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Antoine Lambert, ou Jean-Antoine Lambert, natif duLuc-en-Provence, est un chirurgien français, pionnier de la chirurgie de l'époque moderne et auteur de plusieurs traités chirurgicaux.
Antoine Lambert naît au début duXVIIe siècle auLuc. Ayant obtenu le titre de maître chirurgien, il est admis pour exercer son art à Marseille, où il devient un praticien réputé[1]. Il publie en 1662 le premier ouvrage de chirurgie jamais imprimé àMarseille[2]. L'ouvrage est imprimé par l'érudit marseillais Claude Garcin, les frais étant couverts par une subvention spéciale de la ville deMarseille[3]. L'ouvrage, dédié à« Messieurs les eschevins protecteurs et défenseurs des privileges, franchises & libertez de la ville de Marseille », comprend cinq parties, consacrées auxulcères malins, auxcaries, auxfistules (deux chapitres), et auxapostèmes duGuidon. Il dénonce la pratique dessaignées très en vogue auprès du corps médical selon la méthode deLeonardo Botal[4].
Il avait toutefois déjà publié en 1656 unCommentaire sur la carie et la corruption des os dédié à Messire Paul de Saumur (sic), lechevalier Paul.[1]
Le succès rencontré par l'ouvrage conduit à plusieurs rééditions, dont une deuxième édition àLyon en 1671[5] et une troisième édition àMarseille en 1677[4], dédiée à Jean-Baptiste Brodart, intendant général des galères de France.
Ses ouvrages reprennent et synthétisent les théories médicales et chirurgicales prévalentes sous l'Ancien Régime, mais y ajoutent un grand nombre d'observations personnelles. C'est ainsi qu'il fait notamment mention pour la première fois de l'utilisation d'un sublimé corrosif à base de chaux,« l'eau phagédénique » pour le traitement de l'hydrocèle[6],[7], ou de nouveaux procédés chirurgicaux pour le soin de lafistule lacrymale[8].
L'historien provençalJean-Pierre Papon, dans sonHistoire générale de la Provence, rapporte qu'au début de l'année 1660, il soigna« avec une prudente circonspection et ce courage qu'on devait regarder, dans ces circonstances, comme l'héroïsme de la bienfaisance ou de l'amitié » les partisans deNiozelles, déclarés coupables delèse-majesté, alors cachés dans le couvent desCapucines àMarseille[9].
Ses livres sont publiés avec l'approbation du corps médical marseillais, et mentionnent des patients d'origines sociales variées, français et étrangers, reflétant une large pratique. Dès 1666, Jean-Antoine Guérin, chirurgien opérateur à l'Hôtel-Dieu deLyon, le qualifie de« l'un des plus sçavans & des plus expérimentés Chirurgiens du siècle »[10]. Il obtient le titre debourgeois de Marseille et se voit attribuer des armoiriesEchiqueté d'argent et d'azur ; au chef d'or, chargé d'un lambel de deux pendants de sable[11]. La mention de ses observations dans des ouvrages de la fin deXVIIIe siècle[12],[13] témoigne de leur utilisation jusqu'aux évolutions des connaissances chirurgicales auXIXe siècle.
Il serait décédé vers 1699 àMarseille[14].