| Île de Bannec Banneg (br) | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | Océan Atlantique |
| Coordonnées | 48° 26′ N, 5° 01′ O |
| Point culminant | 0-9 m |
| Géologie | Île continentale |
| Administration | |
| Région | Bretagne |
| Département | Finistère |
| Commune | Le Conquet |
| Autres informations | |
| Fuseau horaire | UTC+01:00 |
| Îles en France | |
| modifier | |
Bannec ouBanneg, (du vieux bretonbann signifiant "corne", appellation souvent utilisée dans la toponymie pour désigner des sommets pointus[1]) est l'île située à l'extrémité nord-ouest de l'archipel de Molène, et pour cette raison, la plus proche de l'île d'Ouessant, distante de 4 km. Cette île fait partie duParc naturel régional d'Armorique et duParc naturel marin d'Iroise. Désormaisréserve naturelle gérée parBretagne vivante, elle est inhabitée et même interdite à tout visiteur.
L'île de Bannec, bien que faisant partie de l'archipel de Molène, fait partie de la commune duConquet.
Située à deux kilomètres au nord-ouest de l'île de Balanec et à quatre kilomètres au nord-ouest de l'île de Molène, Bannec a une superficie de onze hectares et est longue de 800 mètres pour 200 mètres de largeur. L'île se prolonge parLédénès Bannec, un îlot rattaché à l'île principale de Bannec à basse mer, mais qui en est séparé à marée haute. Vers le sud, l'île de Bannec se prolonge par deux îlots :Enez-Krein etRoch-Hir. Lephare de Kéréon se trouve sur un îlot proche dénomméMen Tensel ("pierre hargneuse" en français), dans lepassage du Fromveur qui sépare Bannec d'Ouessant. Les côtes rocheuses prédominent, mais la côte sud-est est une côte basse formée de sable et de galets.
Peuplée d'un très grand nombre d'oiseaux, Bannec est interdite à tout visiteur, sauf au personnel autorisé des missions d'études scientifiques.
En 1899 Bannec et les îles avoisinantes, qui appartenaient jusque-là à la commune dePloumoguer, furent annexées par la commune du Conquet. Bannec n'était alors qu'« un îlot désert et inculte »[2].
L'Unzumbi, un vapeur anglais chargé de bananes et avec 65 personnes à bord, s'échoua le sur une roche proche de l'île de Bannec ; toutes les personnes à bord furent sauvées et recueillies à l'Île-Molène[3].
En1918, les îles deBannec etBalanec sont ainsi décrites par un voyageur qui les longe :
« Peu après avoir quitté Molène, on contourne les îlesBannec et Balanec, toutes ennuagées de fumées de goémon. Ces îles ont ainsi un aspect étrange ; on distingue sur les roches des silhouettes humaines s'agitant dans cette nuée épaisse, semblant accomplir des mystères redoutables, avec leurs longs ringards dont ils remuent les cendres dans leurs fours en plein vent. Et si l'on se prend à rêver quelque peu devant ce spectacle grandiose, on ne sait si, brusquement, on n'est pas reporté de nombreux siècles en arrière, et si l'on n'assiste pas à la célébration des rites mystérieux des cultes abolis[4]. »
Pierre Bouis, qui visite les différentes îles de l'archipel de Molène en août 1930, décrit ainsiBannec dans le journalOuest-Éclair :
« Ayant frété la vedette à moteur de l'île [Molène], nous consacrerons une après-midi à la visite des îles Balanec et Bannec, où résident, dans des conditions peu communes, lespigouliers, les brûleurs de goémon. (...) DeBalanec, nous allons àBannec, autre île plus au nord, où les brûleurs de goémon sont moins nombreux. Nous y observerons les mêmes mœurs et pourrons chasser leperroquet de mer, au plumage noir et blanc, au bec corail et jaune, ou bien cette petite espèce degoélands paresseux au point de déposer sur l'herbe rase, sans autre attention, les œufs qu'il pond, ou bien encore l'hirondelle de mer, que nous dénicherons dans les trous de rochers[5]. »
André Salmon, dans le journalLe Petit Parisien, décrit ainsiBannec en 1938 :
« ÀBannek, le long du courant duFromveur, qui sépare de Molène, il n'y a plus âme qui vive. Cela ressemble à un gâteau d'anniversaire pétrifié avec toutes ses chandelles. L'imagination populaire a curieusement donné des noms d'habitations humaines aux roches qui se dressent tout autour de l'île, naturellement élevée. Ainsi trouve-t-on laKastel ar Mouliged ("Château des Molénais"). ÀBannek, l'humanité ne se révèle que par lephare de Kéréon, sur le roc deMen-Tensel. Comme en plusieurs terres perdues de l'Océan, le lapin prospère, galopant en troupes sur une distance inférieure à un kilomètre. Je dois l'avouer, des essais de camping ont été tentés à Bannek. On se saurait dire si les campeurs ont été découragés davantage par les incursions des lapins au camping ou par le souci, jusqu'à l'angoisse, de voir s'épuiser l'eau potable qu'il faut se donner la peine de transporter avec soi[6]. »
Jusqu'à laSeconde Guerre mondiale, comme ses voisines, Bannec fut habitée par desgoémoniers. Un bâtiment subsiste, qui fut en ruine après-guerre, mais qui a été restauré en 1979. Cette cabane est désormais habitée par Bernard Fichaut, géomorphologue, dans le cadre d'un observatoire des "blocs cyclopéens[7] de Bannec"[8].
Bannec a été propriété de la famille Huon de Penanster, avant que celle-ci ne la vende à la société N.S.E.O, laquelle fut dissoute le. À la suite d'unedéclaration d'utilité publique, l'île fut achetée par le département duFinistère en 1971. Bannec est incorporée dans leParc naturel régional d'Armorique le et le département du Finistère en confie la gestion à laSEPNB, désormais dénomméeBretagne vivante en octobre 1976[9].