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Assignat

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Paysan encaissant ses assignats auprès d'un changeur.
Gouache deJean-Baptiste Lesueur, Paris,musée Carnavalet.
Assignat de15 sols.

L’assignat est unemonnaie fiduciaire mise en place sous laRévolution française.

Après lesystème de Law (17161720), l'assignat est la seconde expérience de monnaie fiduciaire enFrance auXVIIIe siècle : toutes deux se soldèrent par un échec retentissant.

À l’origine, il s’agissait d’un titre d’emprunt émis par leTrésor en1789, et dont la valeur est gagée sur lesbiens nationaux parassignation. Les assignats deviennent une monnaie de circulation et d’échange en1791, et les assemblées révolutionnaires multiplient les émissions, qui entraînent une forteinflation. Lecours légal des assignats est supprimé par la loi du2prairialanV ()[1].

Histoire

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Contexte

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Talleyrand, initiateur de la confiscation des biens du clergé.

En France, au début des années 1780, les finances royales sont dans un état très préoccupant avec une dette évaluée entre 4 et 5 milliards delivres, la moitié du budget royal servant à résorber cette dette qui ne fait qu’augmenter et à servir de rente pour diverses personnes. On voyait déjà circuler depuis 1787 des billets de laCaisse d'escompte pratiquement àcours forcé (ce fut le cas à partir d’août 1788, entraînant une panique), c’est-à-dire que le Trésor émettait sur promesse de remboursement des traites qui avaient par là-même, valeur de monnaie puisqu’on pouvait les réescompter, les échanger, les utiliser pour acheter des biens, et enfin les négocier : d’ailleurs, sur le marché, leurs cours ne cessaient de chuter. Leurs rapports s’amenuisant bientôt, l’État ne pouvait plus espérer grand-chose du côté de ces billets. Le, à l’ouverture desétats généraux,Jacques Necker propose l’émission d’un « papier national », via la Caisse d'escompte, qui se verrait alors affectée au règlement de ladette publique et il est rejoint parMirabeau qui déclare« qu’il faut bannir de la langue cet infâme mot de « papier-monnaie » »[2]. Le risque debanqueroute est grand et il faut, de toute urgence, trouver de l’argent ; le députéTalleyrand propose l’idée de confisquer les biens duclergé (et non pas de lesnationaliser car aucune indemnité n’a été versée)[3].

C’est ainsi que le, l'Assemblée nationale constituante décide que tous les biens du clergé seront « mis à disposition de la Nation ». Ces biens seront dorénavant des biens nationaux, destinés à être mis auxenchères pour remplir les caisses de l’État[4].

Cet apport de patrimoine, évalué entre 2 et 3 milliards de livres[3], constitue un gain considérable pour les finances publiques. La mise en vente est confiée à unecaisse de l'Extraordinaire, créée par le décret du 19- et définitivement organisée le[5].

La vente de tant de biens prend du temps, au minimum un an. C’est un délai beaucoup trop long, lescaisses de l'État sont vides.

C’est ainsi qu’il est décidé de créer, le jour même de l’ouverture de lacaisse de l’Extraordinaire, des billets dont la valeur est « assignée » (autrement dit gagée) sur les biens du clergé. Rappelons que durant l’été 1789, le Trésor royal devientTrésor public et reçoit mission de gérer le produit des contributions ordinaires. La caisse de l’Extraordinaire gère les fonds provenant de la vente des biens nationaux et subvient aux dépenses du Trésor public (elle sera dissoute le par décret du). La Caisse d'escompte, elle, assure les paiements jusqu’en et voit ses propres effets endossés en tant qu’assignats[6]. La loi du ordonne l’échange des effets de la Caisse d’escompte contre des assignats, qui deviennent ainsi le seul papier monétaire.

Débuts

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Assignat des « Domaines nationaux » d'un montant de 1 000 livres, un des premiers émis après avril 1790 avec des montants jugés très élevés.

Le fonctionnement de l’assignat est simple : comme il est impossible de vendre tout de suite les biens du clergé, des billets seront émis, qui représenteront la valeur de ces biens par fraction : la valeur d’un bien est divisée en assignats, comme l’on ferait d’une société par actions. Toute personne qui désire acheter des parts dans lesbiens nationaux doit le faire via des assignats. Il faut donc avant tout que les particuliers achètent des assignats auprès de l’État, c’est ainsi que la rentrée d’argent se fait. Une fois la vente d’un bien effective (ou « réalisée »), le produit de la vente est inscrit au registre civil et, de retour dans les mains de l’État contre remboursement, les assignats doivent être détruits. Ainsi, la rentrée d’argentfrais est plus rapide : les biens sont vendus de façon indirecte et par fractions, et non en une seule fois.

Dès le début de 1790, les premiers ratés surviennent. Le 30 mars,Anne-Pierre de Montesquiou-Fezensac déclare au sujet des assignats que c’est« le plus coûteux et désastreux des emprunts[Note 1] ».

Le 16 et, la valeur totale de la première émission est de 400 millions de livres divisés en assignats de1 000 livres avec intérêt de 20 deniers par jour (soit 3 % l’an). Une valeur nominale si importante ne les destine pas à servir debillets pour la population, mais à êtrethésaurisés par des investisseurs : certains assignats comportaient même des coupons avec intérêt et leur cotation commence à être discutée.

L’idée est loin de faire l’unanimité au sein de l’Assemblée nationale constituante, qui se rappelle la banqueroute dusystème de Law : des députés comme Talleyrand,Dupont de Nemours sont vivement hostiles. Pour eux, le problème majeur de l’émission d’assignats est qu’il ne faut pas qu’il y ait plus d’assignats en circulation que la valeur réelle des biens nationaux. De plus, à cette époque, les billets sont facilement falsifiables. Au bilan, il y a donc un fort risque de retrouver en circulation une quantité trop importante d’assignats, et donc de dépréciation de cette monnaie.

Billet de confiance de 5 sous, émis par ledistrict de Saint-Gaudens.

Les premiers assignats affichant de gros montants, l’or et l’argent métal étantthésaurisés, les espèces viennent à manquer dans la population pour les échanges courants. L’État autorise donc l’émission de « monnaies et billets de confiance » affichant de petits montants. Lesfrères Monneron à Paris, puis d’autres établissements et des municipalités se lancent dans ce type d’émission.

La demande en assignats augmente rapidement. Le,Pierre Didot, qui est chargé par l'Assemblée nationale législative du service de l’impression, confie le contrat àÉleuthère Irénée du Pont de Nemours qui vient d’ouvrir une imprimerie.

Dépréciation

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Assignat métallique de 5 livres (1791), carton cerclé de cuivre. Poids : 17 g. Peu d’exemplaires ont été émis avant l’abandon de cette forme d’assignat.

Le, l’assignat est transformé en un papier-monnaie : il a donccours forcé. Et l’État, toujours à court de liquidités, l’utilise pour toutes ses dépenses courantes. La machine s’emballe… L’État ne détruit pas les assignats qu’il récupère ; pire, il imprime plus d’assignats que la valeur réelle des biens nationaux.Jacques Necker, alorsministre des Finances, résolument contre la transformation de l’assignat en papier-monnaie, donne sa démission en septembre.

Entre 1790 et 1793, l’assignat perd 60 % de sa valeur. Entretemps, la valeur faciale des assignats se réduit : entre le et le, voient le jour des valeurs situées entre 10 et 50 sols (inférieures à 5 livres), suppléant ainsi à l’absence d’espèces métalliques et répandant l’usage de ce moyen de paiement dans toutes les couches de population.

Bien que la valeur de l’assignat se réduise, les enchères des biens nationaux restent tout de même très élevées et seules les personnes aisées peuvent les acheter. C’est ainsi que certains s’enrichissent énormément et achètent d’immenses terrains et bâtiments pour presque rien, en comparaison de leur valeur réelle. La surévaluation légale de l’assignat permet d’acheter des biens par conséquent sous-évalués[9].

Assignat de 400 livres émis par la Première République française (après septembre 1792). Collection nationale numismatique duSmithsonian Institution.

Pour soutenir l’assignat, plusieurs lois successives, toujours plus dures, sont votées, comme la fermeture provisoire de laBourse de Paris (décret du)[10] et la fin de la publication des taux de change en 1793, de manière à limiter laspéculation, mais aussi de lourdes amendes et de graves peines d’emprisonnement pour toute personne surprise à vendre de l’or ou des pièces d’argent ou traitant différemment la monnaie de papier et lesmétaux précieux, ce qui comprend le refus d’un paiement en assignats. Le, la Convention décide que les prix de tous les achats et marchés conclus avec l’État seront stipulés uniquement en assignats. Trois jours plus tard, cette mesure est étendue au secteur privé[11].

Dès les premiers jours de laTerreur, le, la non-acceptation de l’assignat est déclarée passible de lapeine de mort : les biens sont confisqués et le délateur récompensé. Le, le directeur de la fabrication des assignats, pris dans une affaire de complot,Delamarche, est guillotiné. Le, le commerce au moyen desmétaux précieux est interdit. En mai 1794, toute personne qui aurait demandé en quelle monnaie le contrat serait conclu doit être condamnée à mort[12].

Premier assignat émis en francs (1795).

Malgré tout cela, les pouvoirs politiques ne savent pas faire face à lacrise économique, et l’État continue d’émettre de plus en plus d’assignats pour financer la guerre. Le nombre d’assignats fabriqués correspond à une valeur de 2,7 milliards de livres en septembre 1792 ; elle passe à 5 milliards en août 1793. Au début de 1794, le volume d’assignats émis atteint 8 milliards. Toutefois, les autorités ont fini par comprendre que la dépréciation continue des assignats était due à l’excès des émissions. Aussi une partie est-elle retirée de la circulation à partir de 1793 au moyen de l’emprunt forcé. En retranchant les sommes rentrées et brûlées, il n’en reste en circulation que 5,5 milliards. En juin 1794, la création d’un nouveau milliard d’assignats, d’une valeur allant de1 000 livres à 15 sous, est décrétée, dans le même temps qu’un emprunt forcé sur les riches de 100 millions est lancé par lecomité des finances[13],[14]. Après de nouvelles émissions en janvier 1795, cette fois avec des valeurs en francs (la plus élevée étant 10 000)[15], les assignats mis en circulation passent la barre des 10 milliards en août 1795 à près de 45 milliards de livres en janvier 1796[16],[17], alors que la somme totale des assignats n’aurait jamais dû dépasser les 3 milliards, valeur des biens du clergé. La cause de l’inflation réside dans la surproduction des assignats, le contrôle des prix ne permettant pas de baisser ceux-ci mais ayant pour effet de créer la pénurie[18].

Un grand nombre de faux assignats, fabriqués enBelgique, enHollande, enAllemagne, enSuisse et enGrande-Bretagne, avec la complicité du gouvernement britannique, alors l’un des principaux ennemis de la France et intéressé à accélérer la crise économique française, ont été diffusés dans le pays[19],[20],[21],[22].

Remplacement progressif

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Gravure figurant la destruction des planches typographiques à assignats, place Vendôme le 19 février 1796 (vue parÉtienne Huyot).
Unepromesse de mandat territorial de 100 francs (1796).

Avant la disparition de l’assignat, lesrescriptions de l’emprunt forcé furent émises : elles correspondent à des mandats à ordre au porteur. Elles furent créées par décret le1ernivôseanIV () et délivrées par la Trésorerie nationale pour le paiement de ses affaires courantes dans l’attente des retombées de l’emprunt forcé créé par la loi du19frimaireanIV (). L’arrêté du29ventôseanIV () impose aux rescriptions le cours forcé de monnaies : des coupures de 25 à 1 000 francs sont émises.

Un mois auparavant, sur décision duDirectoire, l’assignat est finalement abandonné avec faste lorsque les planches à billets, lespoinçons, les matrices et les plaques sont brûlés en publicplace Vendôme, le30pluviôseanIV ().

Le28ventôseanIV (), l’assignat est définitivement remplacé par un nouveau système, lapromesse de mandat territorial venant compléter celui de la « Rescription de l’emprunt forcé » et imprimée en plusieurs couleurs (et parfois en bichromie) afin d’éviter la contrefaçon. L’échange se fait sur la base de 30 francs assignat contre 1 franc en promesse de mandat, au lieu de 300 contre 1, sa valeur réelle, ce qui condamne le nouveau titre dès son émission. Appelé par la suite « Mandat territorial », il connut plus ou moins la même histoire que l’assignat, se dépréciant encore plus rapidement. Le16pluviôseanV (), le mandat territorial est retiré de la circulation.

Il faut attendre 1800 pour que réapparaissent des billets émis cette fois par laCaisse des comptes courants puis les comptoirs d’escompte de la toute nouvelleBanque de France.

Bilan

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L’assignat est généralement considéré comme un échec financier et économique.

Ainsi, l’impuissance du gouvernement à combattre l’inflation par des sanctions toujours plus lourdes illustre, pour l'économisteThomas DiLorenzo, le caractère néfaste d’une politique de contrôle desprix[18].Jacques Bainville, écrivain et historien royaliste, explique lui dans sonHistoire de France que la Révolution française avait aggravé la crise financière par laquelle elle était née.

Cependant, sur le plan financier, sa création a empêché la mise en faillite de l’État français, contribué à la réduction de la dette et permis de trouver l’argent nécessaire au financement de la guerre dans les heures difficiles de l’an II[23].

Et politiquement et socialement, les assignats réalisèrent surtout un important transfert de propriétés en un temps très réduit. Ainsi, les assignats attachèrent au nouveau régime tous les acquéreurs de biens nationaux, et cette nouvelle bourgeoisie foncière redoutera désormais le retour de lamonarchie.

Production

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L’émission dans un temps très court d’un grand nombre d’assignats en principe difficiles à imiter pose de nombreux problèmes techniques et les propositions d’innovations affluent[24].

Dans un premier temps, l’Assemblée nationale lance un concours en 1790 pour les trois premiers types d’assignats dits « à face royale » (avec coupons d’intérêts) et nomme le directeur de l’Imprimerie royale,Anisson-Dupéron, responsable dutirage typographique et de lataille-douce. On réemploya des caractères forgés à la fin du règne deLouis XIV en y ajoutant ceux créés parPierre-Joseph Lorthior pour les obligations de laCaisse d'escompte en 1789, le tout comprenant des « points secrets » destinés à décourager les falsificateurs. Appelé « polytypage », ce procédé de fabrication des plaques d’impression permettait de générer d’abord sur bois ou sur plomb durci, des matrices identiques. Le portrait du roi retenu fut celui conçu parAugustin de Saint-Aubin.

Après le décret du 29 septembre 1790 relatif à la deuxième émission, Anisson perdit au profit dePierre Didot le bénéfice de l’impression, tandis queNicolas-Marie Gatteaux fut chargé de la gravure des motifs etFirmin Didot de la typographie. Le résultat rendit mécontentes les autorités monétaires du fait que les contrefacteurs pouvaient aisément imiter le lettrage. En mars 1792, Jean-Baptiste Gérard devient le nouveau graveur des textes[25]. Deux mois plus tôt,Jean-Pierre Droz était requis pour une petite coupure qu’il grava sur acier.

De nouveaux procédés destéréotypie vont alors se développer, la demande en assignat à faibles montants augmentant, mais sans jamais empêcher la contrefaçon. Le technicien Martial Grassal met au point une machine, qui sera opérationnelle le, permettant de graver dix formats d’un coup. C’est de ce procédé dont découleront les dizaines de millions d’assignats imprimés par la suite.

D’autres graveurs et médailleurs contribuèrent également à la confection des assignats :Jacques-Nicolas Tardieu,Bernard-Antoine Nicolet et, bien sûr,Augustin Dupré.

Une grande partie dupapier destiné aux assignats fut produite, entre 1792 et 1794, à la manufacture d'Essonnes, connue aujourd'hui sous le nom depapeterie Darblay[26], qui a fermé dans les années 1990 et a finalement été démolie.

Les différentes émissions

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Entre les décrets du 16-17 avril 1790 et le 8 février 1794, furent fabriqués des assignats en livres puis en sous, pour des montants allant de 10 sols à2 000 livres.

Après le18 nivôse de l’an III, des assignats en francs apparaissent, pour des montants allant de 100 à 10 000 francs.

Après le21 nivôse de l’an IV, les rescriptions de l’emprunt forcé émises par la Trésorerie nationale affichent des montants de 25 à 1 000 francs.

Enfin, les promesses de mandats territoriaux créés le28 ventôse de l’an IV proposent des montants allant de 2 à 500 francs.

Faux assignats

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Le 10 août 1790 les assignats entrent en circulation. Le 2 novembre suivant chez un orfèvre de Paris, un homme est arrêté pour avoir présenté un faux assignat de 1 000livres. En moins de trois mois les assignats sont déjà contrefaits, et le mouvement ne cesse de s’amplifier[27].

Le parlement déploya tous les moyens possibles pour éviter la contrefaçon des assignats, n’hésitant pas à engager des sommes énormes (payées en assignats) auprès d’inventeurs de procédés divers. Les assignats furent imprimés parstéréotypie et un procédé detaille-douce. On met des « points secrets » permettant de déceler les faux, des points noirs placés à divers endroits, ou des lettres modifiées, par exemple un A remplacé par un V à l’envers, un É dont l’accent est déporté sur la droite ; mais comme ces signes ne sont pas mentionnés, personne n’y prête attention. Le peu de difficultés à imiter cette monnaie (la papeterie était àJouy-sur-Morin, avec la présence de surveillants du timbre) fut en quelque sorte un encouragement aux faussaires, aussi en fabriquait-on un peu partout. D’après des témoignages de l’époque, on trouvait des imprimeries rudimentaires jusque dans les prisons[28].

Le 26 mars 1792, l'Assemblée nationale désigne un jury spécial de jugement des affaires relatives à la fabrication de faux assignats[29], dans lequel figure des députés, des savants, des imprimeurs, des peintres et des graveurs. En juillet, trois condamnations à mort tombent sur les membres d'une confrérie de falsificateurs installés à Passy dans lePuy-de-Dôme[30].

La plupart des faux étaient assez grossiers et facilement reconnaissables, mais d’autres étaient pratiquement indécelables ; c’était notamment le cas des faux imprimés àLondres pour le compte des royalistes et par suite du gouvernement britannique. Pour eux les assignats à l'effigie deLouis XVII devaient primer ceux qu'imprimait la Convention. Le petit roi étant reconnu par les autres souverains on peut discuter du qualificatif de fausse monnaie pour ces billets.

L’atelier londonien avait été fondé par des notables vendéens sous la direction ducomte de Puisaye et le patronage duduc d’Harcourt et était soutenu par le gouvernement britannique. L'atelier imprimait également de très bonnes contrefaçons des émissions républicaines, donc des "faux" incontestables. Il produisait à plein rendement, et lors de la déroute vendéenne après la défaite deQuiberon, legénéral Hoche annonça, dans son rapport, qu’il avait saisi dix milliards en faux assignats dans les bagages de l’armée vaincue.

AuXXe siècle, des faux ont été fabriqués pour le marché des collectionneurs. C’est ainsi que l’on parle parfois de « vrais faux » assignats (les faux d’époque) par opposition aux faux actuels.

  • Le véritable assignat de 300 livres « à face royale » ayant servi de modèle.
    Le véritable assignat de 300 livres « à face royale » ayant servi de modèle.
  • Faux assignat de 300 livres portant au dos le cachet « Assignat certifié faux - Deperey - Vérificateur en chef ».
    Faux assignat de 300 livres portant au dos le cachet « Assignat certifié faux - Deperey - Vérificateur en chef ».
  • Dos du faux assignat de 300 livres avec le cachet du vérificateur[31].
    Dos du faux assignat de 300 livres avec le cachet du vérificateur[31].

Ministres des finances pendant la période des assignats (1789–1799)

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La succession rapide des ministres et responsables des finances pendant la Révolution française reflète l’instabilité politique de la période et les difficultés liées à l’émission desassignats, plusieurs d’entre eux ayant participé directement à leur création ou à leur gestion. Entre octobre 1791 et septembre 1792, l’Assemblée législative connut un renouvellement ministériel sans précédent : cinq ministres des finances, mais aussi quatre ministres de la justice, six de l’intérieur et huit de la guerre se succédèrent en moins d’un an, signe de la désorganisation croissante de l’appareil d’État[32]. Cette liste met en évidence le lien étroit entre les crises politiques et monétaires, ainsi que l’évolution institutionnelle du ministère des Finances — successivement supprimé, collégialisé, puis rétabli sous leDirectoire. L'une des premières victimes de ce marasme futDelamarche, directeur de la fabrication des assignats, exécuté le 8 novembre 1793.


PériodeNomFonction / remarque
16 juillet 1789 – 3 septembre 1790Jacques NeckerPremier ministre des finances de la Révolution.
4 septembre 1790 – 4 décembre 1790Claude Guillaume LambertDirecteur général intérimaire des finances après Foullon.
5 décembre 1790 – 28 mai 1791Claude Antoine de Valdec de LessartMinistre des finances sous la monarchie constitutionnelle.
29 mai 1791 – 23 mars 1792Louis-Hardouin TarbéMinistre des contributions et revenus publics ; dernier titulaire sous la monarchie constitutionnelle.
24 mars 1792 – 13 juin 1792Étienne ClavièreMinistre des contributions publiques ; révoqué par Louis XVI.
13 juin 1792 – 18 juin 1792Antoine DuranthonMinistre par intérim après la révocation de Clavière.
18 juin 1792 – 29 juillet 1792Jules-Émile-François Hervé de BeaulieuMinistre des finances avant la crise de juillet 1792.
29 juillet 1792 – 10 août 1792René Delaville-LeroulxDernier ministre des finances de la monarchie constitutionnelle.
10 août 1792 – 2 juin 1793Étienne ClavièreMinistre des contributions publiques dans le premier gouvernement girondin ; partisan des assignats.
juin 1793 – avril 1794Louis Grégoire Deschamps DestournellesDernier ministre des finances de la Convention ; son ministère est supprimé le 1er avril 1794 (12 germinal an II).
avril 1794 – novembre 1795Finances administrées par leComité de salut public et laCommission des finances et des revenus nationaux.
9 novembre 1795 – 13 février 1796Guillaume-Charles FaipoultNommé par le Directoire après le refus deGaudin ; assume l’intérim avant d’être remplacé parRamel.
14 février 1796 – 20 juillet 1799Dominique-Vincent Ramel-NogaretMinistre des finances sous leDirectoire ; responsable de la réforme duTrésor public.
20 juillet – 9 novembre 1799Robert LindetMinistre des finances sous le Directoire (quelques mois) avant leConsulat.
11 novembre 1799 – 1 avril 1814Martin-Michel-Charles GaudinPremier ministre des finances duConsulat et del’Empire.


Le 8 thermidor an II (26 juillet 1794),Maximilien Robespierre prononça devant la Convention un discours où il accusa notammentJoseph Cambon,Mallarmé etRamel, affirmant que « la contre-révolution est dans l’administration des finances ».L’incident provoqua une panique à laTrésorerie nationale : l’établissement fut placé sous garde armée et plusieurs commissaires craignirent d’être traduits devant leTribunal révolutionnaire.Cette confrontation illustra le conflit croissant entre la morale politique incarnée par Robespierre et la rigueur budgétaire défendue par Cambon, qui cherchait à maintenir l’équilibre des finances publiques malgré l’effondrement du crédit.Le ministère des Finances avait toutefois été supprimé avant la chute de Robespierre, le 1er avril 1794 (12 germinal an II), et remplacé par douze commissions exécutives, dont laCommission des finances et des revenus nationaux, active jusqu’en novembre 1795[33].

Sous leDirectoire, le ministère des Finances fut rétabli en novembre 1795 et confié àGuillaume-Charles Faipoult[34].SelonJacques Bresson, il trouva les finances « dans l’état le plus déplorable » : le numéraire avait disparu, la confiance dans le papier-monnaie était anéantie et les assignats perdaient presque toute valeur.Les mesures prises pour enrayer la crise — émission de monnaies de cuivre, emprunts forcés, taxes en nature — aggravèrent encore la confusion administrative.Faipoult tenta sans succès de restaurer le crédit et d’introduire un contrôle plus rigoureux des recettes publiques[34].

SelonGuy Antonetti, Faipoult joua un rôle charnière dans la transition entre la Commission des finances et le ministère rétabli par le Directoire.Dans sonEssai sur les finances (octobre 1795), il proposa de remplacer les assignats discrédités par descédules hypothécaires garanties sur les biens nationaux, de rétablir progressivement la circulation métallique et de créer une banque indépendante de l’État sur le modèle de la défunteCaisse d'escompte (1776–1793).Ce programme, partiellement repris dans le rapport d’Eschassériaux du 22 brumaire an IV, annonçait à la fois les mandats territoriaux de 1796 et la fondation de laBanque de France en 1800[35].

Sous le Directoire, la situation financière de la République demeura critique : la dépréciation du papier-monnaie atteignit des niveaux extrêmes, et les mesures du gouvernement, souvent contradictoires, ne suffirent pas à rétablir la confiance.L’emprunt forcé de 1795 produisit peu de recettes et provoqua un profond désordre administratif.Pour éviter les troubles dans la capitale, le gouvernement décida d’acheter en numéraire le blé et la viande destinés à Paris tout en les revendant en assignats, mesure qui permit de stabiliser provisoirement la subsistance de la population[36].

Expériences antérieures de papier monétaire hors France

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Amérique britannique et États-Unis

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Lescolonial scrips qui se généralisent à partir de 1709 dans lesTreize colonies britanniques aux Amériques, non indexés sur l’or mais gagés sur les terres, et indépendants de laBanque d'Angleterre, ainsi que ledollar continental qui fut lancé en 1775 par les premiers États américains indépendants, eurent sans doute une certaine influence sur le projet d’assignat français[37].

Empire russe

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Le termeassignat est équivalent au mot russeassignatsia qui signifie « billet de banque ». L'Assignatsionny rouble (rouble d'assignation), créée parCatherine II et premier billet de banque de ce pays, fut utilisé en Russie de 1769 au1er janvier 1849 et ne présente aucun lien direct avec l’assignat français[38].

Galerie

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  • Assignat de 10 sous par Droz.
    Assignat de 10 sous parDroz.
  • Assignat de 15 sols par Droz.
    Assignat de 15 sols parDroz.
  • Assignat de 25 sols par Droz.
    Assignat de 25 sols parDroz.
  • Assignat de 50 sols par Gatteaux.
    Assignat de 50 sols parGatteaux.
  • Assignat de 5 livres.
    Assignat de 5 livres.
  • Assignat de 5 livres.
    Assignat de 5 livres.
  • Assignat de 10 livres.
    Assignat de 10 livres.
  • Assignat de 25 livres.
    Assignat de 25 livres.
  • Assignat de 50 livres par Gatteaux.
    Assignat de 50 livres parGatteaux.
  • Assignat de 125 livres.
    Assignat de 125 livres.
  • Assignat de 400 livres dessiné par Gatteaux et gravé par Tardieu en 1792.
    Assignat de 400 livres dessiné parGatteaux et gravé parTardieu en 1792.
  • Assignat de 500 livres.
    Assignat de 500 livres.

Notes

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  1. Cette citation que l'abbéEdgeworth de Firmont prête àMontesquiou le[7] est apocryphe. On trouve en revanche à la date du une intervention de Montesquiou évoquant lesanticipations qui sont« le plus coûteux et désastreux des impôts[8] ».

Références

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  1. Albert Mathiez etGeorges Lefebvre,Annales historiques de la Révolution française, Firmin-Didot & Cie,,p. 256.
  2. E. Levasseur, « Les Assignats pendant la révolution »,Revue européenne,vol. 5,‎,p. 5.
  3. a etb(fr)Alain Grandjean, « La folle histoire des assignats »,(consulté le).
  4. Cette idée n’est pas nouvelle : treize ans avant l’expérience de Law, en,Michel Chamillart, secrétaire d’État, etAchille III de Harlay (1639-1712), premier président au Parlement, se réunissent à propos de l’argent qui se fait rare. Auditant les principaux négociants de la place de Paris, ceux-ci proposent « d’aliéner à perpétuer les biens de l’Église moyennant huit millions, persuadés que Sa Majesté en peut disposer sans la participation du clergé » (cité parPaul Harsin,Crédit public et Banque d’État en France duXVIe au XVIIIe siècle, Paris, E. Droz,(lire en ligne).
  5. Philippe Buchez,Histoire parlementaire de la Révolution française, J. Hetzel, 1846, « Histoire de l’Assemblée constituante », t. 4, p. 522.
  6. Sources :Centre des archives économiques, Ministère de l’économie, des Finances et de l’Emploi, en ligne le 27 mai 2012.
  7. Correspondance, récits, lettres inédites surGoogle Livres.
  8. Réimpression de l'ancien moniteur (volume 3) surGoogle Livres.
  9. (fr)« Assignats - Encarta »,Encarta(consulté le) :« Si la dépréciation constante des assignats a engendré une perte de pouvoir d’achat pour les porteurs, elle a, en parallèle, permis aux couches aisées de la population (notamment la bourgeoisie) d’accéder à la propriété à un prix largement sous-estimé. En effet, le prix des biens immobiliers reste identique durant toute la période d’émission des billets. Ainsi, un assignat acheté1 000 livres en 1789 correspond invariablement à1 000 livres en bien immobilier même s’il ne vaut, en numéraire, qu’une somme constamment dépréciée. ».
  10. Alexandre Vührer,Histoire de la dette publique en France, Paris, Berger-Levrault & Cie,(lire en ligne),p. 413.
  11. Gérard Sautel,Histoire des institutions publiques, Paris, Dalloz,, 613 p.(lire en ligne),p. 206.
  12. (en)Andrew Dickson White,Fiat Money : Inflation in France, New York, Foundation of Economic Education,,p. 75-89 ; passage publié dansChoice in Currency, A Way to Stop Inflation, parFriedrich Hayek, The Institute of economics affair, 1976. Traduction française sous le titrela Crise financière française de 1789-1799, éd. Le jardin des Livres, octobre 2013, 200 p.. Version anglaise intégralementconsultable en ligne.
  13. Adolphe Thiers,Histoire de la Révolution française, Elibron Classics, t. 6 : livres XXI-XXIV, p. 87-88(ISBN 0543884287).
  14. Gustave Molinari,Cours d’économie politique,t. II, Paris, Guillaumin et Cie,(lire en ligne),p. 260.
  15. Création du8 nivôse de l’an III avec mention « hypothéqué sur les Domaines nationaux ».
  16. Études sur l’histoire religieuse de la Révolution française, 1887,p. 325.
  17. Ernest Houssay,Étude sur le papier-monnaie et les assignats émis en France de 1701 à 1796, Paris, Lebodo Frères,, 58 p.(lire en ligne),p. 43, l’évalue précisément à 45 581 411 018 livres d’assignats.
  18. a etbThomas J. DiLorenzo, « Quatre mille ans de contrôle des prix »(consulté le).
  19. Élias Regnault,Histoire criminelle du gouvernement anglais depuis les premiers massacres de l’Irlande jusqu’à l’empoisonnement des Chinois, Paris, Massart & Janssens,, 316 p.(lire en ligne),p. 200-204.
  20. Louis Blanc,Histoire de la Révolution française,t. 12, Paris, Furne & Cie,(lire en ligne),chap. 3,p. 96 et alii.
  21. Paul Cottin, « L’Angleterre devant ses alliés 1793-1814 »,Revue rétrospective,‎,p. 38-39.
  22. Émile Levasseur,Histoire des classes ouvrières et de l’industrie en France de 1789 à 1870, Paris, A. Rousseau,(lire en ligne),p. 219.
  23. Correspondance générale d’Helvétius (édition critique préparée par Peter Allan, Alan Dainard, Marie-Thérèse Inguenaud, Jean Orsoni et David Smith), University of Toronto Press, 1981, vol. IV : 1774-1800, lettre 835 : « Alexander John Alexander à Henry Jonathan Williams », note 9, p. 188(ISBN 0802042856).
  24. Détails techniques rapportés par Jeanne Veyrin-Forrer,Rapport sur les conférences des années 1987-1988, Livret 5, Paris, École pratique des hautes-études, 1994,p. 99-100.
  25. Jean Lafaurie,Les Assignats et les papiers-monnaies émis par l’État auXVIIIe siècle, Paris, Le Léopard d’or,, 11 p.(OCLC 311491451,lire en ligne).
  26. Papeterie Darblay
  27. Mathieu Soula,« Falsifications et falsificateurs d’assignats sous la Révolution dans le département de la Haute-Garonne », in:La Fabrique du faux monétaire du Moyen Âge à nos jours, Toulouse, Presses universitaires du Midi, 2020,p. 139-153 — sur Open Edition Books.
  28. Antoine François Bertrand de Molleville,Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la dernière année du règne de Louis XVI, roi de France,t. II, Paris, Strahan et Cadell,(lire en ligne), « xxvi »,p. 240.
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  30. Laurence Froment et Anne-Marie Vuillemin, « L'affaire des faux assignats de Passy (Puy-de-Dôme) », in:Chroniques historiques du Livradois-Forez, 1997,p. 12-17.
  31. Les bandes foncées sont des renforts de restauration actuels.
  32. (en)The French Legislative Assembly (1791–1792), Oxford University Press,,p. 196
  33. Jacques Bresson,Histoire financière de la France depuis l’origine de la monarchie jusqu’à l’année 1828,vol. 2, Paris, Librairie Guillaumin,, 168–169 p.(lire en ligne)
  34. a etbJacques Bresson,Histoire financière de la France depuis l’origine de la monarchie jusqu’à l’année 1828,vol. 2, Paris, Librairie Guillaumin,, 170–175 p.(lire en ligne)
  35. Guy Antonetti,Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire. Dictionnaire biographique 1790–1814, Paris, CHEFF,, 179–200 p.(lire en ligne)
  36. Jacques Bresson,Histoire financière de la France depuis l’origine de la monarchie jusqu’à l’année 1828,vol. 2, Paris, Librairie Guillaumin,, 173–175 p.(lire en ligne)
  37. SelonFerdinand Brunot,La Révolution et l’Empire, t. IX, p. 1 078.
  38. Michel Muszynski, « Le papier-monnaie, un élément du patrimoine culturel »,Revue Russe,no 54,‎,p. 11-32(DOI 10.3406/russe.2020.2957,lire en ligne)

Annexes

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La fabuleuse histoire de l'argent (4/4) Des pièces de monnaie au bitcoin. Arte (2025)

Articles liés

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Bibliographie

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Bibliographie

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Par ordre chronologique :

  • Trophime-Gérard Lally-Tolendal,Adresse de M. de Lally-Tollendal aux Français, ou, La dinde à la broche, la poule au pot & la grande pinte, servis ensemble sur les tables du peuple : 1°. Par la grande émission des assignats ; 2°. Par l’emploi vraiment patriotique des biens nationaux, S.l., S.d.,.
  • Tableau des faux assignats, ou premier recueil des procès-verbaux de leur falsification, imprimé et publié par la Société d’émulation de Rouen. De l’Imprimerie duJournal de Rouen et du département de la Seine Inférieure. Rouen, 1793, 93 pages, imprimerie dirigée par Noël de la Morinière.
  • Jean Morini-Combi,Les assignats : révolution et inflation, Nouvelle librairie nationale,.
  • Jean Bouchary,Les faux-monnayeurs sous la Révolution française, Paris, Librairie Marcel Rivière, 1946 —lire sur Gallica.
  • Maurice Muszynski,Les assignats de la Révolution française, Éditions Le Landit,.
  • Bernard Rizo,L'Assignat et la Révolution, Carcassonne, J. M. Savary, 1989.
  • [article] Alain Plessis, « La Révolution sauvée par les assignats », in:L’Express, 4 mars 1993.
  • Georges Depeyrot,Les assignats : 1790-1795, Wetteren, Moneta, 2009.
  • « Les Assignats français : l’ancêtre des subprimes »,Trends Tendances, Bruxelles, Roularta,‎,p. 20.

Liens externes

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