As-Saff (arabe :سُورَةُ ٱلصَّفِّ,français :Le Rang) est le nom traditionnellement donné à la61esourate duCoran, lelivre sacré de l'islam. Elle comporte 14versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant lapériode médinoise.
Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourateLe Rang[2], en référence au contenu du quatrième verset :« 4. Voici, Allah aimeceux qui combattent sur Son sentier, en rangs,comme s’ils étaient un édifice de plomb ».
Généralement appelée « Le Rang », cette sourate porte parfois le nom de « Les Apôtres »[3].
PourNöldeke[Note 1] etSchwally, cette sourate est composée de textes de périodes différentes. PourBlachère, cette sourate est un « assemblage de brèves révélations, de datation flottante »[3].
Les versets 5-6, qui ne semblent pas avoir de lien avec ce qui précède, appartiennent à une controverse avec des juifs. Le premier est consacré àMoïse qui « exprime le rejet de son peuple face à sa mission divine »[3].
Le verset 6 est connu pour contenir une mention d’Ahmad, compris par les exégètes musulmans comme uneannonce de la venue de Mahomet par Jésus. Ceux-ci se basent sur l’idée queMuhammad etAhmad dérivent de la même racine trilitère[3].
Néanmoins, d’autres hypothèses restent possibles. En effet, il est possible que ce terme ne soit pas un nom propre, ce qui signifierait « dont le nom sera loué ». Certains chercheurs y ont vu y allusion au discours de Jésus dansJean 14, 16 dans lequel Jésus annonce la venue du « consolateur »,paracletos. Ce terme serait arrivé dans les sources arabes sous la forme erronée,periklutos, qui prend le sens de « célébré »[3].
Ce verset connait une variante de lecture dans le codex attribué au compagnonUbayy ibn Ka’b. Dans celle-ci, le termeAhmad est absent[10]. Gallez a proposé récemment de lire cette variante, qu’il considère comme l’original à la lumière duLivre de Daniel qui possède un passage avec un vocabulaire commun et où il évoque un « homme de prédilection » (hamudot)[3].
↑Les islamologues ont utilisé plusieurs approches pour tenter de dater les différentes sourates duCoran. Paret etNeuwirth appartiennent à l’« école allemande » qui, à la suite deNöldeke, s’appuie sur la chronologie traditionnelle et sur un récit « laïcisé » des traditions musulmanes. Autrefois dominant dans lesétudes islamologiques, ce paradigme nöldekien n'est plus qu'« en partie présent ». Les auteurs duCoran des historiens appartiennent davantage à l’autre courant (dit « sceptique ») qui prend davantage en compte une critique des sources traditionnelles. Voir :Historiographie de l'islam et du Coran
↑En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit duCommentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et duCoran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux deBlachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avecapparat critique. Voir :Sourate
↑G. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianusno 95, 2011,p. 247-270.
↑E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering »,Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008,p. 13.