Pour les articles homonymes, voirBaugé (homonymie).
| Date | |
|---|---|
| Lieu | à proximité deBaugé |
| Issue | Victoire franco-écossaise décisive |
| 5 000 hommes | 3 000 hommes (dont 1 500 inutilisés) |
| faibles | 1 000 morts, 500 prisonniers |
Batailles
| Coordonnées | 47° 32′ 31″ nord, 0° 06′ 11″ ouest | |
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Le, labataille du Vieil-Baugé voit la défaite de l’armée anglaise duduc de Clarence (environ 3 000 hommes) face à l’armée franco-écossaise deMotier de la Fayette et du comte écossaisJohn Stuart de Buchan. Cette bataille est la première défaite anglaise en bataille rangée depuis les débuts de la guerre de Cent Ans.
Le 21 mai 1420, letraité de Troyes déshérite pour ses« horribles crimes » leDauphin Charles, futurCharles VII, toutefois ce traité n'eut jamais cours que dans les régions occupées par le roi d'Angleterre et le duc deBourgogne.
Le,Henri V fait une entrée triomphale dansParis, en compagnie du duc de Bourgogne et deCharles VI. Il réunit le 6 décembre les États qui approuvent le traité de Troyes et fait bannir le Dauphin par arrêt du parlement (3 janvier 1421). Plus rien ne s’oppose à l’alliance des deux royaumes. Le roi d'Angleterre prend le chemin du retour auprès de ses sujets anglais, laissant son jeune frèreThomas, duc de Clarence, à la tête de l'armée d'occupation, avec pour mission de récupérer les territoires encore occupés par lesArmagnacs et le Dauphin déshérité.
De son côté le Dauphin Charles fait venir des mercenairesÉcossais[1]. En 1421, 5 000 à 6 000 Écossais débarquent àLa Rochelle pour prêter main-forte aux Français.
Le plan du duc de Clarence est de procéder par la tactique qui a bien réussi aux armées anglaises depuis près d’un siècle : lachevauchée, avec un corps d’environ 3 000 hommes[2]. Il passe àPont-de-Gennes puisLuché, et campe le 20 mars[3],Vendredi Saint[4], àBeaufort. Du côté du Dauphin, les nobles d’Anjou et du Maine constituent une troupe qui poursuit Clarence[1] ; les Écossais, qui campaient àSelles (Indre)[2], font route à la rencontre de Clarence, bientôt rejoints par quelques milliers de Languedociens et Gascons qui cantonnaient àAubigny[5]. Les Angevins sont placés en avant-poste à Vieil-Baugé, le reste de l’armée campant àLa Lande-Chasles[4].

L’armée du Dauphin est menée, pour les Écossais, parJohn Stuart, comte de Buchan, et pour les Français, par le chambellan du dauphin,Gilbert Motier de Lafayette. Le jeuneJean, bâtard d'Orléans (futur comte de Dunois), fait partie de la troupe[6].
Les forces de Clarence sont en partie dispersées, les archers s'étant ainsi éloignés pour piller les alentours. Uneescarmouche a lieu entre un parti français envoyé en reconnaissance et les Anglais, qui font des prisonniers. Un chevalier écossais est capturé et amené au duc de Clarence qui apprend ainsi qu’une force de 5 000 Franco-Écossais se trouve non loin de là. Environ une heure avant le coucher du soleil, il décide de profiter de l’effet de surprise et d’attaquer avec sa seule cavalerie sans attendre le reste de son armée, principalement les archers[7].
Ses troupes se composent seulement de 1 500 hommes. Le premier affrontement a lieu sur le pont au-dessous deVieil-Baugé, défendu par Jean de Fontaine, capitaine du Mans (son frère Guérin de Fontaine, écuyer, est une des seules victimes de la bataille côté franco-angevin). Le duc de Clarence parvient néanmoins à les déborder, mais le pont, endommagé, l’oblige à franchir leCouasnon en crue, ce qui lui pose des difficultés et sa troupe s’étire. Quand il parvient au Vieil-Baugé, les Angevins se barricadent dans l’église et bombardent du clocher les Anglais à coups de pierres, dont ils avaient fait provision[8]. Le reste des troupes françaises, qui jouait à la paume, arrive en désordre, armures incomplètes. Du côté anglais, les combattants arrivent eux aussi petit à petit au village et se jettent immédiatement dans la bataille[9]. Néanmoins, le combat tourne au carnage pour les troupes anglaises, qui finissent par se retirer. Les Français, mal équipés, ne font pas de poursuite[10].
Ce combat est typique des batailles de la guerre de Cent Ans, menées dans le plus complet désordre, où « ni d'un côté ni de l’autre on ne fit le moindre effort d’intelligence »[11].
Les pertes sont lourdes côté anglais : le duc de Clarence, lecomte Tancarville, le comte Riddisdale, comte Kyme, le baron Jean (ou John) Lumley, le baron de Ros sont tués, ainsi que 1000 combattants du côté anglais. De plus, les Français font encore 500 prisonniers, dont lecomte d'Exeter, ceuxde Somerset et de Huntingdon[12]. Olivier Bouzy estime les pertes anglaises à 2 ou 3 000 tués[13]. Les pertes franco-écossaises sont, elles, minimes.
Dans la nuit, lecomte de Salisbury effectue la retraite vers la Normandie avec le reste de l’armée.
La bataille renverse temporairement l’équilibre des forces, mais aucune action militaire n’est entreprise par le Dauphin dans les deux mois qui suivent. Il se content de déplacer son armée àSablé, où il rencontre le ducJean V de Bretagne qui signe une alliance avec lui le 8 mai et l’accompagne dans sa campagne[14]. Le Dauphin entre au Mans sans combattre, et Buchan remporte une victoire sur les Anglais àAlençon. Mais les hésitations de la campagne permettent à Henri V d’Angleterre de revenir sur le continent avec près de 30 000 hommes et de lancer Salisbury sur la Mayenne, de récupérer quelques places pendant que les Français piétinent, indécis[15]. À l’automne, l’équilibre des forces est rétabli et on revient austatu quo ante[16].
Jean Stuart de Darnley, connétable d'Écosse, est récompensé de sa participation à la bataille de Baugé par la seigneurie de Concressault, près de Sancerre. Il devient aussi seigneur d'Aubigny-sur-Nère en mars1423.
Le comte écossaisJohn Stuart de Buchan, reçoit du dauphin Charles l'épée deConnétable de France en avril 1424[17].
Quant auBâtard d'Orléans, il est armé chevalier à 18 ans, à Blois, à son retour d'expédition[18].
Certains historiens[19] affirment que les Écossais présents à la bataille de Baugé auraient assisté à une partie dechôle et auraient ensuite importé ce jeu en Écosse.