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Attaque duPrince of Wales et duRepulse

3° 33′ 36″ nord, 104° 28′ 42″ est
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Attaque duPrince of Wales et duRepulse
Description de cette image, également commentée ci-après
LePrince of Wales (à gauche au premier plan) et leRepulse (à gauche à l'arrière-plan) lors de l'attaque aérienne japonaise. Un destroyer est présent au premier plan, rajouté par un artiste japonais[1].
Informations générales
Date10 décembre 1941
LieuMer de Chine méridionale
IssueVictoire décisive japonaise
Belligérants
Drapeau du Royaume-UniRoyal Navy
Drapeau du Royaume-UniRoyal Australian Navy
Drapeau du JaponService aérien de la Marine impériale japonaise
Commandants
Sir Tom Phillips
John Leach
William Tennant
Niichi Nakanishi
Shichizo Miyauchi
Hachiro Shoji
Forces en présence
1cuirassé
1croiseur de bataille
4destroyers
88 avions
(34 bombardiers-torpilleurs,
51 bombarbiers,
3 avions de reconnaissance)
Pertes
1 cuirassé coulé
1 croiseur de bataille coulé
840 morts
3 avions abattus,
28 avions endommagés[2]
2 hydravions portés disparus
18 morts[note 1]

Seconde Guerre mondiale

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Données clés
Coordonnées3° 33′ 36″ nord, 104° 28′ 42″ est

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L'attaque duPrince of Wales et duRepulse est unengagement naval de laSeconde Guerre mondiale qui eut lieu au nord deSingapour, au large de la côte est de laMalaisie, près deKuantan, dans l'État dePahang. Le cuirassé britannique de la Royal NavyHMS Prince of Wales et le croiseur de batailleHMS Repulse furent coulés par desbombardiers terrestres et desbombardiers-torpilleurs de lamarine impériale japonaise, le 10 décembre 1941. En japonais, l'engagement est désigné comme la « bataille navale au large de la Malaisie » (マレー 沖 海戦 Mare-oki kaisen).

L'objectif de laForce Z, qui se composait d'un cuirassé, d’un croiseur de bataille et de quatredestroyers, était d'intercepter la flotte d'invasion japonaise au nord de la Malaisie. Cependant, cette force naviguait sans appui aérien, qui avait été rejeté par l'amiral SirTom Phillips, le commandant de la Force Z, au profit du maintien de silence radio[3]. Bien que les Britanniques rencontrèrent les unités de surface lourdes japonaises, la force ne réussit pas à trouver et détruire le convoi principal. Durant leur retour versSingapour, le cuirassé britannique HMSPrince of Wales et le croiseur de bataille HMSRepulse furent coulés par des bombardiers moyens japonais à long rayon d’action.

Avec l'épisode de Pearl Harbor, trois jours plus tôt, cette attaque fut un nouveau coup dur pour les forces alliées et démontra une nouvelle fois la puissance de frappe de l'aviation japonaise. L'engagement en Malaisie illustra également l'efficacité desattaques aériennes contre desnavires de guerre, même les plus gros et même les plus modernes, s'ils ne sont pas protégés par une couverture aérienne. Il conduisit les Alliés à accorder de l'importance à leursporte-avions par rapport à leurs cuirassés. Le naufrage des deux navires affaiblit gravement la Flotte britannique d'Orient (Eastern Fleet) à Singapour, et la flotte d'invasion japonaise fut engagé par dessous-marins jusqu'à labataille d'Endau le 27 janvier 1942.

Contexte

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Le cuirassé britanniqueHMS Prince of Wales et le croiseur de batailleHMS Repulse avaient été envoyés àSingapour en décembre 1941 comme moyen de dissuasion à l'expansion territoriale japonaise qui avait récemmentenvahi l'Indochine française. LeFirst Sea Lord SirDudley Pound pensait que Singapour ne pouvait être défendu efficacement que si laRoyal Navy envoyait la majorité de sesnavires de ligne là-bas, pour atteindre la parité avec une force estimée d'environ neuf cuirassés japonais. Cependant, l'envoi d'une telle force était impossible pour les Britanniques car ils étaient en guerre avec l'Allemagne et l'Italie. Néanmoins, le Premier ministreWinston Churchill s'était montré optimiste sur l'amélioration de la situation dans l'Atlantique Nord et laMéditerranée. Il plaida pour l'envoi de deux navires de ligne accompagnés d’un porte-avions pour défendre laMalaisie,Bornéo et lesétablissements des détroits.

Churchill fut critiqué pour avoir montré« son ignorance considérable » et sa« croyance exagérée dans le pouvoir du cuirassé » avec« une tendance à interférer dans les affaires navales »[4]. Ce qui l’avait peut-être amené à proposer une petite escadre de trois navires modernes : un cuirassé, un croiseur et unporte-avions[5]. Sa position était que ces navires formeraient uneflotte de dissuasion pour prévenir les actions japonaises, comme le cuirassé allemandTirpitz, navire jumeau du disparuBismarck, l’était dans lamer du Nord[5]. Cependant, il n'y avait aucun plan solide pour une telle situation[6]. La proposition britannique initiale prévoyait notamment le nouveau porte-avionsHMS Indomitable pour la couverture aérienne, même si le plan avait dû être révisé lorsque l’Indomitable s'était échoué dans lamer des Caraïbes[7].

L'envoi de navires de ligne à destination de Singapour faisait partie de laplanification stratégique de l'Amirauté depuis que la base navale avait été créée. L'ampleur de ce déploiement prévu avait été réduite au cours des années 1930, lorsque l'Allemagne et l'Italie avaient présenté de nouvelles menaces pour les intérêts britanniques dans l'Atlantique et la Méditerranée. Néanmoins, il avait été toujours supposé qu’une force importante de vaisseaux de ligne dissuaderait l'expansion japonaise. Le plan de Churchill présumait[8] que les États-Unis seraient d'accord pour envoyer leurflotte du Pacifique, dont huit cuirassés, à Singapour, en cas d'hostilités avec le Japon, ou que la force britannique ajouterait à la valeur dissuasive de la flotte des États-Unis, devrait-elle rester àPearl Harbor[9].

Les gouvernements de l'Australie et laNouvelle-Zélande, qui avaient envoyé le gros de leurs forces armées participer à lacampagne d'Afrique du Nord, avaient également souligné l'importance de la présence d'une grande force à Singapour pour calmer les ambitions territoriales japonaises. L’engagement australien dans la guerre en Europe avait faibli en 1939 et 1940[4], et serait mis à rude épreuve à la suite d'attaques japonaises :attaque de Pearl Harbor,bataille de Hong Kong,bombardement de Darwin et la longue bataille deKokoda Track[8]. Ainsi la décision de Churchill, bien qu'un échec militaire, fut peut-être une nécessité politique[4].

Déploiement

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L'amiral SirTom Phillips (à droite), commandant de laForce Z, et son adjoint, le contre-amiralArthur Palliser, sur le quai de la base navale de Singapour, le 2 décembre 1941.

La Force G, composé du cuirassé moderne HMSPrince of Wales, ducroiseur de bataille HMSRepulse, construit au cours de laPremière Guerre mondiale, et des quatre destroyersHMS Electra,Express,Encounter etJupiter, arriva à Singapour le 2 décembre 1941. Elle fut ensuite renommée « Force Z ».

Le nouveau porte-avions HMSIndomitable fut affecté à la Force G, mais en partant de laJamaïque, il s’était échoué à l'entrée du port deKingston le 3 novembre 1941[10].

L’Indomitable avait besoin de 12 jours de réparation encale sèche àNorfolk en Virginie, et n’était plus en mesure de prendre part à l'action. Il transportait uneescadrille constitué deFairey Fulmar et deHawker Sea Hurricane. Un autre porte-avions, l’HMS Hermes (qui était avec lePrince of Wales auCap), était sur le chemin pour Singapour pour rejoindre la Force Z, mais ne fut pas rattaché à cause de sa faible vitesse[11].

Le1er décembre, SirThomas Phillips fut promu au grade d’amiral et nommé commandant en chef de laFlotte orientale. Quelques jours plus tard, leRepulse partit pour l'Australie avec leHMAS Vampire et leHMS Tenedos, mais la force fut rappelée à Singapour pour d'éventuelles opérations contre les Japonais[12].

Également à Singapour se trouvaient lescroiseurs légers HMSDurban,Danae,Dragon etMauritius, et les destroyers HMSStronghold,Encounter etJupiter. Lecroiseur lourdHMS Exeter, le croiseur léger néerlandaisHNLMSJava, deux autres destroyers britanniques (Scout etThanet), et quatre destroyers de lamarine américaine (Whipple,John D. Edwards,Edsall etAlden) devaient y rester les trois jours suivants.

Bien que leDurban et leStronghold fussent disponibles, l'amiral Philips les laissa à Singapour parce qu'ils n'étaient pas aussi rapides que les autres unités. En outre, leDanae, leDragon, leMauritius, l’Encounter et leJupiter étaient également à Singapour, mais étaient en réparation et n’étaient pas prêt à naviguer.

Les préparatifs japonais

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Churchill avait annoncé publiquement que lePrince of Wales et leRepulse avaient été envoyés à Singapour pour dissuader les Japonais. En réponse, l'amiralIsoroku Yamamoto envoya 36 bombardiersMitsubishi G4M pour renforcer lesKōkūtaiKanoya etGenzan, équipés deMitsubishi G3M, dont les pilotes avaient commencé l’entrainement pour une attaque contre les deux navires de ligne[13].Genzan était commandé par leLt Cdr Niichi Nakanishi,Kanoya par le Lt Cdr Shichizo Miyauchi etMihoro par lelieutenant Hachiro Shoji[14].

Les hostilités commencent

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BombardiersMitsubishi G4MBetty du KanoyaKōkūtai.
Mitsubishi G3MNell du GenzanKōkūtai. Ce type d’appareil fut également mis en œuvre par le Mihoro Kōkūtai.

Tôt dans la matinée du 8 décembre 1941, les bombardiers du Mihoro Kōkūtaiattaqua Singapour[14]. LePrince Of Wales et leRepulse répondirent avec leursartilleries antiaériennes ; aucun avion ne fut abattu, et les navires ne subirent aucun dommage. Les Japonais atterrirent surKota Bharu, en Malaisie, le 8 décembre (heure locale), et les forces terrestres britanniques furent mises à rude épreuve.

À peu près au même moment, des nouvelles arrivèrent signalant quePearl Harbor avait été attaqué et que huit cuirassés américains avait été coulés ou étaient désemparés. Les plans d'avant-guerre avaient présumé que la flotte américaine du Pacifique aurait fait route pour Singapour pour renforcer les Britanniques lorsque la guerre éclaterait. C'était maintenant impossible. Philips avait conclu d’une discussion plus tôt avec le général américainDouglas MacArthur et l'amiralThomas C. Hart que ses deux vaisseaux amiraux avaient une puissance insuffisante pour faire face aux Japonais[9]. Cependant, avec les Japonais menaçant d'envahir la Malaisie, Philips fut pressé d’utiliser ses navires dans un rôle offensif, il rassembla donc saflottille pour tenter d'intercepter et de détruire les convois d'invasion japonais dans lamer de Chine méridionale.

L'amiral Philips pensait que laRoyal Air Force ne pouvait pas garantir unecouverture aérienne suffisante à ses navires, car elle était équipée d’un nombre limité dechasseurs vieillissants. L'escadronno 453 de la RAAF, constitué deBrewster Buffalos basés sur labase de la RAF de Sembawang, était disponible pour fournir une couverture rapprochée[15]. Ils furent désignés « escadron de défense de la flotte » pour cette tâche, le lieutenantTim Vigors leur ayant donné les procédures radios utilisés par la Force Z[3].

Néanmoins, Phillips choisit d’intervenir. Quatre facteurs auraient influencé sa décision : (1) il pensait que les avions japonais ne pourraient pas intervenir si loin des côtes, (2) il pensait que ses navires étaient relativement à l'abri des dommages fatals d’une attaque aérienne, (3) il n'était pas au courant de la qualité des bombardiers et des avions torpilleurs japonais[15] et (4), comme de nombreux officiers de la Royal Navy, Phillips sous-estimait les capacités de combat des Japonais[4]. Jusqu'alors, aucun navire de ligne n’avait été coulé en mer par une attaque aérienne. Le croiseur lourd italienPola avait été désemparé par une torpille d'unFairey Swordfish de laFleet Air Arm lors de labataille du cap Matapan le 29 mars 1941, et avait été coulé par une torpille du destroyerHMS Jervis[16].

Le navire portant sa marque, lePrince of Wales, disposait de l'un des systèmes navals anti-aériens les plus modernes de l'époque, lesystème de contrôle d’altitude (HACS), avec son radar précis à longue portée dirigeant l’artillerie antiaérienne, avait démontré sa précision, lors de l'opération Halberd en août et septembre 1941[17]. Toutefois la chaleur et l'humidité extrême dans les eauxmalaises rendirent ses radars inutilisables et ses munitions de 2 livres s'étaient détériorées également[10]. Des techniciens de la Royal Air Force avaient été appelés pour examiner les radars duPrince of Wales, mais avaient besoin d'une semaine pour effectuer des réparations, alors que la Force Z serait en opération dans seulement quelques jours[9].

L’escadronno 453 de la RAAF, qui devait assurer la couverture aérienne de la Force Z, ne fut pas tenu informé de la position des navires. Aucune demande par radio de couverture aérienne ne fut envoyée jusqu'à ce qu'un appel fût lancé par le commandant duRepulse une heure après le début de l’attaque japonaise. Le lieutenant Tim Vigors avait proposé un plan pour garder six avions au-dessus de la Force Z pendant la journée, mais cela avait été refusé par Phillips. Après la guerre, Vigors resta amer pour son refus à demander un appui aérien à temps[3]. Il ajouta plus tard :« Je pense cela doit avoir été la dernière bataille dans laquelle la marine pensait qu'elle pouvait se passer de la RAF. Un moyen sacrément coûteux d’apprendre. Phillips savait qu'il s’éclipsait la nuit d’avant, et également à l'aube ce jour-là. Il ne demanda pas de soutien aérien. Il fut attaqué et n'appela toujours pas à l'aide[18]. » Une couverture aérienne de jour au large des côtes avait également été offerte par le commandant d’escadrille Wilfred Clouston de l'escadronno 488 de la RNZAF, mais son plan, « opération Mobile », fut également rejeté[19].

À propos de la décision de Phillips d’opérer sans couverture aérienne, l’historien navalSamuel Eliot Morison a écrit :

« Ceux qui prennent des décisions en temps de guerre pèsent constamment les risques avérés et les gains possibles. Au début des hostilités, l’amiral [américain]Hart pensait envoyer sa petite force de frappe au Nord deLuçon pour perturber les communications japonaises, mais estima que le risque pour ses navires dépassait le gain possible parce que l'ennemi avait gagné la suprématie aérienne. L’amiral Phillips avait exactement le même problème en Malaisie. Devait-il faire route vers le golfe de Siam et exposer ses navires aux attaques aériennes des appareils basés en Indochine dans l'espoir de briser les communications ennemies avec leur force de débarquement ? Il décida de prendre le risque. Avec la Royal Air Force et l'armée de terre britanniques engagées dans un combat à mort, la Royal Navy ne pouvait pas ne pas être fidèle à sa tradition, en restant les bras croisés à l'ancre[20]. »

Départ

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L’HMSPrince of Wales en train de quitter Singapour le 8 décembre 1941.

Après avoir reçu la confirmation d’un convoi japonais à destination de la Malaisie, la Force Z, constitué duPrince of Wales, duRepulse, de l’Electra, de l’Express, duVampire et duTenedos, partit de Singapour le 8 décembre à17 h 10. Phillips espérait attaquer au large deSingora le 10 décembre. S’il avait levé l’ancre un jour plus tôt, il aurait atteint son objectif sans subir d'attaque aérienne, les escadrilles japonaises n'étaient pas encore arrivées[8].

Le 9 décembre àh 13, la Force Z dépassa lesîles Anambas vers l'Est, et pris un nouveau cap au 330 (degrés), puis infléchit sa course au cap 345. La Force Z fut survolée par deux avions de reconnaissance japonais, sans être signalée[4], avant d'être repérée par le sous-marin japonaisI-65, le 9 décembre à14 h, qui fila les navires britanniques pendant cinq heures, rapportant par radio leur position. Phillips ignorait qu'un sous-marin les suivait. Après ce rapport, le vice-amiralJisaburō Ozawa, commandant de la force d'invasion, ordonna à la plupart de ses navires de guerre d’escorter les transports de troupe vides dans labaie de Cam Ranh, au Sud duViêt Nam.

L’HMSRepulse quittant Singapour, le 8 décembre 1941.

Le rapport de l'I-65, confirmant la présence de navires de guerre britanniques, atteignit le quartier général de la22e flottille aérienne deux heures plus tard. À ce moment-là, ses appareils chargeaient des bombes pour une attaque sur le port de Singapour, mais ils furent immédiatement approvisionnés avec des torpilles. Les bombardiers ne furent pas prêts avant18 h[21].

Vers17 h 30, juste une demi-heure avant le coucher de soleil, la force britannique fut repérée par trois hydravionsAichi E13A, catapultés par les croiseurs japonaisYura,Kinu etKumano, qui escortaient les transports de troupes[22]. Ces avions continuèrent l'observation. Vers18 h 30, leTenedos fut détaché pour retourner à Singapour, parce qu'il était à court de carburant, avec des instructions pour contacter le contre-amiralArthur Palliser, pour agir comme agent de liaison avec la RAF en Malaisie[23], l’intention de Phillips n'était plus d'attaquer Singora, mais changea de cap à19 h 0 en direction de Singora, pour tromper l'avion observation, puis au sud vers Singapour à20 h 15, quand l'obscurité l’eut enveloppée[23]. LeTenedos fit son rapport consciencieusement à20 h, préservant ainsi le secret de la position de Phillips.

Une attaque aérienne nocturne fut tentée par les Japonais parce qu'ils craignaient que les Britanniques ne trouvent le convoi[21], mais le mauvais temps les empêcha de trouver les navires et ils retournèrent à leurs aérodromes àThủ Dầu Một etSaïgon vers minuit[24].

Retour à Singapour

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Cette nuit-là, l'un des hydravions japonais lança une fusée éclairante à proximité du croiseur lourd japonaisChōkai, l'ayant pris pour lePrince of Wales. Après cela, la force japonaise, constituée de six croiseurs et de plusieurs destroyers, se dérouta vers le nord. La fusée fut également vue par la force britannique, qui craignit d’avoir été identifiée et qui fit alors route vers le sud. À cet instant, les forces étaient distantes l'une de l'autre d'environ 5milles (9 km), mais aucune ne vit l'autre, et la force japonaise ne fut pas repérée par le radar duPrince of Wales. À20 h 55, l'amiral Philips annula l'opération, estimant qu'il avait perdu l'élément de surprise, et ordonna à sa force de retourner à Singapour.

Sur le chemin du retour, elle fut repérée et signalée par le sous-marin japonaisI-58 àh 40[22]. LeI-58 reporta avoir tiré cinq torpilles sans succès, puis perdu de vue la flotte ennemie trois heures plus tard. La force britannique ne vit pas les torpilles, et ne sut rien de l'attaque. Le rapport duI-58 parvint au quartier général de la22e flottille aérienne àh 15, et dix bombardiers dugroupe aérien Genzan furent envoyés àh pour effectuer une recherche par secteur des bâtiments[21]. Beaucoup d'autres avions, dont certains étaient armés de bombes et d'autres de torpilles, suivirent bientôt. Legroupe Genzan décolla àh 55, legroupe Kanoya àh 14, et legroupe Mihoro àh 20[22]. Ils reçurent l'ordre de se diriger vers la meilleure position estimée des bâtiments[21].

L'attaque aérienne japonaise

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Photo aérienne japonaise de l'attaque initiale sur lePrince of Wales (en haut) et leRepulse. Un court et épais panache de fumée noire est visible émanant duRepulse, qui vient d'être frappé par une torpille et encadré par au moins six torpilles évitées de justesse. LePrince of Wales peut être vu en train de manœuvrer. La fumée blanche provient des cheminées, les navires tentant d'augmenter la vitesse.

Le matin même, le 10 décembre àh 50, Phillips reçut un rapport de Palliser à propos de débarquements japonais à Kuantan, sur la côte est de la Malaisie, à mi-chemin entre Singapour et Kota Bahru. Phillips se dirigea dans cette direction, sans toutefois signaler à Palliser ses intentions (ce qui aurait révélé sa position)[15]. Palliser n'avait pas prévu cela et demanda une couverture aérienne sur Kuantan aux F2A de la base de Sembawang[15]. Comme il fut avéré, aucun message radio ne fut envoyé à la RAF jusqu'à ce qu'un message duRepulse fût émis, une heure après la première attaque japonaise. Àh 15, des objets furent repérés sur l'horizon ; pensant qu'il s’agissait de la force d'invasion, la Force Z mit cap sur eux. Il s'avéra que ce n’était qu’unchalutier remorquant des barges. Àh 30, leRepulse rapporta avoir vu un avion d’observation. Àh 18, lePrince of Wales catapulta un avion de reconnaissanceSupermarine Walrus qui vola jusqu’à Kuantan, ne vit rien, fit son rapport auPrince of Wales et mit le cap sur Singapour. L’Express, envoyé pour enquêter sur la zone, ne trouva rien. Phillips n'était pas au courant qu'une grande force japonaise de bombardiers terrestres recherchait ses navires mais, n’ayant pas prévu son détour par Kuantan, elle le recherchait beaucoup plus au sud. Aux environs de10 h, leTenedos, après avoir été détaché de la force principale la veille et se trouvant à environ140 miles au sud-est de la Force Z, commença à signaler qu’il était attaqué par des avions japonais[25],[26]. L'attaque fut menée par neuf Mitsubishi G3MNell, des avions-bombardiers moyens bimoteurs du Genzan Kōkūtai, de la22e flottille aérienne, basée à Saïgon, armés chacun d'une bombe anti-blindage de500 kg. Ils prirent le destroyer pour un cuirassé et gaspillèrent leurs bombes sans en mettre une seule au but. À10 h 15, un avion de reconnaissance, au nord de la plupart des avions japonais, piloté par l’enseigne Masato Hoashi repéra la Force Z et envoya un message donnant sa position exacte[27],[28].

Les avions japonais restants convergèrent sur la force britannique alors en retraite. Les avions avaient été éparpillés pour rechercher les navires de guerre britanniques, de sorte qu'ils arrivèrent sur la cible par petits groupes. Comme ils commençaient à être à court de carburant, les Japonais attaquèrent aussitôt plutôt que de se rassembler pour lancer une attaque coordonnée. La première vague, comprenant huit bombardiersNell du Mihoro Kōkūtai, attaqua à11 h 13, en se concentrant uniquement sur leRepulse. Sept bombes de250 kg furent évitées de justesse par leRepulse[29],[30], une fit mouche et pénétra le pont supérieur et le hangar, et explosa dans le mess[31],[32]. La bombe ne causa pas de dommages graves et fit relativement peu de victimes. LeRepulse continua à25 nœuds (46 km/h), luttant toujours[33]. Cinq des huit bombardiers furent touchés par des tirs antiaériens, et deux furent contraints de retourner à leur base.

Aux alentours de11 h 40,17 avions-torpilleursNell (deux escadrons du Genzan Kōkūtai) approchèrent les deux vaisseaux de ligne. Huit se concentrèrent sur leRepulse, tandis que neuf attaquèrent lePrince of Wales, envoyant huit torpilles vers le vaisseau amiral (un avion manqua son attaque sur lePrince of Wales et la reporta sur leRepulse)[34],[35] Cette première vague de bombardiers-torpilleurs, bien qu’unique, fut finalement catastrophique, une torpille frappa lePrince of Wales (et aucune ne toucha leRepulse), là où son arbre d'hélice sort de la coque (certains comptes-rendus de l’époque[36] firent état de deux coups au but lors de cette attaque, mais une vaste enquête en 2007 sur la coque de l'épave par des plongeurs prouva qu'il n'y eut qu’un seul)[37]. Tournant à sa vitesse maximale, l'arbre se tordit et détériora l’étoupe qui empêchait l'eau de mer d'entrer dans le bateau. Rapidement, le vaisseau amiral embarqua 2 400 tonnes d'eau et sa vitesse chuta à16 nœuds (30 km/h)[33]. Le témoignage du lieutenant Wildish[38], responsable de la salle des machines « B », indiqua que l'arbre avait été arrêté, mais lors de son redémarrage, l'eau se précipita par le passage de l'arbre endommagé, inondant la salle et forçant son évacuation. Le long passage de l’arbre fut également inondé, ainsi que la salle des machines « Y », la salle des dynamos diesel, la chaufferie « Y », le central auxiliaire des machines et un certain nombre d'autres compartiments arrière[39].

L'équipage duPrince of Wales en train d'abandonner le navire qui sombre et embarquant sur le destroyerExpress. Quelques instants plus tard, l’inclinaison duPrince of Wales augmenta soudainement, forçant l’Express à se retirer. Les futs des canons de 5,25 pouces étaient incapables d'avoir un azimut suffisamment bas pour engager les attaquants à cause de lagîte.

Ce coup au but d’une torpille unique eut trois effets dévastateurs. Tout d'abord, il provoqua une gite de 11,5 degrés[33], ce qui rendit les tourelles anti-aériennes de 5,25 pouces du côté tribord incapables d'avoir un azimut suffisamment bas pour engager les bombardiers-torpilleurs. En outre, l’alimentation des doubles tourelles de 5,25 pouces à l’arrière duPrince of Wales[33] fut coupée, le laissant incapable de lutter efficacement contre de nouvelles attaques. La perte de l’alimentation de ses pompes le rendit incapable d’étaler le flux se précipitant à l’intérieur de la coque endommagée. Deuxièmement, il mit hors service une grande partie de son alimentation électrique auxiliaire, vitale pour les communications internes, la ventilation, legouvernail et les pompes, tout comme l'élévation des affûts de canon de 5,25 pouces et de 2 livres. Toutes, sauf les tourelles S1 et S2 de 5,25 pouces, étaient presque ingérables, un facteur aggravé par la gite, ce qui rendit leurs servants incapables de les faire pivoter manuellement à l'aide de chaînes. Les équipages eurent aussi des difficultés pour manœuvrer les lourdes montures des canons de 2 livres en mode manuel. Troisièmement, l'inondation interne et les importants dégâts à l'arbre causèrent l’arrêt de l'arbre d'hélice intérieur, ne laissant seulement au navire que la puissance des moteurs tribords, en mesure de propulser le navire à 15 nœuds au mieux, et avec son gouvernail électrique ne répondant pas, le navire était pratiquement ingouvernable.

Une autre attaque à la torpille fut conduite par des bombardiers-torpilleursBetty du Kanoya Kōkūtai à environ12 h 20[40], lePrince of Wales fut touché par trois autres torpilles sur son côté tribord (certains comptes-rendus de l’époque[36] font état de quatre coups au but, mais une vaste enquête en 2007 sur la coque de l'épave par des plongeurs prouva qu'il y en avait eu seulement trois), une très à l'avant, une en face de la tourelle principale B[note 2] et une à l’arrière de tourelle Y qui non seulement perça la coque mais aussi tordit l’arbre extérieur de l'hélice tribord en plus de l'arbre intérieur, stoppant immédiatement le navire[41].

En même temps que cette dernière attaque à la torpille contre lePrince of Wales, les avions du Kanoya Kōkūtai attaquèrent également leRepulse à la fois par tribord et bâbord. LeRepulse, qui avait esquivé 19 torpilles jusqu'à présent, pris en tenaille, fut frappé sur le côté bâbord par une torpille. En quelques minutes, d'autres attaques mirent au moins trois torpilles au but[41]. LeRepulse n'avait pas de blindage anti-torpille, au contraire de son navire jumeau leRenown, et n'avait pas non plus de cloisonnements internes étanches et les subdivisions d'un cuirassé moderne. Il avait été sérieusement touché, si bien que le capitaine William Tennant ordonna bientôt à l’équipage d'évacuer. LeRepulse gita fortement sur bâbord pendant six minutes environ[42], puis se retourna et coula à12 h 33, avec de lourdes pertes[43].

LePrince of Wales était maintenant propulsé par un seul arbre d'hélice, mais était encore capable de tirer sur les bombardiers-torpilleurs attaquant à haute altitude qui arrivèrent à12 h 41, mais seulement avec les tourelles S1 et S2 de 5,25 pouces. Bien que la plupart des bombes l’aient encadré, une bombe atteignit le milieu du navire. Elle pénétra dans le pont supérieur et explosa parmi les blessés rassemblés au cinéma au-dessous, causant de fortes pertes. Bientôt lePrince of Wales commença à chavirer sur bâbord (même s’il avait encaissé plus d’explosions de torpilles à tribord) et LeHMS Express l’accosta à couple pour embarquer les blessés et les non-combattants. L'ordre d'abandonner le navire fut ensuite donné et peu de temps après lePrince of Wales chavira sur bâbord. Il coula à13 h 18. Alors qu’il chavirait, il frotta l’Express, se tenant à côté pour embarquer les survivants, avec sa quille manquant presque d'emporter le destroyer avec lui[44]. Le grondement des attaques fut entendu à Singapour[45].

Des survivants duPrince of Wales et duRepulse dans l'eau alors qu’un destroyer manœuvre pour les secourir.

Les Japonais avaient porté huit coups au but avec leurs torpilles, quatre sur lePrince of Wales[41] et quatre sur leRepulse[46],[47], sur 49 torpilles lancées, tout en ne perdant que trois avions au cours de l'attaque (un avion-torpilleurNell du Genzan Kōkūtai et deux bombardiers-torpilleursBetty du Kanoya Kōkūtai) et un quatrième avion fut tellement endommagé qu'il s'écrasa à l'atterrissage. Une étude des deux épaves confirma qu'il n'y avait que quatre coups au but de torpilles sur lePrince of Wales, et qu’on ne pouvait que confirmer deux coups au but sur leRepulse, car le milieu du bateau où les deux autres coups au but furent signalés était enterré sous les fonds marins. L’expéditionJob 74 du Club de l'explorateur, une inspection sous-marine par des plongeurs, fut achevée le[48].

La couverture aérienne affectée à la Force Z, dix chasseurs Buffalo de l’escadronno 453 de la RAAF[21], arriva sur le champ de bataille à13 h 18[44], alors que lePrince of Wales coulait. Ils accrochèrent l’avion de reconnaissance piloté par l’enseigne Masato Hoashi, qui avait découvert la Force Z plus tôt et qui était retourné pour confirmer les naufrages[49],[50], mais il parvint à s'échapper alors qu’ils donnaient la chasse[21]. S’il avait été abattu, les Japonais auraient considéré que les deux navires avaient survécu à l'attaque, les obligeant à effectuer une autre frappe[14].

Après la bataille

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Les destroyersElectra etVampire firent mouvement pour sauver les survivants duRepulse, tandis que l’Express sauvait ceux duPrince of Wales. 840 marins furent perdus, 513 duRepulse et 327 duPrince of Wales. Après avoir été sauvés, quelques survivants duRepulse prirent lespostes de combat pour libérer les marins de l’Electra afin qu’ils puissent sauver d'autres survivants. En particulier, les artilleurs duRepulse prirent les postes des tourelles X et Y de 4,7 pouces (120 mm), et le dentiste duRepulse aida les équipes médicales de l’Electra pour soigner les blessés. Au total, près de 1 000 survivants duRepulse furent secourus, dont 571 par l’Electra. LeVampire récupéra neuf officiers, 213 matelots, et un correspondant de guerre civil duRepulse, et deux marins dePrince of Wales.

Parmi les officiers de haut rang à bord duPrince of Wales, l'amiral Phillips et le capitaine de vaisseauJohn Leach choisirent de couler avec leur navire ; le principal survivant des officiers supérieurs était le Lt Cdr A. G. Skipwith, lefirst lieutenant du navire, qui fut sauvé par l’Express. Le capitaine de vaisseauWilliam Tennant[51] duRepulse fut secouru par leVampire[note 3].

Selon le compte rendu duLondon Gazette par leFlight Lieutenant Vigors :

« Il était évident qu’il faudrait des heures aux trois destroyers pour repêcher ces centaines d'hommes accrochés à des débris de l'épave et nageant autour dans l’eau crasseuse et huileuse. En plus de tout cela, la menace d'un autre bombardement et d’un mitraillage était imminente. Chacun de ces hommes devaient l’avoir réalisé. Pourtant, lorsque je survolais la scène, chaque homme que je survolais me saluait et levait son pouce. Après une heure, le manque d'essence me força à partir, mais pendant cette heure, j'avais vu beaucoup d'hommes en grand danger saluant, applaudissant et plaisantant, comme s’ils étaient des vacanciers àBrighton survolé par un avion volant à basse altitude. Cela me secoua, car il s'agissait là de quelque chose transcendant la nature humaine[52]. »

Sur le chemin du retour vers Singapour avec les survivants, l’Express dépassa leStronghold et les quatre destroyers américains allant vers le nord. L'Express signala que le sauvetage était terminé, mais les navires procédèrent à la fouille de la zone à la recherche d’autres survivants. Aucun ne fut trouvé. En revenant à Singapour de cette recherche, l’Edsall arraisonna le chalutier de pêche observé par la Force Z le matin. Le chalutier, identifié comme leShofu Fu Maru, fut conduit à Singapour, où l'équipage japonais fut interné.

Alors que les bombardiers japonais retournaient à leurs aérodromes enIndochine française, une deuxième vague était préparée pour une autre attaque sur la Force Z. Ils n'avaient pas reçu d'informations précises sur la progression de la bataille. L'attaque fut annulée dès qu'ils reçurent confirmation des naufrages grâce à l'enseigne Hoashi[14].

Le lendemain, le lieutenant Haruki Iki s'envola pour le site de la bataille, et jeta à la mer deux couronnes de fleurs dans la mer pour honorer les combattants des deux côtés qui étaient morts dans la bataille. La première était pour les membres de son groupe aérien (le Kanoya Kōkūtai), tandis que l'autre était pour les marins britanniques dont la bravoure dans la défense des bâtiments avait suscité la plus grande admiration de tous les pilotes de son escadron[9].

Conséquence du naufrage

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La cloche récupérée sur l’épave duPrince of Wales

Le lendemain matin, après la bataille, le premier ministreWinston Churchill reçut un coup de téléphone à son chevet de SirDudley Pound, leFirst Sea Lord.

« Pound : Monsieur le premier ministre, je dois vous signaler que lePrince of Wales et leRepulse ont tous deux été coulés par les Japonais — nous présumons par des avions. Tom Phillips s'est noyé.
— Churchill : Êtes-vous sûr que c'est exact ?
— Pound : Il n'y a aucun doute.
Churchill raccrocha.

Durant toute la guerre, je n'ai jamais reçu de choc plus direct… Comme je me retournais et me tordais dans mon lit, toute l'horreur de ces nouvelles coula sur moi. Il n'y avait pas de navires britanniques ou américains dans l'océan Indien ou le Pacifique à l'exception des bâtiments américains ayant survécu à Pearl Harbor, et qui se hâtaient vers laCalifornie. Dans toute cette vaste étendue d’eau, la suprématie du Japon était totale, et nous étions partout faibles et nus[53]. »

Churchill annonça la nouvelle des naufrages à laChambre des communes le 11 décembre avant midi, qui fut suivie par un examen complet de la situation en Malaisie le lendemain[53]. Singapour était essentiellement réduite à une base terrestre après que les deux vaisseaux de ligne eurent été perdus. La flotte orientale allait passer le reste de l'invasion à retirer ses navires surCeylan et lesIndes orientales néerlandaises[2]. Elle ne fut pas renforcée par des cuirassés avant mars 1942, avec l'arrivée duHMS Warspite et quatre cuirassés de laclasse Revenge[54]. Bien que les cinq navires de guerre survécurent auraid sur Ceylan, leur service dans le Pacifique se déroula sans incident et ils furent ensuite retirés vers l'Afrique de l'Est et lamer Méditerranée[55].

LePrince of Wales et leRepulse furent les premiers navires de ligne se défendant eux-mêmes à être coulés en haute mer uniquement par une force aéronavale. Pourtant, les deux cuirassés étaient des navires relativement rapides, par rapport aux cuirassés américains coulés lors de l'attaque de Pearl Harbor. En outre, lePrince of Wales était un cuirassé récent avec des défenses anti-aériennes passives et actives contre les aéronefs modernes, étant équipé duHACS, bien qu’il fût en grande partie inutilisé pendant la bataille[9],[17],[10].

Combiné avec le raid sur Pearl Harbor, ceci ne laissa aux Alliés que quatre navires de ligne opérationnels sur le théâtre du Pacifique : trois porte-avions, l'USS Enterprise, l’USS Lexington et l’USS Saratoga, et un cuirassé opérationnel, l’USS Colorado[6]. Cependant, ces événements firent réaliser aux Alliés et à la marine américaine en particulier la puissance de l'avion. Leurs porte-avions seraient l’élément essentiel à la contre-attaque. Le Genzan Kōkūtai tenteraitune attaque à la torpille sur l’USS Lexington le 20 février 1942, perdant dix-sept avions par la chasse embarquée et à la défense antiaérienne.

Les navires aujourd'hui

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Les épaves des deux navires ont été retrouvées après la guerre, leRepulse gisant par56 m de fond, et lePrince of Wales sous68 m d’eau. Tous les deux sont dans une position presque sens dessus dessous. Des bouées sont arrimées aux lignes d'arbres, et, jusqu'en 2016, des pavillons de laRoyal Navy (White Ensign) étaient fixés aux hélices et régulièrement changés par des plongeurs. Ces épaves de la Royal Navy sont la propriété de la Couronne britannique. La cloche duPrince of Wales a été retirée de l'épave en 2002 par une équipe de la Royal Navy et des plongeurs civils britanniques de crainte qu'elle ne fût volée par des plongeurs non autorisés. La cloche est exposée aumusée maritime de Merseyside àLiverpool. Par tradition, tous les navires de la Royal Navy de passage effectuent un service commémoratif sur le site des épaves[56].

Notes et références

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Notes

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  1. Trois avions furent abattus pendant l'attaque, un s'est écrasé à l'atterrissage, et deux avions de reconnaissance ne parvinrent pas à revenir de leurs missions.
  2. Sur les bâtiments britanniques, les tourelles d’artillerie principales sont nommées par des lettres. "A", "B", voire "C", pour celles placées à l’avant ("A" étant la plus en avant), "X", "Y", voire "Z", pour celles de l’arrière ("X" étant la moins à l’arrière).
  3. William Tennant, promu contre-amiral commandera deux croiseurs britanniques, détachés par l'Eastern Fleet lors de l'opération Vigourous, tentative de ravitaillement de Malte qui n'aboutira pas en juin 1942. Il finira sa carrière amiral après la guerre.

Références

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  2. a etbDull 2007,p. 40
  3. ab etc(en) « Tim Vigors – Telegraph »,The Telegraph,‎(lire en ligne, consulté le)
  4. abcd eteStephen 1988,p. 102
  5. a etbStephen 1988,p. 104
  6. a etb(en) Alan Matthews, « The Sinking of Prince of Wales and Repulse », Force 'Z' Survivors
  7. Stephen 1988,p. 107
  8. ab etc(en) H. P.Willmott,Barrier and the Javelin, Annapolis, U.S. Naval Institute Press,
  9. abcd ete(en) Alan Matthews, « The sinking of HMS Prince of Wales and HMS Repulse », Force 'Z' Survivors,(consulté le)
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  11. (en) « HMS Hermes, British aircraft carrier, WW2 », Naval-History.Net(consulté le)
  12. (en) L.Klemen, « "Seventy minutes before Pearl Harbor" The landing at Kota Bharu, Malaya, on December 7th 1941 »,Forgotten Campaign: The Dutch East Indies Campaign 1941–1942, 1999–2000
  13. The sinking of HMS Prince of Wales and HMS Repulse – page 1
  14. abc etd(en) MasatakeOkumiya et JiroHorikoshi,ZERO!, E. P. Dutton & Co. r Inc.,(présentation en ligne)
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  17. a etb(en) MalcolmLlewellyn-Jones,The Royal Navy and the Mediterranean Convoys : Naval Staff History,p. 26
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  20. Owen 2001,p. 188-190
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  22. ab etc(en) « Battle of Malaya », Tamiya(consulté le)
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Annexes

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