En 2015, un nouvel accord de partenariat avec l'Union européenne est initié. En février 2024, l'Arménie devient officiellement membre de laCour pénale internationale. En mars 2024 l'Arménie évoque à plusieurs reprises son souhait de devenir officiellement candidate à l'entrée dans l'UE.
Bien que selon les conventions géographiques classiques elle soit située enAsie occidentale[7],[8],[9], l'Arménie est considérée comme faisant partie culturellement, historiquement et politiquement de l'Europe, voire géographiquement pour les auteurs qui placent la limite Europe-Asie non pas sur laligne de partage des eaux duCaucase, mais sur les frontières méridionales et orientales de la Géorgie et de l'Arménie[10],[11]. Lehaut-plateau arménien est d'ailleurs considéré comme le berceau descivilisations indo-européennes[12] et le premier État au monde à avoir adopté lechristianisme commereligion d'État en 301. Bien que l'Arménie actuelle soit un paysconstitutionnellementlaïque la religion chrétienne y est une composante importante de l'identité nationale[13].
Selon les preuves documentées, une civilisation existait en Arménie depuis l'âge du bronze, voire plus tôt, vers Les fouilles archéologiques effectuées en 2010 et 2011 dans le complexe de grottesAreni-1 ont permis de découvrir lesplus vieilles chaussures en cuir connues au monde[17], une jupe[18] et une structure de production de vins[19].
Vers, unetribu thraco-illyrienne[24] originaire desBalkans passe enAsie Mineure et se déplace graduellement vers l’est jusqu’auCaucase pour se confondre, sans confrontation semble-t-il, avec le royaume de l’Urartu.« Incluant alors tous les autres éléments ethniques », l'ethnie arménienne se forme, avec une culture qui incorpore des éléments de la culture urartéenne[25] et une langue, indo-européenne, qui s'impose peu à peu[26]. Les Arméniens sont évoqués dans les archives deNinive. En, les vassaux arméniens deXerxèsIer, roi desPerses, combattent àMarathon contre lesGrecs.
Mais l'expansion de l'Arménie indispose lesRomains, qui annexent une bonne partie des terres que Tigrane vient de conquérir, tout en laissant l'Arménie indépendante jusqu'en, année où le pays devient unprotectorat romain.
De l'an 1 à 53, les Romains et lesParthes se partagent l'Arménie. Celle-ci est à nouveau romaine de 114 à 117.
La région est ensuite envahie par lesArabes qui établissent l'émirat d'Arménie. Vers l'an 885, la dynastiebagratide s'impose en Arménie, et l'indépendance du pays est alors reconnue. À l'époque, l'Arménie a pour capitaleAni. Avec une population dépassant celle des métropoles européennes comme Paris, Londres ou Rome, la ville devient le centre culturel, religieux et économique duCaucase.
Les guerres reprennent en 1827, lorsque l’Empire russe s'empare des régions arméniennes du nord de la Perse. AuXIXe siècle, le territoire est partagé entre laRussie et l’Empire ottoman. D'importantes communautés arméniennes se développent autour d'Erevan, mais aussi deTbilissi etBakou. En 1905-1906, de violents affrontements interethniques opposent les Arméniens auxAzéris.
Les Arméniens appartiennent à desmillets distincts (pour représenter les communautés arméniennesapostolique,catholique etprotestante) au sein de l'Empire ottoman, avec un degré d'autonomie en ce qui concerne les enjeux religieux et civils depuis la mise en place du système confessionnaliste instauré pendant l'ère réformiste desTanzimat. Mais le peuple arménien se compte parmi les nombreux groupes ethnoreligieux qui aspirent à plus d'autonomie ou même à l'indépendance pour les territoires où ils représentent la majorité. LaConstitution nationale arménienne est mise en place en 1863 et elle crée l'Assemblée nationale arménienne comme corps législatif du millet apostolique arménien, majoritaire, composé de120 membres élus qui à leur tour élisent lepatriarche arménien de Constantinople, détenant le pouvoir exécutif.
Le, le gouvernementJeunes-Turcs de l’Empire ottoman décide d’en finir avec la minorité arménienne vivant dans l’actuelleTurquie et organise déportations et massacres où périssent entre 1 200 000 et 1 500 000 Arméniens ottomans[29],[30], perpétrant ainsi ungénocide qui est souvent considéré comme le premier duXXe siècle. L'Arménie occidentale est vidée de sa population arménienne natale. Ce génocide n'a jamais été reconnu en tant que tel par la Turquie, dont les lois condamnent ceux qui mentionnent un génocide des Arméniens[31]. Après l'effondrement de la Russie (1917) et de l'Empire ottoman (1918), les Arméniens parviennent à créer unerépublique indépendante, à l'existence éphémère (1918-1920).
La première république démocratique d'Arménie est née des convulsions qui agitent la Transcaucasie à la fin de la Première Guerre mondiale. L'effondrement de l'Empire russe en 1917 laisse un vide politique dans une région composée d'une mosaïque de groupes ethnico-religieux, qui peinent à s'entendre. Abandonnés par leurs voisins face à la menace turque, les Arméniens proclament la république d'Arménie. Après la défaite des Puissances centrales en 1918, les Arméniens fondent de grands espoirs sur laConférence de la paix de Paris pour obtenir le rétablissement de la Grande-Arménie historique. Leurs attentes sont rapidement déçues. Abandonnée par les Puissances alliées, face à l'hostilité de ses voisins, la république d'Arménie mène pendant deux ans une existence précaire puis succombe à la collusion de la Turquie kémaliste et de la Russie bolchevique.
Battus parKemal Atatürk, les Arméniens se résignent à accepter la protection desbolcheviks : le naît la république soviétique d'Arménie, qui ne couvre qu'une petite partie du territoire historique de l'Arménie. Letraité de Sèvres promettait d'intégrer à la nouvelle Arménie indépendante plusieurs vilayets (provinces) d'Anatolie orientale. Mais le texte ne fut jamais ratifié. En1922, elle est incluse dans larépublique socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie, puis, à partir de1936 — à l'issue de l'éclatement de la Transcaucasie —, elle devient unerépublique socialiste soviétique à part entière.
Dès lors et durant toute la période soviétique, des tensions sourdes et récurrentes vont opposer Arméniens etAzéris autour du destin de la région duHaut-Karabagh. En, après la soviétisation de l'Azerbaïdjan, les autorités de laRSS d'Azerbaïdjan, nouvellement créée, déclarent renoncer à leurs prétentions sur les territoires litigieux, et reconnaissent officiellement le droit à l'autodétermination du peuple du Karabagh. Mais le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, alors présidé parStaline, décide du rattachement du Haut-Karabagh à l'Azerbaïdjan. Pendant près de soixante-dix ans, le problème est « gelé ». Durant toute cette période, à intervalles réguliers, la grande majorité des Arméniens du Haut-Karabagh proteste pacifiquement contre les suites de cette décision et demande que soit discutée la possibilité d'une intégration du Haut-Karabagh au sein de l'Arménie.
Puis, avec laglasnost et laperestroïka, les tensions récurrentes entre les deux républiques soviétiques provoquées par la politique des nationalités et surtout par le découpage administratif prennent une tournure plus ouverte et se cristallisent autour de la question du Haut-Karabagh.
Le, la région autonome du Haut-Karabagh se déclare en sécession. Trois jours plus tard, l'Azerbaïdjan réaffirme l'attachement du Haut-Karabagh à son territoire et des violences éclatent.
L’Arménie accède à son indépendance définitive le[32]. Suivant l'exemple de l'Azerbaïdjan (qui a déclaré son indépendance de l'URSS le 30 août 1991), la région autonome du Karabagh proclame sa propre indépendance le, qui est confirmée par unréférendum le suivant. Les autorités de Bakou envoient des troupes au Haut-Karabagh pour y rétablir leur contrôle, ce qui entraîne le début duconflit. Les Arméniens de la région s'organisent pour se défendre. Avec l'aide de l'Arménie, les combattants du Comité Karabakh chassent les Azéris. Les affrontements entre Arméniens et Azéris font des dizaines de milliers de victimes de part et d'autre. Malgré le cessez-le-feu conclu en, cette question n’est toujours pas réglée.
Destransferts de population ont eu lieu (retour en Arménie d'Arméniens vivant en Azerbaïdjan et vice-versa pour les Azéris vivant en Arménie) entre les deux pays qui tendent à devenir ethniquement plus homogènes.
Le pays connaît depuis son indépendance un très fort mouvement migratoire, principalement dû au développement de la pauvreté. C'est ainsi qu'entre 700 000 et 1 300 000 Arméniens ont quitté leur pays depuis 1991[33].
Cependant, l’Arménie conserve des relations étroites avec laRussie car son soutien lui est indispensable face à la Turquie et l’Azerbaïdjan quine cessent de la menacer. Labase militaire russe de Gyumri est toujours active et ce sont les troupes russes qui gardent lecouloir de Latchin reliant l’Arménie et l'Artzakh.
L'Arménie dispose d'un régime parlementaire depuis 2018. Le premier président arménien futLevon Ter-Petrossian, qui avait pris les rênes du pays en 1991. En 1998, affaibli dans son pays après avoir souhaité renégocier le statut duHaut-Karabagh, il est poussé à la démission avant d'être remplacé parRobert Kotcharian.
Serge Sarkissian, élu président en 2008 et réélu en 2013, fait voter à la fin de ses deux mandats une loi accordant plus de pouvoirs au Premier ministre, puis se fait nommer par le Parlement à ce poste, afin de contourner la clause constitutionnelle limitant à dix ans la durée des mandats de Président[35]. Il est brièvement nommé à ce poste sous la présidence d'Armen Sarkissian — homonyme sans lien familial — en 2018, puis démissionne sous la pression de la rue et de larévolution de velours qui lui reproche d'être corrompu. Le chef de l'oppositionNikol Pachinian lui succède au poste de Premier ministre le[36]. Le, le président Armen Sarkissian démissionne à la surprise générale etVahagn Khatchatourian, est élu président par le parlement au second tour[37].
Lesrelations avec l'Iran, qui s'étaient dégradées depuis l'installation d'un régime islamique àTéhéran, sont aujourd'hui redevenues meilleures et tendent même à se renforcer comme en témoigne la construction en d'ungazoduc reliant les deux pays[39]. De plus, une coopération dans le domaine de l'énergie s'est installée entre ces deux pays, se manifestant par les projets de construction d'unoléoduc et d'une centrale hydro-électrique sur la rivièreAraxe[39]. Dans les années 1990, l’Iran avait permis à l’Arménie de briser le blocus azéro-turc pour importer notamment du gaz et du pétrole[33].
Lesrelations avec la Turquie sont très conflictuelles, principalement en raison de lanégation dugénocide des Arméniens de 1915 par la Turquie mais aussi à cause du dossier karabaghtsi, au point que la frontière entre l'Arménie et la Turquie est officiellement fermée.
Carte ethnique de l'Arménie, duHaut-Karabagh et des régions voisines jusqu'en 2020. Après 2020, à la suite de ladéfaite de l'Artsakh, il ne reste plus de populations arméniennes en Azerbaïdjan.
Cependant, la politique étrangère de l’Arménie se transforme aussi graduellement vers la recherche d’un soutien plus fort de l’Occident. L’Arménie a ainsi exprimé le désir des’intégrer dans les institutions européennes. Depuis 1999 est en vigueur unaccord de partenariat et de coopération. En 2018 un accord de partenariat global et renforcé entre en vigueur[40]. En mars 2024 l'Arménie évoque à plusieurs reprises son souhait de devenir officiellement candidate à l'entrée dans l'UE[41]. Le parlement vote un texte en mars 2025 demandant au gouvernement de déposer la candidature du pays[42].
Elle adhère au programme dePartenariat pour la paix de l’OTAN ainsi qu'auConseil de l’Europe (42e pays membre). Elle a envoyé une section de soldats de la paix auKosovo sous commandement des forces grecques de laKFOR. Ainsi, l’Arménie cherche à équilibrer ses relations avec la Russie et avec l’OTAN. L'absence de soutien de la Russie lors des guerres de 2020 et 2023 au Haut-Karabagh, malgré l'appartenance à l'OTSC, pousse l'Arménie à s'éloigner un peu plus de celle-ci. En février 2024, l'Arménie devient officiellement membre de laCour pénale internationale[43] alors que dans le même temps elle annonce suspendrede facto sa participation à l'OTSC[44].
LesÉtats-Unis, avec leur diaspora arménienne, apportent une sérieuse contribution à la reconstruction de l’économie arménienne qui a récemment vu sonPIB progresser de façon impressionnante.
L’Arménie est en outre assez proche de laGéorgie, dont elle dépend économiquement pour le transit et l'importation des biens de première nécessité. Afin de ne pas mettre en péril cette relation indispensable face au blocus imposé par la Turquie et l'Azerbaïdjan depuis des années, Erevan est resté très prudent et a évité toute déclaration intempestive sur les velléités d'indépendance qui se sont matérialisées durant l'été 2008 au sein de la Géorgie en marge de laguerre d'Ossétie du Sud de 2008. Sur la question de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, l'Arménie s'est donc quelque peu distancée de son protecteur principal, la fédération de Russie — sans pour autant rejoindre le chœur des condamnations occidentales sur l'attitude de Moscou durant la crise.
Vue du Mont Ararat avec le monastère deKhor Virap.
L'Arménie est constituée deplateaux et de chaînes montagneuses très élevées, dénommées globalementPetit Caucase. Près de 90 % du territoire se situe à plus de mille mètres d'altitude. Enclavée dans les hauteurs duCaucase, entre lamer Noire et lamer Caspienne, l'Arménie se situe enEurasie, aux limites de l'Europe et de l'Asie.
Son point culminant historique était lemont Ararat et ses 5 160 mètres jusqu'en 1915. Depuis, le mont Ararat se trouve en Turquie, mais reste le symbole de l'Arménie, et le point culminant actuel est lemont Aragats et ses 4 095 mètres avec sa végétation de typetoundra et quelquesnévés sommitaux. La chaîne deGegham, dont le point culminant est lemont Ajdahak, haut de 3 597 mètres, est en position centrale dans le pays, séparant laplaine de l'Ararat dulac Sevan. De nombreux volcans éteints parsèment le pays, hérissé aussi de nombreux chaînons montagneux dont les sommets sont à plus de 3 000 mètres d'altitude, entaillés de vallées profondes, très encaissées. Les cols sont souvent élevés tels lecol de Sélim (2 410 mètres), lecol de Vorotan (2 344 mètres), lecol de Sisian (2 346 mètres) ou le col de Tastun (2 483 mètres). Ceci contribue à rendre la circulation difficile et accentue l'isolement des différentes régions.
La seule plaine notable est la plaine de l'Ararat, au sud et à l'ouest d'Erevan, au nord du mont Ararat, où se concentre l'essentiel de la production agricole. Elle coïncide avec la partie nord amont du bassin de l'Araxe, dont le bassin couvre les trois-quarts du pays et qui est donc le fleuve arménien par excellence même s'il est frontalier avec la Turquie et poursuit ensuite son cours au Nakhitchevan et en Azerbaïdjan avant de se jeter dans la mer Caspienne.
Le tiers nord du pays fait partie du bassin hydrographique de laKoura, fleuve qui coule enGéorgie pour sa partie amont et qui se jette aussi dans la mer Caspienne après avoir traversé le nord de l'Azerbaïdjan.
L'Arménie est située au cœur d'une zone qui connaît une grande activité sismique. La région est en effet soumise à la pression, forte et constante, de lapéninsule Arabique,plaque tectonique jadis détachée du continent africain et qui continue de « pousser » vers le nord-est, se heurtant à la plaque eurasiatique. Le dernier grandséisme a fait entre vingt-cinq mille et trente mille morts le, détruisant particulièrement les villes deSpitak etLeninakan, actuellement rebaptiséeGyumri.
Lasubduction et lacollision à l’œuvre depuis des millions d'années sont à l'origine d'unvolcanisme étendu dans l'espace et le temps. Plus de500volcans duQuaternaire ont étécartographiés ; la plupart sont desvolcans monogéniques mais plusieurs sont desstratovolcans, dont l'Aragats. Plusieurs éruptions préhistoriques et historiques ont été documentées, mettant en évidence le potentiel d'une activité volcanique future dans la région[50].
Les besoins en eau potable sont difficilement satisfaits, malgré la création delacs de retenue : les principaux sont leréservoir de Spandarian sur leVorotan et le réservoir d'Akhourian, à la frontière arméno-turque, sur la rivière du même nom qui est un affluent de l'Araxe. Les prélèvements excessifs d'eau dans lelac Sevan à l'époque soviétique ont entraîné une baisse de dix-huit mètres du niveau du lac (selon un phénomène d'assèchement progressif analogue à celui de lamer d'Aral). La volonté de restauration partielle du niveau antérieur de l'eau du lac est devenue un symbole de l'Arménie redevenue indépendante, même si cette politique suscite des polémiques et des difficultés (ennoiement des infrastructures touristiques construites à l'époque soviétique en fonction du niveau du lac à cette époque ainsi que de tronçons de la route longeant le lac, difficulté pour trouver d'autres sources d'approvisionnement en eau). Le niveau est déjà relevé de trois mètres, un quatrième est prévu.
Tandis que leclimat d'Erevan, aux alentours de 1 000 mètres d'altitude, est quasi-continental (les étés y sont bien plus secs que dans un climat continental classique),Gyumri, deuxième ville du pays perchée à plus de 1 500 mètres, vit des étés relativement doux et des hivers longs, très rigoureux et neigeux, typiques du climat montagnard.
Un net contraste existe entre la moitié nord du pays, boisée et la moitié sud,steppique, la limite entre les deux zones de végétation étant particulièrement nette et passant approximativement par la ligne de crête formant l'épine dorsale du pays et passant par lemont Aragats, lemont Ajdahak (3 597 mètres, situé au centre du pays et dominant le lac Sevan) et lecol de Vorotan où le contraste entre les deux versants est particulièrement net.
Arméniens lors d'une manifestation en 2015.Erevan, avec le Mont Ararat en arrière plan.
La population est officiellement estimée à 2 998 600 habitants en janvier 2016[64]. Après de nombreuses années de diminution, la population arménienne s'est stabilisée. D'après les chiffres publiés début2008, elle recommence à augmenter. Les autorités arméniennes se félicitent de voir enfin s’inverser en faveur des immigrants la balance migratoire arménienne, après de longues années d’émigration qui, surtout dans la décennie qui a suivi l’indépendance, ont provoqué une réduction démographique importante. Au, l'Arménie comptait 3 238 000 habitants, dont 1 164 600 vivent à la campagne et 2 073 400 en ville (1 111 300 rien qu'à Erevan[65])[66]. Cependant, après ce bref sursaut démographique, la population a recommencé à diminuer, provoqué par une diminution de la natalité et une hausse de la mortalité dues au vieillissement de la population.
Depuis 1831, l'évolution démographique a été la suivante :
Peu peuplée, l'Arménie jouit du soutien d'une très importantediaspora arménienne à travers le monde : enfédération de Russie (1,5 million), au Canada et aux États-Unis (1,2 million), enSyrie et auLiban (900 000) — dont 235 000 au Liban, 4 % de la population libanaise où ils constituent deux des dix-huit communautés officielles — dans l'Union européenne (surtout enFrance) (700 000) et en Amérique latine (200 000).
Lefrançais est une langue ayant une certaine présence en Arménie[67],[68],[69]. En 2010, on estimait le nombre de francophones à 20 000 (0,6 % de la population totale arménienne) et le nombre de francophones partiels à 180 000 (6 % de la population totale arménienne)[70]. En 2010, 25,4 % des élèves du primaire, 9,6 % des élèves du secondaire et 16,5 % des étudiants apprenaient le français comme deuxième ou troisième langue[70].
À ce sujet il est pertinent de noter la présence d'une université francophone en Arménie,l'Université française en Arménie (UFAR), qui forme des cadres arméniens dans le secteur de la finance, de la gestion, du droit et de la mercatique. Associé avec l’Université Jean Moulin Lyon 3, elle représente l’unique université française en Arménie[71].
De plus il est aussi important de noter l’existence d'un site web,Le courrier d’Erevan, sur l'information francophone en Arménie[72].
Leroyaume d'Arménie est le premier État à reconnaître puis adopter le christianisme comme religion officielle sous le roiTiridateIV (298-330) lorsque ce dernier, une partie de sa famille et quelques membres du palais sont convertis, en301 selon la tradition, par saint Grégoire l'Illuminateur.
Cependant, il reste une controverse quant à la date exacte du baptême de la famille royale. Les deux études les plus sérieuses proposaient d'une part 314 (P. Anean, 1961) et d'autre part 294 (B. Mc Dermot, 1970), jusqu’à la publication de travaux plus récents affirmant que la conversion eut lieu entre 305 (R. Manaseryan - l’Arménie d’Artawazd à Trdat le Grand, 2005) et 311[74] et non sous l'influence romaine, affaiblie en Orient à cette époque[75].
Selon lePew Research Center, en 2010, 98,5 % des habitants d'Arménie sontchrétiens, principalementapostoliques (86,7 %), et dans une moindre mesurecatholiques (8,7 %) etprotestants (2,2 %) et alors que 1,3 % de la population n'est pas affilié à une religion et que 0,2 % pratique une autre religion[76].
Une agriculture qui reste souvent très traditionnelle.Ferme située au pied du versant sud ducol de Vorotan.Mère Arménie
L'altitude (90 % du pays sont à plus de 1 000 mètres), la fréquence et l'importance des pentes, le climat sec l'été et froid l'hiver handicapent lourdement la vie agricole, essentiellement pastorale (bovins, ovins) dans la majeure partie du pays. Toutefois la richesse des sols d'origine volcanique est un atout pour l'agriculture arménienne.
La vie agricole se concentre essentiellement dans laplaine de l'Ararat, qui coïncide avec une partie du bassin de l'Araxe. Elle est devenue grâce à l'irrigation le grenier à blé du pays et assure l'essentiel des productions agricoles. Des vignobles et des vergers se sont développés dans sa partie orientale. Quelques fonds de vallée (celui duDebed surtout) et quelques bas-plateaux abritent aussi une vie agricole.
Au début des années 2020, plus du tiers des terres agricoles sont laissées en friche, et le pays en est réduit à vendre son sous-sol minier aux Russes les plus offrants[33].
Après ladislocation de l'Union soviétique, comme dans toutes les autres républiques de la CEI, le passage à l'économie de marché ne s'est pas fait sans mal, malgré un important soutien de la diaspora arménienne.Les entreprises ont été privatisées et un grand effort a été entrepris dans lesecteur agroalimentaire afin de pouvoir assurer rapidement l'indépendance alimentaire du pays.
Cependant, l'économie a eu du mal à décoller durant les années 1990, à cause de l'inadaptation de l'outil industriel, du manque d'énergie et de fonds d'investissement, et de la pauvreté des moyens de communications. L'activité industrielle peut espérer s'appuyer sur quelques ressources minières (cuivre, molybdène et aluminium) ou sur l'or. Le pays n'exploite pas de ressources pétrolières, malgré des prospections menées, en raison de la présence probable de ces ressources en profondeur[77]. L'essentiel des industries est concentré àErevan, la capitale (construction mécanique, caoutchouc). D'un point de vue énergétique, l'Arménie a longtemps été dépendante de ses voisins et a souffert de graves pénuries (ni la Turquie, ni l'Azerbaïdjan n'étaient prêts à lui vendre de l'énergie). Les Arméniens ont donc dû prendre la décision de redémarrer lacentrale nucléaire de Metsamor (mise à l'arrêt sous la pression des écologistes, à la suite dutremblement de terre de 1988) afin de pallier ce déficit énergétique.
Évolution du PIB par habitant en Azerbaïdjan, en Arménie et en Géorgie.
La croissance est de 3,3 % en 1997, mais la situation s'est améliorée : lePIB a crû ainsi de 13,9 % en 2005. L’Arménie enregistre une croissance de 12,5 % de son produit intérieur brut (PIB) entre janvier et septembre 2006, un PIB évalué à près de4 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année. L’Arménie a en outre enregistré une hausse très forte de son activité économique de 26,3 % entre août et septembre. La production industrielle a néanmoins enregistré une baisse de 2 % — par rapport à 2005 — s’établissant à 468,1 milliards de drams entre janvier et septembre 2006. La production électrique estimée à 4,53 milliards dekWh, a quant à elle subi une baisse de 5,2 %. Par ailleurs, l’agriculture enregistrait à fin septembre une croissance de 15,6 % avec une production agricole de 370,5 milliards de drams. Mais c’est le secteur de la construction qui a enregistré une croissance record de 40 % sur les neuf premiers mois de l’année avec un montant des investissements s’établissant à près de400 milliards de drams[78].
En 2007, le produit intérieur brut de l’Arménie a augmenté de 18,6 % à 3 149,283 milliards de drams (6,845 milliards d'euros)[79]. Durant le mois de janvier, la production industrielle a augmenté de 4 % (124 millions de dollars), et la production agricole de 3,5 % s’établit à38 millions de dollars. Le gouvernement arménien prévoit pour 2007 une croissance économique de 9 % contre 13,4 % en 2006[80].
Alors que les prévisions de croissance économique de l’Arménie étaient, pour 2008, de 10,0 %, le pays a en fait enregistré une croissance de 13,8 %. Le budget de l’État arménien a atteint un nouveau record en 2008, équivalent à 2,45 milliards de dollars[81]. C’est ce qu’a annoncé Serge Sarkissian mercredi 12 septembre 2007. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre a également prévu une augmentation des impôts sur le revenu pour l’année à venir. Ce budget prévoit de consacrer 1,7 milliard de dollars (583 milliards de drams) aux dépenses du gouvernement, soit 18 % de plus qu’en 2006. Serge Sargsian n’a pas donné plus de détails. Pour l'année 2009, laBanque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) table sur une croissance de 8,3 %. Avec la crise économique mondiale, les données des prochains mois sont néanmoins revues à la baisse. La raison de cette baisse est intimement liée à la souffrance de l'économie de la Russie. Cette dernière étant le premier partenaire économique de l’Arménie.
La dette extérieure de l’Arménie représentait 1,265 milliard de dollars au en augmentation de 9,3 % en un an (chiffres fournis par le Centre national d’études statistiques d’Arménie). La dette de l’État arménien est de 1,103 milliard de dollars, celle de laBanque centrale d'Arménie est de158 millions. Les créanciers de l’Arménie sont les structures financières internationales (1,124 milliard) dont laBanque mondiale (909 millions) et leFonds monétaire international (156 millions).
Le manque de moyens financiers empêche l'État arménien de financer de nombreux projets de développement ou de rénovation. Les dons recueillis par ladiaspora arménienne par le biais d'organismes de soutien ou par l'initiative privée individuelle de personnes riches d'origine arménienne se substituent souvent à l'État défaillant : la construction d'un tunnel routier sur l'axe menant vers laGéorgie, la construction du téléphérique permettant un accès plus aisé au monastère deTatev, la restauration de nombreux monastères, le financement d'écoles, de routes et la distribution de l'eau, surtout auKarabagh, sont désormais souvent assurés par les fonds venus de la diaspora. Le chanteur d'origine arménienneCharles Aznavour joua, parmi d'autres, un rôle très actif dans les collectes de fonds en faveur de l'Arménie : ce fut particulièrement le cas après le tremblement de terre deGyumri.
L'Arménie est très handicapée par le blocus terrestre de la frontière par l'Azerbaïdjan et la Turquie. Le pays compte huit cents kilomètres de voies ferrées, le plus souvent en mauvais état. Les routes, quant à elles, sont normalement praticables dans les montagnes. Les télécommunications sont également en développement.
Le pays compte seize chaînes de télévision et autant de stations radiophoniques.
Malgré les nombreuses difficultés de sa longue histoire, l'Arménie a su créer des richesses culturelles inscrites dans la pérennité. Des premiers royaumes à l'invention de l'alphabet arménien en passant par la christianisation du pays, elle a su profiter de chaque événement comme outil ou inspiration de son œuvre culturelle.
L'Arménie s'est constituée un riche patrimoine architectural fait de monastères, églises et chapelles. On y trouve — tant dans le pays que dans l'Arménie historique — une typologie assez unique d'architecture ecclésiastique.
La domination ottomane met un frein à l'essaimage de l'art architectural arménien et il semble véritablement y avoir une pause dans la chronologie de l'histoire architecturale arménienne à partir duXIVe siècle, à l'invasiontouranienne du royaume arménien de Cilicie.
À l'émergence d'un début d'indépendance après le génocide, l'influence soviétique se fait sentir en combinaison avec le style néo-arménien.
De par ses diverses situations géographiques et ses influences différentes tout au long de son histoire, l'Arménie a une longue tradition musicale faite de musique folklorique, religieuse,classique et, plus récemment, de jazz avec le pianiste virtuose Tigran Hamasyan, et derap. Il y a la chanteuse populaire Sirusho et le duo folklorique Inga & Anush Ashakyan. De plus, dans la diaspora, il y a le groupe demetal alternatifSystem of a Down, et le chanteurCharles Aznavour.
Aram Khatchatourian est un compositeur arménien de l'époque soviétique, né en 1903 àTbilissi en Géorgie et mort en 1978 à Moscou(Gayaneth, Spartacus, La Danse du Sabre…). Il repose au panthéon Komitas d'Erevan. Son neveuKaren Khatchatourian (1920-2011) est également compositeur.
Alexandre Aroutiounian (1920-2012) est un autre compositeur arménien mondialement reconnu.
L'art s'est également développé à travers les céramiques ou lesminiatures que dessinaient les moines. Par ailleurs, le tissage detapis, comme dans tout le Moyen-Orient, est une spécialité arménienne depuis des millénaires.
Un atelier de céramique artisanale et de tapisserie de Gumri s'efforce depuis 2014 de relancer ces deux formes d'artisanat traditionnel local de qualité[87],[88] dans la tradition de la céramique deKütahya.
L'Arménie possède plus d'une dizaine de chaînes de télévision nationales et reçoit quelques chaînes étrangères, notammentrusses etiraniennes.
La principale chaîne arménienne estArménie 1 (H1), la télévision publique. Imaginée en1955 par le conseil des ministres de l'Union soviétique et créée en 1956, elle continue d'émettre aujourd'hui, non seulement en Arménie, mais aussi dans le reste de l'Europe, enRussie, enAustralie et auxÉtats-Unis.
L'autre chaîne importante,Armenia TV, est privée. Bien plus jeune que sa grande sœur, elle n'est créée qu'en 1999 et est diffusée dans plusieurs pays européens, américains et asiatiques.
Par ailleurs, Horizon TV[91] est une chaîne de télévision d'informations, en diffusion 24h/24.CNN etEuronews diffusant leurs programmes en Arménie décrochent plusieurs heures par jour pour des programmes en arménien.
La plupart des autres chaînes du pays sont soit locales (plusieurs télévisions à Erevan par exemple) soit spécialisées (musique, automobile, informations…).
La cuisine de l'Arménie et de sa diaspora est riche de sa diversité qui s'est forgée au cours de l'Histoire. Tantôt influencée par leMoyen-Orient, tantôt par la Grèce et l'Iran, cette cuisine a également influencé celle des pays avoisinants, notamment laSyrie et leLiban.
La cuisine de l'Arménie est principalement à base de poissons et de brochettes de viande. Le poisson est le plus souvent grillé et servi avec des légumes ou duriz. Les brochettes sont à base depoulet, debœuf, d'agneau voire de porc — haché ou entier — et accompagnées de riz. Par ailleurs, la spécialité nationale est lekhach (խաշ), sorte de potée de pieds de bœuf bouillis et assaisonnés au service. Ce plat de la région deShirak n'est consommé qu'en hiver en Arménie (alors qu'il l'est toute l'année en Géorgie). On consomme aussi des cornichons avec les repas, notamment du chou. À chaque repas, les Arméniens aiment boire dutan (équivalent dudugh iranien et de l’ayran turc). Lecafé arménien est très réputé. Le thé se consomme plutôt dans le sud de l'Arménie, près de l'Iran.
PatrickDonabédian etClaude Mutafian,Les douze capitales d'Arménie : exposition présentée à la Maison arménienne de la jeunesse et de la culture de Marseille, du 4 mars au 4 mai 2010, Paris Marseille, Somogy Maison arménienne de la jeunesse et de la culture de Marseille,, 303 p.(ISBN978-2-7572-0343-9,BNF42159801)
↑« Continents, îles et montagnes », dansAtlas universel Le Monde Sélection du Reader's Digest, Paris, Bruxelles, Montréal, Zurich, Édition du Millénaire(ISBN2-7098-1283-5),p. 59.
↑« L’Arménie devient membre permanent de la Francophonie » dansLes Nouvelles d'Arménie, 20 octobre 2008[lire en ligne (page consultée le 20 octobre 2008)].