Athènes s'étend sur la plaine d'Attique, dominée par les montsÆgialée(en) à l'ouest,Parnès au nord,Lycabette au nord-est (mont faisant partie de la chaînePentélique) etHymette à l'est. Legolfe Saronique borde quant à lui la ville au sud-ouest. En raison de ces limites naturelles, il est peu probable de la voir s'étendre davantage. Par ailleurs, la géomorphologie d'Athènes contribue beaucoup aux problèmes de pollution atmosphérique, surnommée lenéfos, dont elle souffre aujourd'hui.Los Angeles auxÉtats-Unis connaît d'ailleurs la même géomorphologie et les mêmes conséquences.[réf. nécessaire]
Les terres sont rocailleuses et peu fertiles. La ville antique était construite au pied de l'Acropole. Dans l'Antiquité et jusqu'au début duXXe siècle, le port duPirée (en grec,Pireas) était une ville bien distincte mais il fait aujourd'hui partie de la ville[réf. nécessaire].
Morphologie urbaine
Les quartiers dePláka (situé au pied de l'Acropole),Kolonáki,Monastiráki,Psyrí etExárcheia (ou Exarchia) constituent le centre de la ville moderne. Lorsqu'Athènes est devenue la capitale duroyaume de Grèce auXIXe siècle, les architectes allemands ont tenté de créer une ville nouvelle de stylenéoclassique autour des placesOmónia (la Concorde en grec moderne) etSýntagma (la Constitution). Ces places restent des centres névralgiques, et la plupart des monuments et musées se trouvent dans ces quartiers (leParlement occupe le bâtiment dupalais royal sur Sýntagma), mais pour le reste, le style néoclassique ne saute pas aux yeux, les bâtiments subsistants étant noyés dans les constructions environnantes[réf. nécessaire].
Les parties nouvelles de la ville sont pour la plupart enbéton gris et souffrent d'un manque d'espaces verts. Les Athéniens ont surnommé leur villeTsimentoupolis ouTsimentopoli (« la ville de ciment » ou « la ville de béton »)[3].
Climat
Le climat estméditerranéen (classification de Köppen : Csa), les étés sont chauds et secs, les hivers sont doux. Les influences continentales sont présentes aussi, en raison des montagnes qui bordent le tour de la ville. Athènes est une ville sèche (414 mm de précipitations annuelles), la sécheresse estivale dure en réalité d'avril à octobre. Les mois dejuillet et d'août sont les plus chauds et les plus secs. Lorsque le vent du nord souffle sur Athènes enhiver, il peut apporter des précipitations sous forme deneige, qui tombent surtout sur la banlieue nord de la capitale. Le, d'importantes chutes de neige se sont produites à Athènes en raison d'unevague de froid exceptionnelle enEurope centrale. Les tempêtes de neige sont peu fréquentes ; cependant, lorsqu'elles surviennent, elles causent de graves perturbations. Athènes détient le record de la plus haute température enregistrée enEurope, le :48°C (118,4°F)[réf. nécessaire].
Source :Climatebase (temperatures, RH, and sun 1980–2000).
Étymologie
La formation du toponyme viendrait[4] de la racineindo-européenneath- signifiant probablement « tête » ou « sommet », puisque la forteresse de l'Acropole, située au sommet de la colline du même nom, constituerait le « noyau fondateur » de la ville. Cela expliquerait d'ailleurs l'origine de la légende mythologique portant sur la naissance d'Athéna selon laquelle la déesse, devenue protectrice de la cité, serait sortie armée de la tête deZeus[réf. nécessaire].
Engrec ancien, la cité s'appelaitἈθῆναι /Athễnai et c'est sous ce nom qu'elle est devenue la capitale de l'État grec moderne. Cependant, depuis l'abandon de lakatharévousa, dans lesannées 1970, la formemoderneΑθήνα /Athína est devenue le nom officiel de la ville[réf. nécessaire].
Athènes fut fondée formellement vers 800 av. J.-C. par lesynœcisme de plusieurs villages, partiellement préservés de l'invasion desDoriens. Ce faisant, en tirant parti de la forteresse naturelle de l'Acropole, ils purent résister aux hordes de pillards qui terrorisaient la région. Le pluriel du motAthènes, d'aprèsThucydide, est une trace des anciens villages qui fusionnèrent pour fonder la cité. Selon la légende, c'est le hérosThésée, vainqueur duMinotaure, qui dirigea cette unification de l'Attique[8].
Athènes était l'une des cités dominantes en Grèce au cours duIer millénaire av. J.-C. Son âge d'or fut atteint sousPériclès, auVe siècle av. J.-C., où sa domination était à la fois politique, financière (grâce aux mines d'argent duLaurion et au tribut), militaire et culturelle. C'est à cette époque qu'Athènes fut qualifiée de « capitale (ἄστυ [astu]) de la Grèce » (Isocrate). Rapidement, Athènes transforma laligue de Délos en un véritable empire qui fut dissous à la fin de laguerre du Péloponnèse qui l'opposa àSparte.
À partir de53, les prêches desaint Paul devant l'Aréopage ne donnèrent qu'un faible écho auchristianisme à Athènes ; Paul réussit cependant à convertir un membre du vénérable tribunal,Denys l'Aréopagite ou Dionysius, et une femme, Damaris (Ac 17,33-34).
Plus tard, l'empereurHadrien (117–138), particulièrement attaché à la Grèce, continua les travaux d'urbanisme de ses prédécesseurs : la bibliothèque qui porte son nom, l'Olympion (temple de Zeus), de nouvelles routes et desaqueducs furent construits sous son règne. Sous le règne d'Antonin le Pieux, un richissime Athénien,Hérode Atticus, fit bâtir entre 140 et 144 un gigantesque stade en marbre situé au-delà de l'Ilissós[9] ; il édifia plus tard, en mémoire de sa défunte épouse, l'Odéon qui porte son nom, construit en l'an 161.
Jusqu'en752 av. J.-C., Athènes était une monarchie. Après la chute de la royauté, le trône est remplacé par un gouvernement oligarchique : l'archontat.
632 av. J.-C. :Cylon (†632 av. J.-C.). Aristocrate athénien, il organisa un coup d'État pour tenter d'imposer sa tyrannie à Athènes.Mégaclès, archonte d'Athènes cette année-là, le fit mettre à mort avec ses partisans, alors qu'ils s'étaient réfugiés sur l'Acropole, auprès des autels des dieux. Un an plus tard, à la fin de l'archontat de Mégaclès, celui-ci et sa famille, lesAlcméonides, furent bannis d'Athènes pour ce sacrilège. Ils ne furent autorisés à rentrer à Athènes que sous l'archontat deSolon, en594 av. J.-C. Ils seront de nouveau exilés sous la tyrannie de Pisistrate.
Après la chute d'Hippias, la famille des Alcméonides fut de nouveau autorisée à s'installer à Athènes. Ladémocratie athénienne se mit en place entre508 et507 av. J.-C.
Durant lapériode byzantine, Athènes perdit beaucoup de sa gloire pour ne devenir qu'une petite ville de province.
ThéodoseII, par ses édits de 426 et 439, ordonna la destruction de tous les temples païens. Il fit cependant une exception pour Athènes : ils seraient désaffectés et convertis en églises. Toutefois, lesPanathénées continuèrent à être célébrées.Justinien fit appliquer les décisions deThéodoseII à partir de 529 : fermeture des écoles philosophiques (principalement néo-platoniciennes), transformées en écoles chrétiennes privées, et conversion des temples en églises : leParthénon devint la cathédrale de la ville. En effet, le culte de la Vierge (en grec Parthénos)Athéna fut remplacé par celui de la Vierge Marie Mère de Dieu, qualifiée d'Athénienne comme patronne de la cité. L'Érechthéion devint église de la Théotokos (« mère de Dieu »). En 857, l'évêché d'Athènes devint archevêché et leParthénon devint église métropolitaine. Les temples furent dépouillés de leurs trésors au profit deSainte-Sophie. Entre leVIe et le VIIe siècle, l'Asclépiéion fut consacré aux saints anargyresCôme et Damien. L'Héphaïstéion fut consacré àsaint Georges. AuXIIe siècle, lesPropylées devinrent palais épiscopal. De nombreuses églises byzantines furent érigées, bien souvent sur d'anciens sanctuaires païens, telles l'église de la Sainte-Trinité, l'église Saints-Théodore, l'église des Saints-Asomates, l'église des Saints-Apôtres et celle de laPanagía Kapnikaréa.
Dès1821 et le déclenchement de la guerre d'Indépendance, Athènes fut libérée de l'occupation turque, mais les Grecs ne s'emparèrent de la forteresse de l'Acropole qu'en après unlong siège. En1826 et1827, les Turcsassiégèrent l'Acropole, défendue d'abord par leklephteGouras etMakriyánnis, puis, après la mort de Gouras, par le général françaisFabvier. Toutes les tentatives de dégager la ville, menées parKaraïskákis puis, après son décès par l'amiralCochrane et le généralChurch, échouèrent. Les troupes deRachid Pacha prirent l'Acropole le et y restèrent jusqu'au. La ville était quasiment inhabitée lorsqu'elle fut proclamée capitale du royaume deGrèce le, mais elle fut rebâtie dans les décennies qui suivirent.
Le gouvernement s'installa dans une ville en ruines. Les églises furent reconverties pour accueillir les ministères. L'Héphaïstéion devint un musée. Les architectes bavarois du roiOthon proposèrent un schéma directeur en triangle, dirigé vers l'Acropole ainsi mise en valeur, et un plan perpendiculaire. La reconstruction/construction de la ville fut laissée à l'initiative privée. Larue Ermoú (Hermès) marquait alors la frontière entre ville ancienne, médiévale et ville contemporaine.
Un palais royal (devenu depuis siège du Parlement), que certains architectes auraient souhaité installer sur l'Acropole, fut achevé en1838 sur la place Syntagma. La reineAmélie créa l'année suivante unjardin botanique (devenu depuis les jardins nationaux) à côté du palais.
En1845, la ville était encore soit un champ de ruines soit un chantier de construction. De grandes maisons néo-classiques émergeaient de terrains vagues à peine déblayés, telles lamaison Proveléggios et lamaison Lapathiótis. Les rues n'étaient pas encore pavées, ni éclairées, ni réellement aménagées.
Après laguerre gréco-turque et la « Grande Catastrophe » de, l'afflux de plus d'un million de réfugiés en provenance d'Asie Mineure entraîna dans les années 1920 la construction de quartiers entiers.
Pendant laSeconde Guerre mondiale, la ville fut prise par l'Allemagne nazie, le, et occupée jusqu'en. Les Allemands organisèrent une famine systématique qui fit de très nombreux morts. Le, le soulèvement communiste commença dans le quartier autour de l'Héphaïstéion, après que les forces de police eurent tiré sur une manifestation le matin même sur la place Syntagma, faisant une vingtaine de morts et plus d'une centaine de blessés[12]. Les Britanniques restaurèrent l'ordre après d'intenses combats de rue et grâce à des renforts venus de Phalère.
La croissance d'Athènes fut très faible pendant les premières années qui suivirent les destructions et les ravages de laguerre civile grecque. Puis la cité recommença à croître.
L'entrée de la Grèce dans l'Union européenne en1981 apporta de nouveaux investissements à la ville. Enfin, l'accueil desJeux olympiques d'été de 2004 a été le moteur de nombreux travaux d'infrastructure.
Vue panoramique d'Athènes depuis la colline de Pnyx.
Influence culturelle
C'est à Athènes que sont notamment nées ladémocratie et laphilosophie. De fait, la civilisation athénienne est l'un des fondements de la culture européenne et c'est en mémoire de cela que le projet deconstitution européenne cite en préambule l'historienThucydide (Guerre du Péloponnèse, II, 37, 1) :
« Nous avons une Constitution […] qui est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité, mais du plus grand nombre. »
Athènes a également été le centre culturel de la Grèce classique, et ce dans tous les domaines. Sa conception du beau et du bon a influencé durablement le reste du monde grec, puis romain, et enfin l'Occident.
Athènes a par ailleurs accueilli les premiersJeux olympiques modernes en1896, en souvenir des Jeux olympiques de la Grèce antique. La ville a accueilli de nouveau lesJeux d'été en2004. Outre le succès sportif et médiatique de l'évènement, ils permettront peut-être d'accroître les investissements étrangers en Grèce en prouvant la capacité du pays à gérer de grands projets.
Depuis la crise financière de 2008, Athènes est devenu un haut-lieu de l'art urbain[14]. La municipalité cherche à encadrer et valoriser ces pratiques artistiques de rue, notamment legraffiti, pour éviter qu'il n'empiète sur le patrimoine historique[14].
L'établissement (engrec moderne :Γενικό Νοσοκομείο Αθηνών «Λαϊκό») est uncentre hospitalier universitaire public localisé à Athènes, enGrèce. L'hôpital fait partie dusystème national de santé grec, en particulier, de la première région de soins de santé de l'Attique[18], et comprend de nombreuses cliniques, laboratoires, services d'hospitalisation et services ambulatoires.
Histoire
L'hôpital général Laïkó a ouvert ses portes en1933 en tant qu'entité juridique de droit public à l'emplacement du pavillon de l'Université àGoudí sous l'égide duministère de la Santé (alors dénommé ministère de l'Hygiène et de la Perception d'État). L'hôpital s'est progressivement agrandi pour inclure davantage de départements, d'équipements et de cliniques et a abrité une école dephysiothérapie et de soins infirmiers[19].
La cité moderne d'Athènes est constituée de villes et villages autrefois distincts, qui avec l'expansion démographique duXXe siècle ont fini par former une agglomération. Celle-ci comprend aujourd'hui 54 municipalités (δήμος), la plus importante étant la ville d'Athènes (Δήμος Αθηναίων /Dhímos Athinéon), avec près d'un million d'habitants (la deuxième étantLe Pirée). Le nom d'Athènes peut ainsi désigner l'agglomération entière (aussi appelée legrand Athènes) ou la ville d'Athènes, ou même juste le centre-ville.Voir ci-dessous la liste des municipalités.
Transports
La rame TA10012 du tramway d'Athènes, sur laligne 5.
Athènes dispose d'un réseau dense detrolleybus et d'autobus. Afin de lutter contre la pollution, une part croissante des autobus fonctionne au gaz naturel pour véhicules (GNV).
Lemétro, dont la première ligne (la ligne verte[27] nommée également ISAP) date de1904, a été complété par deux lignes modernes (les lignes rouge et bleue[27]) en2000 et s'étend jusqu'à l'aéroport. Trois lignes detramway (3, 4 et 5), ont été mises en service pour lesJeux olympiques de 2004[28] : deux d'entre elles relient le centre d'Athènes (départ près de Syntagma). Laligne 3 assure la desserte entreVoúla (sud-est de l'agglomération) etle Pirée (terminus S.E.F.) tandis que laligne 4 relieLe Pirée à laplace Syntagma. Quant à laligne 5, elle relieVoúla à laplace Syntagma.
Port
Leport du Pirée relie par voie maritime, différents ports de la région et différentes îles d'autres régions de la Grèce.
Transport ferroviaire
Un train rapide du réseauProastiakós relie également la gare centrale (Larisis) à la banlieue attique en direction de l'aéroport — il emprunte la même voie que le métro entre Doukissis Plakentias et l'aéroport international Elefthérios-Vénizélos.
À ces transports en commun, il faut ajouter les taxis, omniprésents dans la capitale hellène, et qui ont la particularité de prendre à la fois plusieurs passagers se rendant vaguement dans la même direction.
Avant ces développements, se déplacer à Athènes s'avérait très problématique, que ce soit à cause de la vétusté des équipements ou de la lenteur du trafic. Un apport desJO de 2004 est donc ce réseau efficace métro-tramway-bus qui semble avoir apporté une solution au problème du transport athénien. Néanmoins, le tramway n'est pas prioritaire sur le reste du trafic, ce qui occasionne une certaine lenteur et limite ainsi ses performances.
Autoroutes
Deux autoroutes principales de Grèce partent d'Athènes, à savoir la, en direction du nord vers la deuxième plus grande ville de Grèce,Thessalonique et le poste frontière d'Evzones et la en direction ouest, en direction de la troisième plus grande ville de Grèce,Patras.
La zone métropolitaine d'Athènes est desservie par le réseau autoroutier à péageAttiki Odos : son tronçon principal, l', s'étend de la banlieue industrielle ouest d'Elefsina jusqu'à l'aéroport international d'Athènes ; tandis que deux rocades, à savoir la rocade d'Aigaleo et la rocade d'Hymette, desservent respectivement des parties de l'ouest et de l'est d'Athènes. La longueur de l'Attiki Odos sur toute sa longueur est de 65 km, ce qui en fait le plus grand réseau autoroutier métropolitain de toute la Grèce.
Lenome d'Athènes est l'une des 54 préfectures de Grèce. Il fait partie de lapériphérie d'Attique. Son chef-lieu est Athènes. Ce nome, d'une superficie très réduite mais densément peuplé, recouvre la partie centrale de l'agglomération athénienne. Il est divisé en plusieurs municipalités et communautés (listées dans l'article détaillé).
Districts de la municipalité d'Athènes
Les7 districts de la municipalité d'Athènes.
La municipalité d'Athènes est divisée en 7 districts ou « Dimotika Diamerismata » (numérotés de 1 à 7). Cette division en district est principalement utilisée à des fins administratives.
Jumelages
Athènes estjumelée ou a des partenariats avec les villes suivantes :
↑Gabrielle Frija,Le koinon des Ioniens à l’époque impériale : cultes communs et compétition civique, Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté, coll. « Collection de l'Institut des Sciences et Techniques de l'Antiquité »,, 1523 p.(lire en ligne [archive])),p. 173-195