Sous le nom deBasile Valentin (en latinBasilius Valentinus), présenté comme un moinebénédictin duXVe siècle, parurent au début duXVIIe siècle un certain nombre de traitésalchimiques qui connurent un grand succès.
SelonJohn Maxson Stillman(en), qui a écrit sur l'histoire de la chimie, il n'y a aucune trace d'un tel nom dans les écrits en Allemagne ou à Rome et aucune mention de ce nom avant 1600[1]. Son histoire putative, comme son portrait imaginaire, semble être de création plus récente que les écrits eux-mêmes.
Johann Thölde (1565-1624) fit ses études àErfurt et àIéna de 1580 à 1583. La bibliothèque de l’université de Cassel possède le manuscrit d'un texte alchimique, daté du 18 mai 1594 (Kassel, Universitäts Bibliothek, Ms. chem. 97), dédié au princeMaurice de Hesse-Cassel. Ce texte est très proche duTriumphwagen des Antimonii (Le char triomphal de l'antimoine), publié par Thölde sous le nom de Basile Valentin en 1604. Une copie signée de Thölde en tant qu'auteur en a été trouvée parKarl Sudhoff, l'éditeur des textes de Paracelse. Thölde fut inspecteur des mines de Cronach, il était adepte deParacelse.
Qui qu'il soit, Basile Valentin avait des connaissances chimiques considérables. Il a montré que l'ammoniac pouvait être obtenu par l'action des alcalis sur lechlorure d'ammonium, décrit la production d'acide chlorhydrique par acidification de saumure de sel ordinairechlorure de sodium, et créé l'huile devitriolacide sulfurique, entre autres travaux[4].
Les Douze Clefs de philosophie, de frère Basile Valentin. En 1600 paraît en allemand, dans le traité III de l'Aureum Vellus: Alter und Newer Ubriger Philosophischer Schrifften und Bücher… von der warhafftigen Composition Lapidis Philosophorum geschrieben… Sonderlichen Fratris Basilij Valentini, sampt dessen 12. Schlüsseln[5]. En latinPractica, una cum duodecim clavibus ex germanico dans leTripus Aureus (1618) deMichael Maier. En vieux français dans le texteLes Douze clefs de philosophie de Frère Basile Valentin : traictant de la vraye medecine metalique, plus l’azoth ou le moyen de faire l’or caché des philosophes (1659-1660). L'auteur s'appuie sur l'art alchimique selonParacelse et sa théorie des trois principes (soufre, mercure, sel).Michael Maier ajouta en 1618 des gravures aussi belles qu'énigmatiques[6],[7].
Le Char triomphal de l'antimoine. En 1604 paraît à LeipzigTriumph Wagen Antimonii[8]. L'auteur affirme, contre les partisans de Galien, les vertus thérapeutiques du trisulfure d'antimoine[9],[10].
Azoth, ou le Moyen de faire l'or caché des philosophes, de frère Basile Valentin (1624). Le nom AZOTH figure déjà chezParacelse.Pernety, dans sonDictionnaire mytho-hermétique, déclare : "Azoth est le nom que les philosophes hermétiques ont donné plus communément à leur mercure... Le terme azoth contient la première et la dernière lettre des trois langues matrices : l'aleph et le thau des Hébreux, l'alpha et l'oméga des Grecs, l'A et le Z des Latins"[11].
Révélations des mystères des teintures des sept métaux (1646), ouRévélation et Déclaration concernant les plus curieux mystères des teintures essentielles des sept métaux et les vertus médicales d'icelles[13]. Explication desDouze clefs de la philosophie.
Traité chymico-philosophique des choses naturelles et surnaturelles des métaux et minéraux (1679)[14],[15].
H. G. Lenz,Johann Thölde, Paracelsist und Chymikus Und seine Beziehungen zu Landgraf Moritz von Hessen-Kassel, (1981) thèse de l'Université de Marbourg.
Claus Priesner,Johann Thoelde und die Schriften des Basilius Valentinus, inDie Alchemie in der europäischen Kultur- und Wissenschaftsgeschichte, hrsg.Christoph Meinel; Wolfenbütteler Forschungen Band 32 ; 1986
S. Matton, introduction àLe char triomphal de l'antimoine, Retz, 1977,p. 13-63.
Louis Figuier,Origine de la baguette divinatoire,La baguette divinatoire, Chap. I,Histoire du merveilleux dans les temps modernes, Tome II, Éd. Hachette et Cie, Paris, 1860,p. 253-269.