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| Basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial | |
La basilique du Sacré-Cœur deParay-le-Monial. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique |
| Dédicataire | Sacré-Cœur |
| Type | Basilique mineure |
| Rattachement | Diocèse d'Autun |
| Début de la construction | XIIe siècle |
| Fin des travaux | XIVe siècle pour la majeure partie |
| Style dominant | Roman |
| Protection | |
| Site web | Paroisse du Sacré-Cœur en Val d'Or |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Bourgogne-Franche-Comté |
| Département | Saône-et-Loire |
| Ville | |
| Coordonnées | 46° 26′ 59″ nord, 4° 07′ 17″ est |
| modifier | |
Labasilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial, placée sous le vocable duSacré-Cœur depuis 1875, donne une image complète, bien que de dimensions réduites, de ce que futCluny : trois nefs contre cinq àCluny, transept simple et non pas double, mais, de l'avant-nef à la cascade des toitures duchevet, étagées dans une subtile harmonie, en passant par les voûtes ordonnées de la même manière qu'à la grande abbatiale, le plan a été copié sur celui de Cluny. Cette église duprieuré Notre-Dame de Paray-le-Monial fut lors de sa consécration en 977, placée sous le vocable duSaint-Sauveur, de laVierge Marie et de saintJean Baptiste.
Elle fait l'objet d'un classement au titre desmonuments historiques depuis 1846[1].
La basilique est le lieu le plus touristique du département deSaône-et-Loire, avec un nombre de visiteurs annuels estimé à 450 000 fidèles et touristes[2]. Elle fait partie du sanctuaire du Sacré-Cœur géré par lacommunauté de l'Emmanuel depuis 1985.
Avant de devenirprieuré clunisien, le monastère de Paray-le-Monial est créé sur décision deLambert (mort en),comte de Chalon[3] : en 973 l'emplacement est choisi en accord avecMayeul,abbé de Cluny. Sur le terrain retenu, les moines construisent en trois ans les bâtiments nécessaires à l'établissement monastique et son église. Celle-ci est consacrée en 977, en présence de Lambert de Chalon, de sa famille et des évêques de Chalon, de Mâcon et d'Autun.
Lambert eut comme successeur son filsHugues Ier, déjàchanoine d'Autun[4] qui devientévêque d'Auxerre le et qui décide d'unir le monastère de Paray-le-Monial à l'abbaye de Cluny, lequel a, à sa tête,saint Odillon. Paray devient unprieuré de Cluny et le restera jusqu'à la Révolution.
La première église a complètement disparu. Elle a été rapidement détruite et a été remplacée par une nouvelle église consacrée le. Moins d'un siècle plus tard cette seconde église est également détruite et remplacée par celle qui est aujourd'hui la basilique[N 1].
Le comte-évêque Hugues Ier donna à l'église des reliques de saint Grat, qui futévêque de Chalon, précédemment à l'église Saint-Laurent deChalon. Du vivant de Hugues Ier les prieurs furent Andrald et Gontier[4].
Les dates exactes de la construction de l'église actuelle sont incertaines. Les travaux de Christian Sapin[5], deNicolas Reveyron, de Minott Ker conduisent à placer la date des constructions dans le dernier quart duXIe siècle et non dans le premier[6]. La dernière construction aurait été réalisée sur la précédente,« sur de nombreux points les plans des deux constructions se superposent ». Le véritable architecte de Paray est sans doute saintHugues de Cluny. Cependant Paray ne peut être considéré comme une simple « réduction » de la célèbre basilique de Cluny. En effet, elle n'offre ni doubles collatéraux, ni doubles transepts, ni cinq chapelles rayonnantes[7], …
Tout au long duXIIe siècle d'importants remaniements sont apportés à l'église. C'est probablement au second quart du douzième siècle que la nef, le transept et le chœur de l'église de Paray sont bâtis (vers 1140). L'église ne subit aucune modification pendant le treizième siècle. L'étage supérieur du clocher est terminé au quatorzième siècle. Vers 1470, l'abbé Jean de Bourbon permet à Robert de Damas-Digoine, seigneur deClessy et deBeaudéduit, d'abattre la chapelle qui s'ouvrait dans le croisillon méridional de l'église pour la remplacer par une nouvelle chapelle destinée à devenir le tombeau de sa famille[7]. Paray-le-Monial est éprouvé par les guerres qui ont lieu durant trois siècles :guerre de Cent Ans, guerres entre la Bourgogne et la France,guerres de Religion. Pour éviter l'écroulement duporche les moines choisirent de le condamner par d'épaisses murailles de renfort.
Par la suite, les religieux du prieuré s'efforcent d'effacer la trace des dévastations que l'église subit, mais ils ne modifient aucune partie essentielle du monument. Le clocher initial fut détruit (incendié) et reconstruit. La démolition du prieuré ancien et la construction du nouveau (de 1702 à 1750) sont sans doute concomitantes avec des travaux dans la basilique (construction d'un grenier entre le côté sud de l'église et le côté nord du cloître).

La période révolutionnaire eut des conséquences très négatives sur l'édifice : le les bénédictins quittent le prieuré, la basilique est presque abandonnée durant un an, leculte est supprimé en 1793 ; puis le la commune adjuge la démolition du clocher à Pierre Colin. La démolition est partielle mais la basilique restera partiellement à ciel ouvert durant16 ans. L'église fut louée comme entrepôt. Le culte ne fut rétabli qu'en 1802. Une toiture en forme de bulbe fut posée en 1810 mais les autres travaux nécessaires de réhabilitation ne sont pas effectués.
C'est à partir de 1840 que lecuré alerte les autorités sur l'état de la basilique. La municipalité n'y donne pas suite. Il faut attendre 1841, l'élection comme maire d'Hyacinthe Maublanc de Chiseuil, pour qu'un dossier soit établi et les démarches entreprises. Mais ce n'est que le que l'architecteEugène Millet est désigné par la commission desMonuments historiques.
Millet, né en 1819, est un spécialiste duMoyen Âge, il fut l'élève et le collaborateur d'Eugène Viollet-le-Duc. Bien que non prévu au départ il dut reconstruire le clocher, compte tenu de son très mauvais état : c'est ce clocher que l'on voit aujourd'hui. Il rend ensuite à l'église son porche d'origine, en enlevant les murs de renfort, et en remplaçant les piliers d'origine. Les deux tours de l'entrée sont couronnées par des flèches en charpente (antérieurement elles étaient beaucoup moins élancées et la pente de leurs côtés était à peine sensible). Il démolit le grenier des moines, évoqué ci-dessus. En résumé, l'architecte Eugène Millet intervient pour restaurer la plupart des parties de l'église.
Au cours des décennies qui ont suivi, peu de travaux ont été réalisés. C'est Dargaud, curé de la paroisse de 1908 à 1938, qui permit une nouvelle étape de travaux. Les plus notables sont ceux qui ont consisté à enlever les couches successives d'enduits à l'intérieur de l'église, ce qui a permis de découvrir lapeinture de la voûte du chœur[N 2].
Vers 1850, un orgue de tribune avait été installé dans letransept sud, réalisé par le facteur d'orguesJaquot-Jeanpierre. Un orgue dont le remplacement devint indispensable au sortir de la dernière guerre, ce qui fut fait sous l'impulsion du père Combier, par l'installation d'un nouvel orgue financé sur fonds privés (entreprise lyonnaise Merklin et Kuhn). Celui-ci, plusieurs fois remanié, en l'absence de buffet, vit son fonctionnement se dégrader, et il fut démonté lors de la restauration intérieure de la basilique (1999–2007).

Depuis la fin duXIXe siècle, Paray-le-Monial et son église sont un des lieux depèlerinage les plus fréquentés de France. L'objet de ces pèlerinages est la dévotion auSacré-Cœur, propagée à la suite des visions deMarguerite-Marie Alacoque et plus encore de l'action du jésuiteClaude La Colombière, dans la seconde moitié duXVIIe siècle.
En 1875, devant l’affluence des pèlerins autour des reliques de Marguerite-Marie Alacoque, le papePie IX élève l'église au rang debasilique mineure[8] et autorise son changement de vocable (elle était auparavant placée sous celui de l’Assomption de la sainte Vierge)[9].

L'église d'aujourd'hui est unebasilique, dont la nef composée d'un vaisseau central et deux bas-côtés compte trois travées avec un transept d'un seul vaisseau, deux petitestours à l'ouest et une grande tour de transept. L'église a une longueur totale de 63,5 m (y compris l'avant-nef et lachapelle axiale faisant partie deschapelles rayonnantes) et une largeur de 22,35 m (sans le transept). Avec ses 40,50 m par rapport à lanef presque carrée (22 m de longueur jusqu'à la croisée) le transept donne l'impression d'être disproportionné. Le vaisseau central de la nef a une hauteur de 22 m, y compris la tour de transept et la hauteur totale de l'église est de 56 m.
L'extérieur de la basilique est caractérisé par l'austérité et le dépouillement : de vastes murs nus rappellent la puissance de l'architecture germanique desXe et XIe siècles (abbatiales d'Hersfeld ou deLimbourg-sur-la-Lahn). Les baies, en files serrées et de petite taille, présentent une ouverture sansébrasement, ce qui repousse lesvitraux au fond d'une loge obscure. Cette disposition est imitée deClunyIII, où l'on a cherché à ouvrir une immense claire-voie tout au long de l'immensevoûte en berceau, ce qui rendait l'ébrasement impossible, car il était nécessaire de renforcer au contraire les espaces-supports entre les baies. La porte qui ouvre sur le bras gauche dutransept est décorée d’élégants motifs floraux et géométriques.

Les grandes arcades, à arc brisé, de la nef, dans le style roman bourguignon, occupent deux tiers de l'élévation, le tiers restant étant occupé par unearcature aveugle surmontée de la rangée des fenêtres hautes. C’est une disposition inspirée de l'église de Cluny.
De même que dans l'immense édifice que futCluny III, dans chaque travée, trois baies, tantôt aveugles tantôt ouvertes sur les combles des bas-côtés, sont surmontées de trois fenêtres hautes, de taille identique, entourées d'unearcature. On ne peut s'empêcher de songer au modèle architectural des trois portes de chaque mur de laJérusalem céleste, telle que saint Jean la décrit dans l'Apocalypse, à moins qu'il ne s'agisse de rappeler laTrinité. De même, les niveaux d'arcades sont trois, il y a troistravées dans la nef, et trois piliers superposés entre chaque travée. Ces piliers sont disposés enchiasme : une série de pilastres élevés est prolongée en hauteur par despilastres auxécoinçons desarcs-doubleaux, les deux pilastres ainsi superposés sont nettement séparés par lechapiteau du pilastre inférieur et la base de celui qui le surmonte. Par contre, les deux rangées d'arcatures sont reliées par un même pilastre, simplement séparé en deux par la bague de lamoulure entre les deux étages d'arcatures.
Les différents niveaux sont soulignés, soit par des cordons moulurés continus (sous l'arcature aveugle du deuxième niveau), soit par unecorniche soutenue par desmodillons (sous les fenêtres hautes).
On compte trois chapelles rayonnantes (il y en avait cinq à Cluny). Comme dans l'abbatiale de Cluny desXIe et XIIe siècles, ledéambulatoire est nettement plus étroit que les bas-côtés correspondants qui jouxtent lechœur, et il existe une forte dénivellation entre l'abside et le déambulatoire d'une part, et entre le chœur et ses collatéraux d'autre part.
Ils sont principalement décorés defeuilles d'acanthe mais on y trouve trois chapiteaux historiés d'interprétation délicate et quelques chapiteaux à animaux :

À la solennité de la basilique répond la paix du cloître adjacent, reconstruit auXVIIIe siècle mais en parfaite harmonie avec l'église. Son aile méridionale abrite le musée de lafaïence où sont exposées des pièces de Charolles, mais aussi des faïences anciennes deMoustiers-Sainte-Marie et deNevers tandis que, dans la galerie opposée, du côté du nord on découvre le portail, richement orné de sculptures romanes de facture inégale, par lequel les moines gagnaient l'église. Mais c'est surtout le portail nord, du côté de la ville, qui est un joli exemple d'ornementation romane, même en l'absence detympan figuratif.
Au chevet de labasilique, se trouve l'espace Saint-Jean, lieu d'accueil et d'information destiné principalement aux pèlerins. À l'intérieur, l'espace Sainte-Marguerite-Marie et saint-Claude-La-Colombière, présente l'histoire de la vie et des apparitions de sainte Marguerite-Marie Alacoque et le message de Paray. Dans le parc des Chapelains, à l'est de la basilique, lediorama propose un montage son et lumière sur sainte Marguerite-Marie. Non loin de là, se situe la chapelle des Apparitions où se trouve la châsse contenant les reliques de la sainte.
Dans le clocher de la basilique, trois cloches rythment la vie liturgique des environs de la basilique et annoncent les différents offices :
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