, sera capturé et retenu prisonnier durant onze jours par les Somaliens. Les autres membres d'équipage de l'appareil seront tués dans des circonstances non élucidées, mais très probablement sur le site même du crash en même temps que Gordon et Shughart. Certains cadavres sont déshabillés et traînés dans les rues, sous les caméras de journalistes.

La centaine d'hommes encerclée autour de l'épave deSuper 6-1 est forcée de passer la nuit sur place. Ils réunissent cadavres et blessés, sauf celui du pilote Cliff Wolcott, qui est coincé dans l'épave.

Renfort des blindés

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DesCondor desForces armées malaisiennes en Somalie sous les couleurs des Nations Unies.

Comprenant la nécessité d'avoir des blindés, le commandement américain fait appel aux soldats pakistanais et malaisiens de la force onusienne. Un convoi réunissant quatre chars pakistanais, vingt-quatre blindésCondor (APC) malaisiens de fabrication ouest-allemande chargés de fantassins de la10e division de montagne, ainsi que divers véhicules et soldats de la10th MD et de la TF Ranger, est organisé.

Partant vers23 h 30, ce convoi, séparé en deux, atteint les zones de crash àh du matin le 4 octobre. La moitié du convoi qui arrive sur les lieux du crash deSuper 6-1 charge les blessés mais met plusieurs heures à dégager le corps de Wolcott. L'autre moitié du convoi est obligée de progresser à pied pour atteindre l'épave deSuper 6-4 sur un site désormais vide, mais n'y trouve ni l'équipage ni les deux opérateurs Delta déposés et quitte rapidement les lieux.

Versh 30, le convoi quitte les lieux deSuper 6-1. Une vingtaine de Rangers et de Delta, les derniers à embarquer, ne trouvent pas de place dans les derniers blindés du convoi qui a commencé à se mettre en route. Laissés derrière, ils rattrapent le convoi en courant, sous le feu des miliciens, convoi qui s'est arrêté au croisement de National Street et Hawlwadig Road, environ cinq pâtés de maisons au sud de l'hôtel Olympic. Le convoi atteint le stade qui sert de base aux casques bleus pakistanais versh 30.

Conséquences de la bataille

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Les pertes

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Américains et alliés

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18 soldats américains furent tués dans les combats du 3 octobre, et un19e le 6 octobre, et 105 furent blessés.

NomActionDécoration[réf. nécessaire]
Delta Force
SSG Daniel Buschétait dansSuper 6-1 lors du crash, tué en défendant le siteSilver Star,Purple Heart
SFC Earl Fillmoretué en allant à pied sur le lieu du crash deSuper 6-1Silver Star,Purple Heart
MSGGary Gordontué en défendant l'équipage deSuper 6-4Medal of Honor
SFCRandall Shugharttué en défendant l'équipage deSuper 6-4Medal of Honor
MSG Tim « Griz » Martingravement blessé dans le convoi égaré, décède des suites de ses blessuresSilver Star,Purple Heart
SFC Matt Riersontué le 6 octobre par un tir de mortier sur la base américaine[13]Silver Star
160th Special Operations Aviation Regiment (Airborne) « Nightstalkers »
CW4 Clifton P. Wolcottpilote deSuper 6-1, tué dans le crash de son appareilDistinguished Flying Cross,Bronze Star,Air Medal avec Valor Device,Purple Heart
CW3 Donovan « Bull » Brileycopilote deSuper 6-1, tué dans le crash de l'appareilDistinguished Flying Cross,Bronze Star,Air Medal avec Valor Device,Purple Heart
CW4 Raymond Frankcopilote deSuper 6-4, tuéSilver Star,Air Medal avec Valor Device,Purple Heart
SSG William Clevelandchef de cabine deSuper 6-4, tuéSilver Star,Bronze Star,Air Medal avec Valor Device,Purple Heart
SSG Thomas Fieldchef de cabine deSuper 6-4, tuéSilver Star,Bronze Star,Air Medal avec Valor Device,Purple Heart
75th Ranger Regiment
SGT Dominick Pillatué dans le convoi évacuant Todd BlackburnBronze Star avec Valor Device,Purple Heart
PFC Richard « Alphabet » Kowalewskitué dans le convoi égaréBronze Star avec Valor Device,Purple Heart
SGT James « Casey » Joycetué dans le convoi égaréBronze Star avec Valor Device,Purple Heart
SPC James Cavacotué dans le convoi égaréBronze Star avec Valor Device,Purple Heart
CPL James E. « Jamie » Smithblessé à l'artère fémorale autour de l'épave deSuper 6-1, décède des suites de ses blessuresBronze Star avec Valor Device etfeuilles de chêne,Purple Heart
SGT Lorenzo Ruizblessé dans le convoi égaré, décède des suites de ses blessuresBronze Star avec Valor Device,Purple Heart
10e division de montagne (infanterie légère)
SGT Cornell Houstonblessé dans le convoi de sauvetage, décède des suites de ses blessures le 6 octobreBronze Star avec Valor Device,LaDe Fleury Medal
PFC James Martintué dans le convoi de sauvetagePurple Heart

Un soldat malaisien du 19 bataillon du Rejimen Askar Melayu DiRaja (RAMD, régiment malaisien royal mécanisé) fut tué dans le convoi de sauvetage :

Somaliens

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En l'absence d'État fonctionnel à la tête du pays et du chaos engendré par la guerre civile, il est difficile de dresser un bilan précis des pertes somaliennes. Les leaders de la SNA déclarèrent avoir eu 312 tués et 814 blessés[2]. Un « capitaine » de la SNA affirma que 133 miliciens avaient été tués[14].

Les données de certains hôpitaux de Mogadiscio et d'ONG permettent d'estimer à au moins 150 morts les pertes somaliennes, dont environ un tiers serait constitué denon-combattants. L'ambassadeur américain Robert Oakley déclarera par la suite que plus de 200 Somaliens auraient été tués dans les combats du 3 et 4 octobre.Les estimations actuelles, basées sur des témoignages à la fois américains et somaliens, font état de près de 800 Somaliens tués dont plus des deux tiersétaient des civils[réf. nécessaire].

Le repli américain

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Colonne deM1A1 Abrams etM2 Bradley du64th Armor Regiment (en) en Somalie en.

Après la bataille, l'ambassadeur Robert Oakley fut envoyé négocier avec la SNA, en même temps que l'armée américaine déployait des troupes supplémentaires en Somalie, entre le 5 et 13 octobre, des éléments du1er bataillon du64e régiment blindé de la24e division d'infanterie soit 1 300 hommes équipés de 18 charsM1A1 Abrams et 44 véhicules de combat d'infanterieM2 Bradley sont transportés par 56 vols deC-5 etC-141[15]. Oakley exigea et obtint, sous la menace d'une offensive américaine, queMichael Durant soit libéré et les corps des soldats tués sur le site de Super6-4 soient restitués aux Américains avant toute négociation politique.

Le 6 octobre 1993, au cours d'une intervention télévisée, le présidentBill Clinton annonça la fin des opérations contre Aidid. Le 25 mars 1994, la quasi-totalité des soldats américains quittèrent laSomalie. Seuls quelques centaines de soldats restèrent pour assurer le retrait des forces américaines. En mars 1995, tout le personnel américain avait quitté laSomalie.

Le1er août 1996,Mohamed Farrah Aidid est tué au cours d'un affrontement entre clans rivaux.

Dans la culture

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La Chute du faucon noir, film deRidley Scott inspiré des combats de Mogadiscio.

Plusieurs jeux vidéo sont inspirés de la bataille de Mogadiscio :Delta Force: Black Hawk Down (2004) etTerrorist Takedown : Opération Mogadiscio (2006). La cartemultijoueur « Bakara » deCall of Duty: Modern Warfare 3 y fait également référence.

Notes et références

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  1. ab etc(en) USSOCOM History and Research Office,United States Special Operations Command History 1987-2007, MacDill AFB, Floride, 26 février 2007[lire en ligne],p. 58-59
  2. ab etc(en) RickAtkinson, « Night of a Thousand Casualties : Battle Triggered U.S. Decision to Withdraw From Somalia »,The Washington Post,‎, A1(lire en ligne)
  3. (en) Richard W.Stewart,The United States Army in Somalia, 1992-1994, Fort Lesley J. McNair, Washington DC, US Army Center of Military History,, 28 p.(présentation en ligne,lire en ligne),p. 15-16. Le détachement desSpecial Forces était constitué d'un Special Operations Command and Control Element (SOCCE), armé par l'ODB 520, et des ODA 523 et 525 de la compagnie B,1er bataillon du5th SFG, placés sous le contrôle opérationnel de la QRF. ((en) Colonel Joseph D.Celeski, « A History of SF Operations in Somalia : 1992-1995 »,Special Warfare,vol. 15,no 2,‎,p. 16-27(ISSN 1058-0123,lire en ligne))[PDF]
  4. (en)United States Forces, Somalia After Action Report, Fort Lesley J. McNair, Washington DC, US Army Center of Military History,, 276 p.(présentation en ligne,lire en ligne),p. 84-90[PDF]
  5. Resolution 837 adoptée par le Conseil de sécurité lors de sa 3229e réunion, 6 juin 1993
  6. Review of the Circumstances Surrounding the Ranger Raid on October 3-4, 1993 in Mogadishu, Somalia,p. 24 ;Bowden 2002,p. 117
  7. (en)United States Forces, Somalia After Action Report,p. 92-94,p. 130-131 ;Centre d'Évaluation et de Retour d’Expérience (CEREX), « Combats en zone urbanisée : Retour d'expérience des combats de Mogadiscio »,Cahiers du RETEX,no 4,‎,p. 1-5(lire en ligne) ; Colonel Joseph D. Celeski, « A History of SF Operations in Somalia : 1992-1995 »,p. 23
  8. Stewart 2002,p. 16.
  9. Bowden 2002,p. 116-118.
  10. (en)Mark Bowden,Black Hawk Down : a Thrilling and Visceral No-Holds-Barred Classic of Modern War, Londres, Corgi Books, (1re éd. 1999), 576 p.(ISBN 978-0-552-14750-7),p. 109-114, 520-521
  11. Lechner 1994,p. 13.
  12. Bowden 1999,p. 28.
  13. Bien que n'ayant pas été tué lors des combats mais deux jours après la bataille, Matt Rierson est souvent inclus dans la liste des soldats tués au cours de la bataille de Mogadiscio.
  14. (en) « Interview : Captain Haad »,Frontline, Public Broadcasting Service (PBS), publié en septembre 1998[lire en ligne]
  15. (en) John W.Leland et Kathryn A.Wilcoxson,The chronological history of the C-5 Galaxy, Office of History Air Mobility Command,, 136 p.(lire en ligne),p. 75-76

Voir aussi

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Bibliographie

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Documentaires télévisés

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Articles connexes

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v ·m
Opération des Nations unies en Somalie I etII (1992-1995)
Guerre civile somalienne (depuis 2006)
Attentats en Somalie
Attentats au Kenya
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