Avec uneaire urbaine comprenant une population estimée à 10 millions d’habitants en 2012, c’est la plus grandeville d’Irak, ainsi que la deuxième ville la plus peuplée dumonde arabe et duMoyen-Orient (derrièreLe Caire, la capitale de l'Égypte). C'est uncarrefour de communications aériennes, routières et ferroviaires d'une grande importance stratégique pour la république d'Irak.
L’origine du nom « Bagdad » et sa signification sont disputées : les auteurs arabes classiques, suivis par les écrivains modernes, penchent pour une origine persane, l'explication la plus souvent avancée étant que le mot signifie « donné par Dieu » en persan antique[3] ; la haute estime desAbbassides pour la culture persane pourrait expliquer l’adoption d’un nom d'origine perse pour la capitale d’un califat arabe.Cependant, l’étymon assyro-araméen « forteresse de l’aigle » a également été proposé.[réf. nécessaire]
Ce nom est à l’origine du motbaldaquin, qui désigne d’abord lasoie de Bagdad (Baldac ouBaudac auMoyen Âge), puis une tenture de lit.
La ville fut officiellement nomméeMadīnat as-Salām (la cité de la paix) par son fondateur, le califeAl-Mansour. Elle était également connue sous les noms deMadīnat al-Anwār (« cité des Lumières »),ʿĀsimat ad-Dunyā (« capitale ou centre du monde »),la ville ronde[4] etla ville d’Al Mansour[5].
Bagdad se trouve sur les rives duTigre, qui est sa première source d'eau, à l'endroit où celui-ci se rapproche le plus de l'Euphrate, distant d'une trentaine de kilomètres à l'ouest de la ville.
Le terrain sur lequel la ville fut construite est d'originealluviale. Plat et de faible altitude, il est sujet à de nombreusesinondations périodiques.
Considérée sous l'aspectgéopolitique ethydrologique, larégion historique deMésopotamie regroupe deux pays, l'Irak et laSyrie. La caractéristique du bassin mésopotamien réside en l'origine éloignée de ses eaux fluviales, qui prennent leur source dans lesmontagnes turques et iraniennes. La situationgéographique de l'Irak le rend vulnérable puisqu'il est encerclé par des pays (Turquie,Syrie,Iran) capables de lui couper son approvisionnement en eau. C'est ainsi que la question de l'eau est, dans la politique extérieure de Bagdad, au cœur de tensions incessantes[6]. Après la guerre sur l'Irak, le problème de l'eau s'est aggravé. Dans certains quartiers, l’eau courante n’est pas disponible plus de deux heures par jour. LeComité international de la Croix-Rouge (CICR) mène, depuis de nombreuses années, d'importants projets pour améliorer l'accès à l'eau potable, y compris une distribution quotidienne, par camion-citerne, à des milliers de déplacés internes près de Madinat al-Sadr (Sadr City), à Bagdad. Après des années de négligence, le réseau d’eau a également souffert de dommages plus récents dus aux vibrations causées par les bombes et le passage des tanks. Des estimations récentes de l'Organisation des Nations unies (ONU) montrent que près de 94 % de l’eau de Bagdad est perdue pour cause de fuites. La distribution d’eau, les sanitaires, l’électricité et les services de santé dans le centre et le sud de l’Irak ont été particulièrement frappés par les pillages et les mises à sac lors des semaines chaotiques qui ont suivi la chute de l’ancien gouvernement.
La Bagdad desAbbassides était uneville ronde dont les dimensions ont fait l'objet de la part des auteurs arabes de nombreuses estimations différentes. Son diamètre était probablement de 2 534 m[12]. Elle possédait quatre portes : la porte de Syrie au nord-ouest, la porte deBassora au sud-ouest, la porte deKoufa au sud-est et la porte duKhorasan au nord-est[13]. Elle était protégée par un fossé de vingt mètres de large et une double enceinte circulaire qui, en plus des quatre portes, comportait 112 tours. Le palais, lamosquée et les casernes se trouvaient au centre, tandis qu'un ou deux anneaux d'habitations étaient situés entre les deux remparts. La ville ronde était dominée par le dôme vert du palais, de 48,36 mètres de haut. Ce dôme qui fit la gloire de Bagdad se serait effondré en941 à cause de lafoudre. Des faubourgs furent aussi édifiés extra-muros, dont le quartier du Karkh, au sud de la ville ronde, où étaient notamment situés les marchés. La ville ronde fut assez rapidement abandonnée par le calife et ses administrations, et des palais furent construits dans les faubourgs. Dès773, Al-Mansur édifia au nord-est un nouveau palais,Al-Khuld, dont le nom rappelait le paradis.
Comme la ville devenait une énorme agglomération, dont la population remuante inspirait la méfiance du calife, en774, Al-Mansur transféra les marchés vers un nouveau quartier au sud de la Ville Ronde, qui fut appelé Al-Karkh, entre les canaux Sarat et Isa. Sous son règne également, on construisit sur la rive orientale du Tigre un camp militaire pour son fils, auquel il emprunta son nom,ʿAskar Al-Mahdi ou « camp d'Al-Mahdi », dans le quartier que l'on appela plus tardAl-Rusafa(en)[14].
SousHarun al-Rashid, cinquième calife de la dynastie abbasside, les membres de la famille desBarmakides occupaient le poste devizir.Jafar fit bâtir sur la rive orientale du Tigre au sud-est de Bagdad un palais qui devait jouer un rôle important dans le développement ultérieur de la ville.
En813, le califat était déchiré par une guerre civile entre les deux fils d'Harun al-Rashid,Al-Amin etAl-Ma'mūn. Elle se termina par lesiège de Bagdad(en) par les forces d'Al-Ma'mūn. Il dura quatorze mois. Face à la défense acharnée de la population, les assiégeants détruisirent une grande partie de la ville ronde, qui ne s'en releva jamais.
Monnaie abbasside
À partir deAl-Muʿtasim (833-842), les califes abbassides achetèrent des esclaves turcs, appelésghulams, pour se constituer une armée dont il attendaient plus de loyauté que de leurs partisanskhorassaniens. Entre ces troupes turbulentes et la population de Bagdad les heurts étaient fréquents. Ce calife décida donc de déplacer sa capitale versSamarra. En865, le califed'Al-Musta`in, qui se trouvait de plus en plus sous la tutelle desTurcs, quitta Samarra et retourna à Bagdad. Les Turcs ne l'entendirent pas de cette oreille et choisirental-Mutazz comme nouveau calife. Bagdad fut à nouveau assiégée. Le gouverneur de la ville,Mohammed ibn Abadalla ibn Tahir, fit fortifier la ville et enrôla tous les habitants dans sa défense. Affamée et excédée par la durée du siège, la population manifesta son mécontentement et des émeutes éclatèrent. Le gouverneur Tahir, tout en protestant de sa fidélité à Al-Musta`in, entama des négociations avec les Turcs. En866, 'Al-Musta`in fut destitué puis exécuté.
Le départ du calife n'avait pas entamé la vitalité commerciale et l'éclat intellectuel de Bagdad, où, le califeAl-Mutamid revint définitivement en892. Il s'installa dans l'ancien palais deJafar le Barmakide. Après sa construction, il avait été cédé àAl-Manum, qui le donna à son tour à un de ses principaux serviteurs,Al-Hasan ibn Sahl(en). Il prit alors le nom de palais Hasani. Il fut ensuite occupé par sa filleBuran, veuve d'Al-Mamun, jusqu'au retour à Bagdad d'al-Mutamid. À ce palais vinrent s'en ajouter d'autres :al-Firdus (« paradis »),al-Taj (« couronne ») ainsi qu'al-Thuraya (« Pléiades »), relié au palais al-Hasani par un couloir souterrain. Cet ensemble devint au fil du temps leDar al-Khalifa (« demeure du Califat »).
Bagdad importe des esclaves (slaves,turcs,africains) et des matières premières (bois de construction,fer) et exporte des matières premières (alun) et des produits de l'artisanat (tissus, objets de verre et de métal, entre autres).
Certains historiens de la démographie considèrent Bagdad comme la première ville au monde à avoir atteint une population d’un million d'habitants entre lesVIIIe et IXe siècles (la capitalechinoiseChang'an (Xi'an), terminus de laroute de la soie, était aussi une très grande ville à cette époque). Affaiblie par des troubles politiques, sa place de « ville la plus peuplée au monde » lui est probablement ravie parCordoue auXe siècle[16]. On estime la population de l'ancienne « capitale » desFrancs,Aix-la-Chapelle, à environ 10 000 habitants à la même époque.
Auxe siècle, sous l'effet des incendies et des inondations récurrents, sans parler du déménagement des califes, la ville unifiée se transforme en une série de quartiers semi-autonomes séparés par des terrains vagues, des ruines et des jardins. Ce phénomène s'accompagne d'un clivage religieux, certains quartiers étantchiites, d'autressunnites. Vers le milieu du siècle, sous le règne de califes faibles et reclus dans leurs palais, Bagdad fut livré à l'anarchie et aux affrontements confessionnels entre chiites et sunnites. En945, un princebouyide chiite originaire duDaylam, s'empara de la ville et mit le califeAl-Mustakfi sous tutelle. Il devintamîr al-umarâ' (« émir des émirs ») et prit le titre honorifique deMu`izz ad-Dawla (« réconfort de la dynastie »). Il se fit construire un palais dans le quartier dépeuplé deShamasiya sur la rive orientale du Tigre. Il fit également construire sur les sites de l'ancien palais Khuld, un hôpital, leBimaristan Adudi, qui devint le plus célèbre du mondemusulman de l'époque[17]. Un de ses successeurs,Adhud ad-Dawla, entreprend à partir de 979 la reconstruction de la ville. Il fait restaurer les mosquées, le réseau d'eau et les ponts[18]. Il bâtit un complexe encore plus somptueux, dont les jardins s'étendaient jusqu'au Tigre. Les conflits confessionnels se poursuivirent. Au cours d'une émeute particulièrement violente, en1051, la mosquée chiite deKadhimiya, abritant les restes du septième et du neuvième imam chiite, fut incendiée par les sunnites[19]. En1055, le TurcseldjoukideToghrul-Beg, sollicité par le calife, chassa sans beaucoup de mal, la dynastie bouyide, minée par les dissensions internes. Après avoir pris le titre de sultan, lesSeldjoukides portèrent relativement peu d'intérêt à leur nouvelle possession. Ils désignèrent un gouverneur de Bagdad, où ils résidèrent rarement. Ils prirent le contre-pied des Bouyides et appuyèrent les sunnites. L'affaiblissement progressif des Seldjoukides incita les califes de la fin duXIIe siècle à réaffirmer leur autorité. En1157, le sultan Muhammad, irrité par les velléités d'indépendance du califeAl-Muqtafi vint assiéger Bagdad. Au bout de près de trois mois, face à la défense énergique de la ville, il leva le siège[20]. L'événement marqua la fin de la domination seldjoukide à Bagdad.
sur la rive est duTigre, les habitants de Rusafa, s'installèrent plus au sud, où se forma un nouveau quartier,Muktadiya, à proximité des palais califaux. L'ensemble fut doté d'une enceinte parAl-Mustazhir en1095. En1221, lecalifeAn-Nasir rénova les fortifications auxquelles il flanqua desbastions. Une seule porte est encore conservée :Bab al-Wastani dont la tour mesure 14,5 mètres de haut pour unecirconférence de 56 mètres[21] ;
sur la rive ouest, il ne restait pratiquement plus de trace de la ville ronde, à l'exception de la grande mosquée. Khark, par contre, continuait à prospérer.
Le déclin de Bagdad s'accentua lorsqu'elle fut ravagée par lesMongols deHoulagou Khan en1258, après unsiège de 20 jours, du jusqu'au, épisode de labataille de Bagdad. La ville tout entière fut désarmée et sa population massacrée. LeBayt al-Hikma, ou maison de la sagesse, fut pillé et son contenu jeté dans leTigre : traités philosophiques, livres d'art, de poésie et d'histoire, ouvrages scientifiques et mathématiques — la richesse intellectuelle de plusieurs siècles. On dit que quand le pillage mongol prit fin, leTigre était noir d'encre. Le califeAl-Musta'sim fut tué par les envahisseurs[22]. Cet événement constitua une rupture dans l'histoire de Bagdad, qui cessa définitivement d'être le siège du califat.
La ville n'était plus que l'ombre d'elle-même mais survécut. Jusqu'en1339, elle fit partie du domaine de la dynastie mongole desIlkhanides. Le célèbre voyageurIbn Battûta a laissé une description de la ville à cette époque. EnsuiteHassan Bozorg, le fondateur de la dynastie desJalayirides, s'y installa.La ville fut prise deux fois parTamerlan, la première fois en1393 sans subir trop de dommages. En1401, en revanche, il fit massacrer tous les habitants, n'épargnant que les hommes de religion. De1410 à1507, Bagdad tomba entre les mains desTurcomans du Mouton noir et desTurcomans du Mouton blanc. Jamais la ville n'était tombée aussi bas. L'historien égyptienAl-Makrizi écrivit en1437 qu'elle ne méritait pas le nom de ville[23]. En1444, un voyageur vénitien,Nicolo de Conti, la confondit, comme d'autres européens, avecBabylone.
Après1638, en effet, les guerres entre les Ottomans et les Safavides connurent une longue trêve. Entre 1638 et1704, Bagdad fut gouvernée par 34pachas,presque tous incompétents ou cruels[réf. nécessaire]. Réduite à l'état de bourgade insignifiante aux confins de l'Empire ottoman, perpétuellement menacée par les tribusbédouines des environs, elle ne comptait plus qu'une quinzaine de milliers d'habitants. En 1704, un homme énergique,Hassan Pacha, fut nommé gouverneur de Bagdad. Il entreprit d'acheter de jeunes esclaves pour en faire une armée deMamelouks. Il eut tôt fait de mettre au pas les tribus bédouines et d'étendre son pouvoir deMossoul au nord à Bassora au sud. Son fils,Ahmed, lui succéda en1723, au grand dépit du gouvernement deConstantinople qui n'exerçait plus qu'une autorité nominale sur Bagdad. En1733, Ahmed dut faire face à une menace grave : le nouveau maître de laPerse,Nâdir Châh, vint mettre le siège devant Bagdad, comptant sur la famine pour forcer la ville à se rendre. Elle ne dut son salut qu'à l'arrivée d'une armée de secours ottomane. Une nouvelle tentative perse en1744 se solda également par un échec. Après la mort d'Ahmed, le pouvoir des mamelouks, qui occupaient tous les postes importants, dura jusqu'en1831. Au mois de mars de cette année Bagdad fut touchée par une épidémie depeste, suivie en avril d'une crue du Tigre particulièrement dévastatrice, qui emporta une partie des murailles et 7 000 maisons. Entre la moitié et les deux-tiers de la population disparurent[25]. Le sultanMahmoud II profita de l'occasion pour restaurer l'autorité de la Sublime Porte. Les mamelouks furent exterminés et un gouverneur nommé directement par Constantinople.
Plan de Bagdad en 1854.Midhat Pacha
Au sein de l'Empire ottoman, qui cherchait à se réformer, Bagdad commença elle-même à se moderniser. La population s'accrut peu à peu. En1853, elle était évaluée à 60 000 personnes, en1877 à 70 ou 80 000 et à la fin duXIXe siècle à 100 000. Les puissances européennes commençaient à s'y intéresser : un résident britannique nommé par laCompagnie britannique des Indes orientales s'y était installé dès1798. En1862, lesBritanniques créèrent une compagnie de bateaux à vapeur qui assurait la liaison entre Bagdad et Bassora sur le Tigre. Sous le gouvernement éclairé deMidhat Pacha, une ligne de tramway relia Bagdad à Kadhimiya. Ce pacha créa également la première maison d'édition et le premier journal de Bagdad, ainsi que des écoles. Il mit également sur pied un conseil municipal élu. Une décision malheureuse pour le patrimoine de Bagdad fut la démolition des murailles séculaires de la ville en1868, pour en faire des boulevards qui ne virent jamais le jour.
Au cours de laPremière Guerre mondiale les Ottomans s'engagèrent dans le conflit aux côtés desAllemands. Après qu'un corps expéditionnaire britannique eut subi une terrible défaite àKut en1916, le gouverneur de Bagdad décida de tracer à travers le lacis de ruelles de la rive orientale une large artère (à peu près) droite, afin de faciliter le mouvement des troupes. Cette artère, que l'on appela plus tard larue Rachid, transforma radicalement le paysage de la ville[26].
Troupes britanniques à Bagdad sur les bords du Tigre en juin 1941.
En avril1941,Rachid Ali al-Gillani, un homme politique antibritannique, comptant sur l'appui allemand, fit uncoup d'État. Les Britanniques ripostèrent en envoyant un corps expéditionnaire qui atteignit Bagdad le. Dans la nuit du1er juin, un violentpogrom éclata dans la capitale. Au cours de ces événements, connus sous le nom deFarhoud, quelque 200Juifs furent tués, de façon souvent horrible.
En 1948 l’Irak entre enguerre contre l’Etat Juif (Israël). A la suite de la victoire Israélienne les juifs d’Irak à partir de 1950 sont expulsés[28] et spoliés (notamment un bâtiment qui héberge aujourd’hui encore l’ambassade de France[29]) les juifs de Bagdad qui représentaient 40% de la population.
Dans lesannées 1950, de nombreux projets architecturaux ou urbanistiques virent le jour grâce à la manne pétrolière. Certains aboutirent, comme leMusée national d'Irak conçu dans lesannées 1930 par l'architecte allemandWerner March, qui fut réalisé une vingtaine d'années plus tard. D'autres ne furent jamais exécutés, comme le projet deLe Corbusier pour une cité olympique, dont seul le gymnase fut finalement construit sous Saddam Hussein, ou encore les plans deFrank Lloyd Wright pour un nouveau Bagdad.
Corps mutilé d'Abd al-Ilah traîné dans les rues de Bagdad après le coup d'État de 1958.
Le, la monarchie fut renversée lors d'un coup d'État dirigé par le généralKasem. Le roiFayçal II fut tué ainsi que toute la famille royale. Les corps mutilés du prince héritierAbd al-Ilah et du Premier ministreNouri Saïd furent exhibés dans les rues de Bagdad[30].
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En1968, uncoup d'État permet auParti Baas de s'emparer du pouvoir. En1979,Saddam Hussein devint président. Au cours de laguerre Iran-Irak (1980-1988), Bagdad se trouvait loin de la zone de combats, mais, à partir de1985, au cours de la « guerre des villes », elle fut touchée par desmissiles sol-sol iraniens, qui sapèrent le moral de la population.
Carte des zones de sécurité commune à Bagdad en août 2007.
Après laguerre d'Irak le problème de l'eau s'est aggravé. Dans certains quartiers l’eau courante n’est pas disponible plus de deux heures par jour. LeComité international de la Croix-Rouge (CICR) mène, depuis de nombreuses années, d'importants projets pour améliorer l'accès à l'eau potable.
Durant l'opération liberté irakienne, après 21 jours de bombardements, lesforces américaines, après avoir rencontré une faible résistance aux portes de Bagdad, prennent le contrôle de la ville à partir du. Cela est symbolisé par une statue géante deSaddam Hussein renversée par un char américain en direct devant les médias. Le jour même, des pillages commencent, notamment aumusée national d'Irak, dans les hôpitaux et les bâtiments administratifs[31].
À partir de2003, avec l'attentat du 19 août contre le siège de l'ONU et la mort de l'envoyé spécial de cette organisationSergio Vieira de Mello, la ville est touchée par des attentats et la violence, ce qui a conduit à ce que certains comparent à une épuration ethnique, les membres des diverses communautés chiites et sunnites se regroupant dans des quartiers à part.
La Mustansiriya Madrasah fut fondé en1227 par le calife Al-Mustansir. L'édifice fut rebaptiséuniversité al-Mustansiriyah en1963. Il s'agit de la plus grande université d'Irak et de la seconde plus importante du monde arabe.
Lecollège de Bagdad, fondé en 1932, est un lycée d’élite pour les garçons âgés de 11 à 18 ans.
Avant que survienne laguerre du Golfe, la ville accueillait plusieurs écoles internationales dont :
Bagdad a toujours rayonné par sa culture à travers le monde arabe et au-delà, ayant accueilli, inspirée et joué le rôle de mécène pour nombre d'artistes. Beaucoup d'artistes du monde arabe ont fréquenté la ville, telsNizar Kabbani,Oum Kalthoum ouFairuz.
Le dialecte arabe de Bagdad diffère des autres centres urbains d'Irak ; il contient plus de caractéristiques propres aux dialectes nomades, cela est probablement dû aux multiples exodes et repopulations que connut la ville durant le Moyen Âge.
Bagdad occupa, au cours des premiers siècles suivant sa fondation, une place prépondérante dans la production littéraire, artistique et intellectuelle arabo-musulmane, sous le patronage des hauts dignitaires de la courabbasside. L’écoleMustansiriya, construite par le calife abbassideAl-Mustansir bi-llah, est considérée comme l’une des plus vieillesuniversités arabo-islamiques où on enseignait les sciences duCoran de la tradition deMahomet, les doctrines islamiques, les sciences de lalangue arabe, lesmathématiques, les préceptes de l’islam et les différentes disciplines de lamédecine[32]. La ville devient rapidement le premier centre culturel du monde, accueillant près d'un million de personnes[33]. Au milieu duIXe siècle est créée lamaison de la sagesse où l’on procède à la traduction de grands philosophesgrecs et des personnes viennent d’Europe ou d’autres parts du monde pour se spécialiser enmédecine, enphysique, enastronomie, enmétéorologie, enmathématiques et dans tous les domaines.
Un tigre au zoo de Bagdad.Une mosquée à Bagdad en 2003.
mausolée de Zumurrud Kathun, situé à Karkh, date de 1202. Il a été construit pour abriter la dépouille de la veuve du calife abbassideAl-Mustadhi. On le confond parfois avec la tombe deZubayda, l'épouse du califeHâroun ar-Rachîd[35]. Un dôme conique décorné demuqarnas (stalactites), surmonte une base octogonale ;
zoo de Bagdad. Ouvert en 1971 sousAhmad Hassan al-Bakr, il s'agit du plus grand zoo du Moyen-Orient[38], s'étendant sur une superficie de 81ha. Il héberge aujourd'hui environ 1 070 animaux.
La ville comporte dix districts administratifs. Chaque district est divisé en quartiers. Il en existe 89 en tout. Le Tigre partage la ville en deux parties :
Rusafa, regroupe les sixdistricts de la rive est :
Bagdad est le centre industriel du pays et son carrefour de communications aériennes, routières et ferroviaires. Douze ponts permettent le franchissement du fleuve Tigre. On y trouve raffineries de pétrole, cultures agricoles, tanneries et autres industries textiles. La ville produit des vêtements, des ustensiles ménagers, des bijoux, des articles de cuir et de feutre et des tapis commercialisés dans les souks (marchés arabes). Ces souks aux allées étroites constitués de petites boutiques et d'étals font partie de l'histoire de la ville et en sont caractéristiques.
La capitale irakienne est desservie dès1903 par le train depuis la villeturque deKonya par la ligne baptisée « Chemin de ferBerlin-Bagdad ». La ligne est mise en sommeil depuis laSeconde Guerre mondiale. Actuellement, le train arrive à Bagdad par le nord (Samarra) et par le sud (Kut) à lagare centrale de Bagdad, sur la rive ouest, magnifique bâtiment de styleArt déco érigé entre 1947 et 1951 par la firme britannique Wilson & Mason Partners.
Jusqu'en 2003 et l'invasion menée par lesÉtats-Unis, leschiites, lessunnites et leschrétiens se mêlaient dans de nombreux quartiers de la ville. Après une explosion de violences interconfessionnelles, les quartiers se sont divisés suivant la religion ; les chiites ont accru leur domination. Quant aux chrétiens, leur nombre a reculé de moitié en Irak.[réf. nécessaire]
Après la chute du régime de Saddam Hussein et l'entrée de l'armée américaine dans la ville, Bagdad connait une montée de violence et la multiplication du nombre des attentats-suicides et les attentats à la voiture piégée.
Fin 2010, la violence avait reculé de 90 % par rapport au record de 240 incidents par jour, en 2007. Des explosions ont encore lieu. Les soldats et les policiers doivent désormais suivre une formation pour identifier et désamorcer les explosifs.
En2015, Bagdad est considérée comme la ville la plus dangereuse du monde avec 380 attaques terroristes en une année[43].
Bagdad est le siège des plus grands clubs de football irakiens,Al Qowa Al Jawia,Al Zawra,Al Shorta,Al Talaba. La ville abrite également le stade du Shaab (stade du peuple) inauguré en1966, le plus grand stade d'Irak avec une capacité de 45 000 personnes ; ce stade fait lui-même face au Gymnase Shaab, dessiné et construit en 1980 selon les plans deLe Corbusier (voir plus haut), et qui abrite le siège de la Fédération nationale irakienne de basket-ball.La ville présente également un goût prononcé pour les courses hippiques depuis laPremière Guerre mondiale, bien que lesislamistes aient vainement essayé d'interrompre cette tradition héritée de l'occupation britannique.
Dunya Mikhail (née en 1965), poétesse irako-américaine ;
Zainab Salbi (1969-), humanitaire, présentatrice, auteure, fondatrice et ancienne présidente (1993-2011) de l'associationWomen for Women International, basée à Washington.
Ziad Al-Aajili, appartenant a la familleAl-Aajili et chef de l'Observatoire de la liberté journalistique.
Addai II de Bagdad (1950-2022), Catholicos-Patriarche de l'Ancienne Église de l'Orient.
Caecilia Pieri,Bagdad, la construction d'une capitale moderne, 1914-1960, Presses de l'Ifpo, 2015, 440 pages, près de 800 illustrations(ISBN978-2-35159-399-8)(ISSN2225-7578).
Mina Marefat, Caecilia Pieri, Gilles Ragot,Le Gymnase de Le Corbusier à Bagdad, 2014, Éditions du patrimoine, collection Regards (versions française et anglaise), Presses de l'Ifpo (édition arabe)(ISBN2757703013).
Caecilia Pieri,Baghdad Arts Deco, Architectural Brickwork 1920-1950, American University of Cairo Press, 2009(ISBN9789774163562).
Reuven Snir,Baghdad ― The City in Verse, Cambridge, MA: Harvard University Press, 2013. Cette anthologie réunit des poèmes composés par des auteurs bédouins, musulmans chrétiens, kurdes et juifs duVIIIe siècle à nos jours et traduits de l'arabe[1].