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Augustobona

48° 17′ 56″ nord, 4° 04′ 41,02″ est
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Augustobona
Tricassium
Image illustrative de l’article Augustobona
Ancienne porte Chaillouet.
Localisation
PaysDrapeau de l'Empire romainEmpire romain
Province romaineGaule lyonnaise
RégionGrand Est
DépartementAube
CommuneTroyes
TypeChef-lieu deCivitas
Coordonnées48° 17′ 56″ nord, 4° 04′ 41,02″ est
Histoire
ÉpoqueAntiquité (Empire romain)
Géolocalisation sur la carte :Rome antique
(Voir situation sur carte : Rome antique)
Augustobona
Augustobona
Augustobona
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Augustobona est le nom latin de la ville fondée par les Romains qui devint par la suiteTroyes. Chef-lieu etoppidum de lacité desTricasses, elle était située sur laSeine.

Toponymie

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La ville est connue sous le nom d'Augustobona à l'époque gallo-romaine[1]. Du terme celtiquebona, fondation urbaine, et du nom de l'empereurAugustus, Auguste, soit « fondation (dédiée à) Auguste ». L'élémentbona se trouve également dansJuliobona, (Lillebonne, Seine-Maritime), dansVindobona « la ville blanche » (Vienne, Autriche) etRatisbona (Ratisbonne, Allemagne)[2],[3].

Par un processus connu pour bien d'autres villes françaises, le nom actuel est dérivé du nom de la nation desTricasses, organisée au sein de lacivitas Tricassium (IVe siècle).

Avant l'arrivée des Romains

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À proximité de Troyes, lecomplexe funéraire du Moutot à Lavau atteste l'occupation précoce du territoire dès leVe siècle av. J.-C. Relativement proche aussi, latombe de Vix atteste une occupation celte dans la région dès leVIe siècle av. J.-C. Les premiers habitants ayant laissé des traces tangibles de leur présence sont lesTricasses, peuple de laGaule lyonnaise mentionnée à partir duIer siècleapr. J.-C. dans les écrits de géographes grecs[4], même si quelquesmégalithes témoignent d'un peuplement plus ancien[5]. La ville est mentionnée sous le nom deAugustobona dans le courant duIIe siècle[6] , mais la dénomination dérivée du nom desTricasses s'impose progressivement sous leBas-Empire. LesLingons, voisins de cette nation, ont aussi habité dans la moitié sud-est de la ville[7]. L’absence de mention du peuple desTricasses dans laGuerre des Gaules et le nom du chef-lieu de cité du Haut-Empire ont conduit à penser que la création de cettecivitas résultait du démembrement du territoire d’un ou de plusieurs peuples voisins à l’époque augustéenne. Les dernières synthèses en date proposent qu’elle se soit faite au détriment du peuple des Sénons[8].

Fondation de la ville auIer siècle

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Site gallo-romain de laPorte de Chaillouet.

À l'époque de sa fondation, au cours duHaut-Empire — fin duIer siècle av. J.-C. et débutIer siècleapr. J.-C. — la cité, alors entourée de vastes étendues marécageuses sur ses franges méridionales et ses marges septentrionales, fait l'objet d'importantes opérations dedrainage afin d'accueillir de nouvelles zones urbaines[9]. À partir de la seconde moitié duIer siècle, le site d'Augustobona dispose de plusieurs infrastructures publiques à caractèreédiliaires[9]. Ces édifices, notamment unaqueduc et possiblement uncomplexe thermal, mais dont lesprospections archéologiques n'ont permis de retrouver seulement quelques vestiges, alternent avec des aires d'habitation[9]. À cette époque, l'ouvrage d'art hydraulique, par le biais d'unecanalisation conçue au moyen de mœllons de petite taille, permet alors de distribuer eneau potable les différents lieux publics et privés de la cité champenoise[10],[11],[12]. Au cours de cette période, l'ensemble urbain de la ville de Troyes, sous forme antique, recouvre dès lors une superficie d'environ80 ha, espace compris entre la porte de Chaillouet, au nord, et la place du Professeur-Langevin au sud ; ainsi qu'entre le faubourg Saint-Jacques, à l'ouest, et la rue Jeanne-d'Arc à l'est[9]. Postérieurement à ce développement urbain, au cours desannées 120apr. J.-C., l'empereur romainHadrien séjourne dans la ville avec ses troupes[7].

Augustobona devientCivitas Tricassium à la fin duIVe siècle

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Au début de l'Antiquité tardive, vers380apr. J.-C., la ville troyenne, qui est à cette époque rebaptisée sous le nom deCivitas Tricassium, est alors enserrée par un vastemur d'enceintefortifié[9].

C'est à l'ouest de la ville, versMéry-sur-Seine, ou, de manière plus probable, àDierrey-Saint-Julien (au lieu-dit de Moirey)[13],[14] que se déroule en451 labataille des champs Catalauniques[15].

Le20 juin, alors qu'Attila a été repoussé àOrléans par les Romains,Loup de Troyes, évêque de la cité, se rend à son camp et le supplie d'« épargner une ville sans défense, car elle n'avait ni murs ni soldats ».Attila lui aurait répondu :« Soit ! Mais tu viendras avec moi et tu verras leRhin ; je te promets de te renvoyer alors »[16]. LesHuns sont encore arrêtés dans les plaines voisines de Troyes, appeléeschamps Catalauniques, par les Romains et par lesFrancs commandés parMérovée ainsi que leurs alliés.Attila est défait. Le roi desWisigoths,Théodoric, y est tué[17]. La bataille de Mauriac, ouCampus Mauriacus, autre terme historique utilisé pour faire mention du conflit des champs Catalauniques[18],[15],[14], chasse définitivement lesHuns de laGaule[19],[20].

Localisation incertaine des Champs catalauniques

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La localisation desChamps Catalauniques est incertaine, plusieurs lieux sont évoqués :

  1. À l'ouest de Troyes (Dierrey-Saint-Julien). Le lieu a été cherché entreSens etTroyes, à quinze kilomètres à l'ouest deTroyes, dans la plaine de Moirey[21], au sud de la commune deDierrey-Saint-Julien (Aube).
  2. À l'ouest de Troyes (Montgueux). Certaines études supposent que ce combat se serait déroulé dans un lieu appelé champs Mauriaques (campus mauriacus)[22]. Ces études situent lecampus mauriacus à l'ouest de Troyes près du village deMontgueux[23]. On trouve également le chemin des Maures entre Troyes et Montgueux, lequel nom est considéré par les toponymistes comme dérivant de « mont des Goths ».
  3. Au nord-ouest de Troyes (Méry-sur-Seine). À la suite de la découverte dutrésor de Pouan et de son étude[24] parAchille Peigné-Delacourt, la bataille se serait déroulée entreMéry-sur-Seine etArcis-sur-Aube. L'historien britannique Thomas Hodgkin (1831-1913) propose aussi le site de Méry-sur-Seine.
  4. Au nord-ouest de Troyes (Sainte Maure). Ou peut-être près deSainte-Maure à quelques kilomètres au nord-ouest deTroyes : on y trouve une plaine (qui pourrait être le Campus Mauriacus dont parle Grégoire de Tours) dominée par deux collines qui pourraient être les lieux où Ætius et Attila s'installèrent avant la bataille.

Notes et références

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  1. Augustobona / Ciuitas Tricassium (Troyes) - 3263 - L'encyclopédie - L'Arbre Celtique
  2. Xavier Delamarre,Dictionnaire de la langue gauloise, errance 2003.
  3. Xavier Delamarre et Pierre-Yves Lambert (préface), Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, Éditions Errance, 2003, 440 p., p. 82 et 109(ISBN 9 782 877 722 377)
  4. (grk) Strabon,Géographie,p. IV, 1, 11
  5. « Histoire de Troyes des origines à la fin duXIXe siècle », surle site vieuxtroyes.free.fr, site personnel d'Hervé Grosdoit-Artur(consulté le).
  6. (grk) Ptolémée,Géographie,p. II, 7
  7. a etbBoutiot 1870,p. 74.
  8. MichelKasprzyk, CédricRoms, AnneDelor-Ahü et CyrilDriard, « Troyes/Augustobona, cité des Tricasses »,Gallia. Archéologie des Gaules,vol. 72,nos 72-1,‎,p. 247–260(ISSN 0016-4119,DOI 10.4000/gallia.1554,lire en ligne, consulté le)
  9. abcd eteClaireBourguignon, « Nouveaux apports sur l'évolution de la topographie urbaine de Troyes (Aube) au haut Moyen Âge »,Revue Archéologique de l’Est,t. 64,‎,p. 335 à 365(lire en ligne[PDF], consulté le).
  10. CyrilDriard (dir.), GwenaëlleGrange (dir.)et al.,4, rue Jeanne d'Arc, Troyes (Aube) : rapport final de fouilles - archéologie préventive,vol. 1 (résultats scientifiques), Evea - Société régionale d'archéologie de Champagne-Ardennes,, 207 p.(lire en ligne[PDF]).
  11. JeanScapula, « Informations archéologiques »,Gallia,CNRS éditions,t. 22,‎,p. 295 et 296.
  12. Crété-Protin 2002,p. 52.
  13. Rossignol 1989.
  14. a etbCrété-Protin 2002,p. 168.
  15. a etbCrété-Protin 2002,p. 166.
  16. ThierryAmédée,Histoire d'Attila et de ses successeurs,Didier,(ISBN 0-543-86531-2,lire en ligne),p. 162.
  17. Crété-Protin 2002,p. 165.
  18. Henrid'Arbois de Jubainville, « Encore un mot sur la bataille deMauriacus »,Bibliothèque de l'École des chartes, École nationale des chartes,t. 31,‎,p. 211 à 216(DOI 10.3406/bec.1870.446323,lire en ligne, consulté le).
  19. ErnestBabelon, « Attila dans la numismatique »,Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,Académie des inscriptions et belles-lettres,vol. 58e année,no 6,‎,p. 561(DOI 10.3406/crai.1914.73466,lire en ligne, consulté le).
  20. Crété-Protin 2002,p. 137-138.
  21. Riché 1983,p. 55.
  22. Page 273 dansMémoires lus à la Sorbonne dans les séances extraordinaires du Comité Impérial des Travaux Historiques et des Sociétés savantes (1864)].
  23. Prosper d'Aquitaine, « 451 : on s'est battu près de Troyes à cinq bornes milliaires de la ville » (7,5 km) et poème local duXIIIe siècle faisant allusion à la bataille près deLa Rivière-de-Corps[réf. incomplète].
  24. « Recherches sur le lieu de la bataille d'Attila en 451 / Peigné-Delacourt, Achille - 1860 », surreader.digitale-sammlungen.de(consulté le).

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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