LeBénin (/be.nɛ̃/[4]), en forme longue larépublique du Bénin (enfon :Benɛɛto), historiquement connu sous le nom deDahomey, est unÉtat d'Afrique de l'Ouest, qui couvre une superficie de 114 763 km2 et s'étend sur 700 km[5], du fleuveNiger au nord à la côte atlantique au sud. Le Bénin comptait 14 814 460 habitants en 2025[6]. Le pays fait partie des États membres de laCEDEAO et a comme voisins leTogo à l'ouest, leNigeria à l'est, leNiger au nord-est et leBurkina Faso au nord-ouest[7].
Le Bénin a accédé à l'indépendance complète le, sous la dénomination derépublique du Dahomey. Les pouvoirs furent transmis au présidentHubert Maga par le ministre d'État françaisLouis Jacquinot. En tant que président, il prononce alors lediscours d'accession du nouvel État à la souveraineté, à la même date. En 1972, l'officierMathieu Kérékou prend le pouvoir : il adopte en 1974 lemarxisme-léninisme comme idéologie officielle du gouvernement et, en 1975, rebaptise le paysrépublique populaire du Bénin[8]. À la fin des années 1980, des luttes internes duParti communiste du Bénin et de graves difficultés économiques conduisent à uneconférence nationale : le Bénin entame un processus de transition démocratique et, en 1990, adopteune nouvelle Constitution[9]. Cette transition démocratique est assurée parNicéphore Soglo, ancien directeur Afrique de laBanque mondiale. Le nom Bénin est conservé, le pays devenant simplement la république du Bénin.Mathieu Kérékou, battu aux élections parNicéphore Soglo en 1991, rend le pouvoir. Il y revient démocratiquement en 1996 et ne rétablit pas la dictature. Il gouverne le pays jusqu'en 2006, pour deux mandats consécutifs, avant de se retirer à l'élection deThomas Boni Yayi, ancien président de laBOAD[10]. Après avoir fini ses deux mandats, il cède, le 6 avril 2016, la présidence à l’homme d’affaires,Patrice Talon[11] qui remporte le second tour desprésidentielles sur son dauphinLionel Zinsou.
De forme étirée entre lefleuve Niger au nord et la plaine côtière dans le sud, le relief de l'ensemble du pays est peu accidenté[19].
Le nord du pays est principalement constitué desavanes et de montagnes semi-arides, telles que lachaîne de l'Atacora, qui se prolonge au Togo et au Ghana d'une part et au Niger d'autre part[18]. Le point culminant du pays est lemont Sokbaro (ou Sagbarao) (800 mètres).
La majeure partie de la population vit dans les plaines côtières méridionales, dont l'altitude ne dépasse nulle part 10 m[18]. C'est là que les plus grandes villes du Bénin sont concentrées, notammentPorto-Novo, la capitale officielle, etCotonou, la capitale économique et politique.
Il tombe entre 900 et 1 400 millimètres d'eau par an, les régions les plus arrosées sont situées au sud-est, de Cotonou à Porto-Novo, l'Atacora entreNatitingou etDjougou, les régions deDassa-Zoumé et deN'Dali au nord deParakou. Les maximums des précipitations sont au sud (climat équatorial), de la mi-mars à la mi-juillet, et plus faiblement en novembre et décembre.
Lamousson, océanique et chargée d'humidité, souffle d'avril à novembre, du sud-ouest. L'harmattan continental et sec, souffle dans le sens inverse de la mousson (il vient du nord, duSahel), de novembre à mai, apportant une poussière ocre orange.
Le taux d'humidité, toujours important, se situe entre 65 et 95 %. La moyenne des températures est comprise entre22° et 34°C, avril et mai étant les mois les plus chauds, juste après que l'harmattan a soufflé durant six mois, avant que la mousson n'apporte ses pluies.
Au Bénin, l'environnement est un droit constitutionnel selon l'article 27 de la constitution du 11 décembre 1990 :
Collecte d'ordures dans les rues deCotonou (2019).Promotion d'une économie verte (2019[23]).
« Toute personne a droit à un environnement sain, satisfaisant et durable et a le devoir de le défendre. L'État veille à la protection de l'environnement[24]. »
La loi-cadre du 12 février 1999 issue de cette constitution en précise les règles et objectifs du gouvernement[25].
Mais depuis quelques années, le Bénin fait face à des défis environnementaux. Le nord du pays avec ses paysages desavane est touché par ladésertification et le sud, par ladéforestation. En 2014, 44 % de la population vivait dans les villes, alors que l’environnement urbain est vulnérable, pollué et dégradé. La politique du pays semble néanmoins se soucier de plus en plus des problèmes environnementaux. Sur le site du gouvernement, la rubrique consacrée à l'environnement est régulièrement mise à jour[26]. En 2015, le présidentThomas Boni Yayi s'était beaucoup investi dans la préparation de laCop21. En vue des préparatifs, l'ambassade de France au Bénin avait réuni les membres du gouvernement béninois et de la communauté scientifique pour une exposition sur le thème « Océan et climat »[27]. En dépit des attentats du 13 novembre, le président se positionnait en faveur du maintien de la conférence. La délégation béninoise y comptait plus d'une centaine de personnes.
Le pays est constitué de deux aires géographiques :
le nord (aujourd'hui frontalier du Niger et du Burkina Faso), qui a connu le destin des peuples de la savane ;
le sud et le centre du pays qui sont marqués par l'histoire des peuples dugolfe de Guinée.
On retrouve cette différence dans les qualifications d'« Afrique des greniers » et d'« Afrique des paniers ». La première fait référence aux greniers de mil que l'on trouve dans le domaine des savanes africaines, comme auMali, au Niger ou au Burkina Faso. La seconde se situe autour de l'équateur et correspond, en Afrique occidentale, au sud de tous les pays littoraux du Golfe de Guinée. Dans ces derniers, en raison du climat équatorial favorable à l'agriculture, rien ne sert d'entreposer, il suffit juste de « porter ».
Les communautés anciennes se structurent sur la base delignages. Vivant sur des territoires restreints, ces populations n'ont pas besoin d'organisation politique. Leur organisation sociale se base sur le respect des coutumes et des ancêtres morts. L'autorité s'y exerce oralement par le partage de ces traditions. On trouve toujours de telles populations dans le nord-ouest du pays :Berbas,Kabyés ouTanéka.
Lorsque plusieurs lignées se regroupent, elles se structurent enchefferies. Le chef peut être un représentant d'une famille ancienne ou un prêtre. Il s'entoure de dignitaires, chargés chacun d'une activité collective et formant un conseil.
Leurs sociétés sont structurées en classes sociales strictes : nobles guerriers (telBio Guéra), griots, agriculteurs roturiers, artisans et esclaves. Les Bariba se retrouvent autour de lafête de la Gaani. C'est une fête culturelle et identitaire célébrée chaque année dans tout le royaumebariba autour du Sina Boko de Nikki.
L'aire d'influence desYoruba couvre l'est du pays et se distingue en deux royaumes : le royaume de Shabê-Okpa et le royaume deKétou. Ces deux royaumes furent créés par deux frères descendants duroi d'Ife Okandi (en même temps que les royaumes d'Owu, Popo, Benin, Ila Orangun et Oyo). À côté de ces deux royaumes, on retrouve une population yoruba d'émigration plus ancienne : les Idaatsha et les Ifè et les Isha. On doit ajouter à ce groupe ancien les Manigri et lesMokolé plus au Nord dans la commune deKandi.
Selon d'anciennes traditions orales et écrites, les Aja-Ewé émigrent à partir duXIVe siècle de la ville deTado, située sur les rives du fleuveMono au Togo. Ils établissent dans le sud deux royaumes : à Sahè ouSavi, et à Davié correspondant à l'actuelle ville d'Allada.
Temple Vaudou à Ouidah.
Vers 1620, les héritiers du royaume d'Allada se disputent le trône. De leur scission découle la formation de deux royaumes supplémentaires. Au sud-est,Tè-AgbanlinZozérigbé crée le royaume de Hoogbonu dans la localité d'Ajashe, futurePorto-Novo. Et au nord,Hwegbaja (1645-1689) institue leroyaume du Dahomey (ou Danhomè), à partir de sa capitaleAbomey.
1664 : installation de missionnaires capucins bretons à Ouidah
1704 : construction d'un fort français à Ouidah
1752 : installation des Portugais àXogbonou qu'ils rebaptisent Porto-Novo en 1782
Dans la première moitié duXIXe siècle, le roiGhézo du Dahomey développe la culture dupalmier à huile et introduit de nouvelles cultures (maïs, tomate, arachide, tabac). Des villages réguliers et propres, et des cultures bien ordonnées couvrent le pays.
Dès 1851, la France signe un traité commercial et d'amitié avec le roi deXogbonou (Porto-Novo) le roi ToffaIer, vassal du roiGlélé du Dahomey, qui régna de 1858 à 1889.
Par les traités de 1868 et de 1878, la région de Cotonou, située entre Ouidah, comptoir portugais, et Porto-Novo, est cédée à la France.
En 1883, le roi deXogbonou (Porto-Novo), souhaitant se protéger des visées expansionnistes du Dahomey, signe un traité deprotectorat avec la France.
L'un des souverains les plus mythiques du royaume du Dahomey, le roiBéhanzin (ayant pour emblème le requin) attaque en 1890 les Français à Cotonou, garde pendant73 jours des otages français, puis assiège d'autres villages porto-noviens protégés des Français. Il déclare même aux Français de le laisser tranquille, défiant fièrement :« Si vous voulez la guerre, je suis prêt. »[28]
Détrôné, en fuite, Béhanzin se rend de son propre chef indiquant à ses derniers fidèles« de profiter de la conduite véritablement étonnante de ces vainqueurs blancs qui ne tuaient personne et n'emmenaient pas de prisonniers en France. »[29] Il est captif en, puis déporté enMartinique. Les établissements français sont alors regroupés au sein de lacolonie du Dahomey. Dans le Nord, leroyaume bariba de Nikki, qui avait atteint son apogée auXVIIIe siècle avant de se heurter à l'expansionnisme duroyaume nigérian d'Ilorin, oppose une vive résistance à la colonisation française.
En 1899, la colonie du Dahomey intégra l'Afrique-Occidentale française (AOF) au sein de l'Empire colonial français. Les frontières furent établies d'un commun accord avec le Royaume-Uni (fixé alors au Nigeria) et avec l'Allemagne (présente alors au Togo).
Après laPremière Guerre mondiale, la scolarisation prend beaucoup d'importance, notamment grâce aux missions religieuses, et se développe surtout dans le sud, qui devient un des principaux foyers politiques et intellectuels de l'AOF.
Sont fondés à cette époque de nombreux partis politiques, en même temps que se développe une presse d'opposition au système colonial[30]. Rallié à laFrance libre durant laSeconde Guerre mondiale, le Dahomey devient en 1958 un État autonome au sein de laCommunauté française. Le pays accède à l'indépendance le et entre, le mois suivant, auxNations unies, sous le nom de république du Dahomey.
Depuis l'indépendance, le Bénin connaît une histoire politique mouvementée. Les douze premières années sont marquées par une instabilité chronique, les anciennes élites coloniales, pour la plupart originaires du Sud, se disputent le pouvoir.
En 1963, le nord du pays veut sa revanche, tandis que les élites et la nouvelle bourgeoisie semblent peu préoccupées par les nombreux défis du sous-développement. C'est à cette période qu'un certain colonelChristophe Soglo (l'oncle deNicéphore Soglo) arrive sur la scène politique du pays, en forçant Hubert Maga, premier président de la république du Dahomey indépendant, à démissionner.
En 1970, un Conseil présidentiel constitué de trois membres, Maga, Apithy et Ahomadegbé (une présidence tournante à trois) prend le pouvoir et suspend la constitution.La ronde des présidents n'a pu se faire. En effet, seul Maga a pu passer les deux ans retenus à la tête du Dahomey. À peine Ahomadegbé a-t-il entamé son tour de direction en 1972 que l'armée, sous la direction du capitaine Mathieu Kérékou, décide de reprendre en main le gouvernement, destitue le Conseil présidentiel, et Mathieu Kérékou devient le nouveau chef de l'État dahoméen. Il est rapidement nommé commandant. Mais les militaires se trouvent désemparés, sans programme et sans idées. Leur pouvoir est vide et c'est dans ce vide que vont s'engouffrer les idées des jeunes militaires et des étudiants qui ont vécu en France la période demai 68.
En novembre 1974, Mathieu Kérékou impose lemarxisme-léninisme comme idéologie officielle de l'État. En 1975, pour réduire le poids politique du Sud, le nom de Dahomey est symboliquement abandonné pour celui de Bénin, du nom duroyaume qui s'était autrefois épanoui au Nigeria voisin. Le pays prend le nom officiel de république populaire du Bénin.
Le régime de la république populaire du Bénin connut des transformations importantes au cours de son existence : une brève périodenationaliste (1972-1974) ; une phasesocialiste (1974-1982) ; et une phase comportant une ouverture vers les pays occidentaux et lelibéralisme économique (1982-1990)[31].
De vastes programmes de développement économique et social sont mis en place, mais les résultats sont mitigés. En 1974, sous l'influence de jeunes révolutionnaires – les « Ligueurs » – le gouvernement engagea un programme de nature socialiste :nationalisation des secteurs stratégiques de l'économie, réforme du système éducatif, mise en place de coopératives agricoles et de nouvelles structures d'administration locale, lancement d'une campagne d'éradication des « forcesféodales» dont notamment letribalisme. Le régime interdit les activités de l'opposition[31]. Élu président par l'Assemblée nationale révolutionnaire en 1980, réélu en 1984, Mathieu Kérékou échappe à trois tentatives de coup d'État en 1988.
Dans les années 1980, la situation économique du Bénin est de plus en plus critique. Le pays connait des taux de croissance économique élevés (15,6 % en 1982, 4,6 % en 1983 et 8,2 % en 1984) mais la fermeture par leNigeria de sa frontière avec le Bénin entraine une chute brutale des revenus douaniers et fiscaux. L'État n'est plus en mesure de payer les salaires des fonctionnaires[32]. En 1987, les plans duFMI imposent des mesures économiques draconiennes : prélèvements supplémentaires de 10 % sur les salaires, gel des embauches, mises à la retraite d'office. En 1989, un nouvel accord avec le FMI sur un programme d'ajustements des structures économiques déclenche une grève massive des étudiants et des fonctionnaires. Le Bénin, avec l'appui décisif de la France à laquelle le président Kérékou a décidé de faire confiance, entame unetransition démocratique parfaitement réussie conjointement avec le processus de réformes économiques.
Après la conférence des forces vives de la nation dirigée par le Prélat catholiqueIsidore De Souza, un gouvernement de transition, mis en place en 1990, ouvre la voie au retour de la démocratie et du multipartisme. Le Premier ministre,Nicéphore Soglo, bat Mathieu Kérékou à l'élection présidentielle du.
Statue située sur la place du Souvenir.
Premières années du renouveau démocratique (1990-2006)
Nicéphore Soglo, le premier président élu de l'ère du renouveau démocratique, devrait remettre le pays sur les pistes de l'économie de marché en créant les conditions favorables à la croissance économique. À la faveur du renouveau du système de gouvernement, le président Soglo redorera le blason des religions endogènes en se conciliant les pouvoirs traditionnels et fait du 10 janvier de chaque année la Journée nationale du vaudou[33].
Cependant, le poids des contraintes sociales à la croissance économique ainsi que les ajustements structurels qui visaient, entre autres, la compression des dépenses publiques recommandées par le FMI viennent raviver le mécontentement général de la population[34]. De plus, les trafics traditionnels s'épanouissent au grand jour (whisky, essence, ciment, voitures, etc.).
Après avoir perdu sa majorité au sein de l'Assemblée législative, le président Nicéphore Soglo, accusé de népotisme par ses adversaires, est battu par Mathieu Kérékou à la présidentielle du. C'est un choc pour Nicéphore Soglo qui, après avoir crié au complot, envoie ses félicitations à Mathieu Kérékou et s'en va méditer plus de quatre mois, hors d'Afrique, les raisons de ses erreurs fatales[35].
Démocratiquement, Mathieu Kérékou est de retour sur la scène politique béninoise, après avoir dirigé le pays pendant dix-sept années (de 1972 à 1990) dans le fiasco politique et économique de la désormais ancienne république populaire du Bénin.
Les élections législatives de donnent de justesse la victoire à laRenaissance du Bénin (RB), le mouvement de l'opposition dirigé par Rosine Soglo, épouse de l'ancien président Nicéphore Soglo. Ces élections marquent l'échec du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (MADEP), le parti d'un des proches du président Kérékou, l'homme d'affaires Séfou Fagbohoun[36].
Cependant, en, Mathieu Kérékou est réélu président de la République avec 84.06 % des voix. Arrivé en tête au premier tour, face à son prédécesseur Nicéphore Soglo, il sera confronté au désistement de ce dernier ainsi qu'à celui d'Adrien Houngbédji arrivé en troisième position. Ces deux candidats démissionnaires ont qualifié le scrutin de « mascarade ».
Terni par des soupçons de fraudes électorales et âgé de soixante-sept ans, Mathieu Kérékou entame donc un second mandat consécutif dans des conditions économiques fragiles.
Depuis 2001, le Bénin est plongé dans de graves difficultés économiques, en raison de la situation difficile du port autonome de Cotonou, duchoc pétrolier, de la crise du secteur du coton, de la contrebande très étendue, des effectifs pléthoriques de l'administration ou encore des sérieux problèmes d'approvisionnement en électricité créés par les sécheresses. Le Bénin est dans une période économique difficile que seule l'agriculture, relativement diversifiée parvient à maintenir compétitif face à ses voisins.
C'est ainsi que lors desélections de mars 2006, les Béninois ont décidé d'exprimer leur « ras-le bol » et que le novice en politique, l'ancien président de laBanque ouest-africaine de développement (BOAD), le docteurThomas Boni Yayi succède à la surprise générale à Mathieu Kérékou. Il est élu président de la République à l'issue du deuxième tour de scrutin le, rassemblant 74.51 % des suffrages, contre 25.49 % pourMeAdrien Houngbédji, qui a présenté ses félicitations au nouvel élu. On note un fort taux de participation, de 76 %[37].
Mathieu Kérékou, qui avait refusé de changer la constitution, n'a pas pu se représenter. Il n'en était pas moins opposé à Boni Yayi, trop novice à son goût. En effet, à quelques jours des résultats l'ancien président, surnommé « le caméléon », a plongé le pays dans le doute, en affirmant publiquement que lors du déroulement de l'élection il y avait eu des dysfonctionnements dans l'organisation, avec des problèmes de listes électorales et de cartes d'électeur. Malgré cela, la coordination des observateurs internationaux indépendants s'est félicitée au cours d'une conférence de presse à Cotonou, du déroulement du second tour de l'élection présidentielle au Bénin, jugeant qu'il avait été de « très bonne tenue ».
Le, Boni Yayi,54 ans, est officiellement installé dans ses villas à Cotonou, en tant que nouveau président de la république du Bénin. Le nouveau président qui prône une « république coopérative et solidaire », a énuméré les quatre priorités de son mandat que sont les ressources humaines, une gouvernance concertée, le développement de l'esprit d'entreprise, la construction de nouvelles infrastructures[38].
Le successeur de Mathieu Kérékou a promis un taux de croissance à deux chiffres (environ 5 % ) et le positionnement du Bénin en tête des producteurs du coton ouest-africains à partir de la campagne agricole 2006-2007. Quoique entouré de toute la classe politique, Boni Yayi se refuse à faire de lapolitique politicienne. « Nous sommes venus pour produire de la richesse », dit-il, refusant de constituer un « gouvernement de remerciement ». Cependant, des sources bien informées indiquent qu'il a demandé aux partis politiques de lui proposer des cadres pour la formation du gouvernement.
Les élections législatives du donnent la majorité à la Force Cauris pour un Bénin émergent (FCBE)[40].
Le président Boni Yayi a été réélu pour un second mandat lors des élections présidentielles de mars 2011. Obtenant plus de 55 % des voix, contre 35 % pour son principal concurrent Adrien Houngbédji, Boni Yayi a été élu dès le premier tour. Il s'est engagé, dès sa prise de fonction, à ne pas modifier la constitution dans le but de briguer un troisième mandat et quitte donc ses fonctions en mars 2016, à l'issue des prochaines élections présidentielles. Lui succèdePatrice Talon, candidat indépendant et ancien homme d'affaires.
Patrice Talon remporte l’élection du 20 mars 2016 avec 65,39 % des voix face àLionel Zinsou (34,61 %) des suffrages[41].
En avril 2017 et en juillet 2018, le parlement béninois rejette une réforme constitutionnelle. Le gouvernement annonce dans la foulée la tenue d’un référendum sur cette réforme avant de se rétracter en août de la même année[42]. Le ministre de la Défense, Candide Azannai, a présenté sa démission dès le mois de mars 2017 pour marquer son opposition à ce projet de réforme[43]. Présenté par la presse comme l’un de ses plus proches soutien politique, c’est un coup dur pour Patrice Talon.
En 2018, une nouvelle cour de justice est créée[44]. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) apparaît pour l’opposition politique au président Talon comme une institution inféodée au pouvoir de ce dernier[45]. Selon le journaliste Ariel Gbaguidi, la CRIET est « érigée comme une justice superpuissante prête à neutraliser toute voix opposée à celle du chef de l'État et à empêcher toute compétition politique »[46]. Depuis la création de la CRIET, le Réseau Ouest Africain pour l’Edification de la Paix (WANEP-Bénin) affirme qu’il existe des « risques de vassalisation du pouvoir judiciaire »[47].
En février 2018, dans la perspective des élections législatives d’avril 2019, des formations politiques soutenant l’action de Patrice Talon se rassemblent au sein de l’Union progressiste[48].
En mars 2019, la Commission électorale nationale autonome ne valide que deux listes sur 7 présentées[49], toutes deux favorables au président Patrice Talon, pour les élections du 28 avril 2019. L’opposition se retrouve exclue de facto des élections.
Le 29 mars la Cour africaine des droits de l’homme réunie à Arusha dénonce des dérives éloignant le pays de l’État de droit[50].Jean-Baptiste Elias, dirigeant du Front des Organisations Nationales contre la corruption, affirme en avril 2019 que « la démocratie risque de tourner en dictature » au Bénin[51]. Dans le contexte d’élections législatives controversées et sans opposition, l’ONGSocial Watch Bénin décide de ne pas participer au processus contrairement à la séquence électorale de 2015[52].
Quelques mois après les élections, en mai 2019, une intrusion djihadiste est constatée avec l'enlèvement de deux Français dans leparc national de la Pendjari. Cet événement, même si les otages sont libérés par une intervention de forces françaises, confirme la possibilité de voir les groupes djihadistes descendre vers legolfe de Guinée au fur et à mesure de la déstabilisation duBurkina Faso, et du centre duMali. Cela contrarie également un des objectifs économiques du président béninois, Patrice Talon, de développer le tourisme dans son pays[53].
Patrice Talon est ensuite réélu à l'élection présidentielle d'avril 2021, accompagnée de sa colistièreMariam Chabi Talata, dès le premier tour avec plus de 85 % des voix.
Lesélections législatives de 2023 sont les premières élections de l’ère Talon dans laquelle l’opposition et la mouvance présidentielle se font face. Le PartiLes Démocrates de l’ancien président Boni Yayi remporte28 sièges sur 109, ce qui est insuffisant pour s’opposer à la mouvance présidentielle de l’Union Progressiste et du Bloc Républicain[54].
En, le gouvernement du Bénin, adopte une loi, actant la reconnaissance de 16 royaumes, 80 chefs supérieurs et 10 chefs traditionnels à travers une nouvelle loi, adoptée en. La période précoloniale, fixée à 1894 pour le sud et 1897 pour le nord du Bénin, a servi de référence historique au projet de loi d'institutionnalisation des chefferie au Benin. et pour encadrer les règles sur les territoires traditionnels[55].
Après la réforme de 1999, les sous-préfectures et les circonscriptions urbaines ont été remplacées par 77communes[60]. Une nouvelle fixation des chefs-lieux desdépartements est en vigueur depuis le 22 juin 2016[61]
Villages
Depuis l'amendement de la Liste des unités administratives locales en 2013, le Bénin compte 5 288 villages et quartiers de ville[62].
Pourtant letaux de croissance économique, tombé à 2.5 % en 2010 (le plus bas de l’Afrique de l’Ouest), est depuis 2011 légèrement supérieur à 5 %[65]. Mais la croissance, la baisse de l'inflation et le développement des infrastructures[66] ne suffisent pas pour réduire la pauvreté globale, du fait de l'absence de redistribution, de la pression démographique et de la présence d’unsecteur informel très important, en forte progression depuis les années 1980[67].
Le port autonome de Cotonou (PAC)[68] constitue l'un des pivots de l'économie béninoise[69]. Cependant, 80 % des marchandises importées sont réexportées vers leNigeria, ce qui rend le pays très dépendant de son puissant voisin.
L'élevage concerne principalement lecheptel bovin qui comptait 2 111 000 têtes[71], desovins (842 000), descaprins (1 674 000), desporcins (398 000) et desvolailles (17 683 000) selon les données de la Direction de l’Elevage (2012)[72].
Évolution historique du produit intérieur brut par habitant du Bénin.
L’élevage non conventionnel prend de l’ampleur avec un nombre de plus en plus important d’éleveurs de poules pondeuses, de lapins, d’escargots, de poulets chair et d’abeilles. L’agribusiness se développe avec un engouement des jeunes agripreneurs qui développent plusieurs initiatives en se basant sur les technologies de l’information et de la communication. Des sites internet (le blog de Louis Agbokou par exemple), des plateformes de ventes en ligne de produits agricoles (la plateforme BenAgri par exemple), des magazines spécialisés (La Voix Rurale par exemple), des groupesWhatsApp etFacebook sont créés entre acteurs du secteur agricole. Ces types d’acteurs principalement les jeunes discutent entre eux des préoccupations afférentes à leurs activités et contribuent au développement du secteur agricole.
La pêche reste souvent artisanale, elle est concurrencée par les bateaux étrangers[19]. On note également le développement de la pisciculture avec pour espèces élevées leClarias et leTilapia.
Le tourisme représente 2.5 % duPIB du pays, qui occupe la cinquième place des destinations enAfrique de l'Ouest. En 2013 il a accueilli 230 946 visiteurs étrangers contre 219 949 en 2012. Ses principaux atouts sont les plages et les cités lacustres du sud (Ganvié), les parcs animaliers au nord (Pendjari etW),Abomey et sespalais royaux,Ouidah, lieu de mémoire de l'esclavage et berceau du cultevaudou[73].
Le pays est encore très en retard au niveau de l'aménagement du territoire. Il manque notamment d'une véritable infrastructure de transport, ce qui empêche ou ralentit grandement le développement du pays.
La politique d'urbanisme est elle aussi balbutiante. À Cotonou et dans les autres grandes villes, les services devoirie n'ont permis de bitumer qu'une petite partie des rues mais la majorité des voies de circulation reste faite de terre souvent bosselée et se remplissant d'eau à la moindre pluie.
L’électrification encore insuffisante dans le pays met un frein au développement économique et connait des interruptions régulières quand elle est présente. Environ 70 % de la population béninoise a accès à de l’eau potable salubre, et 46 % seulement à des services d’assainissement.
Pour aider à son développement, le Bénin bénéficie depuis 2010 d'une subvention importante mise à la disposition du Bénin par le peuple des États-Unis à travers leMillennium Challenge Account dans le cadre d’un accord de don signé entre les deux pays[75].
Le deuxième accord de don, d’un montant de411 millions de dollars, a été signé en juillet 2015 pour la mise en œuvre de son prochain programme (2016-2021) axé essentiellement sur la reconstruction du sous-secteur de l’énergie électrique. Ce programme couvre quatre domaines : la production, la distribution, les réformes institutionnelles et l’énergie décentralisée.
Le premier accord (2006-2011), d’un montant de300 millions de dollars avait porté sur quatre projets : le foncier, la justice, les services financiers et le port de Cotonou[76]. D'autres pays ont aussi des programmes d'aide au développement du Bénin comme la France au travers de l'agence française de développement[77].
Voie de Djassin asphaltée à Porto-Novo.
Mais, le Bénin réalise depuis quelques années de progrès en matière d’aménagement du territoire[78], d'assainissement du cadre de vie et de gestion des déchets. Après les opérations de déguerpissement de 2017, l’État lance des travaux d'asphaltage (bitumage et pavage des routes) dans 9 villes : Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Lokossa, Bohicon, Parakou, Sèmè-Kpodji et Natitingou[79],[80],[81].
En novembre 2018, le gouvernement du Président Patrice Talon crée laSociété de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS SA) «pour la mise en œuvre du Projet de Modernisation de la Gestion des déchets solides ménagers»[82]. La société fait des opérations de collecte de déchets dans les communes du Grand Nokoué à savoir: Cotonou, Sèmè-Podji, Porto-Novo, Ouidah et Abomey-Calavi[83].
La Route des Pêches entre Cotonou et Ouidah en 2020.
La route des Pêches par exemple, qui sort de Cotonou en direction de Ouidah, est devenue une artère à six pistes éclairée par de l'énergie solaire.
Succédant au Recensement général de la population et de l'habitat de 2002 (RGPH3), un quatrième recensement (RGPH4) s'est déroulé en 2013. Ses résultats définitifs ont été publiés en juin 2015[85], mais des estimations sont calculées plus fréquemment.
L'effectif de la population a évolué à un rythme soutenu[86]. Le pays comptait 878 000 habitants en 1910 et 1 528 000 en 1950. Après l'indépendance, on en compte 2 106 000 en 1961, puis 3 331 210 en 1979 et 4 915 555 en 1992. Le recensement de 2002 dénombre 6 769 914 personnes[86]. Selon une estimation de juillet 2020, le Bénin compte à cette date 12 864 634 habitants et se classe au74e rang mondial[16].
Jeune femme peule en habit traditionnel
La population béninoise est jeune et à dominance féminine, majoritairement rurale[86], mais les citadins représentent 49 % en 2020 et le taux annuel d'urbanisation était de 3,89 % entre 2015 et 2020[16].
Le Bénin est constitué d'un grand nombre d'ethnies, d'importance numérique variable et de répartition géographique inégale[87]. Selon le recensement de 2002 (qui inclut les populations apparentées), lesFon sont les plus nombreux (39,2 %), fortement localisés dans les départements du sud. LesAdja (15,2 %) sont concentrés dans leMono et leCouffo. LesYoruba (12,3 %) sont très présents dans les départements desCollines et duPlateau. LesBariba (9,2 %), lesBatammariba (6,1 %), lesYoms (5,5 %) et lesPeuls (4 %) vivent plutôt dans le nord[87].
Le Bénin abritait plusieurs milliers de réfugiés, notamment en provenance du Togo, mais ce nombre a considérablement diminué depuis la mise en œuvre, avec l'appui duHCR, d'une nouvelle stratégie d'intégration en 2013[88].
Lalangue officielle du Bénin est lefrançais[89]. Le prestige de cette langue, comme langue des médias, de l'administration et des communications interethniques, pousse à son apprentissage, notamment en milieu urbain[90]. Une variété de français dénommée « français d'Afrique » s'est développée dans les rues et marchés de Cotonou. Il s'agit d'un parler presque argotique[91]. Selon le rapport 2014 de l’OLF, le Bénin compte 35 % de francophones dans sa population[92].
Une cinquantaine de langues africaines sont parlées sur le territoire béninois. Parmi elles, une vingtaine seulement dépassent un cercle restreint. La plus répandue est lefon, suivi par leyoruba, legun-gbe, lemina, l’adja et lebariba[90].
L’anglais est utilisé dans le monde des affaires, notamment pour les échanges avec leNigeria voisin[90].
Les statistiques ne reflètent pas la place réelle du vaudou au Bénin, son berceau historique auXVIIe siècle[97]. En effet de nombreux Béninois associent sa pratique à celles d'autres religions. D'abord diabolisé par les voyageurs, combattu par les missionnaires, interdit dans les années 1970 sous le régime marxiste deKérékou, le culte du vaudou est l’objet, depuis 1993, d’une fête nationale, célébrée le 10 janvier et de plus en plus populaire[98].
Assemblée de mères pour le maintien des filles à l'école.
Au Bénin, lesystème éducatif doit faire face à une pression démographique soutenue, avec une augmentation probable de 25 % de la population scolarisable entre 2010 et 2020, donc des dépenses en éducation[99]. Malgré un environnementmacroéconomique peu favorable au cours des dernières années, le secteur de l'éducation conserve une priorité budgétaire plus forte que dans les autres pays d’Afrique subsaharienne. Les secteurs public et privé se sont développés conjointement, la couverture scolaire s'est accrue à tous les niveaux d'enseignement, mais, en ce qui concerne l'enseignement primaire, il reste à en améliorer l'accès et à réduire les abandons en cours de cycle[99]. En effet, letravail des enfants reste un problème au Bénin car le pays se trouve être celui ayant le plus d’enfants de 7 à 14 ans qui travaillent, parmi les pays pour lesquels les données sont disponibles (2008). Le pourcentage est de 76 % pour les filles et de 72.8 % pour les garçons[100].
Laconstitution du Bénin, adoptée en 1990, garantit et protège laliberté d'expression, y compris laliberté de la presse, dans ses articles 23 et 24. L'article 23 affirme que « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion et d’expression dans le respect de l’ordre public établi par la loi et les règlements ». L’article 24 dispose que « la liberté de la presse est reconnue et garantie par l’État. Elle est protégée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) dans les conditions fixées par une loi organique »[103].
Le Bénin a longtemps été considéré comme l'un des exemples de démocratie moderne en l’Afrique de l’Ouest, bénéficiant d'une liberté de la presse satisfaisante, malgré la pauvreté[104]. Cependant la situation se dégrade peu à peu, particulièrement après l'élection présidentielle de 2006 : difficultés d’accès aux sources d'information, conditions de vie et de travail difficiles des journalistes, financements occultes, manque de professionnalisme. En 2013, le Bénin se situe au79e rang duclassement mondial de la liberté de la presse établi chaque année parReporters sans frontières[105]. En 2015, il est rétrogradé à la84e place, sur180 pays[106]. Depuis 2016 et l'accès à la présidence de Patrice Talon, les médias sont sous surveillance de l'État, et plusieurs journalistes et journaux ont été poursuivis en justice[107] après l'adoption en 2018 de la loi portant Code du numérique. L'HAAC a publié le 7 juillet 2020 un communiqué demandant aux « médias en ligne de mettre fin à toutes publications sous peine de se voir appliquer la rigueur de la loi »[108]. En 2021, le Bénin perd une place de plus au classement mondial de la liberté de la presse de RSF.
Lehandball et l'athlétisme sont également très appréciés, des filles comme des garçons[109]. La pétanque et le roller sport sont deux disciplines sportives qui enregistrent la régulière participation du Bénin aux compétitions internationales.
Outre ces sports importés à l'origine par la colonisation, des activités plus traditionnelles sont également pratiquées, telles que la lutte ou lesharro, une sorte d'affrontement viril à l'aide de longs bâtons, auquel se livrent les jeunes nomades peuls[109].
Abomey, l'ancienne capitale duroyaume précolonial du Dahomey (ou Danhomè), a produit un art de cour florissant, dont témoignent les bas-reliefs, portes, sièges, trônes et poteaux sculptés, les statues en bois ou en métal, lesrécades ciselées, les tentures à motifs appliqués[116].
Fondée àCotonou en 2005, lafondation Zinsou est la première structure béninoise consacrée à l'art contemporain[118]. En 2013, elle ouvre un musée àOuidah, qui présente une partie de sa collection[119].
Inauguré le 6 février 2015,Le Centre est un espace artistique pluridisciplinaire installé dans le quartier de Lobozounkpa, àAbomey-Calavi, à quelques kilomètres deCotonou. Dévolu à la création artistique contemporaine, il est doté du Musée de la Récade, de salles d'exposition, du Jardin à sculptures, de résidences, d'ateliers de créations, d'un espace scénique et d'un café, ce lieu est un espace de création et d'échanges dont l'objectif est de contribuer au rayonnement de la scène artistique contemporaine béninoise[121].
Plusieurs espaces privés ont été déterminants dans le développement d'une scène artistique locale dynamique:
À Cotonou: Le Parking, Les Ateliers Coffi, Septième Gallery, Borna Soglo Gallery, l'Institut Français, Maison Rouge
Après le passage de la loi française sur larestitution de26 œuvres d'art au Bénin, la présidence de la République aménage un espace dupalais de la Marina dans le cadre de l'exposition «Art du Bénin d'hier et d'aujourd'hui» du 22 février au 20 mai 2022.Face au succès de l'évènement, l'exposition reviendra le 15 juillet 2022[réf. nécessaire].
En 2019 est fondée Africa Design School, première école d’enseignement supérieur en design en Afrique de l’Ouest, implantée à Cotonou. Fruit d’un partenariat entre L’École de design Nantes Atlantique etSèmè City, cette école vise à former une nouvelle génération de designers africains, ancrés dans leurs réalités culturelles et territoriales tout en étant ouverts aux enjeux globaux du design contemporain. L’école propose des formations de niveau bachelor (DN MADE) en design graphique, numérique, d’espace et d’objet[123].
L'un des pionniers de la photographie au Bénin, est Joseph Moïse Agbojelou (1912-2000), président de l'Association des photographes professionnels du Dahomey, qui ne comptait qu'une dizaine de membres en 1950[124].
Mayeul Akpovi filme d'abord les grandes villes françaises avant de revenir à Cotonou où il prend quelque 20 000 photos pour créer une vidéo,Cotonou in Motion[125].
Paul Hazoumé est l'auteur du premier roman historique africain (Doguicimi, 1938), mais, comme Couchoro, il ne dénonce pas l'emprise coloniale. Les premiers regards critiques sur la société apparaissent dans les années 1960, avecOlympe Bhêly-Quenum ouJean Pliya au théâtre[131].
Les années 1980 voient le développement de labande dessinée béninoise[132]. Ces dernières années voient l'émergence de jeunes auteurs brillants révélés par des concours d'écriture ou des publications individuelles. À l'instar deHabib Dakpogan,Fabroni Bill Yoclounon,Giovanni Houansou,Destin Akpo et plein d'autres, les jeunes plumes béninoises arrivent à s'exporter et à même concourir à l'international lors de grands prix.
La musique béninoise est moins connue à l'étranger que d'autres musiques africaines, cependant quelques-uns de ses artistes sont de grandes stars internationales commeAngélique Kidjo, feuG. G. Vikey ou encore feuGnonnas Pedro
Même s'il y a des rythmes et des courants musicaux propres au pays (Tchinck, Soyoyo, Zekede, Noudjiou…), il est vrai qu'à l'international ils ne sont pas très repris. N'oublions cependant pas que de grands courants musicaux comme différents types desalsa par exemple prennent leurs racines dans les rythmes animistes et de cérémoniesvodoun etorishas du Bénin. Ces rythmes sont donc encore très présents auxAntilles (Cuba,Haïti,Porto Rico,Jamaïque) et enAmérique du Sud.
Le mouvement hip-hop est assez présent au Bénin depuis quelques années auprès de la jeunesse : le mélange francophone, anglophone et traditionnel donne d'ailleurs des styles assez remarquables.[réf. souhaitée]
La génération de laDance Funk Decade : Jesse Franklin (William Gomez), avec une expérience entièrement reconnue sur toutes les ondes radios européennes, américaines, australiennes et japonaises (sur de grands labels comme Carrère, DiscAZ, Ricordi, arista, Geffen,BMG, A&M records).
Musique religieuse etgospel : Plusieurs chorales catholiques (Chorale Sainte Monique, Les Maîtrises des cathédrales du pays…) et évangéliques du pays. Plusieurs chœurs confessionnels et synodaux. On peut y compter la brillante Anna Téko International, Émile Zola… Dans cette lignée, depuis quelques décennies, plusieurs prêtres catholiques font usage de la musique gospel, comme une véritable arme de la nouvelle évangélisation (Les Abbés Frédéric Viadénou, Damien Bokossa, Honoré Koudohin, Bienvenu Koukpo...).
Les habitudes alimentaires des Béninois varient selon la zone géographique, le climat, la végétation et le sol[135]. La cuisine est riche et mélange volontiers les traditions ancestrales locales, celles du Brésil, des pays arabes, d'autres pays africains et d'Europe.
De nombreux plats du terroir sont vendus dans la rue, par des marchandes ambulantes, dans desmaquis, ou sur les marchés[135].
Si, au Sud, la boisson traditionnelle béninoise est lesodabi, une liqueur obtenue après distillation duvin de palme, au Nord, on retrouve leTchoukoutou[137] qui est une bière artisanale à base de céréales.
Lesmaladies transmissibles constituent encore les principales causes demorbidité et demortalité[138]. Lepaludisme et les infections respiratoires aiguës sont les deux premières causes de consultation soit respectivement 39.6 % et 14.9 % des cas en 2008. Viennent ensuite les autres affections gastro-intestinales (6.8 %), les traumatismes (5.8 %) et les maladies diarrhéiques (3.5 %). L’incidence des trois maladies prioritaires que sont le paludisme, les IST/VIH/sida et latuberculose demeure inquiétante[138]. Pour les touristes, une vaccination contre lafièvre jaune est obligatoire[139].
Selon l'UNICEF,« le Bénin fait partie des pays les moins avancés dans la réalisation de progrès en matière de nutrition. Lamalnutrition, encore présente notamment dans le nord du pays, entretient le cycle de la pauvreté, maintient des pans entiers de la population dans une situation de vulnérabilité et menace la prospérité[140] ». Au niveau national, c'est un enfant béninois sur trois qui souffre encore de malnutrition[141]. En 2015, quatre agences du système des Nations unies, à savoir l’Organisation mondiale de la santé (OMS), leProgramme alimentaire mondial (PAM), leFonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont accordé au Bénin un appui financier de plus de 2,5 millions de dollars US, sur une période de trois ans, en vue de lutter contre la malnutrition chronique dans les communes rurales deMalanville etKarimama, au nord du pays, les plus affectées et les plus vulnérables sur le plan nutritionnel au Bénin avec un taux de malnutrition deux fois supérieur à la moyenne nationale[142].
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Oladé Okunlola Moïse Laleye,La décentralisation et le développement des territoires au Bénin, L'Harmattan, 2003, 327(ISBN978-2-7475-5034-5)
Bernard Passot,Le Bénin : les hommes et leur milieu : guide pratique, L'Harmattan,, 335 p.(ISBN978-2-7384-4138-6)
↑Jean-NorbertVignondé,« Dah Béhanzin, ou quand la revue de presse en langue fon du Bénin devient un discours littéraire », dans Margareta Kastberg Sjöblom, Alpha Barry et Andrée Chauvin-Vileno,Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté,coll. « Les Cahiers de la MSHE Ledoux »,(ISBN978-2-84867-990-7,lire en ligne),p. 85–98 (volume 1)
↑« Histoire du Bénin | Présidence de la République du Bénin »,Présidence de la République du Bénin,{{Article}} : paramètre « date » manquant(lire en ligne[archive du], consulté le)
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