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Antoine Thomas

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Pour les articles homonymes, voirAntoine Thomas (philologue) etThomas.

Antoine Thomas
Données clés
Naissance
Namur (Comté de Namur)
Décès (à 65 ans)
Pékin (Chine)
Pays de résidenceChine
Profession
Activité principale
Autres activités
Gouvernement religieux
Formation
Sciences, philosophie et théologie

Compléments

Thomas fut le mathématicien officiel de la cour impériale de Chine

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Antoine Thomas (qui adopta le nom chinois deNgan To P'Ing-Che), né le àNamur (Comté de Namur) et mort le àPékin (Chine), est unprêtrejésuite,missionnaire etastronome à la cour impériale deChine. Il était le supérieur des Jésuites de Chine lorsque les « rites chinois » furent interdits.

Formation

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Né le, troisième enfant d'une famille nombreuse, Antoine Thomas passe son enfance àNamur. Habitant rue de la Croix, il ne doit pas aller loin pour faire ses humanités aucollège des jésuites à Namur (1652-1660). Il entre dans laCompagnie de Jésus le, et fait sonnoviciat àTournai. Après les deux années de formation initiale, il étudie laphilosophie àDouai (1662-1664) et se forme à l'enseignement des humanités àLille (1664-1665).

Ensuite, durant six ans, il enseigne les humanités aux collèges d'Armentières (1665-1666), deNamur (1666-1667), deHuy (1667-1670) et deTournai (1670-1671). Il se rend à nouveau àDouai pour étudier lathéologie (1671-1675) et enseigner la philosophie (1675-1677). Il est ordonnéprêtre en 1674.

Page tirée de sonSynopsis mathematica, 1685

Durant ses années de formation, il se spécialise enmathématiques etastronomie en vue de lamission de Chine. Il écrira plus tard :« Je ne me suis jamais appliqué aux mathématiques que parce qu'elles pouvaient m'être utiles pour la prédication de l'Évangile »[1]

Il obtient la permission de partir pour la mission en1677 et se rend àCoïmbra où, tout en apprenant leportugais, il enseigne lesmathématiques à l'université (1678-1680). Ses cours (en latin) sont publiés sous le titre deSynopsis Mathematica. Il y fait un rapport écrit sur l'éclipse de la lune du qui est publié dans leJournal des sçavans.

Il fait partie d'un groupe de vingt jésuites qui embarquent, àLisbonne, le. Dix-huit d'entre eux sont destinés à la Chine. Antoine Thomas et un autre sont autorisés à tenter une entrée auJapon, mission périlleuse s'il en est. Un long et difficile voyage — passant parGoa (Inde), leSiam (Thaïlande) etMalacca — l'amène finalement àMacao (1682) - qui était à l'époque la porte d'entrée obligée pour la Chine - juste à temps pour y observer uneéclipse du soleil (1683). Pendant trois ans encore, il cherchera à poursuivre son voyage jusqu'au Japon. Ce sera en vain.

À la cour impériale de Pékin

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Le PèreFerdinand Verbiest, alors âgé, l'appelle à Pékin (). Le, Thomas arrive à Pékin, où il est présenté par Verbiest à l'empereurKangxi. Il est bientôt nomméVice-Président du tribunal des Mathématiques, une position aussi importante dans l'Empire chinois (pour la fixation du calendrier impérial) qu'influente (car proche de l'empereur lui-même).

À la mort du pèreVerbiest (), Antoine Thomas le remplace comme mathématicien etastronome officiel de la cour. Pendant vingt ans, il est alors un conseiller proche de l'empereurKangxi qui, au-delà des problèmes scientifiques, le consulte fréquemment sur des questions morales et religieuses. Les travaux qu'il effectue sont aussi nombreux que variés : il dessine des cartes degéographie, annonce et observe des éclipses et rédige (enmandchou) un traité d'algèbre à l'usage exclusif de l'empereur. Thomas orientalise son nom enNgan To P'Ing-Che. Dans le domaine de l'ingénierie, il fait construire unedigue sur lefleuve Jaune pour en contrôler les débordements chroniques et, s'inspirant des travaux deRennequin Sualem, met au point un système d'irrigation des jardins du palais d'été.

Kangxi a grande confiance en lui. En 1692, malgré l'opposition de certainsmandarins, Thomas en obtient un « édit de tolérance » qui donne auxmissionnaires une liberté quasi totale de prêcher lafoi chrétienne. Thomas est supérieur provincial desjésuites de 1701 à 1704.

Querelles des Rites Chinois

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À un moment où l'avenir duchristianisme en Chine semblait prometteur — lesconversions, même demandarins, se multipliant —, laquerelle des rites devient de plus en plus acrimonieuse en Europe. On accuse les jésuites d'autoriser aux nouveaux convertis chinois la pratique de certains rites (tels lavénération des ancêtres), pratique considérée comme païenne en Europe.Charles-Thomas Maillard de Tournon,légat pontifical, est envoyé à Pékin en1705 pour enquêter sur l'orthodoxie de ces rites que les jésuites disaient être une simple coutume sociale. Il paraît immédiatement clair que son opinion était faite avant même qu'il ne débarque en Chine. Négligeant les coutumes chinoises et ne tenant aucun compte de l'étiquette officielle, il froisse gravement l'empereur qui l'avait d'abord bien reçu.

Les mises en garde de Thomas, alors supérieur des jésuites en Chine, n'empêchent pas Tournon de promulguer un décret (Nankin,) déclarant les rites chinois et autres coutumes du pays« contraires à la loi divine », et obligeant lesmissionnaires à les abolir sous peine de graves sanctions ecclésiastiques. Une dernière supplique de Thomas implorant le légat d'en suspendre l'application, le temps de permettre un ultime recours au pape, est rejetée. Les conséquences du décret sont désastreuses. De bienveillant qu'il était, l'empereur devient de plus en plus soupçonneux.

La confirmation du décret de Tournon par le PapeClément XI (en 1715) entraîne ensuite une vive réaction de l'empereur qui, le, révoque sonédit de tolérance. Quatre ans plus tard, les missionnaires chrétiens sont chassés de l'empire (1721)[2].

Mort

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Ces derniers développements ne furent pas connus du Père Antoine Thomas, car il meurt le, à Pékin, miné par ladysenterie et surtout par les tracas causés par ce grave conflit. Il est enterré près de son ami et prédécesseurFerdinand Verbiest, aucimetière Zhalan de Pékin où se trouvent les stèles funéraires des pionniers jésuites.

Vénération et souvenir

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  • L'entretien régulier des tombes des pères jésuites par les autorités chinoises, quels que furent les troubles et changements de régime, souligne le fait que les Chinois ont tout au long de l'histoire gardé de l'estime pour ces « Sages venus de l'Ouest ».
  • L'observatoire astronomique de l'Université de Namur, en Belgique, porte son nom ainsi qu'un sentier au sein des bâtiments de l'institution.

Écrits

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  • Synopsis mathematica, Douai, 1685.

Notes et références

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  1. Dans une lettre aupère Lachaise, confesseur deLouis XIV, il écrira :« En traçant le mouvement des étoiles je n'ai d'autres buts que de prouver l'existence du guide de toutes les étoiles et la Cause première de la Création»
  2. Jean-Pierre Duteil,Le Mandat du ciel : le rôle des jésuites en Chine, de la mort de François-Xavier à la dissolution de la Compagnie de Jésus (1552-1774), Éditions Quæ,, 411 p.(ISBN 978-2-909109-11-4),p. 107

Bibliographie

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