En 1989,Ispat International, la société du père de Lakshmi Mittal, achète Iron & Steel Company of Trinidad & Tobago. En 1992, elle acquiert Sibalsa puis en 1994Sidbec-Dosco. En 1995, elle reprend Hamburger Stahlwerke etKarmet àTemirtau, auKazakhstan. En 1997, elle reprend Walzdraht Hochfeld GmbH et Stahlwerk Ruhrort, puis réalise uneIntroduction en Bourse auxPays-Bas. En 1998, elle acquiertInland Steel Company(en), puis en 1999Unimétal, société créée en1984 pour séparer l’activité des produits longs de Sacilor et Usinor àRombas. En 2001, elle acquiert Alfasid et Sidex. En 2002, elle prend une participation majoritaire dansMittal Steel South Africa(en) et en 2003, elle acquiert l'unité de production de Nowa Huta en Pologne. En 2004, elle achète Polskie Huty Stali, ainsi que BH Steel, et des petites usines deBalkan Steel enMacédoine.
En janvier 2005, Mittal Steel acquiert la société chinoiseHunan Valin. Mittal devient lepremier producteur mondial d'acier (57 millions de tonnes par an), devant le franco-hispano-luxembourgeoisArcelor (42,8 Mt) etNippon Steel (31,3 Mt). La même année Mittal Steel acquiertKryvorizhstal(en) et monte un investissement de neuf milliards de dollars dans l'indienJharkhand.
En 2006, elle lance uneOPA pour s'emparer d'Arcelor. L’opération réussit et aboutit à la création du groupe ArcelorMittal.
Arcelor est né de la fusion d'Aceralia (Espagne), d'Arbed (Belgique-Luxembourg) et d'Usinor (France), annoncée le, auquel laCommission européenne donne son accord le à condition que soient vendues des usines pour le maintien de laconcurrence. Le groupe compte alors un effectif de 104 000 salariés et renouvelle l'alliance stratégiqueUsinor-Nippon Steel. Usinor, moteur de cette fusion, avait lui-même fusionné avec Sacilor en1986, un ensemble privatisé en1995 après plusieurs décennies de restructurations.
La crise du début 2003 et le fort rebond de 2004-2006
Début 2003, le marché subit une profonde dépression. Premier producteur mondial d'acier avec42,8 millions de tonnes (qui ne représentent cependant que 4,5 % du marché mondial[8]), Arcelor reste rentable (1,9 milliard d'euros de résultat d'exploitation en2002) mais son action, jugée ultra-cyclique, s'effondre, avec leCAC 40, qui touche un plus bas depuis dix ans. Le, en pleine crise économique causant la chute du cours de l'acier, le plan de restructurationApollo Chaud décide la fermeture d'un petithaut-fourneau àEisenhüttenstadt et envisage celle des hauts-fourneaux deLiège etFlorange, à un horizon de sept à huit ans. Il s'agit alors de faire miroiter aux actionnaires des perspectives de très forts rebonds des bénéfices. Pour faire passer la pilule côté industriel, le voletApollo Froid prévoit en échange de centraliser les aciers pour emballage à Florange et la modernisation d'autres sites.
Mais, alors qu'il craignait des pertes en 2003, le groupe réalise14,5 milliards d'euros de bénéfices d'exploitation au cours des trois années suivantes, sonchiffre d'affaires ayant progressé de 60 %, en partie grâce à la forte reprise des prix de l'acier. En 2006, il dépasse les40 milliards de chiffre d'affaires et15 milliards d'excédent brut d'exploitation[9].
Le, Arcelor lance une offre d'achat sur la société canadienneDofasco pour4,3 milliards de dollars CA[10], puis relève son offre le, à la suite d'une offre rivale deThyssenKrupp AG[11]. L'entreprise canadienne est achetée à un prix élevé, mais acceptable au vu des performances du secteur, dans lequel Dofasco est une référence en matière d'efficacité industrielle.
Arcelor fait d'abord échec à l'OPA de Mittal en faisant valoir qu'il n'a pratiquement plus de dettes, qu'il a accumulé17,6 milliards d'euros decapitaux propres en quelques années et qu'il a déjà restructuré Usinor, Cockerill, Arbed et Aceralia, repositionnés sur des aciershaut de gamme[13]. De plus, Arcelor trouve unchevalier blanc le 26 mai : le russeSeverstal accepte d'investir 12 milliards d'euros contre 30 % du capital[14].
MaisMittal relève son offre de 44 %, cinq mois après la première version[15]. Le, la direction d'Arcelor change d'avis. Elle accepte cetteOPA hostile, qui représente alors26,9 milliards d'euros (40,37 euros par action Arcelor)[16], mais dont une partie est financée à crédit.
La croissance de la production chinoise d'acier, multipliée par 9 entre1989 et2009, a fait monter les prix desmatières premières, qui représentent aujourd'hui 69 %[17] des coûts de production de l'acier, contre seulement 10 % pour la main-d'œuvre. Le prix duminerai de fer a sextuplé en dix ans et celui du charbon àcoke a triplé[18], ce qui a mécaniquement gonflé la valeur des stocks que les aciéristes doivent porter dans leurs usines et financer dans leurs bilans comptables.
Coût de l'acier
Minerai de fer
Ferrailles
Charbon à coke
Énergie
Main d'œuvre
%
41
15
14
12
10
Chez Arcelor, ces stocks dematière première représentent près de quatre mois de chiffre d'affaires. L'immobilisation d'argent dans cebesoin en fonds de roulement (stocks deminerai, decoke, et d'acier) n'est justifiée que si sa rentabilité dépasse letaux d'intérêt payé sur la dette, très élevé chez Mittal[19]. Le groupe a ainsi emprunté, à l'automne 2012, via uneobligation « perpétuelle » autaux d'intérêt de 8,75 %[20], les créanciers jugeant sa dette[21] très élevée pour une société exposée aux variations du cycle économique : dans la sidérurgie, la construction et les constructions métalliques représentent 38 % des ventes et l'automobile 16 %[22].
Pour se désendetter, ArcelorMittal a préféré vendre des participations, comme celle de 30 % dans le groupe minier sud-africain Kalagadi Manganese, pour343 millions d'euros[23], et surtout écouler une partie de ses stocks, en arrêtant progressivement la production de plusieurs sites : lehaut-fourneau deGandrange en2009[24],[25] et en2011[26] ceux deLiège, entrant la suppression de 1 300 emplois[27], puisFlorange[28],[29], enMoselle, où plus de 2 000 de ses sidérurgistes produisent de l'acier[30], et qui devient « un enjeu politique après la visite deFrançois Hollande alors candidat » à l'élection présidentielle[30]. La fermeture de ces deux hauts-fourneaux est annoncée quelques mois après l'élection de François Hollande, dès le 30 novembre 2012[31], malgré une « lutte intense et ultra-médiatique »[31] et leprojet de reprise d'Ulcos basé sur l'acier « vert », quandJean-Marc Ayrault et ArcelorMittal « entérinent »[31] un accord comportant des « promesses d’investissements »[31], qui se traduisent surtout par 629 emplois détruits[31]. ÀLiège, le premier ministre socialiste belgeElio Di Rupo a délégué la décision[32] à la Région wallonne, qui étudie le rachat pour300 millions d'euros, mais sans« arrêter aucune décision dans ce sens »[33].
Ces décisions et le recul de l'activité ont permis à Arcelor de diminuer ses stocks de 12 % en trois ans, à21,7 milliards de dollars en 2011 contre24,7 milliards à fin 2008[34], soit trois milliards de dollars de moins à financer.
En novembre 2013, ArcelorMittal acquiert avecNippon Steel pour1,5 milliard de dollars l'activité américaine deThyssenKrupp, basée dans l'Alabama[35].
En septembre 2014, ArcelorMittal etGerdau vend àNucor, l'usine sidérurgique Gallatin, située auKentucky pour770 millions de dollars[36].
En juillet 2015, ArcelorMittal annonce la suppression de 2 800 emplois auMexique, annonce faite de manière simultanée avec d'autres producteurs d'aciers au Mexique,AHMSA, DeAcero, qui annoncent eux respectivement 4 500 et 2 500 suppressions d'emplois[37]. ArcelorMittal annonce, le, la suppression de450 postes au Liberia pour compenser ses pertes consécutives à la chute mondiale des prix du minerai de fer[38]. En juin 2016, ArcelorMittal annonce la vente de ses activités Solustil et WireSolutions, qui respectivement fabriquent de l'acier pour les constructeurs automobiles et du fil métallique et des clous, ces deux activités emploient un peu moins de 2 000 personnes en France[39].
En juin 2017, ArcelorMittal en association avecMarcegaglia, reprend le site d'Ilva, la plus grande aciérie d'Europe, en Italie, pour1,8 milliard d'euros, via une entité qu'il contrôle à 85 %, les 15 % restant étant contrôlés par Marcegaglia[40]. En novembre 2018, pour permettre cette acquisition ArcelorMittal est contraint de vendre certains de ses activités dont ses sites de Dudelange, de Flémalle et de Tilleur, en Belgique et au Luxembourg, mais également des activités en Roumanie, en République tchèque, en Macédoine et en Italie au fonds d'investissement Liberty House[41]. En parallèle, ArcelorMittal achète, en 2018, le fabricant detrackers solairesExosun, alors en difficulté[42].
En 2020, l'entreprise perd son statut de plus grand producteur d'acier mondial, au profit deChina Baowu Steel Group[43].
En janvier 2020, l'entreprise annonce la création de deux sites (un àDunkerque et un àUckange) dans le cadre de lanumérisation de l'entreprise[44]. EnItalie, un mouvement de grève éclate en juin 2020 en protestation contre un plan de suppressions d’emplois prévu par ArcelorMittal. Sur les 11 000 salariés que compte le groupe dans le pays, 5 000 seraient licenciés[45].
Fin, ArcelorMittal annonce la vente de ses activités américaines, groupées dans ArcelorMittal USA, àCleveland-Cliffs, un producteur deboulettes de minerai de fer, pour 1,4 milliard de dollars. La transaction permet au sidérurgiste de détenir 16 % du capital de Cleveland-Cliffs, mais ArcelorMittal considère cette participation comme purement financière et ne prévoit pas de demander de représentant au conseil d’administration. Les ventes d’ArcelorMittal en Amérique du Nord ont représenté en 2019 environ un quart de son chiffre d’affaires. Les actifs cédés incluent six complexes sidérurgiques, huit usines revêtement, deux usines de traitement de minerai de fer et trois unités de fabrication de coke et de charbon. La présence du sidérurgiste dans cette région se limitera au canadienDofasco, à ArcelorMittal Mexico spécialisée dans la production d’acier à bas coût et AM/NSCalvert, sa coentreprise américaine avecNippon Steel[46]. En, ArcelorMittal annonce avoir vendu toutes ses participations dans Cleveland-Cliffs[47].
Fin septembre 2020, ArcelorMittal annonce mettre en place un plan pour faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire, 536 emplois seront supprimés d'ici 2026[48],[49].
Le, ArcelorMittal signe un accord tripartie en accord avec les syndicats et l'État. Le groupe a connu une baisse de son activité structurelle, renforcée par la crise sanitaire. Cet accord vise à limiter les licenciements annoncé en septembre 2020[49]. En juillet 2022, ArcelorMittal annonce l'acquisition de CSP, une filiale deVale, pour 2,2 milliards de dollars[50].
En, unaccident dans la mine de charbon de Kostenko, auKazakhstan, coûte la vie à 43 mineurs. Il s'agit du pire accident minier du pays depuis l'indépendance de l'Union soviétique en 1991. Excédé par les accidents récurrents, le gouvernement nationalise la divisionArcelorMittal Temirtau. Le montant de la transaction est de 286 millions de dollars, loin des 3,5 milliards demandés par ArcelorMittal. L'homme d'affairesAndriy Lavrentiev(ru) prend le contrôle de l’entreprise, en s'engageant à investir 3,5 milliards de dollars sur trois ans[51]. L'entreprise prend le nom deQarmet[52]. Reprenant les restes du complexe métallurgique et minier soviétique de Karaganda fondé en 1944, l'entreprise emploie 34 000 employés et a produit 3,2 Mt d'acier en 2023[53].
En août 2024, ArcelorMittal a finalisé l’acquisition d’une participation stratégique dansVallourec, leader dans la fabrication des tubes en acier sans soudure. Cette opération a impliqué l’achat des parts détenues par Apollo Global Management pour un montant total de 955 millions d'euros, à raison de 14,64 euros par action. À la suite de cette transaction, ArcelorMittal détient 28,4 % des droits de vote et 27,5 % du capital de Vallourec. Cette opération reflète une volonté affirmée d'élargir son portefeuille industriel tout en capitalisant sur les synergies entre les deux entreprises. À court terme, les analystes envisagent la possibilité d'une offre publique d'achat (OPA), témoignant des ambitions d'ArcelorMittal pour consolider davantage sa domination sur le marché[54].
Début 2025, l'entreprise annonce qu'elle va délocaliser certains services d'Europe vers l'Inde, comme l'informatique, les finances, les ressources humaines, etc.[55]. En mai 2025, la direction annonce qu'entre 200 et 400 postes vont être délocalisés de la France vers la Pologne et l'Inde[56]. En septembre 2025, ArcelorMittal annonce la suppression de 4 000 postes en Afrique du Sud avec la fermeture de ses activités d'acier long dans le pays[57].
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Les deux plus importantes usines de production en activité en France, depuis la fermeture partielle ou complète desusines sidérurgiques de Denain et deFlorange (anciennementSollac), sont :
Des usines également en activité se localisent également à Desvres (62), Montataire (60),Reims (51), Usine d'Onnaing (59),Florange (57), Mouzon (08), Basse-Indre (44), Saint-Chély-d'Apcher (48), Gray (70),Uckange (57) etGandrange (57). Deux sites de R&D sont localisés à Montataire et Maizières-lès-Metz[58].
Au Luxembourg, le site d'Esch-Belval (anciennementArbed) est le plus important site du pays.
En Espagne, les usines (anciennementAceralia) se localisent principalement le long dugolfe de Gascogne : enAsturies (Gijón, Avilés), enNavarre (Lesaka),Pays basque (Etxebarri, Sestao, Bergara, Zumarraga, Olaberria). Les installations sont également implantées à Pedrola, Sagunto (Valencia) et Villaverde (Madrid)[59]. Le groupe possède également des usines enBelgique (Gand), enPologne ou encore enRoumanie[60].
L'entreprise possède aussi des usines ailleurs dans le monde, notamment au Brésil et en Inde.[réf. souhaitée]
En, le gouvernement duKazakhstan annonce vouloir « récupérer le contrôle » de l'usine sidérurgique de Témirtaou après un nouvel accident dans une mine dubassin houiller de Karaganda ayant fait 46 morts[61]. Il s’agit du deuxième incendie mortel sur un site d’ArcelorMittal au Kazakhstan en seulement quelques mois. Le pays a régulièrement reproché à l’industriel l’insuffisance de ses normes de sécurité[62].
Cotée à New York, Amsterdam, Bruxelles, Luxembourg, en Espagne, et à Paris[65], l'action monte à65 euros en2008, soit unecapitalisation boursière d'environ cent milliards d'euros, l'une des premières duCAC 40, dopée par2,6 milliards d'euros de rachats d'actions pour2007 et1,08 milliard pour2008[66]. Le groupe a aussi dû décaisser des montants très importants pour verser les dividendes promis aux actionnaires.
Revers de la médaille, la part de la dette dans le financement augmente et le coût de l'endettement est multiplié par six dans les trois années qui suivent l'OPA de Mittal sur Arcelor en2006[67]. Pour réduire cette dette, il se désinvestit depuis2009[68]. Les règles financières veulent en effet que les industries trèscycliques[69] comme l'acier se contentent d'un endettement« faible, voire négatif »[69], pour limiter l'effet de levier qui créent unrisque purement financier, et survivre en période de bas de cycle.
Leader sur ces quatre marchés : automobile, construction, électroménager, emballage[70], ArcelorMittal, groupe né de la fusion, livrait encore116 millions de tonnes d'acier brut en2007, c'est-à-dire 10 % de la production mondiale. Mais sa dette est jugée excessive par les agences spécialisées, puis notée encatégorie spéculative parStandard & Poor's[71] en août etMoody's en novembre.
La Direction générale est composée de huit personnes :Lakshmi Mittal (PDG),Aditya Mittal (directeur financier et Aciers plats Europe), Michel Wurth (Aciers longs), Gonzalo Urquijo (Asie, Afrique, Distribution), Sudhir Maheshwari, Lou Schorsch (Aciers plats Amériques), Stefan Buys (Mines et vice-président exécutif d'ArcelorMittal), Davinder Chugh (services partagés)[74].
La composition du conseil d'administration reflète les principes établis dans leMemorandum of Understanding signé le : il est composé de onze directeurs.
Le :« Le Conseil français de la concurrence a infligé une amende totale de 575,4 millions d'euros – un montant record – à onze entreprises de la sidérurgie, dont 301,7 millions à trois filiales d'ArcelorMittal, pourentente sur les prix »,« Plusieurs filiales de négoce de produits sidérurgiques du groupe Arcelor, devenu depuis ArcelorMittal, ont été sanctionnées : PUM Service Acier à hauteur de 288 millions d'euros, ArcelorProfil (12,95 millions) et AMD Sud Ouest (830 000 euros). »[75],[76],[77],[78],[79].
Depuis début 2008, l'entreprise a été condamnée, à dix reprises, pourdiscrimination envers des représentants du personnel ou des membres de son personnel du fait de leur activité syndicale[80].
Fermeture de sites, droits à polluer et subventions
ArcelorMittal aurait « transformé le système des droits d'émission en une technique pour obtenir des subventions gratuites », bénéficiant d'une « montagne de quotas » de CO2 de202 millions d'euros[81], revendus au fur et à mesure de la mise à l’arrêt temporaire des hauts-fourneaux les moins rentables, àGandrange,Liège,Charleroi, etFlorange, selon un rapport d'Anna Pearson, commandé en 2009 par le Système européen d’échange des droits d'émissions de CO2.
ArcelorMittal étant concentré surtout en Europe, ces reventes ont contribué à la division par cinq depuis2008 du prix des quotas de CO2. Cette chute a bénéficié aux centrales électriques aucharbon, grosses consommatrices de quotas de CO2 car très polluantes. Elles en ont profité pour acheter du charbon américain, déclassé par le boom dugaz de schiste, accroissant leurs importations de charbon américain de 85 % au premier semestre2012[82]. Si le prix du charbon baisse auxÉtats-Unis et enAsie, il remonte enEurope, où legaz de schiste n'est pas utilisé[83].
En juillet 2017, un chauffeur de camion, ancien intérimaire d'un sous-traitant de l'usine de Florange, déclare àFrance Bleu Lorraine avoir déversé des centaines de mètres cubes d'acide dans le crassier de l'usine sidérurgique proche de laFensch pendant trois mois, de décembre 2016 à février 2017. Le lanceur d'alerte,Karim Ben Ali, publie alors une vidéo[84] pour appuyer ses affirmations : « Cet homme qui témoigne sous couvert d'anonymat assure que les salariés d'ArcelorMittal qui lui donnaient l'accès au crassier savaient qu'il déversait une matière hautement dangereuse dans la nature, alors que cet acide aurait dû être recyclé dans une entreprise spécialisée, ce qui coûte beaucoup plus cher. »[85]. En avril 2018, un deuxième employé confirme les révélations du premier et publie des photos[86].
Les faits sont niés par ArcelorMittal et Karim Ben Ali est licencié pour « rupture de discrétion commerciale »[87],[88]. LaDirection régionale de l'environnement (Dreal) ouvre une enquête à l'été 2017 pour « atteinte à l'environnement » et conclut qu'il n'y a pas eu pollution, mais une simple "gestion irrégulière des déchets", délit qui fait ensuite l'objet de poursuites par le parquet deThionville. La communauté d’agglomération du Val de Fensch s’est constituée partie civile et quatre associations de protection de l’environnement ont demandé à être reconnues comme victimes[89]. Le 7 septembre 2018, le parquet de Thionville conclut qu'il n'y a pas eu d'atteinte à l'environnement ni à la santé publique, mais condamne cependant ArcelorMittal pour gestion irrégulière de ses déchets[90].
Le, la cour d'appel rend son verdict : les poursuites à l'encontre du groupe sidérurgique sont annulées. La raison invoquée est que l'entité locale (ArcelorMittal Atlantique-Lorraine) a fusionné avec la maison mère (ArcelorMittal France) en cours de procédure, en juillet 2019[91].
L'affaire a fait l'objet d'un documentaire,Karim contre Mittal, tourné par Pedro Brito da Fonseca en 2019 et diffusé surFrance 3 le 14 septembre 2020 dans la série « Les Désobéissants », consacrée aux lanceurs d'alerte en France[92].
Les 6 et 11 août 2021, des émissions accidentelles de gaz sont rejetées dans l'atmosphère par l'aciérie de Fos-sur-Mer. À la suite de cet événement, la préfecture des Bouches-du-Rhône promulgue un arrêté afin d'obliger ArcelorMittal à adopter des mesures dans le but de prévenir de nouveaux rejets.
Le 23 mars 2023, des associations de la fédérationFrance Nature Environnement ont annoncé avoir déposé plainte contre ArcelorMittal pour violations récurrentes des obligations sur les émissions à Dunkerque et Fos-sur-Mer[94],[95].
Notamment propriétaire des deux sites industriels français les plus polluants en matière d’émissions de CO2, la direction mondiale d'ArcelorMittal annonce, en novembre 2021, qu'elle va mettre en place un plan de 10 milliards d’euros afin de réduire sesémissions de gaz à effet de serre de 35 % dans le monde d’ici 2030 et qu'elle a pour objectif d'atteindre laneutralité carbone en 2050[96],[97].
Depuis l'annonce de ce plan, ArcelorMittal a mis en pause en novembre 2024 ses projets européens visant à décarboner sa production, notamment à Dunkerque et ce malgré la promesse d'une aide d'État de 850 millions d'euros[98]. Le groupe a également mis de côté ses objectifs ESG pour se focaliser sur les performances financières[99], et n'a toujours pas adopté de date de sortie du charbon, pourtant indispensable à l'atteinte de la neutralité carbone.
Une étude de 2024 duRéseau Action Climat et deFrance Nature Environnement analysant les émissions des sites industriels les plus émetteurs de CO2 en France a classé les deux sites d'ArcelorMittal en haut du classement[100]. Les deux sites émettent autant de gaz à effet de serre que les 16 sites suivants dans le classement[55].
ArcelorMittal est inscrit depuis 2009 au registre de transparence desreprésentants d'intérêts auprès de laCommission européenne. Il déclare en 2017 pour cette activité des dépenses annuelles d'un montant compris entre 1 500 000 et 1 750 000 euros[102].
Le groupe est cité en 2022 dans un article du journalLe Monde, au sein duquelPascal Canfin, président de la commission environnement duParlement européen, dénonce le groupe au regard de ses activités de lobbying :« l’association Eurofer, qui regroupe les 34 principaux producteurs d’acier en Europe, dont ArcelorMittal, demande aux députés européens de ne pas soutenir la proposition de la Commission européenne consistant à annuler les crédits carbone qui sont aujourd’hui trop nombreux sur le marché du carbone (le « rebasing », en jargon technique). Or, la Commission a montré que, sans cette mesure, nous n’avions aucune chance de tenir les engagements de réduction de CO2 de l’industrie européenne et de les aligner avec l’accord de Paris. »[103].
Pour l'année 2017, ArcelorMittal France indique à laHaute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités delobbying en France, mais n'a cependant pas déclaré, comme il était légalement tenu de le faire avant le, l'ensemble de ses activités et les montants engagés[104].
↑« ArcelorMittal supprime 1.300 emplois: "Cette fermeture est nécessaire pour la rentabilité de l’entreprise" »,sudinfo.be,(lire en ligne, consulté le).
↑Anne-Sophie Lechevallier, « Florange. Edouard Martin, celui que tout le monde écoute »,Paris Match,(lire en ligne, consulté le).
↑Aymeric Robert, « Une trempe d’acier »,Libération,(lire en ligne, consulté le).
↑abcd ete"ArcelorMittal : dix ans après l’arrêt des hauts fourneaux, la plaie reste ouverte pour les sidérurgistes de Florange" le 1er octobre 2021 par Emmanuel Bouard pour France Télévisions[1]
↑« ArcelorMittal : au Kazakhstan, accord pour le rachat de la filiale locale par l’État entériné après une série d'accidents »,La Tribune,(lire en ligne, consulté le)
↑, cédant des sites ou ralentissant la production sur d'autres, ce qui amène une baisse de 12 % de son chiffre d’affaires 2011 par rapport à2008, revenu à seulement 72 milliards d'euros.
↑« Video - Témoignage d'un chauffeur de camion: "J'ai déversé de l'acide d'ArcelorMittal Florange dans la nature" »,France Bleu,(lire en ligne, consulté le).
↑« Pollution présumée à l'acide chez ArcelorMittal Florange : un nouveau témoin affirme que c'était "régulier" »,France Bleu,(lire en ligne, consulté le).