Exemple d'un projet de station spatiale en orbite autour de la terre par la NASA.
Apollo Applications Program (enfrançais :« Programme des Applications Apollo ») abrégé enAAP est un programme spatial habité lancé par laNASA en 1968 qui devait constituer la suite duprogrammeApollo tout en exploitant le matériel mis au point pour amener l'homme sur laLune : le lanceur géantSaturnV, lemodule lunaire et levaisseau spatialApollo. Plusieurs projets ambitieux furent proposés, notamment des missions de séjour de longue durée sur la Lune, l'envoi d'un équipage sur lesol martien, la création d'unestation spatiale et lesurvol de Vénus par une mission habitée. Mais les dirigeants politiques américains n'ont plus besoin après le débarquement réussi sur la Lune de démontrer la supériorité des États-Unis sur le rival soviétique. Par ailleurs, la crise économique et sociale que connaît alors le pays réduit les moyens financiers disponibles pour la conquête spatiale. Seul le programme de station spatiale trouvera une concrétisation dans une version allégée avecSkylab.
La NASA se préoccupe dès 1963 de la suite à donner auprogrammeApollo. En 1965, l'agence crée une structure dédiée aux missions postérieures à celles déjà planifiées regroupées sous l'appellationApollo Applications Program (AAP)[1]. La NASA propose plusieurs types de mission dont le lancement en orbite d'une station spatiale, des séjours prolongés sur la Lune mettant en œuvre plusieurs nouveaux modules dérivés duLEM, une mission habitée vers Mars[2], lesurvol de Vénus par une mission habitée[3], etc. Mais les objectifs scientifiques trop vagues ne réussissent pas à convaincre leCongrès américain beaucoup moins motivé par les programmes spatiaux « post-Apollo ». Par ailleurs, les priorités des États-Unis ont changé : les dispositifs sociaux mis en place par le présidentLyndon Johnson dans le cadre de saguerre contre la pauvreté (Medicare etMedicaid) et surtout unconflit vietnamien qui s'enlise prélèvent une part croissante du budget. Ce dernier ne consacre aucun fonds à l'AAP pour les années 1966 et 1967. Les budgets votés par la suite ne permettront de financer que le lancement de lastation spatialeSkylab réalisée en utilisant un troisièmeétage de la fuséeSaturnV.
En 1970, le programmeApollo lui-même est touché par les réductions budgétaires : la dernière mission planifiée (Apollo 20) est annulée tandis que les vols restants sont étalés jusqu'en 1974. La NASA doit se préparer à se séparer de 50 000 de ses employés et sous-traitants (sur 190 000) tandis que l'on annonce l'arrêt définitif de la fabrication de la fuséeSaturnV qui ne survivra donc pas au programme. Un projet de mission habité vers Mars (pour un coût compris entre trois et cinq fois celui du programmeApollo) proposé par un comité d'experts sollicité par le nouveau président républicainRichard Nixon ne reçoit aucun appui ni dans la communauté des scientifiques ni dans l'opinion publique et est rejeté par le Congrès sans débat[4],[5]. L'annulation des missions laisse trois fuséesSaturnV inutilisées, dont l'une permettra néanmoins de lancer la station spatialeSkylab, seule concrétisation du programme AAP.
La première date est celle du lancement du lancement (du premier lancement s'il y a plusieurs exemplaires). Lorsqu'elle existe la deuxième date indique la date de lancement du dernier exemplaire. Si d'autres exemplaires doivent lancés la deuxième date est remplacée par un -. Pour les engins spatiaux autres que les lanceurs les dates de fin de mission ne sont jamais fournies.