| Base aérienne 200 Apt-Saint-Christol Quartier Maréchal Koenig | ||||||||||
Une partie des installations de la base, en2010. | ||||||||||
| Localisation | ||||||||||
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| Ville | Saint-Christol | |||||||||
| Coordonnées | 44° 03′ 23″ nord, 5° 29′ 45″ est | |||||||||
| Altitude | 833m(2 733ft) | |||||||||
| Histoire | ||||||||||
| Fermeture | ||||||||||
| Informations aéronautiques | ||||||||||
| Code OACI | LFXI | |||||||||
| Type d'aéroport | Militaire | |||||||||
| Gestionnaire | Armée de terre (anciennementArmée de l'air) | |||||||||
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Labase aérienne 200 Apt-Saint-Christol est une anciennebase aérienne de l'Armée de l'air française située sur le territoire de la commune deSaint-Christol, près de la ville d'Apt, dans leVaucluse.
De1971 à1996, elle était la base-support desmissiles balistiques de laforce de dissuasion nucléaire française situés sur leplateau d'Albion. Le1er groupement de missiles stratégiques dépendant desforces aériennes stratégiques était chargé des installations qui comprenaient dix-huitsilos à missiles.
Après le démantèlement des missiles, la base a été renommée quartierMaréchal Kœnig et accueille depuis1999 le2e régiment étranger de génie de l'Armée de terre ainsi qu'une station d'écoute de ladirection générale de la Sécurité extérieure (DGSE).
LaSeconde Guerre mondiale tout juste achevée, la France se lance dans lenucléaire militaire etcivil avec la création, en octobre 1945, duCommissariat à l’énergie atomique (CEA), sous l'impulsion dugénéral de Gaulle, alors président dugouvernement provisoire de la République. Dans les années qui suivent, laguerre froide va accentuer les velléités françaises d'avoir la bombe, perçue par certains comme seule capable de dissuader les vastes forces dupacte de Varsovie d'envahir l'Europe de l'Ouest. Son développement reste pourtant lent et secret sous laQuatrième République.
Dans le cadre de l'OTAN, lesforces françaises en Allemagne se familiarisent avec l'armement nucléaire dès 1960[1], mais ces armes,tactiques, sont strictement sous contrôle américain. Aussi, les limites[N 1] de la doctrine de « représailles massives » adoptée par l'administration Eisenhower en 1953[2], le refus des États-Unis d'utiliser leurdroit de veto pour défendre les intérêts français lors de lacrise du canal de Suez en 1957[3], puis la stratégie de « riposte graduée », introduite par l'administration Kennedy en 1962[4], convainquent l’état-major français que les États-Unis n'engageraient leurs forcesstratégiques qu'en cas de menace directe contre leur territoire et se limiteraient à des frappes tactiques en cas de conflit strictement européen. Des armes nucléaires stratégiques françaises sous commandement français pourraient servir de « détonateur » aux armes américaines, obligeant un président américain réticent à aider ses alliés. Dans le cadre d'un commandement occidental intégré, les États-Unis seraient ainsi forcés de consulter les Français pour toute prise de décision, affirmant le statut degrande puissance de la France voulu par Charles de Gaulle[5]. Pour les dirigeants français, ce statut nécessitait que le pays se dote d'un arsenal nucléaire aussi varié que celui des deux grands ; comme le formulaJacques Chirac :« Nous ne voulons laisser à personne le monopole de telle ou telle catégorie d'armes »[6].
En 1960, De Gaulle, devenuprésident de la République, commande 50bombardiers stratégiques àDassault Aviation et lance le développement desmissiles sol-sol balistiques stratégiques (SSBS) et dessous-marins nucléaires lanceur d'engins (SNLE). En mai 1963 il précise ce que seront lesvecteurs nucléaires français, à savoir les avionsMirage IV, emportant des bombes au plutonium, puis les SSBS, équipés d'ogives au plutonium, et enfin les SNLE et leursMSBS à ogives à l'uranium enrichidopées[7].
C'est à l'Armée de l'air que revient la responsabilité de mettre en œuvre les SSBS. Si l’Armée de terre ne s'y oppose pas, préférant des armes nucléaires tactiques plus souples d'emploi, laMarine nationale y oppose les SNLE, réputés invulnérables. Les aviateurs rétorquent qu'une seule torpille pourrait couler un sous-marin et avec lui la totalité de ses vecteurs alors qu'il faudrait à l'ennemi au moins une charge nucléaire par SSBS, protégés dans dessilos, pour anéantir cette force[8].
À partir de 1963, des recherches sont menées enCorse, dans lemassif des Vosges, dans leMassif central et dans laDrôme afin d'y implanter les missiles. Leplateau d'Albion est finalement choisi face au plateau voisin deValensole en en raison de sa faible densité humaine et de son solcalcaire, permettant une construction peu coûteuse des silos qui renfermeront les missiles, mais aussi capable d'amortir efficacement l'onde de choc d'une attaque nucléaire.
Début 1966, il est décidé de construire27 silos et3 postes de conduite de tir (PCT) sur785 hectares ainsi que la baseaérienne 200 Apt-Saint-Christol (BA 200) sur406 hectares. C'est auGénie que revient cette tâche.
Des manifestations ont lieu pour s'opposer à cette implantation. Les plus grands artistes prennent position. Notamment, en, sur une affiche décorée parPicasso baptiséeLa Provence point Oméga,René Char déclare :« Que les perceurs de la noble écorce terrestre d'Albion mesurent bien ceci : nous nous battons pour un site où la neige n'est pas seulement la louve de l'hiver mais aussi l'aulne du printemps. Le soleil s'y lève sur notre sang exigeant et l'homme n'est jamais en prison chez son semblable. À nos yeux ce site vaut mieux que notre pain, car il ne peut être, lui, remplacé[9]. »[N 2].
Les travaux duPCT 1 durent deux ans et demi, de à. Le chantier duPCT 2 démarre en pour se terminer moins d'un an après, en. Les travaux du PCT3 et ses silos associés sont entamés mais arrêtés en décembre 1968 à la suite de restrictions budgétaires. Les installations opérationnelles représentent 260 000 m3 de dérochage, 540 000 m3 de terrassements et 150 000 m3 de béton. Simultanément, l'ensemble du réseau routier environnant est modernisé et élargi pour permettre le passage des convois militaires.
En 1967, est créé le1er groupement de missiles stratégiques (1er GMS) dépendant de l'Armée de l'air pour s'occuper des installations du plateau d'Albion. De nombreuses autres unités sont créées pour veiller à la sécurité du site dont l'escadron de protectionEP 21.200, en 1968, qui regroupe une section de commandement, un « cynogroupe » et quatre compagnies de parachutistes. Les premières ogives nucléairesMR 31 sont livrés à la BA 200 en août 1969.

La première unité opérationnelle, avec neuf missilesS2, est mise en service le, la seconde le. Au début desannées 1980, ces engins sont remplacés par les missilesS3 : la première unité opérationnelle SSBS S3 est mise en service le, la seconde le.
À l'origine, il était prévu que les missiles S3 soient remplacés à l'horizon 2005 par une version terrestre dumissile M5 dont le développement débuta en1992. En1994, il est annoncé que desM45 succéderont aux S3. Ces projets seront finalement abandonnés en raison de l'annonce du démantèlement des installations en1996.
La surveillance aérienne des silos est d'abord effectuée par des hélicoptèresSikorsky H-34. Le, est créé l'escadron d'hélicoptères 4/67 Durance qui s'installe sur la base. Quatre types d'appareils sont utilisés :SE.3130 Alouette II,MH.1521M Broussard,SA-330Ba Puma etAS-555UN Fennec. De 1971 à 1996, laBA 200 et le plateau d'Albion sont « les endroits les mieux gardés de France ».
En, la95e escadre de missiles stratégiques est activée sur la base.
En raison de la visite de nombreux chefs d’état étrangers pendant le temps de l’activité de laBA 200, une grande variété d'appareils se sont posés sur l'aérodrome de la base.
Le, le présidentChirac annonce la fermeture de la base et le démantèlement des missiles du plateau d'Albion, en raison de l'évolution de la géostratégie européenne — à la suite de la chute dubloc de l'Est — et du vieillissement des missiles coûteux en entretien et pour lesquels une modernisation n'est pas souhaitée.
Dans un premier temps, il est annoncé que la base sera reconvertie enécole franco-allemande d'hélicoptères de combat. Face aux protestations des habitants qui craignent des nuisances sonores, le projet est abandonné[10]. Le ministère de la Défense annonce alors que la présence militaire sur le site sera maintenue avec l'installation d'un régiment dugénie de laLégion étrangère.
Les opérations de démantèlement des missiles débutent le 16 septembre 1996 et le site est déclaré dénucléarisé fin février 1998[11]. Les ogives nucléaires ont été transférées au centre deValduc[12].
De à, l'escadron de formation des commandos de l'air (EFCA) stationne sur la base aérienne, avant de rejoindre celle deDijon, puis celle d'Orange. Le1er groupement de missiles stratégiques et l'escadron d'hélicoptères4/67 Durance sont dissous le.
Le2e régiment étranger de génie est créé le1er juillet 1999 et prend possession du site. La BA 200 devient lequartierMaréchal Koenig.
En 2003, laDirection générale de la Sécurité extérieure installe une station d'écoute sur la base.
Sur les27 zones de lancement (ZL) et les3 postes de contrôle de tir (PCT) prévus à l'origine, seuls18 ZL et2 PCT ont été achevés.
En surface, le seul élément d'une ZL construit au-dessus du sol est le bâtiment de surface technique abritant les outils nécessaire à l'entretien du site. La majeure partie de la ZL est souterraine, sous une dalle de béton armé de 50 mètres sur 50 m, épaisse de 9 m. Au centre de cette dernière un puits d'acier et de béton, lesilo, de 3,5 m de diamètre, s'enfonce à 30 m de profondeur. Une porte de 140 tonnes, épaisse de 1,5 m, recouvre directement le silo. Sur ordre de lancement la porte aurait été propulsée sur des rails, violemment tirée par des câbles actionnées par des vérins pyrotechniques, dégageant le silo. Le design du site s'inspirait des silos du missile américainMinuteman dont les dimensions furent adaptées au missile françaisS2, plus petit.

Pour les opérations de maintenance, une autre porte blindée de deux tonnes permettait d'accéder à un ascenseur menant aux niveaux −6 et −9 m du silo. À ces niveaux, des échafaudages escamotables permettaient d'accéder aux éléments du missile, soit l'ogive et l'inter-étage. Dans le silo, le missile reposait sur un socle (couronne porteuse), suspendu par des câbles, capable d'absorber les ondes sismiques engendrées par une explosion au niveau du sol. Chaque silo était accompagné d'un abri auxiliaire enterré, renfermant les équipements de servitude, dont des générateurs de secours.
Chaque ZL était distante d'au moins 3 kilomètres de sa voisine afin qu'une seule attaque ne puisse détruire plusieurs sites en même temps car les effets mécaniques d'uneexplosion nucléaire ont une portée relativement limitée etdeux explosions nucléaires simultanées annulent une grande partie de leurs effets mécaniques respectifs[réf. souhaitée]. Le système occupait une place limitée. Seule une aire de 200 m de côté autour de chaque ZL était triplement clôturée, par une clôture domaniale délimitant la zone contrôlée, une clôture intermédiaire et une clôture électrifiée. Le reste du plateau, habité, restait ouvert à l'exploitation agricole.
| N° | Nom | Coordonnées | Statut |
|---|---|---|---|
| 1-1 | Zone de lancement N°1-1 | 43° 58′ 31″ N, 5° 27′ 59″ E | Centrale photovoltaïque Restaurant « Le Bistrot de Lagarde » |
| 1-2 | Zone de lancement N°1-2 | 44° 00′ 01″ N, 5° 29′ 15″ E | Observatoire SIRENE |
| 1-3 | Zone de lancement N°1-3 | 44° 01′ 44″ N, 5° 27′ 57″ E | Parc photovoltaïque de Sault |
| 1-4 | Zone de lancement N°1-4 | 44° 02′ 44″ N, 5° 30′ 24″ E | Désaffecté Bâtiment de surface technique détruit, porte du silo encore visible |
| 1-5 | Zone de lancement N°1-5 | 44° 02′ 29″ N, 5° 32′ 55″ E | Désaffecté - centrale photovoltaïque Lavansol III en construction (2020) Bâtiment de surface technique encore en place |
| 1-6 | Zone de lancement N°1-6 | 44° 01′ 11″ N, 5° 32′ 26″ E | Désaffecté - centrale photovoltaïque Lavansol VI en construction (2020) Bâtiment de surface technique encore en place, démolition prévue |
| 1-7 | Zone de lancement N°1-7 | 43° 59′ 37″ N, 5° 32′ 00″ E | Désaffecté - centrale photovoltaïque Lavansol IV en construction (2020) Bâtiment de surface technique encore en place |
| 1-8 | Zone de lancement N°1-8 | 43° 59′ 51″ N, 5° 34′ 46″ E | Désaffecté Bâtiment de surface technique partiellement détruit |
| 1-9 | Zone de lancement N°1-9 | 43° 57′ 47″ N, 5° 34′ 13″ E | Désaffecté Bâtiment de surface technique encore en place |
| 2-1 | Zone de lancement N°2-1 | 44° 08′ 16″ N, 5° 26′ 57″ E | Centrale photovoltaique Bâtiment de surface technique encore en place |
| 2-2 | Zone de lancement N°2-2 | 44° 06′ 30″ N, 5° 26′ 23″ E | Centrale photovoltaique Bâtiment de surface technique encore en place |
| 2-3 | Zone de lancement N°2-3 | 44° 03′ 59″ N, 5° 25′ 48″ E | Déchetterie deSault Bâtiment de surface technique encore en place |
| 2-4 | Zone de lancement N°2-4 | 44° 03′ 30″ N, 5° 28′ 10″ E | Démantelé |
| 2-5 | Zone de lancement N°2-5 | 44° 05′ 14″ N, 5° 29′ 59″ E | Centrale photovoltaïque LAVANSOL M9 |
| 2-6 | Zone de lancement N°2-6 | 44° 04′ 16″ N, 5° 32′ 03″ E | Site du réception duradar GRAVES |
| 2-7 | Zone de lancement N°2-7 | 44° 06′ 17″ N, 5° 31′ 58″ E | Centrale photovoltaique Scop TOSSOLIA |
| 2-8 | Zone de lancement N°2-8 | 44° 07′ 21″ N, 5° 29′ 38″ E | Centrale photovoltaique Bâtiment de surface technique encore en place |
| 2-9 | Zone de lancement N°2-9 | 44° 08′ 56″ N, 5° 29′ 11″ E | Centrale photovoltaique Bâtiment de surface technique encore en place |
Chaque PCT avait la charge de superviser neuf zones de lancement, les unes au nord, les autres au sud du plateau d'Albion. LePCT 1, au sud, était situé dans leVaucluse près du village deRustrel (43° 55′ 43″ N, 5° 29′ 14″ E). LePCT 2, au nord-ouest, se trouvait dans le département de laDrôme, au-dessus du village deReilhannette (44° 09′ 34″ N, 5° 25′ 10″ E). Le PCT 3, jamais achevé, aurait été localisé au nord-est près du village del'Hospitalet.
Le choix d'un plateau comme site d'implantation du système permettait l'enfouissement profond des PCT, à plus de 400 m sous la surface, sous les ZL. Éloignés de 35 kilomètres l'un de l'autre les deux PCT furent construits au bout de galeries de près de2 km percées depuis les flanc des plateaux. L'accès à ces derniers se faisait à partir d'une conciergerie blindée par un fronton de béton. À l’intérieur, un garde derrière un miroir sans tain, surveillait l'accès aux installations souterraines. Ces installations étaient reliées par un réseau de tunnels de 6 m de diamètre, parcourus en voiturettes électriques.
Un premier tunnel, la « galerie des gaz brûlés », connectait l’entrée de la conciergerie à l'extérieur afin d'y canaliser le souffle d'une explosion. À 350 m de la conciergerie le long de ce premier tunnel, un second tunnel à angle droit s’enfonçait dans la colline en cul-de-sac. Deux cents mètres avant son extrémité, une troisième galerie en partait en parallèle après un coude à angle droit. C'est 350 m plus loin, le long de cette troisième galerie, que se déployait le PCT. Passé le PCT, cette même galerie se terminait elle aussi en cul-de-sac quelque 1 600 m plus loin, à ceci près que son extrémité était reliée à la surface par un puits de 25 m, bouché par du sable, faisant office de sortie de secours. À la manière d'unpuits égyptien, les occupants auraient dû, depuis l’intérieur, vider le sable maintenu dans le tiers supérieur du puits par une trappe, pour accéder à la surface.
Les embranchements à angle droit et les galeries en cul de sac auraient permis de casser l'onde de choc, consécutive à une explosion, se propageant dans les tunnels du complexe.
Le PCT se déployait dans une caverne de 28 m de long pour 8 m de diamètre, recouverte de 2 m de béton et d'unecage de Faraday faite de plaques d'acier hermétiquement soudées pour permettre à l'électronique de résister à uneimpulsion électromagnétique.
Dans le PCT se relayaient en permanence six commandos de l'air assurant la sécurité, deux mécaniciens et deux officiers de tir. Ces derniers, à l’abri de leur capsule de tir montée sur ressorts, avaient la charge d’exécuter l'ordre de lancement du président de la République. Sur le modèle américain (les Soviétiques requièrent trois hommes), pour éviter qu'un seul homme puisse déclencher le lancement des missiles et pour diluer la responsabilité de l'acte, l'ordre de tir devait se faire simultanément sur deux consoles espacées de quatre mètres l'une de l'autre, d'où la présence de deux officiers de l'armée de l'air (lieutenants oucapitaines).
L'ordre de lancement des missiles aurait été transmis par le réseau hertzien Vestale utilisant la réflexion troposphérique. Ce réseau dédié reliait lePC Jupiter de l’Élysée au COFAS (Centre d'opérations des forces aériennes stratégiques) de la base parisienne deTaverny puis au COFAS duMont Verdun àLyon puis à deux relais blindés sur les contreforts duMont Ventoux : T1 au pas de la Frache à 1 500 m (44° 09′ 28″ N, 5° 19′ 57″ E) d'altitude et T2 au col des tempêtes, près du sommet (1 911 m) (44° 10′ 19″ N, 5° 17′ 19″ E). Enfin le signal aurait abouti sur deux récepteurs (V1 (43° 56′ 29″ N, 5° 29′ 01″ E) et V2(44° 09′ 12″ N, 5° 24′ 10″ E)) situés à la verticale des PCT, en vue directe des relais T1 et T2.
Par mesure de sécurité, cinq systèmes de télécommunication alternatifs pouvaient assurer la transmission de l'ordre de lancement des missiles : Le réseau téléphonique Tigre utilisant le réseau deFrance Télécom et les relais hertziens de l'armée, le réseau de la marine nationale, le réseauASTARTE (Avion STAtion Relais de Transmissions Exceptionnelles) par avionsC-160 depuis 1989, le réseau RAMSÈS (Réseau Amont Maillé Stratégique Et de Survie) et la télévision via les émetteurs deTDF.
La communication entre les PCT et les ZL était assurée par des câbles ou, éventuellement, paronde de sol (TOS pourTransmission par Ondes de Sol). Chaque PCT était ainsi équipé de longues antennes le long des galeries et chaque ZL d'antennes enterrées.
La base, renomméequartier Maréchal Koenig, abrite le2e régiment étranger de génie (2e REG), legroupement de soutien de la base de défense de Saint-Christol et la station d'écoute de laDGSE.
Une nouvelleantenne médicale est livrée en décembre 2023 après 14 mois de travaux[14].
L'« aérodrome de Saint-Christol » (code OACI :LFXI) est un aérodrome militaire interdit à la circulation aérienne publique et à tous les aéronefs non autorisés.
Le décret « NOR: DEVA0909487K »[15] du a placé l'aérodrome en listeno 2 (aérodromes réservés à l'usage des administrations d'état).

Seule subsiste la balise de radionavigation « NDBSCL ». Il n'y a plus de service de contrôle. L'aérodrome dépend toujours du district aéronautique « Provence » basé à Marseille-Provence.
Il subsiste deux zones à statut particulier : la zone deparachutage 435, située2 km au nord de la piste, et la zone réglementée R11 (du niveau du sol à une altitude de 1 000 pieds) pour protéger le2e régiment étranger de génie.
L’ONERA a également installé le récepteur duradar « Graves »[N 3] sur une des zones de lancement[16],[17],[18]. Ce radar a été mis en service le afin de permettre la détection dessatellites espions. Il s'agit en 2007 du seul système de veille satellite fonctionnant en Europe de l'Ouest. Par ailleurs, seuls laRussie et lesÉtats-Unis disposent à ce moment-là de systèmes de ce type[19].
Il présente la particularité d'avoir son site d'émission dissocié de son site de réception. Le site d'émission est situé sur l'ancienne base aérienne de Broyes-lès-Pesmes près deBroye-Aubigney-Montseugny, le site de réception se trouve quant à lui sur le plateau d'Albion, auRevest-du-Bion, à environ400 km du site d’émission[N 4]. Le système de réception s'appuie sur la détectionDoppler pour laquelle les calculs de traitement du signal sont effectués par un calculateur temps réel réservé à cet usage, qui est installé sur labase aérienne 115 Orange-Caritat[17].
Après le démantèlement des missiles, la plupart des silos sont détruits et laissés à l'abandon.
Une des ZL, restée intacte, a été transformée en observatoire astronomique public (« Sirene »)[21] et le PCT numéro 1 est devenu le laboratoire souterrain à bas bruit (LSBB) dépendant duCNRS et d'Avignon Université. Ce dernier bénéficie, entre autres, de l'isolation exceptionnelle de la capsule blindée de tir[22].
La base accueille unecentrale de chauffage solaire alimentant unréseau de chaleur hybride solaire-biomasse desservant logements, commerces etpiscine[23]. Fournie par l'entreprise Helioclim, elle compte 750 m2 de miroirs.
GeorgesLe Guelte,Les Armes Nucléaires : Mythes et réalités, Arles, Actes Sud,, 390 p.(ISBN 978-2-7427-8265-9).![]()
PascalGriset,Georges Pompidou et la modernité : les tensions de l'innovation, 1962-1974, P.I.E Peter Lang,, 315 p.(ISBN 978-90-5201-329-9,présentation en ligne).![]()
(en) BeatriceHeuser,NATO, Britain, France and the FRG : Nuclear Strategies and Forces for Europe, 1949–2000, Springer,, 256 p.(ISBN 978-0-230-37762-2,présentation en ligne).![]()
| Sites nucléaires militaires (INBS) | |
|---|---|
| Essais nucléaires | |
| Force océanique stratégique (FOST) | |
| Forces aériennes stratégiques (FAS) | |
| Force aéronavale nucléaire (FANU) | |
| Têtes nucléaires | |
| Missiles balistiques stratégiques | |
| Bombes et missiles tactiques préstratégiques | |
| Voir également |
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