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Bataille de Bapaume

50° 06′ 16″ nord, 2° 51′ 07″ est
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Bataille de Bapaume
Description de l'image Plan de la bataille de Bapaume (janvier 1871).jpg.
Informations générales
Date
LieuBapaume,
France
IssueVictoire française
Belligérants
Drapeau de la PrusseRoyaume de PrusseDrapeau de la FranceRépublique française
Commandants
Edwin von ManteuffelLouis Faidherbe
Forces en présence
15 000 hommes25 000 hommes
Pertes
759 morts, 52 officiers1 569 morts, 53 officiers

Guerre franco-allemande de 1870

Batailles

Données clés
Coordonnées50° 06′ 16″ nord, 2° 51′ 07″ est
Géolocalisation sur la carte :France
(Voir situation sur carte : France)
Bataille de Bapaume
Bataille de Bapaume
Géolocalisation sur la carte :Hauts-de-France
(Voir situation sur carte : Hauts-de-France)
Bataille de Bapaume
Bataille de Bapaume
Géolocalisation sur la carte :Pas-de-Calais
(Voir situation sur carte : Pas-de-Calais)
Bataille de Bapaume
Bataille de Bapaume

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Labataille de Bapaume eut lieu le, durant laguerre franco-allemande lorsque les Français tentèrent de mettre fin ausiège dePéronne. Elle se déroula près deBapaume dans lePas-de-Calais et se termina par un demi succès de l'Armée du Nord[1].

Contexte historique

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Depuis le 19 juillet 1870, date du début de la guerre, l'armée française subissait une série de défaites qui aboutirent à la capitulation de l'empereurNapoléon III à Sedan, le 2 septembre 1870. La république fut proclamée le 4 septembre et leGouvernement de la Défense nationale décida de continuer la guerre pensant parvenir à rétablir la situation. Le 19 septembre, lesiège de Paris débuta.Léon Gambetta, réfugié àTours réorganisa les armées. L'Armée du Nord fut créée le 18 novembre 1870 et le 5 décembre legénéral Faidherbe était nommé à sa tête.

Après laBataille de l'Hallue du 23 décembre 1870, legénéral Faidherbe, pressé par un ennemi qui allait devenir d'instant en instant plus nombreux et pouvait le couper de sa ligne de communication, fit retraite vers le nord, surArras etDouai. Le27 décembre, il arrêta son mouvement et prit position sur la ligneFampoux,Vitry,Corbehem, appuyant sa droite àArras et sa gauche àDouai, et protégé en avant par le cours de laScarpe. Là, il ravitailla ses troupes et les fit reposer. Pendant ce temps, l'ennemi, décidément maître d'Amiens depuis l'affaire dePont-Noyelles (bataille de l'Hallue), avait marché surPéronne, l'avait investi et, le28 décembre, avait commencé le bombardement de la place. C'est alors queFaidherbe se décida à reprendre l'offensive pour délivrer Péronne[1].

LaIre armée prussienne arriva àBapaume à la fin du mois de décembre1870 alors qu'au même moment l'armée du Nord dugénéral Faidherbe se mettait en ordre de marche pour mettre fin au siège prussien de Péronne. Les deux armées se rencontrèrent près de Bapaume. Bien que les soldats de Faidherbe entouraient les Prussiens dépassés numériquement, ils ne parvinrent pas à profiter de leur avantage et durent battre en retraite. Cela eut pour conséquence la capitulation dePéronne, le10 janvier. Les troupes prussiennes reçurent rapidement des renforts et elles affrontèrent à nouveauFaidherbe deux semaines plus tard lors de labataille de Saint Quentin.

Préliminaires

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La bataille de Bapaume fut livrée les2 et, sur les territoires deBiefvillers-lès-Bapaume et deBapaume. Legénéral Faidherbe à la tête de l'armée du Nord y arrêta les Prussiens.

Le31 décembre, legénéral Faidherbe s'avança au sud d'Arras, sa droite à Rivières-Groseille, sa gauche àTilloy. Le, il assembla ses généraux àBeaurains et, malgré leur avis, décide de marcher en avant.

« Messieurs, leur dit-il, vous avez peut-être raison, mais laisser bombarderPéronne sans tenter de le secourir, lorsque j'ai sous mes ordres au moins 30 000 hommes et 90 pièces de canon, c'est encourir à coup sûr le déshonneur. Or, j'aime mieux être battu en faisant mon devoir que déshonoré par une accusation de pusillanimité, nous partirons demain matin pour marcher à l'ennemi : vous recevrez ce soir les ordres de marche. »

Positions prussiennes

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Jetons un coup d'œil sur les positions prussiennes et les troupes qu'allait aborder l'armée du Nord. Ces troupes formaient l'aile droite de la première armée, dont l'aile gauche opérait sur la basseSeine ; elles étaient sous le commandement en chef du généralvon Goeben. Le général comtevon der Groeben, commandant la3e division de cavalerie, était àBucquoy avec trois compagnies d'infanterie, dix escadrons et demi et une batterie. La15e division occupait Bapaume avec onze bataillons, quatre escadrons et quatre batteries. Son chef, le généralvon Kummer, avait placé en première ligne la30e brigade d'infanterie (généralvon Strubberg) avec trois escadrons et trois batteries, deBapaume àBéhagnies, et en seconde ligne la29e brigade (généralvon Bock) sur la ligneBertincourt-Sailly-Saillisel, avec un escadron et deux batteries. Le8e bataillon de chasseurs restait à la disposition du généralvon Goeben versCombles etMorval, avec deux batteries à cheval. Sur la route dePéronne àCambrai, àFins, se trouvait leprince Albert ayant sous ses ordres la brigade combinée de cavalerie de la garde, une batterie à cheval et un bataillon détaché du33e régiment de fusiliers[2],[3].

Positions françaises

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Le2 janvier, le ciel est gris, le temps froid. Les troupes françaises se mettent en marche dès la première heure. La divisionDerroja du22e corps (généralLecointe) qui forme la droite arrive jusqu'àBucquoy d'où les Prussiens se sont retirés surPuisieux etMiraumont, puis elle vire à gauche et vient cantonner àAchiet-le-Petit, sans avoir tiré un coup de fusil. Au centre, ladivision du Bessol du même corps, avec laquelle marche le général Faidherbe, se dirige sur Ablainzevelle qu'elle atteint vers midi. Au23e corps (général Antoine Paulze d'Ivoy de la Poype), la marche est loin d'être aussi facile. La division Payen s'est avancée parBoisleux etErvillers, et au sortir de ce dernier village déploie la brigade du colonel Hippolyte Michelet pour enleverBéhagnies ; deux batteries sont mises en position à droite et à gauche de la route. La brigade Delagrange reste en réserve àErvillers. La brigade Michelet s'avance avec confiance sur trois colonnes, croyant le village occupé seulement par des avant-postes peu nombreux. La colonne du centre n'atteint les premières maisons quand un feu terrible l'accueille et la refoule en désordre. Elle ne tarde pas pourtant à se reformer, s'élance de nouveau et enlèveBéhagnies, rejetant les Prussiens surSapignies. Mais la colonne de droite a fait un trop long détour et n'est pas en mesure de la soutenir, et la colonne de gauche, accueillie, elle-même de près par des volées de mitraille et chargée par la cavalerie, est rejetée sur Ervillers, laissant 250 prisonniers aux mains des Prussiens, qui réoccupent immédiatementBéhagnies. Il est environ quatorze heures. La division Robin (mobilisés) du23e corps n'a pas encore paru sur le champ de bataille, ce n'est que vers 14h30 qu'elle est signalée près deMory, ayant perdu un temps précieux à passer parCroisilles etSaint-Léger, au lieu de suivre la division Payen. On peut affirmer que, si elle eût figuré dans l'affaire de la matinée, elle eût pu, par sa seule présence. lui donner une tout autre issue. Cependant la brigade Delagrange s'est portée en ligne àErvillers pour remplacer la brigade Michelet, et le reste de la journée se passe sans que l'on sorte de part ni d'autre de ses positions[2],[3].

Déroulement de la bataille

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Au centre,Faidherbe, qui ne sait rien de ce qui vient de se passer au23e corps fait attaquerAchiet-le-Grand dont il chasse les Prussiens ; et occupe égalementBihucourt. À dix-sept heures, il fait arrêter le22e corps en arrière deBiefvillers-lès-Bapaume et deGrévillers et établit son quartier général àAchiet-le-Grand. Vers dix-neuf heures, le général von Kummer, trouvant la brigade Strubberg trop en l'air, la fait rentrer àBapaume où se trouve ainsi réunie toute la15e division. Il compte défendre la ville en s'appuyant sur la ligneGrévillers-Biefvillers-lès-Bapaume-Favreuil-Beugnâtre. Le généralvon Goeben sera àPys avec un bataillon, quatre escadrons et quatre pièces. Le prince AlbertAlbert Ier (roi de Saxe) qui est àFins reçoit du généralvon Goeben, resté àCombles, l'ordre d'amener son détachement àBertincourt. En outre, Goeben demande aux troupes deBarnekow (de) qui investissentPéronne, trois bataillons et quatre batteries, qui devront arriver à neuf heures du matin àSailly-Saillisel[3].

Les ordres deFaidherbe pour le3 janvier sont que le23e corps reprendra sa marche par la route deBapaume, la division Payen suivant directement la route, la division Robin marchant deMory pour tournerFavreuil. La divisiondu Bessol s'avancera deBihucourt surBiefvillers-lès-Bapaume, etDerroja qui est àAchiet-le-Petit se dirigera surGrévillers. Le 3, le jour se lève très sombre, la terre est couverte de neige, le froid intense. De grand matin,Faidherbe recommence l'attaque au centre,du Bessol se lance surBiefvillers-lès-Bapaume etDerroja surGrévillers. À gauche, la division Payen entre àBéhagnies etSapignies évacués par l'ennemi ainsi qu'on l'a vu, et se rabat surFavreuil fortement occupé. Quant à la division Robin, dont les troupes ne sont pas capables de rester en ligne sous la moindre fusillade, elle se borne à couvrir notre gauche par sa présence. À droite,Grévillers est vivement enlevé par les troupes dugénéral Derroja, etBiefvillers-lès-Bapaume, vigoureusement défendu, l'est lui-même bientôt, à la faveur d'un mouvement tournant par la gauche, exécuté par les troupes dedu Bessol. Puis, l'artillerie française ayant éteint le feu des canons prussiens, les soldats français s'élancent directement surBapaume, trouvantBiefvillers-lès-Bapaume, la route deBapaume et les maisons d'Avesnes encombrés de blessés prussiens ; ils font là de nombreux prisonniers. La divisiondu Bessol pénètre même dans le faubourg d'Arras, mais les Prussiens parviennent à l'arrêter, grâce aux fossés et aux pans de murailles restant des anciennes fortifications, qui facilitent singulièrement la défense[3].

À gauche, le23e corps se rend maître deFavreuil, aussitôt que son chef a fait remplacer à la gauche de sa ligne d'attaque la divisionRobin : deux bataillons de la brigade Delagrange. De ce côté, les Prussiens se mettent en pleine retraite, et il se produit sur toute la ligne une sorte d'accalmie. Dans l'après-midi, les Prussiens qui ne veulent pas encore s'avouer battus cherchent à tourner la droite des Français parTilloy. Le généralLecointe dirige sur ce village la brigadePittié qui s'en empare, malgré une vive résistance, et s'y maintient. Ensuite c'est Ligny qui est vivement disputé, mais reste en définitive aux Prussiens. À la nuit tombante. les Français n'en sont pas moins victorieux sur toute la ligne, puisque les Allemands ont été chassés de toutes les positions qu'il occupait le matin. Les troupes françaises passent dans les villages conquis la nuit que les Prussiens emploient à évacuerBapaume et à se mettre en retraite. Les quelques lignes suivantes, extraites de l'ouvrage du grand état-major prussien sur la guerre franco-allemande, se chargent de montrer l'état où les troupes françaises avaient réduit leur adversaire :

« […] de leur côté, les Allemands non plus n'étaient rien moins que désireux de reprendre la lutte immédiatement. L'artillerie ne parvenait même pas à reconstituer un approvisionnement suffisant […]. Les soldats avaient un besoin urgent de repos. Afin de le leur ménager, la retraite en arrière a été décidée ; et dans la matinée du4, le mouvement était déjà en voie d'exécution, quand les avant-postes annoncèrent que l'ennemi s'était retiré des villages au nord deBapaume. »

Faidherbe laissa cependant passer l'occasion de donner à sa victoire un caractère décisif, en ne faisant pas coûte que coûte recommencer le lendemain la marche en avant, comme le voulaient plusieurs de ses généraux cette fois plus confiants que lui. Il n'y a pas à douter quePéronne aurait été délivré le lendemain même, puisque le majorSchell (de) du grand état-major prussien nous apprend dans son livre les Opérations de la première armée que « le généralBarnekow (de) reçut à deux heures (le 3) l'ordre de se tenir prêt à lever le siège ».

Le général en chef de l'armée du Nord, en présence du froid extrême, de la fatigue des troupes, de la nécessité du ravitaillement, et comptant sur une défense dePéronne assez longue pour lui permettre de renouveler sa tentative à quelques jours de délai, donna l'ordre à ses troupes de se retirer, le 4, à une dizaine de kilomètres au nord deBapaume, dans leurs cantonnements deBoisleux (Boisleux-au-Mont etBoisleux-Saint-Marc), pour se refaire avant de reprendre la lutte. La bataille deBapaume avait coûté à la France 1 319 hommes tués ou blessés et 800 disparus dont le plus grand nombre se composait de mobilisés du généralRobin, rentrés sans plus de façon dans leurs foyers. Les Allemands avouèrent le chiffre de 40 officiers et 740 hommes tués ou blessés, mais des témoignages dignes de foi portent ce nombre à 1 100 hommes environ. Si l'on fait abstraction de la divisionRobin qui fut pour les Français plutôt un élément de faiblesse qu'une aide efficace, nous évaluerons les forces françaises à environ 25 000 hommes dont un quart de mobiles. Les Allemands disposaient de 15 000 hommes abrités derrière les obstacles les plus faciles à défendre[2].

Notes et références

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Notes

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Références

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  1. a etbMilza 2009,p. 317.
  2. ab etcLecluselle 1996.
  3. abc etdBédu 1872.

Pour approfondir

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Bibliographie

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Iconographie

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  • Lithographie :
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Articles connexes

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