| Date | 31 août - |
|---|---|
| Lieu | Meximieux,France |
| Issue | Échec allié |
| Michael S. Davison | Wend von Wietersheim |
| 45e division d'infanterie Maquis de l'Ain Camp Didier | 11e Panzerdivision |
| États-Unis 18 morts 30 blessés 185 prisonniers FFI 50 morts 30 blessés 10 prisonniers | 85 morts 350 blessés ou disparus 41 prisonniers 5chars Panther détruits 5 autres véhicules chenillés détruits |
Batailles
Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée
| Coordonnées | 45° 54′ 19″ nord, 5° 11′ 43″ est | |
|---|---|---|
Labataille de Meximieux est un engagement de laSeconde Guerre mondiale des forces desÉtats-Unis, desmaquis de l'Ain et duCamp Didier tentant de gêner la retraite des unitésallemandes remontant la vallée du Rhône. La bataille s'est produite àMeximieux ainsi que dans les alentours de cette ville, du 31 août au 2 septembre 1944[1]. Elle a opposé des forces alliées à la11e Panzerdivision allemande. Cette dernière, malgré l'échec de sa contre-offensive pour reprendre Meximieux aux Alliés, remplit son objectif de bloquer durant deux jours les troupes américaines pour permettre le repli de bataillons allemands au nord deLyon[2].

Le 30 août 1944, une avant-garde dirigée par le colonel Murphy et appartenant à la45e division d'infanterie arrive àMeximieux, ville désertée par les Allemands depuis plusieurs jours[1]. L'objectif de cette avant-garde est de permettre à l'armée américaine, qui adébarqué en Provence quelques semaines auparavant, de bloquer la retraite allemande aux environs deMâcon[1]. Destanks de la11e Panzerdivision se positionnent alors près deMontluel et à proximité ducamp deLa Valbonne[1]. Le commandement allemand décide de séparer la division en deux groupes d'attaque[1] :
À Meximieux, le colonel Murphy installe un PC aupetit séminaire[3] en vue du combat contre les Allemands qui semble inéluctable. De son côté, le Lieutenant-colonelMichael S. Davison installe deschars M10 autour de Meximieux et autour deCharnoz-sur-Ain en prévision d'une bataille défensive[3].

Les Allemands lancent finalement trois groupes d'attaque le 31 août[3] :
Les affrontements entre leKampfgruppe Kilp, d'une part, et les américains et la compagnie Giraud (du nom du LieutenantRoger Giraud), d'autre part, desmaquis de l'Ain débutent dans la nuit du 30 au 31[4]. La journée du 31 août voit de nombreuses pertes en hommes et en matériel chez les Allemands, notamment à cause des tirs d'obus effectués par les américains depuis lepont de Port-Galland[5]. Devant ce revers, le Kommandeurvon Wietersheim qui est à la tête de la11e Panzerdivision, décide de demander de l'aide au Major Bödicker positionné àCrépieux-la-Pape, pour obtenir des renforts[6]. Il obtient ainsi l'aide d'unKampfgruppe supplémentaire dont la mission est de bloquer immédiatement les accès aux deux ponts tenus par les américains, qui enjambent larivière d'Ain : lepont de Port-Galland et lepont de Chazey[5]. CeKampfgruppe se dirige vers la région de Meximieux et choisit de se camoufler dans des bois entreLa Boisse etBalan pour passer la nuit[6].

Au petit matin, leKampfgruppe attaque le pont de Chazey, le prend aux Américains et le dynamite à 6 h du matin[6],[7],[8]. Cette destruction rend d'autant plus stratégique lepont de Port-Galland qui devient le seul accès entre laDombes et laplaine de l'Ain[6]. La colonne allemandeBödicker se dirige donc vers lelieu-dit dePort-Galland, hameau deSaint-Maurice-de-Gourdans, en longeant la rivière d'Ain[9]. Saint-Maurice-de-Gourdans est alors le théâtre de violents combats : on déplore dans le village au moins une victime civile et de nombreux dégâts matériels[10]. Au cours de la matinée, les Allemands tentent une première fois de prendre le pont de Port-Galland sans y parvenir[11]. Les combats se déplacent à Port-Galland même où de nombreuses maisons du hameau sont détruites[11]. La compagnie Martin des maquis de l'Ain participe également à la défense du pont[12]. Renonçant à prendre le pont, leKampfgruppe Bödicker se positionne alors au sud deLa Valbonne[11]. Après coordination avec deux autresKampfgruppe (Müller etKilp), l'ensemble des trois colonnes entreprend de prendre lecamp de La Valbonne avant d'attaquerMeximieux[11]. La Valbonne est encerclée à 10 h 30[11] et la compagnieColin des FFI est bloquée dans sa retraite vers Meximieux, sur laroute nationale[11]. Si troistanks Destroyer parviennent à rallier Meximieux, les pertes sont lourdes pour les alliés : sur 193 soldats américains combattant à La Valbonne, 160 sont faits prisonniers et neuf sont tués[11]. La bataille se recentre alors sur la ville de Meximieux où se concentre l'ensemble des forces américaines et françaises[11]. Du côté allemand, lesPanzers Panther ainsi que les véhicules chenillés se dirigent tous vers Meximieux[11] : ils prennent position au sud de la ville vers 12 h[13]. Vers 12 h 30, les Allemands tentent une première offensive pour prendre le sud de la ville, c'est-à-dire le quartier de lagare[13]. La bataille fait rage jusqu'à environ 18 h : plusieurs tanks allemands sont détruits (notamment aulieu-ditLa Prairie)[14]. Les Allemands attaquent par le sud (un camp de base est situé à Rapan45° 53′ 05″ N, 5° 10′ 08″ E, au lieu-dit de Pérouges situé à 3 km de Meximieux) mais également par le nord[15]. À Meximieux, le colonel Murphy basé au petit séminaire, n'a que deuxchasseurs de chars à sa disposition pour défendre la ville[15]. Par contre, il bénéficie de la vue sur laplaine de l'Ain depuis lebeffroi de ce qui était alors l'hôtel de ville : il obtient ainsi de précieuses informations sur les déplacements allemands[15]. En fin d'après-midi, les Allemands ont pris le nord de la ville et tentent toujours de prendre la ville par le sud[16]. À la suite de la prise duchâteau de Meximieux, les combats se poursuivent au corps à corps dans la ville[17]. Les Allemands tentent pendant la nuit de prendre lepetit séminaire défendu par le capitaineColin, sans y parvenir[2].
Le 2 septembre 1944, vers 3 h du matin, les combattants alliés apprennent que les Allemands s'en vont[18],[2]. Si d'un point de vue militaire, cela constitue évidemment une victoire alliée, d'un point de vue stratégique, la11e Panzerdivision a réussi à ralentir l'avancée de la45e division d'infanterie qui aurait été à même d'entraver la retraite allemande au nord de Lyon.

La commune deMeximieux est l'une des rares collectivités territoriales de France (elles sont dix-sept au total) à avoir reçu lamédaille de la Résistance (attribuée le 22 septembre 1945).
Le lieutenant-colonel (qui deviendra Général par la suite)Michael S. Davison est fait citoyen d'honneur de Meximieux, ville dont une rue porte son nom. Une stèle célèbre à Meximieux, les maquisards tués au cours des combats[19]. Il y a une place duLieutenant Giraud à Meximieux[20].
Fin août début septembre 2014, trois jours de commémoration sont organisés àMeximieux pour les 70 ans de la bataille[21].
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