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Aphrodite

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Pour les articles homonymes, voirAphrodite (homonymie).

Aphrodite
Déesse de lareligion grecque antique
Statue en marbre de la déesse Aphrodite, retrouvée sur l'île grecque de Milos en 1820, et improprement baptisée la Vénus de Milo. Œuvre hellénistique, vers 150–130 avant notre ère.
Statue enmarbre de la déesse Aphrodite, retrouvée sur l'île grecque deMilos en 1820, et improprement baptisée laVénus de Milo. Œuvre hellénistique, vers 150–130 avant notre ère.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s)Vénus
Fonction principaleDéesse de l'amour et de la procréation[1]
RésidenceMont Olympe
Lieu d'origineGrèce
Période d'origineAntiquité
Groupe divinDivinités olympiennes
Associé(s)
Équivalent(s)
Culte
Mentionné dansChypre
Famille
PèreZeus (dans l’Iliade),Ouranos (dans laThéogonie)
MèreDioné (dans l’Iliade) ouThalassa (quand les organes tranchés d'Ouranos tombent dans la mer)
Premier conjointHéphaïstos (époux légitime)
Deuxième conjointArès (amant)
• Enfant(s)
Troisième conjointHermès (amant)
• Enfant(s)Hermaphrodite
Quatrième conjointPoséidon (amant)
• Enfant(s)Rhodé
Cinquième conjointDionysos (amant)
• Enfant(s)Priape,Hymen, sources tardivesCharites ou simplementPasithée
Sixième conjointAnchise (amant mortel)
• Enfant(s)Énée
Septième conjointAdonis (amant mortel)
Huitième conjointBoutès (amant mortel)
• Enfant(s)Éryx
Symboles
Attribut(s)
  • miroir
  • ceinture
  • coquillage
  • pomme
Animal
  • colombe
  • cygne
Végétal
  • la rose
  • le myrte
  • la pomme
  • le pavot
  • l'œillet
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Dans lareligion grecque antique,Aphrodite (engrec ancien :Ἀφροδίτη /Aphrodítē) est la déesse de l'Amour dans son acception la plus large[2].

Sa fête principale, lesAphrodisies, était célébrée chaque année au milieu de l'été. EnLaconie, Aphrodite était vénérée comme une déesse guerrière.

Dans lamythologie grecque, Aphrodite est quelquefois mariée àHéphaïstos, dieu dufeu, de laforge et de lamétallurgie. Les légendes font également part de ses aventures avec de nombreux amants (mais qui ne sont pas tous des dieux), dont notammentArès,Dionysos etHermès.

AvecAthéna etHéra, Aphrodite est l'une des trois déesses dont la querelle entraîne le début de laguerre de Troie au cours de laquelle elle joue un rôle majeur.

Plus tard, les Romains ont assimilé Aphrodite à laVénus de lamythologie romaine.

Aphrodite a été présentée dans l'art occidental comme un symbole de la beauté féminine et elle apparaît dans de nombreuses œuvres artistiques depuis laRenaissance jusqu'à nos jours.

Origine

Déjà, leshistoriens grecs se sont posé la question de l'origine du culte d'Aphrodite et desmythes la concernant.

Hérodote a avancé une origine orientale. Il situe le plus ancien temple d'Aphrodite « Ourania »[3] dans la ville d'Ascalon, en Syrie :

De fait, elle correspond très probablement à la déesseIshtar-Astarté, avec laquelle elle partage de nombreux traits : ce sont des divinitésandrogynes[a] ; Astarté est la« reine du ciel » alors qu'Aphrodite est dite« la céleste » (Ourania) ; leur culte comprend l'offrande d'encens et le sacrifice decolombes[6]. Par ailleurs, le nom d'Aphrodite n'a pas été retrouvé sur les tablettes delinéaire B, témoignages écrits de lacivilisation mycénienne[7].

Depuis leXIXe siècle, l'origine d'Aphrodite a fait l'objet de nombreuses études et controverses. L'opinion dominante la fait dériver de divinités duMoyen-Orient, que les Grecs auraient adoptées et transformées au cours du temps[8].

Déesse de l'aube indo-européenne

Certains mythologues comparatifs ont affirmé qu'Aphrodite était un aspect de la déesse grecque de l'aube,Éos, et qu'elle résultait donc en définitive de la déesse de l'aubeindo-européenne **h₂ewsṓs (grec Éos, latinAurora, sanskrit Ushas). Deborah Dickmann Boedeker souligne ainsi que la désignation d'Aphrodite comme« fille de Zeus » ou, selon les traditions, d'Ouranos, rejoint celle de l'Aurore comme fille du Ciel dans la tradition indo-européenne[9]. La plupart des érudits modernes ont rejeté la notion d'une Aphrodite purement indo-européenne, mais il se peut que la notion indo-européenne d'une déesse de l'aube ait influencé celle de la divinité, à l'origine sémitique[10], Aphrodite, également réputée pour sa beauté érotique, sa sexualité agressive et ses relations avec des amants mortels[11].

Michael Janda analyse le nom d'Aphrodite comme une épithète d'Éos signifiant« celle qui se lève de l'écume [de l'océan] » qui renvoie au récit théogonique d'Hésiode de la naissance d'Aphrodite en tant que réflexe archaïque du mythe indo-européen[12].Jean Haudry l'interprète également comme signifiant« cheminant sur l'écume » ou« qui a l'éclat de l'écume »[13]. Le mythe d'Aphrodite émergeant des eaux après que Cronos a vaincu Ouranos, serait alors directement apparenté à celui d'Indra vainqueur deVrtra et libérantUshas, la déesse de l'aurore dans leRig-Véda. Cette image héritée se retrouve dans son épiclèse d'Aphrodite Anadyomène « celle qui sort de l'eau »[13].

À l'origine, déesse de l'Aurore, elle est devenue la déesse de l'amour sous toutes ses formes, incluant la prostitution, avec l'Aphroditepórnē d'Abydos, l'Aphroditehetaíra d'Athènes, ce rôle dérivant du mythe de l'Aurore qui s'unit à un mortel[13].

Les traditions grecques

Aphrodite apparaît pour la première fois dans Homère (Iliade,II, 819-821)[14] :« Les Dardaniens suivaient Enée, le noble fils d'Anchise, fruit des amours d'Anchise et de la divine Aphrodite, déesse unie à un mortel, sur les flancs de l'Ida. » Elle sera aussi citée dans l’Iliade aux vers III, 374-382;V, 130-132; 311-318; 329-430;XIV, 188-224;XIX, 282;XX, 4-40; 105;XXI, 385-520;XXII, 470-472;XXIII, 184-187…

Elle est citée dans l’Odyssée[15] :VIII, 266-366; 306-320; 363.

Naissance

La naissance d'Aphrodite sur unepélikè attiqueà figures rouges, vers 450 avant notre ère. (Musée archéologique,Rhodes).

Aphrodite possède plusieurs légendes sur sa naissance.

Dans les épopées homériques, l’Iliade et l’Odyssée, les plus anciennes œuvres littéraires grecques connues, Aphrodite naît deZeus (Iliade,V, 131; 329-351; 418-430;XIV, 188-224;XX, 105;XXIII, 184-187)[14] etDioné (Iliade,V, 348-417)[14] :« Lors Aphrodite tomba aux genoux de Dioné, sa mère, et celle-ci serra sa fille dans ses bras… » Dioné est une figure mal connue dont le nom, apparenté au nom de Zeus (Ζεύς, génitif Διός), suggère qu'elle était initialement saparèdre[16].

Dans laThéogonie d'Hésiode, une autre version de la naissance d'Aphrodite est donnée (vers 173-206) :Cronos vient de couper les bourses d'Ouranos. Il les jette « ensuite, au hasard, derrière lui. Ce ne fut pas pourtant un vain débris qui lors s'enfuit de sa main. Des éclaboussures sanglantes en avaient jailli; Gaia (Terre) les reçut toutes, et, avec le cours des années, elle en fit naître les puissantes Erinyes, et les grands Géants […], et les Nymphes qu'on nomme Méliennes. Quant aux bourses, à peine les eut-il tranchées avec l'acier (adamanti, traduit quelquefois par « diamant » ; l'idée étant « matière très dure ») et jetées de la terre dansle flot (pontô) (ici écrit sans majuscule), qu'elles furent emportées au large, longtemps; et, tout autour, une blanche écume sortait du membre divin. De cette écume, une fille se forma, qui toucha d'abord àCythère la divine, d'où elle fut ensuite àChypre qu'entourent les flots; et c'est là que prit terre la belle et vénérée déesse qui faisait autour d'elle, sous ses pieds légers, croître le gazon et que les dieux aussi bien que les hommes appellent Aphrodite, [Le traducteur met des crochets au vers 196, indiquant par là qu'il s'agit vraisemblablement d'un ajout ultérieur au texte d'Hésiode : « déesse née de l'écume (aphrogenea), et aussi Cythérée au front couronné »], pour s'être formée d'une écume (aphrô), ou encore Cythérée, pour avoir abordé à Cythère, [Des crochets sont mis aux vers 199-200 : « ou Cyprogénéia, pour être née à Chypre battue des flots, ou encore Philommédée, pour être sortie des bourses. »]. Eros (Amour) et le bel Himéros (Désir), sans tarder, lui firent cortège, dès qu'elle fut née et se fut mise en route vers les dieux »[20].

  • Hésiode a interprété le nom de la déesse comme signifiant« née de l'écume[21] » (ἀφρός /aphrós) — il ne s'agit en fait que d'uneétymologie populaire, sans fondement[22] — L'étymologie reste obscure[23]. Quant à l'épithète homérique[24]φιλομμειδής /philommeidếs, dans un passage vraisemblablement ajouté au texte d'Hésiode, elle a été interprétée comme signifiant « sortie des testicules » (μήδεα /mếdea), ce qui est unjeu de mots, l'épithète signifiant, chez Homère,« qui aime les sourires[25] », deμειδιάω /meidiáô.
  • D'après le traducteur d'Apollodore, le pseudo-Orphée (Hymnes orphiques, 52) semble avoir suivi la même tradition car il la nommeποντογενὴς, « née du flot »[17]. Pour cet hymne, la traduction (texte grec absent) de Leconte de Lisle donne « née de l'écume »)[26] :
  • PourNonnos de Panopolis,Thalassa est fécondée par les organes génitaux d'Ouranos tranchés parCronos et tombés dans la mer. Elle engendre ainsi Aphrodite, déesse de la beauté et de l'amour (Nonnus, Dionysiaca 12.43)[27]
Traditions ultérieures
  • Épiménide, suivant le scholiaste de Lycophron (406) : (parlant des Erinnyes) : « Ἐπιμενίδης ἐκ Χρόνου, ὡς Ἡσίοδος, ταύτας φησὶ γενέσθαι λέγων, Ἀκ τοῦ καλλίκομος γένετο χρυσῆ’ Ἀφροδίτη Μοῖραί τ´ἀθάνατοι, καὶ Ἐριννύες αἰολόδωροι. / Epiménide dit, comme Hésiode, qu'elles étaient filles deCronos. De lui naquirent Aphrodite aux beaux cheveux, les Moires (Parques) immortelles et les Erinnyes (Furies) ». Cependant le traducteur d'Apollodore (dans sa note) pense à une erreur ; il s'agirait d'Ouranos et non de Cronos (et il s'en explique)[28]. En effet, Hésiode parle des Erinyes (avec un seul n) nées des éclaboussures de sang d'Ouranos tombées sur Gaia (Terre), puis d'Aphrodite née de la semence-écume dans le flot.
    • Le scholiaste en question est le très tardif auteur byzantinTzétzès (commentaire à Lycophron, 406)[29]. L'édition de 1811 donne un texte grec légèrement différent.
  • Aphrodite serait la fille de Cronos et d'Évonymé[réf. souhaitée].

La déesse

Attributions

Le culte d'Aphrodite s'associe souvent à la sexualité, mais ce n'est pas la seule fonction de la déesse. Elle est en rapport avec les activités des jeunes filles en général[30].

Les détails du mythe deThésée et ses amours avecAriane montrent une Aphrodite impliquée dans la sexualité hors mariage, alors que dans l'Iliade, Zeus lui attribue« les charmantes œuvres du mariage ». Le culte athénien, ainsi que celui d'autres cités grecques, l'associe à la fécondité[31].

Les attributions d'Aphrodite ont pu évoluer selon les époques et les cités. À Sparte, où l'on contrôle plus rigoureusement la sexualité des jeunes filles, elle est associée à des divinités plus sévères[32].

À l'époque tardive, les auteurs tentent de séparer plus rigoureusement les attributions des divinités de l'Olympe, et celles d'Aphrodite se trouvent plus étroitement circonscrites. Cependant, en tous temps, ce sont surtout les jeunes filles et les femmes, plus que les hommes et les garçons, qui ont des devoirs envers la déesse.

La beauté féminine, précieuse aux jeunes filles en vue de leur mariage, aux femmes à qui elle facilite l'harmonie avec leurs époux, et aux courtisanes pour qui elle est une nécessité de leur commerce, se reflète dans les miroirs décorés de la figure d'Aphrodite, parfois offerts au temple de la déesse quand leurs propriétaires ont vieilli[33].

Épiclèses

Aphrodite possède de nombreuses épithètes qui reflètent les aspects de son culte. Dans d'autresépiclèses se retrouvent le type et les noms de ses lieux de culte et de ses sanctuaires.

Aphrodite Ourania

Selon Hérodote, c'était spécifiquement le culte d'Aphrodite Ourania (Ἀφροδίτη Οὐρανία /Aphrodítê Ouranía) « la céleste » qui avait été introduit à Chypre depuis l'Ascalon syrien. D'après Pausanias, le culte d'Ourania s'est d'abord installé àPaphos à Chypre. Par des épiclèses, l'épithète est attestée enAttique, àCorinthe (commeΠειθώ Οὐρανία / Peithṓ Ouranía) et àPanticapée en Crimée (Οὐρανία Ἀπατούρη Βοσπόρου μέδουσα / Ourania Apatoúrē Bospórou médousa).

À Athènes, il existait « dans les jardins » (ἐν κήποις), qui se trouvaient probablement au bord de l'Ilissós[34], un temple d'Aphrodite Ourania, qui, sur unhermès, était décrite comme « la plus ancienne desMoires ». Il y avait aussi une statue importante de la déesse de la main d'Alcamène au même endroit. Un deuxième temple athénien d'Ourania a été trouvé près deKerameikos et de lastoa du roi (Stoa Basileios) avec une statue dePhidias. AuPirée se trouvait un temple d'Aphrodite Syría Ouranía (Συρία Οὐρανία).

Aphroditepandemos (=populaire) ouepitragia (=montée sur un bouc). Vers 350 av. J.-C.Béotie, Grèce. Musée du Louvre.
Aphrodite Pandémos

L'épithète de Pandémos (Πάνδημος /Pándêmos) « commun à tous, de tout le peuple » était liée à l'organisation politique de différentes communautés (voirdèmos). Aphrodite agissait comme la divinité de « l'entente civique et de l'harmonie ». La fondation du culte d'Aphrodite Pandémos à Athènes était attribuée àThésée et considérée comme une conséquence de la réunion des Athéniens des dèmes en une seule cité. Aphrodite est ainsi « la déesse du peuple entier, le peuple souverain trouve en elle une protectrice attentive »[34].

La Pandémos attique était aussi appelée epitragía (ἐπιτραγία « de la chèvre »). SelonPlutarque, elle avait acquis cette épithète d'un épisode de la vie de Thésée lorsque, sur la recommandation d'Apollon, le héros avait sacrifié une chèvre à Aphrodite avant de partir pour la Crète dans l'espoir qu'elle le guiderait dans son voyage. L'animal se serait soudainement transformé en bouc[35]. Les victimes caprines étaient caractéristiques d'Aphrodite dans tout le pays. Cette image de la déesse chevauchant le bouc n’a, néanmoins pas été la caractéristique exclusive d’AphroditePandémos ; les ex-voto, d’Athènes et d’ailleurs, qui la représentent de cette manière, la situent fréquemment dans un contexte où elle est spécialementOurania. PourVinciane Pirenne-Delforge, Aphrodite, qu’elle ait étéPandémos ou Épitragia, semble également avoir été en relation avec le passage des jeunes gens de l’adolescence à la sexualité adulte[35].

Aphrodite a également joué le rôle de déesse de la cité probablement àCassope (en) enÉpire et à Metropolis enThessalie. Parfois, ses deux épiclèses apparaissaient côte à côte. Ainsi, lesThébains se vantaient de posséder trois tableaux archaïques en bois d'Aphrodite Ourania, Pandemos et Apostrophía (Ἀποστροφία « celle qui détourne »), qui auraient été donnés par Harmonie et créés à partir des figures de proue des navires desCadmos.

Déesse de l'Amour

  • du mariage : Nymphidia. Aphrodite était vénérée àHermione sous le nom de Nymphía (Νυμφία « la mariée »). Les vierges lui sacrifiaient avant le mariage, tout comme les veuves qui voulaient se marier à nouveau. Le culte d'Aphrodite Hera à Sparte semble similaire, au cours duquel les mères sacrifiaient à son image en bois lorsque leurs filles se mariaient.
  • des courtisanes : Hétaïra.

Déesse de la mer

Diverses épithètes font également référence à la sphère de la mer et à la navigation : Pelagía (Πελαγία, voirsainte Pélagie)[b],[36], Pontía (Ποντία) « marine », Thalassía (Θαλασσία « celle de la mer » ), Eúploia (Εὔπλοια « celle qui accorde une bonne traversée, heureuse navigation », ainsi àCnide) ou Aphrodite est appelée Limenía (Λιμενία « celle du refuge ») en tant que déesse née de l'écume et protectrice des navigateurs.

L'un des temples les plus remarquables d'Aphrodite Pontia et Limenia est celui d'Hermione enArgolide, où se trouvait une impressionnante statue en marbre. Enfin et surtout, Thalassa « la mer » était la « mère » de la déesse de l'amour selon l'une des versions rapportant sa naissance ; elle-même était souvent vénérée avec Poséidon, en particulier en Argolide et enArcadie, à Corinthe,Orchomène et àPatras.

Autres épiclèses

  • Niképhoros (les Romains l'appellerontVénus Victrix) : la déesse victorieuse.
  • Argynnís (Ἀργυννίς) ouArgounis (Ἀργουνίς) enBéotie :Agamemnon ayant vu le jeuneArgynnos nager à Kephisos, tombe amoureux de lui et oublie les Grecs réunis àElis. Argynnos s'étant noyé, Agamemnon lui consacre un sanctuaire à Aphrodite, déesse de l'Amour, l'Argynnion.Friedrich Max Müller etrécemment[C'est-à-dire ?] Michael Janda ont lié l'épithèteárjunī- « brillant » à une épithète d'Ushas, la déesse de l'Aurore dans le panthéonvédique, et l'ont vu comme une confirmation de la relation entre les deux déesses[37].

Épithètes homériques

  • amie des sourires, qui sourit par amour (mère-enfant) voire qui sourit pour l'amour, aguicheuse (femme-homme) –φιλομμειδης (Philomméidès)[38],
  • de Chypre –Κυπρις (Kypris)[39],
  • née à Chypre –Κυπρογενης (Kyprogenês),
  • née de l'écume –Αφρογενης (Aphrogenês),
  • dorée –Χρυσεη (Khryseê)[40],
  • brillante –Δια (Dia)[41],
  • mère du désir –Ποθων Μητηρ (Pothôn Mêtêr),
  • fille de Dioné –Διωναια (Diôniaia)[42],
  • bien couronnée, richement couronnée, au beau diadème –Ευστεφανος (Eustephanos)[43],
  • qui aime les couronnes, les guirlandes (Philostephanos)[44]
  • à la couronne violette (Iostephanos)[45]
  • Διὸς θυγάτηρ[46]
  • Διὸς κούρης[47]
  • aux beaux cheveux,
  • le souverain maître.
[source insuffisante]

Attributs

Animaux favoris

Aphrodite est principalement associée aux oiseaux[49] : lecygne, latourterelle, lacolombe (un attelage de ces oiseaux guide son char), l'oie.
Les représentations de sa naissance l'associent aussi auxcoquillages (voir plus haut pour la galerie d'images).
Elle l'est également aubélier, aubouc, aulièvre.

L'épouse

Homère (Iliade) ne donne aucune relation intime à Aphrodite.

ConcernantHéphaïstos, Homère (Iliade,XVIII, 380-383) ne donne que Charis comme épouse à Héphaïstos (au moment de la guerre de Troie). Dans Homère (Iliade,XX, 31-155), Aphrodite soutient les Troyens (avec Arès, Apollon Phoibos, Artémis, Léto et le fleuve Xanthe) alors qu'Héphaïstos soutient les Grecs (avec Héra, Pallas Athéna, Poséidon et Hermès)[14].

L'union d'Aphrodite, ancienne déesse de l'Aurore, avec Héphaïstos qui est originellement un dieu du Feu, s'explique par le feu qu'on allume ou qu'on ranime le matin et le rite de la présentation de la jeune épouse au feu du foyer[50].

L'amante

Arès

Homère (Odyssée,VIII, 266-366) parle des amours d'Aphrodite etArès :« L'aède, après quelques accords, commença un beau chant sur les amours d'Arès et d'Aphrodite couronnée. Ils s'unirent d'abord secrètement chez Héphaïstos ; Arès l'avait gâtée, et c'est ainsi qu'il outragea la couche d'Héphaïstos. Mais ce dieu en fut informé par Hélios (Soleil), qui les avait surpris en pleine étreinte. Dès qu'Héphaïstos eut entendu ce récit douloureux, il courut dans sa forge […] et y forgea d'épais et solides liens pour prendre les amants ». Héphaïstos installe son piège autour de sa couche et fait mine de partir pourLemnos. Arès s'empresse alors de rejoindre Aphrodite dans le palais d'Héphaïstos.« Mais, à peine couchés et endormis, l'astucieux réseau de l'habile Héphaïstos se referma sur eux, les empêchant de mouvoir et de soulever leurs membres ». Le dieu forgeron, une nouvelle fois averti par Hélios, revient. Ivre de rage, il alerte tous les dieux :« Zeus père, et vous autres aussi, éternels bienheureux ! venez ici voir un forfait monstrueux et grotesque ! Comme je suis boiteux, la fille de Zeus, Aphrodite, ne fait que m'outrager ; elle aime le cruel Arès car il est séduisant et bien planté, tandis que moi je suis estropié. […] Mais mon réseau les tiendra prisonniers tant que je n'aurais pas reçu des mains de mon beau-père tous les présents que m'a coûtés sa fille aux yeux de chienne, cette fille si belle et pourtant si dévergondée ! À ces mots, les dieux accoururent […]. Un rire inextinguible les saisit ». Apollon et Hermès plaisantent mais Poséidon supplie Héphaïstos de libérer Arès et se porte garant. Héphaïstos accepte et libère ses prisonniers. Arès s'envole vers la Thrace. Aphrodite rejoint son temple de Paphos de Chypre[51].

Aphrodite maudit Hélios et sa descendance, dontPasiphaé (épouse du roi Minos de Crète) et ses fillesAriane etPhèdre[52].

Pinax d'Éros, Hermès et Aphrodite (?). Trouvé dans le sanctuaire sacré dePerséphone àLocri dans le quartier Mannella.

Hésiode (Théogonie, 930-937) mentionne la descendance d'Aphrodite et Arès : « à Arès le pourfendeur, Cythérée (Aphrodite) donnait pour filsPhobos (Déroute) etDéimos (Panique) qui, terribles, bousculent les bataillons compacts des guerriers dans la guerre frissonnante, avec l'aide d'Arès destructeur, et aussiHarmonie, que l'ardent Cadmos se donna pour épouse »[20]. Paul Mazon, à propos de ce passage qui commence par la descendance de Poséidon, précise : « Poséidon est le seul des Cronides dont Hésiode n'ait pas encore mentionné la descendance. Il intercale donc ici son nom à côté de sa sœur, Héra ; et il profite de cette digression pour revenir à Aphrodite, qui, par sa naissance, se rattache à la génération antérieure, puisqu'elle est une Ouranide, mais qui n'en fait pas moins partie du groupe des Olympiens »[20].

Hermès

Le nom Hermaphróditos remonte à la représentation d'Aphrodite comme un hermès :Hermès d'Aphroditos auNationalmuseum à Stockholm.

Selon des sources relativement récentes, d'Hermès, elle enfanteHermaphrodite[54], mi-homme mi-femme[d]. À l'origine, Hermaphrodite est une forme masculine d'Aphrodite, qui s'appelaitAphroditos et était vénérée en tant que divinité àChypre. La forme du nomHermaphróditos remonte à la représentation d'Aphrodite comme unhermès et signifie initialement seulement « hermès d'Aphrodite ». Son nom est documenté pour la première fois dans la littérature dansLes Caractères deThéophraste.

PourCicéron[55], qui ne fait pas mention d'Hermaphrodite, le seul fils d'Hermès et d'Aphrodite estÉros.

Dionysos

DeDionysos, elle enfantePriape[56] (la paternité est attribuée alternativement à Zeus ouAdonis),Hyménaios, le dieu du chant nuptial (aussi dit né d'une des neufMuses), et, selon l'Hymne orphique 54, l'Hermès chtonien ou infernal.

Concernant lesCharites, il y a plusieurs versions de leur généalogie : selonHésiode etPindare[57], elles sont les filles deZeus et d'Eurynomé (ou d'Eunomie).Certaines traditions tardives en font plutôt les filles d'Hélios (le Soleil) et d'Églé, ou deDionysos et d'Aphrodite (ou d'Héra)[réf. nécessaire].

Poséidon

DePoséidon, elle enfanteRhodos[58].

Phaéthon (fils d'Éos)

Hésiode (Théogonie, 985-991) donnePhaéthon comme le fils de la déesse Eos (Aurore) et de Céphale. Il dit : « [Eos] mis au monde un glorieux enfant, le puissant Phaéthon, tout pareil aux dieux. La tendre fleur d'une noble jeunesse était encore le lot du jeune enfant à l'âme fraîche, quand Aphrodite, qui aime les sourires, le ravit et s'en fut; et de lui elle a fait, en ses temples divins, un gardien des nuits du sanctuaire, un génie divin. »[20]. Le traducteur Paul Mazon précise que les passages allant du vers 965 à la fin de laThéogonie sont soupçonnés d'être des ajouts au texte d'Hésiode. En note, il ajoute « Phaéthon, qui est primitivement un des noms du Soleil, est ici le nom de l'Étoile du soir, c'est-à-dire de [la planète] Vénus. C'est pourquoi ce Phaéthon nous est décrit comme un génie nocturne, attaché à Aphrodite. »

Adonis

Adonis[59], né deMyrrha (métamorphosée en arbre à myrrhe)[60] sera l'objet d'une dispute entre Aphrodite etPerséphone. Zeus décidera de partager le temps d'Adonis entre les deux déesses : un tiers de l'année pour chacune et le troisième à son choix. Il le passera avec Aphrodite, jusqu'à ce qu'un sanglier le blesse mortellement.

Priape passait parfois pour être né de cette union, de même que la nymphe et héroïne fondatriceBéroé, l'une des innombrables maîtresses de Dionysos (Nonnos de Panopolis, Dionysiaques, divers chants).

La vengeresse

La vengeance d'Aphrodite est terrible. Pour la vindicte, elle ne le cède en rien àHéra, mais si cette dernière ne poursuit les femmes que par jalousie, Aphrodite ne les frappe que lorsqu'elles la servent mal ou refusent de la servir, et les femmes sont alors tant ses victimes que ses instruments destinés aux hommes, plus rarement par jalousie, leur inspirant parfois des amours très difficiles :

  • par jalousie, elle condamne Éos (l'Aurore) à l'érotomanie ;
  • pour punirHippolyte, qui ne respecte qu'Artémis, elle provoque la passion dePhèdre ;
  • à la demande de Poséidon, elle suscite le désir monstrueux dePasiphaé pour un taureau ;
  • les filles du roi de Chypre refusent de l'honorer : elle les force à se prostituer ;
  • elle tente également de rendrePsyché amoureuse d'un homme mauvais, mais Éros, chargé de lancer la flèche fatale, désobéit et décide d'épouser la jeune fille.

Ses protégées ne sont guère mieux loties.Hélène se plaint amèrement de la faveur de la déesse :« Infortunée que je suis, lui dit-elle, te voilà encore à mes côtés, pleine de desseins perfides » !

Légendes particulières

Pandore

Lorsque Zeus décide de créerPandore, les dieux sont mis à contribution : Hésiode (Travaux, 59-68) : « Aphrodite d'or sur son front répandra la grâce, le douloureux désir, les soucis qui brisent les membres »[61].

Les Lemniennes

Pseudo-Apollodore (I, 9, §17) : « lesLemniennes ne rendaient aucun culte à Aphrodite ; la déesse, pour s'en venger, leur donna à toutes une si mauvaise odeur, que leurs maris ne pouvant en approcher, enlevèrent dans la Thrace, qui était voisine, des jeunes filles, et partagèrent leur lit avec elles. Irritées de ce mépris, les Lemniennes tuèrent leurs pères et leurs maris, à. l'exception de la seuleHypsipyle qui cacha Thoas son père »[62]. Par la suite, les Argonautes abordent à Lemnos.

Les Argonautes

Boutès et Aphrodite Érycine

Le navire Argo et les Argonautes, sur le chemin du retour, passent près des Sirènes. Orphée, grâce à sa lyre, réussit à briser le charme de leur chant. Seul Boutès y succombe.

  • Apollonios de Rhodes (Argonautiques,IV, 910 et suivants[63] et note 56) : « Les Argonautes, entendant leurs voix, étaient près de s'approcher du rivage, mais Orphée prenant en main sa lyre, charma tout à coup leurs oreilles par un chant vif et rapide qui effaçait celui des Sirènes, et la vitesse de leur course les mit tout à fait hors de danger. Le seul Boutès (Βούτης), fils de Téléon, emporté tout d'abord par sa passion, se jeta dans la mer, et nageait en allant chercher une perte certaine, mais la déesse qui règne sur le mont Éryx, l'aimable Aphrodite, le retira des flots et le transporta près du promontoire Lilybée. »
  • Lemont Éryx se situe en Sicile, près du promontoire Lilybée. Aphrodite y avait un temple encore célèbre à l'époque de Virgile (Énéide,V, 759-760)[64] : « Tum vicina astris Erycino in vertice sedes / Fundatur Veneri Idaliae… »
  • Diodore de Sicile (III, 83, 1) :
  • Aphrodite donnera deux fils à Boutès :Éryx (roi sanguinaire qu'abattraHéraclès) etPolycaon.

La Guerre de Troie

LaVénus d'Arles. Le prototype est attribué àPraxitèle. Elle tient lapomme de discorde dujugement de Pâris.

Anchise et Enée

Avec le TroyenAnchise, elle enfanteÉnée[65], qu'elle protège dans les combats autour de Troie[13]. Elle l'aidera, lors de la chute de Troie, à emporter les Pénates de Troie jusqu'en Italie, avant d'obtenir pour lui l'Immortalité que lui accorde Zeus[66].

La pomme de Discorde et le jugement de Pâris

Article détaillé :Pomme d'or de la discorde.

La cause mythique de laguerre de Troie est essentiellement connue parLes Métamorphoses d'Ovide etLes Dialogues des dieux deLucien de Samosate.

Éris, la seule déesse à ne pas être invitée au mariage du roiPélée et de la nymphe de la merThétis, jette par dépit une pomme d'or dans la salle du banquet avec l'inscription « À la plus belle ». Les déesses Héra,Athéna et Aphrodite se la disputent. Afin de se départager, elles demandent àPâris, prince deTroie, d'être leur arbitre. Toutes les trois essaient de le corrompre : Héra lui promet la puissance royale, Athéna, la gloire militaire, et Aphrodite, la plus belle des femmes. Pâris choisit Aphrodite et demande en récompense Hélène de Troie, épouse du roi grecMénélas. L'enlèvement d'Hélène par Pâris provoquera la guerre de Troie.

La guerre : Aphrodite est une alliée des Troyens

Au cours de cette guerre, le héros grecDiomède blessera légèrement la déesse alors qu'elle porte secours à son fils Énée.

Cultes

La fête desAphrodisies (grec ancien :Ἀφροδίσια), était une fête annuelle. Elle avait lieu dans plusieurs villes de la Grèce antique, mais était particulièrement importante enAttique et sur l'île deChypre, où Aphrodite a été célébrée avec une magnifique célébration. La fête avait lieu pendant le mois deHekatombaion, que les érudits modernes reconnaissent comme s'étendant de la troisième semaine de juillet à la troisième semaine d'août du calendrier grégorien. Aphrodite était adorée dans la plupart des villes de Chypre, ainsi qu'à Cythère, Sparte, Thèbes, Délos et Élis, et son temple le plus ancien était àPaphos.

Les sources textuelles mentionnent explicitement les fêtes des Aphrodisia à Corinthe et à Athènes, où les nombreuses prostituées qui résidaient dans la ville la célébrait comme un moyen d'adorer leur déesse patronne. La fête d'Aphrodisia a été l'une des cérémonies les plus importantes àDélos, bien que nous ne sachions pas grand-chose sur les détails de la célébration. Les inscriptions indiquent simplement que le festival exigeait l'achat de cordes, de torches et de bois, qui étaient des dépenses habituelles de tous les festivals de l'île[67].

Asie Mineure

Aphrodite est particulièrement vénérée enAsie Mineure.

Carie

Aphrodite possède un sanctuaire, l'Aphrodision dans la ville d'Aphrodisias, ville portant le nom de la déesse. L'Aphrodite d'Aphrodisias est originaire de la période archaïque ou plus tôt encore en tant que déesse carienne locale, mais à l'époque hellénistique, selon l'habitude de l'interpretatio graeca, elle est identifiée avec l'Aphrodite grecque et reçoit une image canonique complètement nouvelle[68].

  • Ruines du temple d'Aphrodite à Aphrodisias.
    Ruines du temple d'Aphrodite àAphrodisias.
  • Aphrodite d'Aphrodisias.
    Aphrodite d'Aphrodisias.
Cnide

La ville deCnide lui consacre des jeux annuels, lesEuploia ou lesKnidia[69]. Elle achète également au sculpteurPraxitèle l'une des statues les plus connues de l'Antiquité[70], dite « Aphrodite de Cnide ».

  • La Vénus du Capitole.
    La Vénus du Capitole.
  • Copie de l'Aphrodite de Syracuse.
    Copie de l'Aphrodite de Syracuse.
  • Aphrodite dite de Cnide (restaurée).
    Aphrodite dite de Cnide (restaurée).
Troade

La cité de Nouvelle-Ilion (Novum Ilium) frappe desmonnaies à son effigie[réf. nécessaire].

Chypre

Paphos : lerocher d'Aphrodite, lieu où selon la tradition locale la déesse serait née.
  • Aphrodite est aussi appeléeCypris.
  • Paphos : SelonPausanias, son premier lieu de culte est la cité dePaphos[71], sur l'île deChypre, que l'Odyssée mentionne déjà comme son lieu de séjour[72]. Ses mystères sont célébrés chaque année. Ils comprennent une procession allant de Paphos à Golgoi. C'est à cette fête qu'il faut peut-être rattacher un rite que rapporte l'apologiste chrétienClément d'Alexandrie, selon lequel les participants reçoivent un gâteau en forme de phallus et apportent une pièce de monnaie, « comme à une courtisane ses amants »[73]. Il est probable que l'argent dont Clément parle soit en fait destiné aux sacrifices ou à payer la taxe pour les oracles[74], mais il est également possible que laprostitution sacrée ait également été pratiquée[75].
  • Salamine de Chypre : Aphrodite est également vénérée àSalamine de Chypre[76], sur le mont Idalion[77] et à Amathonte[78].
  • Un mois du calendrier chypriote,Aphrodisios, lui est consacré[79].

À Amathonte, autre foyer important de son culte insulaire, il existait une statue barbue d'un Aphrodite mâle[e], appeléAphroditos[f].Philochore dans sonAtthis (ap. Macrobe loc. cit.) identifie cette divinité, au sacrifice de laquelle hommes et femmes échangeaient des vêtements, avec la Lune. Une plaque en terre cuite duVIIe siècle av. J.-C. représentant Aphroditos a été trouvée àPerachora, ce qui suggère qu'il s'agissait d'un culte grec archaïque[80]. Cette Aphrodite chypriote est la même que l'Hermaphrodite ultérieur, qui signifie simplement Aphroditos sous la forme d'unhermès, un buste surmontant un bloc quadrangulaire: Ce dernier est documenté pour la première fois dans la littérature dans lesCaractères (XVI) deThéophraste[81].

Cythère

Aphrodite est aussi appelée « Cythérée »Κυθέρεια. D’après Hésiode, l’île deCythère a, la première, accueilli Aphrodite émergeant de la mer, mais c’est à Chypre qu’il permet à la déesse de prendre réellement pied. Le culte de la déesse dans l’île a une réputation d’ancienneté, les auteurs anciens lui attribuant une origine phénicienne ou troyenne[82].

On y trouve un sanctuaire d'AphroditeOurania. La déesse est représentée par unxoanon armé[82]. La numismatique souligne l’importance du culte insulaire. Des monnaies en bronze, datant duIIIe siècle avant J.-C, offrent l’image d’une tête de la déesse accompagnée de colombes[82].

Attique

EnAttique, on discerne deux grands groupes de cultes, les uns en rapport avec la geste deThésée ou d’autres personnages de ce cycle de légendes, notammentÉgée,Phèdre etHippolyte, les autres qui situent Aphrodite dans des jardins[35].

À Athènes, sur l’agora, se trouve un sanctuaire d’AphroditeOurania comprenant unautel monumental. Pausanias évoque également un culte d’AphroditeOurania à Athmonia, undème situé au nord-est de la ville[35]. L’écrivain grec avance que c’estÉgée qui a instauré le culte à Athènes motivé par son aspiration à avoir des enfants et par sa volonté d’apaiser la colère de la déesse qui avait attiré le malheur sur sessœurs[35].

Il est aussi vraisemblable qu’auIIe siècle, un sanctuaire accueillant les statues d’Aphrodite et dePéitho s’élevait entre le temple deThémis et l’entrée de l’Acropole, non loin d’un sanctuaire de et deDéméter[35]. Des témoignages épigraphiques et les sources littéraires attestent également l’existence d’un sanctuaire d’Aphrodite en relation avecHippolyte à Athènes, au flanc sud de l’Acropole, depuis leVe siècle av. J.-C. au moins[35].

Aphrodite possède deux sanctuaires auPirée, au bord du port de Kantharos, l'un attribué àThémistocle, l'autre àConon qu'il « fit bâtir après la victoire navale qu'il remporta sur les Lacédémoniens, versCnide, dans la Chersonèse de Carie »[83],[84].

Un sanctuaire dédié à Aphrodite se situait dans la cité deMégare qui contenait aussi une statue de la déessePéitho et une autre de la déesseParegoros[85].

Péloponnèse

Copie romaine d'une statue d'AphroditeAreia trouvée àÉpidaure. Original créé par l'école dePolyclète.

Dans lePéloponnèse, son lieu de culte le plus connu estCorinthe : en armes, elle est vénérée sur l'Acrocorinthe et sous l'épiclèse deMélainis, dans le bois du Cranion. SelonStrabon, qui écrit aux débuts de l'ère chrétienne, on y pratique la prostitution sacrée :« le temple d'Aphrodite à Corinthe était si riche, qu'il possédait à titre dehierodules ou d'esclaves sacrés plus de mille courtisanes, vouées au culte de la déesse par des donateurs de l'un et de l'autre sexe »[86]. Déjà auVe siècle av. J.-C., Xénophon de Corinthe consacre au temple plusieurs prostituées sacrées en remerciement de sa double victoire auxjeux Olympiques et commande àPindare un chant de gala (scolie) qui chante les« filles très accueillantes, servantes de Peïtho [la persuasion] en la fastueuse Corinthe »[87]. Ces hiérodules prennent part auxAphrodisies locales et intercèdent pour la cité en cas de danger[88]. La réalité de la prostitution sacrée corinthienne a été toutefois contestée par des études modernes[89].Vinciane Pirenne-Delforge, sur la base d'importantes études, a démontré dans l’ouvrageL’Aphrodite grecque (1994) que cette pratique n'a jamais existé dans la ville de Corinthe. La ville de l'isthme était célèbre pour son nombre de prostituées, mais il s'agirait de prostitution « profane ». Les offrandes qu'Aphrodite recevait de la part depornai et de courtisanes était du ressort des honneurs que ces femmes devaient à la divinité qui patronnait leur profession[90].

Dans le port de Cenchrées, l'un des deux ports de Corinthe, se trouvent un temple et une statue en pierre d’Aphrodite. Ici, selon Vinciane Pirenne-Delforge, c’était incontestablement l’Aphrodite marine, protectrice de la navigation qui régnait sur les bords du golfe[91].

ÀSparte, la déesse possédait dans la cité de Sparte un caractère militaire indéniable. Sur l’acropole se situe un temple d’AphroditeAreia « armée, guerrière »[92]. Aphrodite y possède plusieurs sanctuaires, dont le plus ancien comporte deux statues archaïques : une Aphrodite en armes et AphroditeMorpho, dont la statue est assise, portant un voile et des chaînes aux pieds[93]. Morpho dérive deμορφή qui signifie la forme dans ce qu’elle a d’harmonieux, et donc la « beauté »[92].Hélène, double humain de la déesse, assume à Sparte des prérogatives qui sont en règle générale attribuées à Aphrodite, et était honorée afin qu'elle accorde la beauté à toutes les jeunes filles arrivées à l’âge du mariage. Cette beauté signifie leur capacité de susciter le désir masculin, domaine où la puissance d’Aphrodite est sans partage. Aphrodite est donc notamment liée à la sexualité des jeunes gens, mais ici, ce sont les mères des jeunes mariées qui offrent un sacrifice à la déesse[92].

À Gythéion, le port de Sparte situé sur la côte ouest dugolfe de Laconie, AphroditeΜιγωνῖτις /Migônitis est honoré par un culte quePâris aurait fondé lui-même, après avoir obtenu pour la première fois les faveurs d'Hélène sur l'îlot voisin, Cranaé[94]. L’épiclèse Migônitis est éloquente : formée sur le verbeμίγνυμι, elle évoque clairement la relation sexuelle, qualification naturelle pour une déesse patronne de la sexualité[92].

Colonies grecques de Méditerranée occidentale

  • Olbia (Hyères) : Aphrodite y possède un sanctuaire.

Autres lieux

  • Aphrodite est aussi appeléeAmathusie.
  • Aphrodite est aussi appeléeAcidale (en référence à la fontaineAcidalie près d'Orchomène, en Béotie, où elle se baigne avec les Charites (Grâces)).

Développements ultérieurs

Orphisme

pseudo-Orphée (Hymnes orphiques, 43, Parfum de Liknitès — La Manne)[26]:

  • « J’invoque par ces prières Dionysos Liknitès, le Nysien florissant, le désirable et joyeux Bakkhos, nourrisson des Nymphes et d’Aphrodite à la belle couronne ».

pseudo-Orphée (Hymnes orphiques, 52, Parfum d'Aphrodite)[26]:

  • « Ouranienne, célébrée par mille hymnes, Aphrodite qui aimes les sourires, née de l’écume, Déesse génératrice, qui te plais dans la nuit noire, vénérable, nocturne, qui unis, pleine de ruses, mère de la nécessité, toutes les choses sortent de toi, car tu as soumis le Kosmos et tout ce qui est dans l’Ouranos et dans la mer profonde et sur la terre fertile, ô Vénérable ! Conseillère de Bakkhos, qui te réjouis des couronnes et des noces, mère des Éros, qui aimes les lits nuptiaux, qui accordés en secret la grâce, visible et invisible, aux beaux cheveux, Louve porte-sceptre des Dieux, génératrice, qui aimes les hommes, très-désirable dispensatrice de la vie, qui unis les vivants par des nécessités invincibles et qui saisis, à l’aide de tes charmes, d’un désir furieux, la race innombrable des bêtes sauvages, viens, Déesse née dans Kypros (Chypre), sois-nous favorable, belle Reine, soit que tu souries dans l’Olympe, soit que tu parcoures tes demeures dans la Syrie qui abonde en encens, soit que, sur tes chars ornés d’or, tu visites les rives fertiles du fleuve Aigyptos (le Nil) ; soit que, sur les hauteurs qui dominent l’onde marine, tu te réjouisses des danses circulaires des hommes, ou que tu te plaises, sur la terre divine et dans ton char rapide, au milieu des Nymphes aux yeux bleus, le long des sables du rivage ; soit que, dans la royale Kypros qui t’a nourrie, les belles vierges et les nouvelles mariées, ô Bienheureuse, te célèbrent par leurs hymnes, toi et l’ambrosien Adonis, viens, ô belle et très-désirable Déesse ! Je t’invoque avec un cœur innocent et par des paroles sacrées. »

Pseudo-Orphée (Hymnes orphiques, 54, Parfum de Hermès souterrain — Le Styrax)[26] :

  • « Toi qui hantes le chemin du Kokytos (le Cocyte) inévitable d’où nul ne revient, et qui conduis sous terre les âmes des morts, Hermès, fils de Bakkhos-Dionysos et de la Vierge Paphienne, Aphrodite aux sourcils arqués. »

Platonisme : Aphrodite Ourania et Aphrodite Pandémos

Dans leBanquet dePlaton[95], la discussion s'engage entre Socrate et ses proches. L'un d'eux,Pausanias, déclare « Tout le monde sait bien qu'Amour est inséparable d'Aphrodite. Ceci posé, si Aphrodite était unique, unique aussi serait Amour. Mais puisqu'il y a deux Aphrodite, forcément il y a aussi deux Amours. Or, comment nier ici l'existence de deux déesses ? L'une, sans doute la plus ancienne, qui n'a point de mère et est fille de Ciel, est celle que nous nommons Ourania (Céleste). Mais il y en a une autre, moins ancienne, qui est fille deZeus et deDioné, celle-là même que nous appelons Pandémos (Commune, Vulgaire) ». Par la suite, Pausanias décrit les deux formes d'amour. L'Aphrodite vulgaire est la moins morale. Elle dirige ceux dont les « visées vont uniquement à l'accomplissement de l'acte ». Ces derniers « ne s'inquiètent pas que ce soit ou non de belle façon ». L'Aphrodite céleste, en revanche, est la plus élevée. Elle inspire les amitiés viriles.

Xénophon (-430 à -355, disciple de Socrate), dans sonBanquet, parle également d'une Aphrodite vulgaire (Pandêmos) et d'une Aphrodite céleste (Ourania). La discussion réunit Socrate et plusieurs de ses proches (Charmide, Critobule, Nicératus, Hermogène, Antisthène, Callias). Socrate dit : « N’y a-t-il qu’une seule Aphrodite ou bien deux, l'Aphrodite Ourania et l'Aphrodite Pandémos ? Je l’ignore : car Zeus, qui sans doute est seul, a lui-même tant de noms ! Mais ont-elles leurs autels et leurs temples distincts ? offre-t-on à l'Aphrodite Pandémos des sacrifices moins relevés, et à l'Aphrodite Ourania des offrandes plus chastes ? C’est ce que je n’ignore point. Et l’on peut croire que l'Aphrodite Pandémos inspire les amours du corps, tandis que l'Aphrodite Ourania des offrandes plus chastes ? C’est ce que je n’ignore point. Et l’on peut croire que l'Aphrodite Pandémos inspire les amours du corps, tandis que l'Aphrodite Ourania inspire l’union des âmes, l’amitié, les actes généreux »[96].

PourVinciane Pirenne-Delforge, malgré le succès que cette conception intellectuelle a eu dans son interprétation populaire, les deux épiclèses de la déesse ne la divisait pas en figures divines aussi antagonistes. S'il existe des différences entre les cultes d'Aphrodite Ourania et d'Aphrodite Pandémos, elles ne justifient en aucun cas cette opposition irréductible imaginée par Platon et Xénophon[34].

Représentations artistiques

Antiquité

ÀPaphos, son principal centre de culte chypriote, la déesse n’était pas représentée sous une forme humaine, mais comme un cône, une pyramide ou un omphalos, selon les auteurs anciens. Cette figurationaniconique est illustrée par des monnaies, des bagues et des sceaux[35].

Aphrodite est la seule déesse qui soit souvent représentée nue dans l'Antiquité. La représentation d'Aphrodite nue apparaît auVIe siècle avant notre ère, et reste encore très rare auVe siècle[97].

Vers -460, les vases attiques à figures rouges figurent la naissance d'Aphrodite. La déesse entraîne à sa suite Éros et desdivinités allégoriques commePéitho (la Persuasion),Pothos ouHiméros (le Désir). Elle est souvent accompagnée desnymphes, desHeures, desCharites, desTritons et desNéréides.

Le type de l'Aphroditeanadyomène, surprise sortant de l'eau, quelquefois avec son filsÉros date duVe siècle avant notre ère[97]. La variante diteAphrodite pudique apparaît vers -330.

La statue d'Aphrodite (retrouvée en 1820 sur l'île de Milos et baptisée improprementVénus de Milo à l'époque) représente un type plus récent (période hellénistique, vers 150-130 avant notre ère). Seul le torse est nu ; une draperie suggère la forme des membres inférieurs (avec un fortcontrapposto). LaVénus d'Arles illustre aussi cette représentation[98].

Il existe aussi des effigies d'Aphroditecourotrophe (avec un enfant dans les bras)[99].

De la Renaissance à nos jours

Aphrodite-Vénus a fait, depuis laRenaissance, l'objet d'un grand intérêt, avec de nombreuses interprétations artistiques.

En biologie

Plusieurs espèces biologiques sont dédiées à la déesse, comme les vers marins de la famille desAphroditidae, dont l'espèce-type estAphrodita aculeata.

Période contemporaine

Peinture

Littérature

  • 1896 :Aphrodite (Mœurs antiques). Roman de l'écrivain françaisPierre Louÿs, publié en1896.
  • 1931 :Aphrodite en Aulide (Aphrodite in Aulis). Roman de l'écrivain irlandaisGeorge Augustus Moore, publié en1931.
  • 2019 :Aphrodite made me do it. Recueil de poèmes de l'Américaine Trista Mateer, publié en2019.

Musique

  • 1906 :Aphrodite, opéra deCamille Erlanger, adapté du roman de Pierre Louÿs, créé à l'Opéra Comique.

Filmographie

Cinéma

Télévision

Notes et références

Notes

  1. Il existe des représentations d'Aphrodite barbue et des mentions d'un« Aphroditos » (Burkert 1985,p. 152).
  2. Des mythologues commeHermann Usener l'ont assimilée à cette déesse, ce qui s'explique par l'étymologie grecquepélagos signifiant « la pleine mer », Aphrodite étant la fille duCiel et de laMer dont elle surgit nue de l'écume.
  3. Première mention chezSimonide de Céos, frag. 575 PMG.
  4. Labisexualité semble exister dès la naissance chez Diodore ; elle résulte d'une fusion avec la nympheSalmacis chez Ovide,Métamorphoses,IV, 285-388.
  5. Synésios deCyrène atteste l’existence à Chypre d’un simulacre barbu d’Aphrodite, ainsi queMacrobe (Saturnales, iii. 8).
  6. engrec ancienΆφρόδιτος.

Références

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  23. VoirPirenne-Delforge 1994,p. 9, 225, 317 qui s'appuie sur J.-E. Dugand, « Aphrodite-Astarté (de l'étymologie du nom d'Aphrodite) »,Annales de la Faculté de Lettres et Sciences humaines de l'Université de Nice, 1974, n⁰ 21,p. 73-98.
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Annexes

Bibliographie

Religion et mythologie grecques

Aphrodite

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