Le nom d'« Azerbaïdjan » vient dumoyen perseĀturpātakān. Azer ou Azar signifiant « feu sacré » en persan, Azarbaïdjan est donc littéralement le Territoire desZoroastriens. Effectivement, c'est dans cette région – sassanido-iranienne de l'Antiquité jusqu'à laguerre russo-persane de 1804-1813 ainsi que laguerre russo-persane de 1826-1828 – que se trouvait l'un des trois grands Templesmazdéens[10], l'Adur Gushnasp ou « Feu des rois et des généraux », de l'époque pré-islamique désormais en Azerbaïdjan iranien.
Les premières implantations humaines dans la région remontent à l'âge de la pierre, il y a plus de1,5 million d'années. La plupart dessites préhistoriques sont situés dans les régions duKarabagh (grottes d'Azykh, de Taghlar et de Zar), deGazakh (grottes de Dashsalahli et de Damdjili, sites préhistoriques de Shishguzey et de Kekilli où ont été découverts des outils de travail et autres), duNakhitchevan et en régiontalyshe.
Après la mort deTimur, deux États turcs indépendants et rivaux ont émergé dans la région :Qara Qoyunlu etAq Qoyunlu. Aq Qoyunlu et Qara Qoyunlu se composaient principalement de tribus turques de langue azérie et avaient une structure confédérée à deux États[19],[20],[21]. Certains historiens sont d'avis qu'ils sont desAzerbaïdjanais modernes[22],[23] Les Shirvanshahs, en revanche, sont redevenus indépendants dans ce processus et ont renforcé leurs gouvernements locaux.
Carte représentant l'État safavide entre 1512 et 1722.
En 1501, l'État desSafavides a été créé en Azerbaïdjan et en Iran. La lignée de la dynastie était basée sur la villed'Ardabil dans lesud de l'Azerbaïdjan. La langue principale des Safavides étaitl'azéri[24], mais ils parlaient aussi lepersan.
La langue principale des dirigeants safavides était l'azéri, il était parlé dans le palais safavide jusqu'à l'effondrement de l'État[25],[26],. Les seigneurs féodaux de l'État se composaient des tribusQizilbash de langue azerbaïdjanaise et avaient le dessus dans l'administration de l'État. De même, ils constituaient l'armée de l'État des Safavides[27],[28],[24].
Sous le règne de Nadir-shah, de nombreuses entités — principalement des khanats (qualifiés d'« Azerbaijani » parTadeusz Swietochowski etFirouzeh Mostashari[29]), avec à leur tête des dynastes turcs — se forment sur le territoire de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan iranien modernes, qui aspirent à l’indépendance[30],[31]. Ils le sont vraisemblablement sous ladynastie Zand mais sont repris en main au début duXIXe siècle sous lesKadjars. Les khanats réussissent toutefois à maintenirleur indépendance[réf. nécessaire]. Deux d'entre eux, les khanats deKouba et duKarabagh, prennent sous leur contrôle la plupart des autres khanats.
Le, laRépublique démocratique d'Azerbaïdjan est proclamée àTbilissi enGéorgie. Elle constitue une des premières tentatives réussies d'établir un régime laïque et démocratique dans le monde musulman après l'Albanie en 1912 et5 ans avant larépublique de Turquie. Le, la capitale est transférée deBakou àGandja à la suite de la prise de la première par les forces pro-russes.
Dans la lignée de la proclamation de la république se met en place l'intégration juridique de certains principes institutionnels occidentaux à l'instar de la création duParlement national, la garantie de certains droits et libertés individuels, le droit de vote des femmes, etc.
Mais le "Scandale du caviar" éclate et secoue l'URSS. À l'évidence, les dirigeants azéri exploitent à leurs fins personnelles la commercialisation ducaviar, ce qui leur permet d'entretenir un immense réseau de corruption. En août 1969, Iouri Andropov limoge l'intégralité des dirigeants au pouvoir à Bakou et place à la tête du secrétariat du parti communiste de la république,Heydar Aliyev, ancien responsable local du K.G.B. et protégé de Leonid Brejnev. Heydar Aliyev deviendra leader historique pendant l'ère soviétique.
Le retrait de l'Armée rouge d'Afghanistan et laChute du mur de Berlin génèrent un mouvement de révolte nationaliste contre l'URSS. Ses partisans déclenchent des pogroms contre lesarméniens. Dans la nuit du 19 au 20 janvier 1990, l'armée rouge intervient pour reprendre le contrôle de l'Azerbaïdjan, mais officiellement à titre de « prévention de violences ethniques ». Une répression sanglante s'ensuit : c'est leJanvier Noir.
Le, la RSS d'Azerbaïdjan est rebaptisée République d'Azerbaïdjan, peu avant d'accéder à l'indépendance en 1991.
L'Azerbaïdjan proclame son indépendance après l'effondrement du bloc communiste, le.
Dès la sortie de l'URSS, uneguerre oppose l'Azerbaïdjan et lesArméniens duHaut-Karabagh, soutenus par l'Arménie, à l'issue de laquelle leHaut-Karabagh maintient son indépendancede facto. Les pertes militaires sont estimées à 25 856 morts au total sans compter les civils. Mais il n'y a toujours pas eu de signature de paix et des altercations continuent de se produire sur la ligne de front, malgré l'absence d'offensive directe.
Aboulfaz Eltchibeï, le chef duFront populaire d'Azerbaïdjan (FPA), est élu président au suffrage universel avec 55 % des voix en. À la suite d'une courte guerre civile, il est destitué enjuin 1993 et remplacé provisoirement par l’ancien dirigeant soviétiqueHeydar Aliyev, chef du Parti communiste. La destitution d’Eltchibeï est « acceptée » par référendum en et Aliyev est élu président avec 98,8 % des suffrages.
Huit grands fleuves coulent du Grand Caucase et du Petit Caucase, dans les plaines centrales de la Koura-Aras, lesplaines alluviales et lesdeltas le long dulittoral de la mer Caspienne par le fleuve Koura et son principalaffluent, le fleuve Aras qui est le deuxième plus long fleuve. Le Koura, le plus long fleuve dans la région du Caucase et de l'Azerbaïdjan, forme un delta et se jette dans la mer Caspienne, ainsi que le confluent avec l'Aras[37],[38].
Il y a environ250 lacs, mais ils sont tous très modestes en superficie. Le plus grand lac naturel, lelac Hajikabul a une superficie de 16 km2[37],[39].
Les eaux desréservoirs fournissent de l'énergie hydroélectrique et l'eau d'irrigation de la plaine Koura-Aras. La plupart des rivières du pays ne sont pas navigables. Environ 15 % des terres en Azerbaïdjan, sont desterres arables, dont certaines nécessitent une irrigation[37],[38].
Carte des subdivisions administratives de l'Azerbaïdjan. Les subdivisions administratives de la république autonome deNakhitchevan sont énumérés séparément.
L'Azerbaïdjan est unÉtat unitairecentralisé. Le pays est divisé administrativement en66districts ouraïon, dont 59 sont situés en Azerbaïdjan proprement dit, et sept sont situés au Nakhitchevan ; et en12villes, dont onze sont situées en Azerbaïdjan proprement dit, et une est située au Nakhitchevan[44]. Il existe une subdivision administrative particulière : la république autonome deNakhitchevan, qui est séparée du reste du territoire par une bande de territoire arménien[44]. Les districts ne disposent pas de leurs propres organes de représentation (gouverneurs et assemblées territoriales), à l'exception de la république autonome de Nakhitchevan.
L'Azerbaïdjan est une républiquelaïque àrégime semi-présidentiel[45] avec un fort pouvoir présidentiel, ce qui lui vaut d'être régulièrement qualifié derégime présidentiel[46],[47]. Ses dirigeants ont choisi l'alliance politique avec lesÉtats-Unis et la Turquie, ce qui implique entre autres une alliance avec Israël et l'Ukraine, et dans une moindre mesure avec l'Union européenne. L'Azerbaïdjan est encessez-le-feu avec l'Arménie, dont l'indépendance est garantie par la Russie[25].
Selon le journal françaisLe Monde l'Azerbaïdjan est une« dictature impitoyable » et s'apparente à une pétromonarchie puisque la famille régnante dirige le pays depuis 1993 et tire ses revenus des hydrocarbures[48].
Aujourd'hui, lesÉtats-Unis, laTurquie etIsraël sont bien implantés dans le pays, intéressés par la position stratégique de l'Azerbaïdjan dans leCaucase et par ses ressources pétrolières et gazières. La Russie a retrouvé une large influence àBakou et l'Iran s’est également rapproché du pays en raison d'une forte minorité azérie d'à peu près 16 % de la population iranienne, soit 12,6 millions de personnes[2], mais aussi parce qu'ils recherchent une alliance pour contrebalancer l'influence occidentale sur la région. L'azéri est une langue du groupe turc et il existe de fortsliens culturels et politiques avec la Turquie.
LeprésidentHeydar Aliyev, ancien membre duParti communiste de l'Union soviétique (PCUS), a dirigé le pays de 1993 à 2003, d'une main de fer. Sérieusement malade, il a fait élire son filsIlham Aliyev à la présidence lors des élections de 2003 avec près de 77 % des voix[49]. L’opposition est descendue dans la rue mais la répression etle manque de soutien de la communauté internationale[réf. nécessaire](contrairement à laGéorgie voisine)[réf. nécessaire] ont rapidement clos toute contestation. Selon un sondage effectué par l’institut Gallup[réf. nécessaire] sur 1 400 citoyens de l’Azerbaïdjan, à peine 38 % des personnes interrogées font confiance à leur armée et 37 % « partiellement confiance ». En revanche, 52 % des Azéris seraient satisfaits de la situation économique de leur pays. En 2003, ils n’étaient que 31 % à l’affirmer. 60 % des personnes interrogées se disent confiantes sur l’évolution économique du pays et 66 % se déclarent intéressées par la politique et le travail de leur gouvernement. Ilham Aliyev est réélu à l'élection présidentielle d', augmentant son score de 2005 de plus de dix points à 88,73 %. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a jugé cette élection non démocratique[49]. Lors des élections de 2013 les résultats ont été publiés accidentellement la veille du scrutin[50],[51], confortant les suspicions d'irrégularités dénoncées par les opposants[52],[53]. Le 21 février 2017, Ilham Aliyev a nommé son épouse Mehriban Alieva au poste de vice-présidente. Ce poste a été créé en 2016 lors d’un référendum constitutionnel.
Lepouvoir législatif en Azerbaïdjan estmonocaméral. L’Assemblée nationale compte125 sièges et ses membres sont élus au suffrage universel pour cinq ans. Cependant, l'Assemblée nationale est historiquement une institution faible et sans influence réelle. L'Azerbaïdjan possède un système où le pouvoir présidentiel est fort, tandis que les pouvoirs législatif et judiciaire ne disposent que d'une indépendance limitée.
L'Eurovision qui s'est déroulé dans le pays entre le 22 et le a donné l'occasion aux pays occidentaux de s'intéresser à la politique menée par le président actuel,Ilham Aliyev. Les médias envoyés sur place pour couvrir l'Eurovision ont rapidement constaté de nombreuses atteintes aux droits de l'Homme telles que la répression violente de manifestations par les autorités, la mise en détention illégale de journalistes, les faux procès mis en place par le dirigeant, les éventuels trucages des élections. Des opposants au régime qui cherchaient à attirer l'attention sur la situation de leur pays se sont fait violemment réprimer par les autorités et des journalistes étrangers ont été battus[54].
Malgré tout, les habitants interrogés par les médias n'ont rien pu dire au risque de violentes représailles et l'Union européenne de radio-télévision a refusé purement et simplement de parler de la politique menée dans le pays[55].
LeHaut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme s'est dit très « préoccupé » par l'action du président Aliyev, qui a gracié, couvert de louanges et promu l'officier Safarov, qui avait été reconnu coupable du meurtre par décapitation de l'officier arménien Margarian[56]. « Des crimes de haine, d'origine ethnique, de cette gravité, doivent être punis et non glorifiés par des dirigeants politiques »[57], a souligné le porte parole de l'instance onusienne à Genève.Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, s'est dit lui aussi préoccupé par l'affaire, tout comme les États-Unis.
Le pays est régulièrement qualifié dedictature. Il est classé162e sur180 pays parReporters sans frontières en matière de liberté de la presse et160 opposants politiques, dont16 journalistes et écrivains, sont incarcérés par le régime en 2017[58]. Par ailleurs, l’Azerbaïdjan est classé parTransparency International en 2024 comme l’un des pays les plus corrompus de la planète[59].
Lesrelations avec l'Arménie sont très conflictuelles en raison de la question duHaut-Karabagh, république autoproclamée en sécession de l'Azerbaïdjan à majorité arménienne. Il n'existe pas de relations diplomatiques officielles entre les deux États qui sont dans unétat de guerre depuis la fin de laguerre du Haut-Karabagh de 1988-1994, quand une trêve a été négociée par laRussie le. Le Haut-Karabagh maintient son indépendancede facto. Le visa d'entrée en Azerbaïdjan est systématiquement refusé à tout citoyen arménien et à toute personne d'origine arménienne[60]. Il est également refusé à toute personne détentrice d’un visa délivré par les autorités du Haut-Karabagh ou d’un tampon signalant un séjour au Haut-Karabagh, ou encore dans l’une des sept régions occupées d’Azerbaïdjan. Cela se traduit par une interdiction permanente d'entrée en Azerbaïdjan[61].
Les relations avec l'Iran sont également fortes. Malgré la différence idéologique entre les deux pays, l'Iran étant un Étatthéocratique et l'Azerbaïdjan un Étatlaïque, l'Iran s'est rapproché du pays en raison de la présence d’une forte minoritéazérie d'environ 12,6 millions de personnes en Iran[2]. Les deux nations ont une histoire commune : l'Azerbaïdjan fut une partie de l'Iran avant la conquête russe en 1800, et tous deux sontchiites, contrairement aux Turcs qui sont principalementsunnites. L'Azerbaïdjan entend donc conserver sa relation privilégiée avec la Turquie tout en cultivant des relations étroites dans de très nombreux domaines avec l'Iran.
L'Azerbaïdjan est le seul pays de majorité musulmane chiite à entretenir des relations diplomatiques avec Israël depuis son indépendance[63]. Les relations diplomatiques bilatérales ont été officialisées dès le 7 avril 1992.
Lesforces armées azerbaïdjanaises sont rétablies par la loi de la république d'Azerbaïdjan sur les forces armées du[64]. Larépublique démocratique d'Azerbaïdjan avait déjà constitué sa propre force armée le. Toutefois, elles avaient été dissoutes après l'intégration de l'Azerbaïdjan au sein de l'URSS le. À la suite de la dissolution de l'URSS en 1991, les forces armées sont rétablies sur la base des équipements et des camps de l'anciennearmée rouge présents sur le sol azerbaïdjanais.
Selon les sources des médias azerbaïdjanais, les dépenses militaires du pays en2009 se sont élevées à2,46 milliards dedollars US. Selon leSIPRI, seuls1,473 milliard de dollars ont été dépensés[65] et selon l'IISS, le budget de la défense de 2009 s'établit autour de 1,5 milliard de dollars US[66]. L'Azerbaïdjan possède sa propre industrie de défense qui conçoit des armes légères[67]. Dans l'avenir, l'Azerbaïdjan espère concevoir ses propreschars d'assaut, véhicules blindés et aéronefs militaires[68].
L'économie de l'Azerbaïdjan est fortement dépendante de l'exploitation dupétrole enmer Caspienne, àNeft Daşları, qui représente 70 % de ses exportations et 50 % du budget de l'État. La croissance est élevée, de l'ordre de 34,5 % en 2006 et 29,3 % en 2007 selon laBanque mondiale.
Les grands chantiers ont commencé quand le pays a enfin tiré profit de l'industrie pétrolière. En 2006, grâce à la mise en service duBTC (oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan), le premier super-oléoduc à destination de l'Europe, et à la flambée des cours du brut, le petit État caucasien a affiché une croissance de 36 %, un record mondial. Depuis la crise a frappé là comme ailleurs (lePIB n'a augmenté que de 0,3 % en 2011), mais l'enthousiasme demeure. L'Azerbaïdjan est doublement attractif. Comme fournisseurhydrocarbures d'abord, mais aussi et surtout parce qu'il occupe une remarquable positiongéostratégique à l'heure où l'économie mondiale bascule vers l'Est[69]. L'Azerbaïdjan conscient qu'il a une carte à jouer, fait valoir son positionnement de carrefour et développe une politique desoft power[70].
Autoroute qui fait partie de laroute européenne 60, près de Ələt, sud-ouest de Bakou.Vue du port de ferry à Bakou.Carte des chemins de fer azerbaïdjanais actuelle.
L’Administration Publique Maritime de la Mer Caspienne et le Port Maritime Commercial de Bakou jouent un grand rôle dans le transport fluvial de l’Azerbaïdjan[77].
La capacité maximum de transport de passagers est passée entre 1990 et 2017 de 11,2 millions à 2,3 millions de personnes[80]. En 2019, le transport de passagers représentait 3 631 000 voyageurs pour 544 000 000 voyageurs.km[78].
Laligne Bakou-Tbilissi-Kars est une ligne de chemin de fer reliant directement laTurquie, laGéorgie et l'Azerbaïdjan. Originellement prévue pour être achevée et mise en service en 2012, elle a été inaugurée le.
Fête marquant la création de la première unité militaire régulière (qui a formé le fondement des premières forces armées azerbaïdjanaises) par la république démocratique d'Azerbaïdjan, le.
L'azéri, parfois appelé azerbaïdjanais (Azərbaycan dili ouazəri dili en azéri) ou azéri-turc, est une langue appartenant au groupe deslangues turciques de la famille deslangues altaïques.
Il est parlé dans leCaucase et leMoyen-Orient, principalement en Azerbaïdjan et en Iran. Le nombre total de locuteurs est évalué entre 25 et 35 millions dont un peu plus de9 millions en Azerbaïdjan et entre 15 et 20 millions en Iran. Selon le recensement de 2009, l'azéri est la langue natale de 91,6 % des habitants de l'Azerbaïdjan[3].
L'azéri est unelangue agglutinante et utilise fréquemment lesaffixes, en particulier lessuffixes. Un mot peut avoir de nombreux affixes et ils peuvent être également utilisés pour créer de nouveauxmots. Les relations entre des mots se créent à l'aide des suffixes ajoutés à la fin des mots[82]. Il est ainsi possible de créer unverbe depuis un nom, ou un nom depuis une base verbale (voir la sectionFormation des mots). La plupart des affixes indiquent la fonction grammaticale du mot. Il n'y a niarticles nigenres[82]. L'azéri possède six cas :nominatif,génitif,datif,accusatif,locatif,ablatif[82].
Aujourd'hui en Azerbaïdjan, l'alphabet azéri est fondé sur l'alphabet latin[83]. L'azéri iranien utilise l'alphabet arabe[83]. Quant à l'histoire de l'alphabet azéri, selon l'Institut des manuscrits d'Azerbaïdjan, avec la conquête du califat arabe auVIIe siècle, l'alphabet arabe s'implante en Azerbaïdjan et demeure le principal moyen d'écriture jusqu'en 1929[83]. De 1929 (déjà à partir de 1923 l'alphabet latin s'utilisait parallèlement avec l'alphabet arabe) jusqu'à 1939, l'alphabet latin remplace l'alphabet arabe[83]. À partir de 1939, l'alphabet cyrillique remplace l'alphabet latin en devenant l'alphabet officiel de l'Azerbaïdjan soviétique[83]. Et enfin en 1991, avec l'indépendance de l'Azerbaïdjan, l'alphabet latin devient l'alphabet officiel du pays. Depuis 1991, l'alphabet azéri contient 32 lettres pour 33 sons, dont 23 consonnes et 9 voyelles[83].
L'Azerbaïdjan compte plus de9 millions d'habitants en 2012. Il est l'un des pays de laCommunauté des États indépendants les plus densément peuplés. La population azerbaïdjanaise est aussi l'une des plus jeunes de la Communauté des États indépendants, avec 22,3 % de moins de15 ans et seulement 9 % de plus de60 ans.
La population actuelle de l'Azerbaïdjan est 9 960 521, selon les statistiques des Nations unies[88].
La population de l'Azerbaïdjan a crû constamment depuis l'indépendance, de 7 200 000 en 1991, 8 350 000 habitants en 2005 et 9 164 600 habitants en 2011[89].
Selon les données du Comité des statistiques de l'Azerbaïdjan pour le, la population totale de l'Azerbaïdjan est de 9 981 457 habitants, dont 52,8 % en milieu urbain et 47,2 % en milieurural. Les hommes représentent 49,9 % et les femmes 50,1 %[90].
Le 6 avril 2019 est né le 10 millionième citoyen de l'Azerbaïdjan.
L'art azerbaïdjanais désigne les réalisations artistiques dupeuple azéri. Compte tenu des vicissitudes de l'histoire azérie, son domaine dépasse largement non seulement celui du territoire de l'actuelle république d'Azerbaïdjan, mais aussi l'Azerbaïdjan iranien et le Sud duDaghestan enRussie qui, avec la république d'Azerbaïdjan constitue la patrie du peuple azéri.
Le parcours précis aux dogmes de l'Islam avec son interdiction à la représentation des êtres vivants a amené au développement de l'art ornemental. Les tapis, les miniatures, les calligraphies, les portails élégamment ornés des bâtiments, les dessins muraux semblables à de la dentelle, les mosaïques des mausolées et les palais sont les œuvres d'art de la culture islamique azéri. Malgré l'interdiction, les peintures et les sculptures d'êtres vivants (les humains, les animaux et les créatures mythologiques) ont participé au raffinement artistique et fleuri.
La littérature azérie est notamment renommée pour sa poésie, qui peut être épique, historique, philosophique, amoureuse, et mystique. Les styles poétiques desdiwan etghazal et le genre poétique des bardes, l'achik, sont les principaux genres littéraires florissants[96].
Lamusique azérie est pratiquée en Azerbaïdjan, mais aussi dans les contrées voisines qui partagent cette culture, ainsi l'Azerbaïdjan comme région de l'Iran et la région de Kars enTurquie.
Réciproquement, les Azéris ont un patrimoine culturel composé d'éléments turcs, iraniens et caucasiens. Il existe deux formes spécifiques de musique traditionnelle : celle desashiks ou troubadours, qui remonte peut-être aux influences arménienne, géorgienne, turkmène ou kazakhe, et celle dumugham, lamusique savante dérivée du système modal iranien, lesdastgâhs, soumis à l'influence turque desmaqâms. Si la frontière entre ces deux formes est bien définie, c'est surtout par l'instrumentation, le style de chant, et le contexte.
L'architecture azérie s'est développée au fil des influences culturelles. L'architecture azérie bénéficie d'un héritage qui a évolué avec le mélange de la culture turcique de l'Azerbaïdjan, avec les élémentsculturels islamiques. Elle utilise abondamment la géométrie symbolique, usant de formes pures telles que le cercle et le carré. Les plans sont souvent fondés sur des rendus symétriques, dont les cours rectangulaires et les halls sont caractéristiques. Elle fait intervenir des formes géométriques, répétitives, ainsi que des surfaces richement ornées de céramiques, de stuc sculpté et de briques, formant des motifs décoratifs, calligraphiques, une iconographie florale, et parfois des formes animées.
Cependant à partir de 1960 jusqu'à l'indépendance de l'Azerbaïdjan en 1991, une architecture uniforme est devenue la norme dans toute l'Union soviétique, qui a souligné l'utilité plutôt que l'esthétique. L'accent a alors été mis sur la quantité plutôt que sur la qualité. La volte-face de l'architecture nationale vers la construction en béton préfabriqué pour la construction de logements de masse, a commencé dans les années 1950. Avec l'indépendance de l'Azerbaïdjan, l'architecture postmoderniste est en expansion et la fusion de l'architecture azérie avec l'architecture néoclassique est reconstituée avec de nombreux projets.
Lecinéma azerbaïdjanais est l'un des premiers cinémas dans le monde et une cinématographie nationale a été créée dès les années 1920. Il a connu une importante crise durant les années 1990 et est, depuis les années 2000, de nouveau prolifique.
L'un des premiers maîtres du cinéma azerbaïdjanais est leréalisateur de ce film etacteurAbbas Mirza Charifzadé, qui a produit les premiers films azéris dans les années 1920.
Le climat joue un rôle important dans la formation de lacuisine azerbaïdjanaise : la diversité du climat fait que la cuisine azerbaïdjanaise est très colorée et riche. Les notes des voyageurs étrangers visitant l'Azerbaïdjan montrent que les gens cultivaient le blé, le riz, le sésame, la betterave, la vigne, les pommes, le tabac, le coton, le coing et produisaient de la viande (surtout ovine), du caviar et pratiquaient la pêche.
Les noms des repas nationaux trouvent leurs origines dans la technique de leurs préparations et rappellent les régions d'où ils viennent. Par exemple, le nom dudolma vient de deux mots :doldurmaq signifie « remplir » etdolamaq signifie « rouler ».
Dans la cuisine nationale azerbaïdjanaise, la viande de bovins et de moutons est très utilisée. Les archives prouvent que d'antan les viandes decheval et dechameau étaient aussi utilisées. Les Azéris préfèrent la viande des animaux de montagne. On utilise aussi la graisse, les abats et les tripes des animaux dans la cuisine azerbaïdjanaise.
Grâce à la variété des fleuves et des rivières, la cuisine azerbaïdjanaise contient beaucoup de plats de poisson. Les goûts des poissons rôtis, farcis et leschachlik (brochettes) de poisson sont très appréciés.
Parmi les produits volaillers, lesœufs sont très utilisés dans la cuisine nationale. Les omelettes aux œufs (sebzi kuku), le poulet aux œufs (çığırtma) sont des mets courants très appréciés. Les Azéris aiment utiliser les produits laitiers dans leur cuisine :atlama,dovğa,doğramac,ayranaşı.
Différentes sortes de pain commelavach,yukha,sengah,khamrali,tendir coreyi, décorent les tables azerbaïdjanaises.
Les pâtes occupent une place importante dans la cuisine azerbaïdjanaise. Les repas préparés avec de la farine commeduchbéré,gurzé,horra,khechile,khengel, etc., sont plutôt mangés en hiver.
Les vodkas (araq en azéri) faites à base de cornouilles et de mûres sont surtout utilisées comme traitement de certaines maladies. Autrefois, les Azéris préparaient une boisson appeléebuzé, apparentée à labière. Lethé a une place très importante dans la vie quotidienne azerbaïdjanaise.
Le tourisme en Azerbaïdjan est un secteur en croissance, porté par la diversité géographique du pays, son riche patrimoine culturel et les investissements publics et privés dans les infrastructures. Situé entre l’Europe et l’Asie, l’Azerbaïdjan est parfois surnommé laTerre de feu, en raison de ses sources de gaz naturel qui s’enflamment spontanément à l’air libre, comme àYanar Dag, et de son héritage zoroastrien, dans lequel le feu est une force sacrée.
Sous l’URSS, l’Azerbaïdjan comptait parmi les destinations de tourisme intérieur les plus prisées pour ses stations thermales, notamment à Naftalan, et pour son littoral sur la mer Caspienne. Le tourisme y était essentiellement curatif ou balnéaire. Après l’indépendance du pays en 1991, le développement du secteur a été freiné par l’instabilité liée auconflit du Haut-Karabakh. Ce n’est qu’à partir des années 2000 que le gouvernement a lancé une stratégie de diversification économique qui incluait le tourisme comme priorité. D’importants efforts ont alors été réalisés pour moderniser les infrastructures, améliorer l’image internationale du pays et attirer les visiteurs. L’organisation de grands événements comme leconcours Eurovision de la chanson (2012), lesJeux européens (2015), leGrand Prix de Formule 1 à Bakou (depuis 2016) ou encore l’accueil de matchs de l’Euro 2020 ont contribué à renforcer l’attractivité touristique du pays.
L’Azerbaïdjan dispose d’une grande variété de paysages et de climats. Selon laclassification de Köppen, onze des treize climats sur Terre y sont présents, ce qui en fait un territoire exceptionnellement diversifié pour sa superficie. Les montagnes du Caucase, les plateaux semi-désertiques et la mer Caspienne offrent des possibilités de tourisme de nature, d’aventure, de cure et de villégiature. Plusieurs parcs nationaux, comme celui deGobustan[97], classé aupatrimoine mondial de l’UNESCO pour ses pétroglyphes préhistoriques, accueillent des visiteurs.
La fréquentation touristique a connu une croissance continue jusqu’en 2019, atteignant 2,8 millions de visiteurs cette année-là. En 2011, ce chiffre était d’environ 1,2 million. Lapandémie de COVID-19 a provoqué une chute brutale des arrivées, mais les flux ont repris à partir de 2022[98]. Les touristes proviennent principalement des pays voisins (Russie, Géorgie, Iran, Turquie), mais le pays attire aussi de plus en plus de visiteurs européens et asiatiques grâce à des politiques de visa électronique et à la diversification de l’offre.
Malgré cette dynamique, le secteur fait face à plusieurs défis. Les infrastructures de transport restent inégales : si la capitale Bakou dispose d’un réseau moderne d’hôtels, d’aéroports et de routes, les régions rurales sont encore difficilement accessibles. Le réseau ferroviaire, bien que présent, est peu utilisé par les touristes. Le tourisme reste aussi dépendant du contexte géopolitique, notamment en lien avec la situation au Haut-Karabakh.
Lessports en Azerbaïdjan couvrent un grand nombre de disciplines. Les sports traditionnels en Azerbaïdjan ont des racines anciennes, et même maintenant, les deux sports traditionnels et modernes sont tout aussi populaires. Les textes les plus anciens font référence à des compétitions dechovgan, une disciplineéquestre proche dupolo, et pratiquée dès leIer millénaireav. J.-C. en Azerbaïdjan, en Asie centrale, en Iran, en Turquie et en Irak[99]. Ce sport était le plus noble de toute une série d'épreuves physiques par lesquelles les hommes devaient prouver leur force.
↑TourajAtabaki,Azerbaijan: Ethnicity and the Struggle for Power in Iran, I.B.Tauris,(ISBN9781860645549),p. 25
↑R. HrairDekmejian et Hovann H.Simonian,Troubled Waters: The Geopolitics of the Caspian Region, I.B. Tauris,(ISBN978-1860649226,lire en ligne),p. 60 :
« Until 1918, when the Musavat regime decided to name the newly independent state Azerbaijan, this designation had been used exclusively to identify theIranian province of Azerbaijan. »
↑BabakRezvani,Ethno-territorial conflict and coexistence in the caucasus, Central Asia and Fereydan: academisch proefschrift, Amsterdam, Amsterdam University Press,(ISBN978-9048519286),p. 356 :
« "The region to the north of the river Araxes was not called Azerbaijan prior to 1918, unlike the region in northwestern Iran that has been called since so long ago." »
↑B.G.Fragner,Soviet Nationalism: An Ideological Legacy to the Independent Republics of Central Asia, I.B. Tauris and Company,, 13–32 p. :
« In the post Islamic sense, Arran and Shirvan are often distinguished, while in the pre-Islamic era, Arran or the westernCaucasian Albania roughly corresponds to the modern territory of the Republic of Azerbaijan. In theSoviet era, in a breathtaking manipulation,historical Azerbaijan (northwesternIran) was reinterpreted as "South Azerbaijan" in order for the Soviets to lay territorial claim on historical Azerbaijan proper which is located in modern-day northwestern Iran. »
↑George A.Bournoutian,The 1820 Russian Survey of the Khanate of Shirvan: A Primary Source on the Demography and Economy of an Iranian Province prior to its Annexation by Russia, Gibb Memorial Trust,(ISBN9781909724839,lire en ligne),p. 18 :
« (...) the Baku and Elisavetpol guberniias, declared their independence (to 1920), and, despite Iranian protests, took the name of Azerbaijan (as noted, the same designation as the historical region in northwestern Iran) (...) »
↑M.Behrâmnejâd, « Karakoyunlular, Akkoyunlular : İran ve Anadolu'da Türkmen Hanedanları », (turc) sh. 14 : "En raison de la domination des Turkmènes Qaraqoyunlu et Aqqoyunlu dans la région, de nombreuses tribus turkmènes s'y sont installées, et les autres ont établi l'État safavide en Iran. Aujourd'hui, une partie de l'héritage important qu'ils nous ont donné est Gunchikhan Oghuz ou Turkman, qui est utilisé dans certaines régions de Gunchikhan Anatolie, principalement à Igdir et Kars, ainsi qu'en Iran et en Azerbaïdjan, qui sont maintenant appelés Azerbaïdjanais.
↑M. Faruk Sümer, «Kara Koyunlular», (Turc) s. VIII: Les Karakoyunlus ne sont pas seulement responsables de ces mouvements migratoires politiques de l'Anatolie vers l'Iran, mais aussi le premier agent d'un nouveau mouvement de colonisation qui assurera la reprise de la domination turkmène en Iran et, en lien avec celle-ci, la turquification absolue de l'Azerbaïdjan .. ils l'ont été. Comme on peut le comprendre à partir de ces mots, le turc qu'ils parlaient était, bien sûr, le dialecte oriental Oguz ou turkmène, qui s'appelle aujourd'hui le dialecte azéri. Aujourd'hui, il est clairement entendu que Cihan Shah, l'un des dirigeants de Karakoyunlu, était l'un des représentants de la littérature azerbaïdjanaise
↑Miklukho-Maklay, N. D.Shiism and its social face in Iran at the turn of the XV-XVI centuries "These tribes, which later became known as theQizilbash tribes... created the states of Kara Koyunlu and Ak Koyunlu, which in the15th century successively ruled Azerbaijan and most of Iran
↑Gerhard doerfer, Turks in Iran, p. 248 It is very strange that the word "Turkmen" still leads to confusion. I saw in Leningrad that Iraqi Oghuz literature included the name Oghuz "Turkmen"; the word "Turkmen" actually means "nomadic Oghuz." In any case, the "Turkmen" of Aq qoyunlu and Qaraqoyunlu are Azerbaijanis.
↑Г.Д Мuклухо-Маклаū, Шuuзм u еso соцо Иране на рубеже ХV-XVI ьь. : "As a result, these tribes, called Qizilbash, were related to the Azerbaijani tribes, who by their languages and origins established the Qaraqoyunlu and Aqqoyunlu states, and ruled Azerbaijan and much of Iran in the15th century."
↑a etbRoger Savory (2007).Iran Under the Safavids. Cambridge University Press.p. 213.(ISBN978-0-521-04251-2).qizilbash normally spoke Azari brand of Turkish at court, as did the Safavid shahs themselves; lack of familiarity with the Persian language may have contributed to the decline from the pure classical standards of former times
↑a etbPrice, Massoume (2005). Iran's Diverse Peoples: A Reference Sourcebook. ABC-CLIO.p. 66.(ISBN978-1-57607-993-5). "The Shah was a native Turkic speaker and wrote poetry in the Azerbaijani language."
↑«Mission to the Lord Sophy of Persia, (1539- 1542) / Michele Membré ; translated with introduction and notes by A.H. Morton»,p. 10-11
↑David Blow. Shah Abbas: The Ruthless King Who Became an Iranian Legend. — С. 165. The primary court language remained Turkish. But it was not the Turkish of Istambul. It was a Turkish dialect, the dialect of the Qizilbash Turkomans, which is still spoken today in the province of Azerbaijan, in north-western Iran.
↑Willem Floor,Hasan Javadi, The Role of Azerbaijani Turkish in Safavid Iran. Оригинальный текст (англ.) During the Safavid period Azerbaijani Turkish, or, as it was also referred to at that time, Qizilbash Turkish, occupied an important place in society, and it was spoken both at court and by the common people... Throughout the Safavid period there were two constants to Azerbaijani Turkish as a spoken language in Iran. First, it was and remained the official language of the royal court during the entire Safavid period. Second, the language remained the spoken language of the Turkic Qizilbash tribes and was also spoken in the army.
↑a etbMichael Mainville, « Azerbaïdjan : vives critiques de l'OSCE et de l'opposition sur la présidentielle »,Les Échos, 16 octobre 2008,[lire en ligne (page consultée le 22 octobre 2008)].
↑« Transport de l’eau », surazerbaijans.com(consulté le) :« L’Administration Publique Maritime de la Mer Caspienne et le Port Maritime Commercial de Bakou jouent un grand rôle dans la transportation sur l’eau de l’Azerbaïdjan. ».