En dehors de la lutte contre les régimes se réclamant du fascisme proprement dit, l'antifascisme ou le terme d'antifascisme a très tôt[Quand ?] été utilisé par des partiscommunistes[Lesquels ?] pour combattre leurs adversaires politiques[Qui ?], proches ou lointains sur le planidéologique, voire tout opposant critique[réf. nécessaire]. Cette instrumentalisation de la lutte dite « antifasciste » a été analysée et critiquée par de nombreux intellectuels[Qui ?] et historiens[Qui ?][2].
Les historiens Hugo Garcia, Mercedes Yusta, Xavier Tabet et Cristina Climaco, qui ont codirigé en 2016 un ouvrage collectif sur l'antifascisme, insistent sur le caractère pluriel de l'antifascisme, « mouvement transnational » qui, n'étant pas un « mouvement structuré », s'est traduit de différentes manières. Il a ainsi pu rassembler socialistes, différents courants communistes, anarchistes, libéraux, chrétiens, pacifistes,anti-impérialistes et féministes[6].
L'antifascisme s'organise dès les années 1920 dans plusieurs pays d'Europe, dans l'opposition à ladictature fasciste italienne, ainsi que dans la lutte contre les mouvements d'extrême droite violents qui la soutiennent ou lui ressemblent.
PourPierre-André Taguieff, l'antifascisme,« pur produit de lapropagande soviétique […] est devenu, à partir des années 1950, une machine de guerre idéologique qui a prospéré dans les démocraties occidentales. Il s’est ainsi diffusé, après laSeconde Guerre mondiale, dans les représentations politiques d’une grande partie de la gauche française ». Selon lui, le plus grand « tour de passe-passe » de la gauche,« est d’avoir réussi à faire persister le discours antifasciste dans l’espace public malgré l’absence de fascisme réel. L’antifascisme s’est révélé être un formidable levier d’illégitimation des opinions divergentes ». Selon le politologue, l'antifascisme opère« comme un argument d’autorité suprême qui vise plus à la disqualification qu’à l’établissement d’un débat démocratique »[8]. Son corollaire, le terme fascisme a été ainsi galvaudé, devenant une étiquette pratique afin de discréditer et disqualifier un adversaire[9].
Enzo Traverso note que le terme fascisme tend ainsi soit « à qualifier tout et son contraire » devenant une « sorte de facilité sémantique » ou est utilisé dans le cadre d'un usage stérile, qui se contente le plus souvent « d’une approche comparatiste annonçant le retour des années 1930 ». Il considère néanmoins que le fascisme possède une dimension non seulementtransnationale mais aussi transhistorique, qu'il essaie d'appréhender sous le terme depostfascisme[10]. Aussi, pourGilles Vergnon, peu importe si ceux qui se désignent comme antifascistes aient une idée vraie ou fausse de ce que fut le fascisme, l'antifascisme est avant tout affaire de représentation, que celle-ci soit légitime ou non[11].
L'antifascisme est un mouvement visant à s'opposer au fascisme et, par extension, aux idéologies et pratiques issues des régimes mussolinien et hitlérien. Ce mouvement est né enItalie.
Les principales forces politiques antifascistes sont[réf. souhaitée] :
SelonGeorge Orwell, « à long terme – à long terme, il ne faut pas l'oublier –, laclasse ouvrière demeure le plus sûr ennemi du fascisme, simplement parce que la classe ouvrière est celle qui a le plus à gagner d'une reconstruction de la société sur des bases honnêtes »[13].
Antifascisme en Italie des années 1920 jusqu'à la Seconde Guerre mondiale
Les premiers antifascistes s'opposent auParti national fasciste deBenito Mussolini avant même sa prise du pouvoir, en 1922. Par la suite, les antifascistes sont durement réprimés par la dictature fasciste. Le socialisteGiacomo Matteotti est assassiné dès 1924 à Rome. Les arrestations massives d'antifascistes imposent progressivement un militantisme en exil, qui consiste notamment à faire connaître les crimes du fascisme[14]. Le mouvementGiustizia e Libertà (Justice et Liberté) est ainsi créé en 1929 à Paris, deux ans après laConcentrazione Antifascista Italiana (Concentration antifasciste italienne). Dans les pays qui accueillent des réfugiés antifascistes italiens, un soutien politique est apporté par des organisations politiques et syndicalistes solidaires de leur action.
La dictature italienne réprime violemment les antifascistes, en particulier par l'OVRA (Organisation de la surveillance et de la répression de l'antifascisme), qui agit même à l'extérieur du pays en organisant par exemple l'assassinat des frèresCarlo etSabatino Rosselli par des militants d'extrême droite français. Par la suite, l'OVRA participe à la répression de laRésistance intérieure française en Corse.
Pendant laSeconde Guerre mondiale, le mouvement antifasciste prend une ampleur militaire de masse, des dizaines de milliers de partisans italiens se battant contre les fascistes. UnComité de libération nationale est formé en 1943 en regroupant les forces politiques antifascistes : principalement les socialistes, les communistes et les démocrates-chrétiens.
Les antifascistes allemands se mobilisent contre le Parti nazi, afin d'empêcher son arrivée au pouvoir. Néanmoins, au sixième congrès de l'IC à Moscou en,Staline décide de donner la priorité à la lutte contre lasocial-démocratie. La majorité des communistes allemands soutiennent les consignes ce qui a pour conséquence de désigner les sociaux-démocrates comme le principal ennemi avant même lesnazis. Sous la direction d'Ernst Thälmann, leParti communiste d'Allemagne (KPD) se désigne comme « le seul parti antifasciste » et présente tous les autres partis, et en particulier leParti social-démocrate (SPD), comme des « fascistes »[15]. En, on lit ainsi dans laRote Fahne, l’organe communiste :« le fascisme deBrüning n’est pas meilleur que celui de Hitler… C’est contre la social-démocratie que nous menons le combat principal »[16].
C'est dans ce contexte politique et idéologique que sont fondés leFront de fer par les sociaux-démocrates et l'Antifaschistische Aktion par les communistes. Le logo desTrois Flèches, créé par les sociaux-démocrates, vise à barrer lacroix gammée nazie[17]. Ce logo devient en 1932 un symbole officiel des partis socialistes d'Allemagne et d'Autriche, avant d'être adopté par d'autres organisations socialistes et antifascistes ; le SPD l'utilise en novembre 1932 pour symboliser à la fois la lutte contre les nazis, contre la droite monarchiste et contre les staliniens.
La division des partis de gauche, l'hostilité entre sociaux-démocrates et communistes, encouragée par la ligne suivie par le Parti communiste d'Allemagne, la mobilisation en ordre dispersé, sans front unique, des Allemands antinazis affaiblit le combat des antifascistes, qui ne peuvent empêcher l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler en, dans le contexte socio-économique de laGrande Dépression et de la crise de la république de Weimar.
Historiquement, il existe aussi l'exemple desRote Kämpfer (Combattants rouges) : une organisation allemandecommuniste de conseils (conseilliste) et antifasciste sous laRépublique de Weimar et leTroisième Reich, fondée comme organisation clandestine au début des années 1930, et ayant poursuivi ses activités en tant que groupe de lutte et derésistance contre le nazisme jusqu'à sa répression par la Gestapo en 1936.
Durant les années 1920 et jusqu'au début des années 1930, la position des différents Partis communistes en accord avec les décisions de Moscou rend impossible la constitution de fronts politiques contre le régime fasciste italien ou contre le Parti nazi allemand du fait du rejet de tout compromis avec les partis non communistes, même les socialistes, qualifiés de « social-fascistes » par les staliniens[19].
En 1923, leKomintern fonde néanmoins une « Ligue mondiale antifasciste » qui ne perdura que jusqu'en[20]. À partir de 1924, leParti communiste de l'Union soviétique domine le Komintern qui opère progressivement la transformation des partis membres en organisations dirigées centralement, disciplinées, privées de moyens d'action et exclut les critiques internes.
En 1929,Staline obtient de diriger seul, sans rival, l'Union soviétique. À cette époque, le Komintern soutient lathèse du social-fascisme, selon laquelle lasocial-démocratie devait être combattue en tant qu'ennemi principal. Staline décrit la social-démocratie comme « l'aile du fascisme » et encore comme le « frère jumeau » du national-socialisme[21]. Cette thèse est alors justifiée par la crise économique mondiale et les attaques présumées des États capitalistes contre l'Union soviétique. Par conséquent, leur prolétariat doit être gagné pour les partis communistes respectifs. Tous les autres partis, les syndicats libres, l'État bourgeois et le parlementarisme sont identifiés au fascisme. Le front uni est exclu et la stratégie préconisée parTrotski, et d'autres communistes oppositionnels, de constitution de fronts uniques avec toutes les organisations ouvrières est écartée. Un « front uni d'en bas » devait amener les électeurs sociaux-démocrates aux Partis communistes. Ainsi, le Komintern abandonne pratiquement l'anti-fascisme[22].
Selon les dirigeants de l'internationale communiste, il importe peu que cette tactique puisse avoir pour conséquence l'avènement du véritable fascisme puisqu'au contraire comme l'exprimeDmitri Manouïlski la victoire du fascisme est une étape nécessaire :« Dans de nombreux pays capitalistes hautement développés, le fascisme sera le dernier stade du capitalisme avant la révolution sociale »[23].
En France, la direction du PCF est ainsi hostile à tout rapprochement avec laSFIO, conformément à la tactique dite « classe contre classe ».Jacques Doriot est exclu du parti en 1934 parce qu'il réclame l'unité d'action avec les socialistes.
La politique étrangère de Staline s'appuie sur l'idéologie mais recherche en réalité des avantages à travers des alliances changeantes et joue des intérêts des États les uns contre les autres. Staline conclut ainsi une alliance pratique avecMussolini et défend son attaque contre l'Empire éthiopien[réf. souhaitée].
« Le fascisme ne passera pas ! »,une du quotidien socialisteLe Populaire,.Manifestation du, Paris, place de la Bastille : « Nous faisons le serment solennel de rester unis pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour défendre et développer les libertés démocratiques et pour assurer la paix humaine ».
En France, l'essor de l'antifascisme est marqué par la journée de grève et de manifestations unitaires du. Cette journée s'inscrit dans une prise de conscience antérieure des dangers par les exemples de renversements de la démocratie dans d'autres pays, puisque« l'idée de la grève générale pour faire barrage au fascisme apparaît en, en écho à l'accession d'Hitler au pouvoir »[24]. En effet, la dynamique antifasciste dans la France de 1934 s'inscrit dans « un affrontement européen entre fascisme et antifascisme »[25]. Après ce moment unitaire du,« le territoire se maille de comités antifascistes »[26].
C'est par la suite à l'été1934, sous la pression des événements et de la base, que les communistes finissent par s'engager pour la création deFronts populaires. L'antifascisme connaît un nouvel essor, que laTroisième internationale accompagne, et son dirigeantGeorgi Dimitrov théorise en 1934 cette stratégie de Front populaire visant l'alliance, sous certaines conditions, desPartis communistes d'Europe et d'autres partis contre le fascisme.
La tactique du front populaire consiste à former des gouvernements unissant les partis de la bourgeoisie libérale et de la gauche, pour contrer la menace fasciste. Cette tactique a été appliquée enFrance et enEspagne.
En France, la dynamique antifasciste de 1934 se poursuit avec de nouvelles manifestations, notamment le, jusqu'à la victoire électorale duFront populaire en 1936.
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En Espagne, l'année 1935 est marquée par un rapprochement des forces antifascistes. Le est formé unFront populaire, qui regroupe les socialistes et les communistes, les groupes républicains de gauche (Gauche républicaine et Union républicaine), l’Esquerra catalane, et l'ORGA, parti autonomiste galicien ; c'est une coalition quelque peu hétéroclite, mais dont les dirigeants acceptent également de jouer le jeu « démocratique ». Le programme ainsi annoncé le reste vague dans ses principes.
Cette guerre civile espagnole suscite une solidarité antifasciste sur le plan international, pour la lutte contre lefranquisme. Des militants de nombreux pays viennent en Espagne pour participer à ce combat contre le fascisme, tel l'écrivainGeorge Orwell qui se bat aux côtés duPOUM[28], ou encore lesBrigades internationales.
LeParti communiste français respecte la ligne dictée par le Komintern depuis 1928, ligne qui ne tolère aucune coopération avec les sociaux-démocrates et non seulement se démarque d'eux, mais les combat. C'est l'époque de la thèse du social-fascisme avec le slogan de la lutte « classe contre classe ». Au printemps 1934, alors queDoriot est favorable à l'idée de Front populaire,Maurice Thorez suivant la ligne du Komintern refuse tout front uni contre le fascisme. Dansl'Humanité du, il écrit encore :« Le Parti communiste… ne tolérera jamais une politique d'entente au sommet, une politique de recul et d'abdication devant le social-fascisme ». Cette position est brusquement abandonnée le, quant à une réunion de Présidium de l'Internationale communiste,Dmitri Manouïlski fixe pour objectif une politique de Front unique contre le fascisme, qui revient à pratiquer la politique de Doriot condamnée un mois et demi plus tôt.
La volte-face de Moscou est rapidement mise en œuvre et le à Ivry, Thorez opère un virage à 180° en appelant à l'unité d'action avec les socialistes. Il ouvre ainsi la voie à la formation d'un « Front populaire » (l'expression est attribuée àEugen Fried, représentant de l'Internationale communiste en France), avec comme première étape la signature entre les deux partis marxistes d'un pacte d'unité d'action le, où ils s'engagent à joindre leurs forces dans la lutte contre le fascisme et le gouvernement d'Union nationale deGaston Doumergue. UnComité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) se forme en 1934.
PourDamon Mayaffre, spécialiste de l'analyse du discours politique,« la ligne politique «antifasciste» comme programme politique […] remonte […] à », à la suite duXXXIe congrès de laSFIO qui voitLéon Blum privilégier« la lutte contre le fascisme » à l'idée de« plan » pour rallier les masses en vue des campagnes électorales à venir[30].
Dans la France des années 1930, alors que, selon Mayaffre,l'évocation du fascisme est taboue à droite (de même que celle desidéologies en général)[Information douteuse], la gauche en fait l'un des thèmes mobilisateurs majeurs de son discours. Cependant, l'usage du terme dans les discours respectifs deMaurice Thorez et deLéon Blum est sensiblement différent, et ce sur plusieurs plans :
quantitativement : Thorez l'utilise plus de trois fois plus que Blum ;
chronologiquement : alors que Thorez dénonce le fascisme dès 1933 (année qui voit la naissance duTroisième Reich en Allemagne) et de manière relativement continue jusqu'à l'éclatement de laSeconde Guerre mondiale, Blum le dénonce essentiellement autour de l'année1934 ;
qualitativement : alors que Thorez évoque le fascisme tant dans le cadre de la politique intérieure que dans celui de la politique extérieure, et qu'il en fait la figure du mal absolu en politique (sans l'associer pour autant auracisme ou à l'antisémitisme du fait d'une préférence pour l'analyse en matière delutte des classes), Blum utilise le terme principalement dans le cadre de la politique intérieure, pour rendre compte de lacrise du 6 février 1934 et, d'aprèsDamon Mayaffre, comme« un simple synonyme ou une prolongation du terme habituel «réaction» très présent jusqu'à 1934 »[30].
L'historienne Nicole Racine souligne que les intellectuels antifascistes des années 1930 ont, dans leur grande majorité, joint leur cause à la défense du régime soviétique ou fait preuve de complaisance à son égard, occultant les réalités« de l'établissement de la dictature d'un parti aux ordres deStaline et des pratiques de la terreur de masse », ce qui explique« l'échec historique de l'antifascisme comme « cause » ». Sur le plan politique également, avec le pacte d'unité d'action entre les Partis communiste et socialiste du,« la mise entre parenthèses de ce qu'on appelait au Parti socialiste, la « question russe », est […] une donnée de base de l'antifascisme «de gouvernement» » ; celle-ci est« d'autant plus justifiée pourBlum qu'il est devenu sur le plan international un ferme partisan de l'alliance contre le fascisme des démocraties occidentales et de l'URSS », avant de revenir sur sa position en 1938. Cette ligne perdure jusqu'aupacte germano-soviétique d' :« La cause de l'URSS sera, momentanément, dissociée de celle de l'antifascisme »[31].
L'historienGilles Vergnon écrit que face aurégime de Vichy, « l’antifascisme des années 1930 fournit au minimum des références, un argumentaire et, bien entendu, des réseaux d’interconnaissance »[32].
Antifascisme de l'Allemagne et de l'Italie après la guerre
Monument àBerlin en hommage aux résistants contre le fascisme et la barbarie.
Les pays où étaient nés le fascisme et le nazisme ont adopté après la guerre une position antifasciste, rejetant leurs doctrines défaites quitte à exagérer rétrospectivement l'importance de l'antifascisme dans leurs traditions politiques.
L'antifascisme en Italie après 1945 est dirigé contre les mouvementsnéofascistes. En 1994, le MSI intègre le gouvernement de droite deSilvio Berlusconi, ce qui entraîne des protestations et des polémiques[33]. Berlusconi intègre notamment dans sa coalition la petite-fille de Benito Mussolini.
L'antifascisme a pu jouer un rôle majeur pour assurer l'unité nationale dans le régime italien à ses débuts. Cette question a été étudiée par l'historien italien Ernesto Galli della Loggia,soutien de Berlusconi[réf. nécessaire], dans l'article « Formes et fonctions de l’antifascisme dans la vie politique italienne : légitimité ou légitimation ? » paru dansXXe siècle[34]. Selon Galli della Loggia, les premiers dirigeants de la jeune république italienne doivent résoudre un double problème de légitimité : le nouveau régime n'a pas d'histoire et ne s'est pas fait seul mais avec l'aide des Américains qui ont contribué à renverser le régime fasciste. Dès lors, l'antifascisme servira selon l'auteur aux forces politiques du pays pour « s’inventer une tradition », celle d'un pays qui a majoritairement lutté contre le fascisme :« Ce n’est qu’au travers de la lutte contre le fascisme, dont la Résistance a représenté le point culminant, que les nouvelles forces démocratiques et républicaines pouvaient, en effet, légitimer leur rôle ainsi que la rupture politique et institutionnelle qu’elles se préparaient à instaurer »[35] Pour Galli della Loggia, il y a une « nationalisation » de l'antifascisme[36]. Mais en plaçant l'antifascisme comme fondement, les nouveaux dirigeants auraient évacué complètement le concept de nation, qui aurait disparu du paysage politique selon l'auteur.
L'historien controversé[37]Renzo De Felice avait développé une position proche de celle de Galli della Loggia plus tôt ; il critique ce qu'il appelle le « mythe de la résistance », « vulgata resistenziale »[38]. L'Italie a selon lui soutenu majoritairement le fascisme et il ne faut pas exagérer l'importance de l'antifascisme. L'historien Claudio Pavone reprit des idées proches, dans son ouvrage de1991,Una guerra civile. Saggio storico sulla moralità nella resistenza. L'auteur, qui a pris part directement à la résistance italienne, relativise l'importance de cette dernière et l'honorabilité des motifs de ceux qui y ont pris part. Ses thèses ont été mieux accueillies dans le cadre d'un débat historiographique renouvelé dans les années 1990[39].
La position de Galli della Loggia a été attaquée par l'historienÉric Vial dans la même revue. De même, celle de Renzo de Felice a été critiquée avec virulence. Ils ont en particulier été accusés de fournir une réhabilitation posthume du fascisme.
Un autre cas, celui de l'Allemagne de l'Est, a été étudié par Alan L. Nothnagle, professeur d'histoire à l'Université européenne Viadrina dansBuilding the East German Myth: Historical Mythology and Youth Propaganda in the German Democratic Republic, 1945-1989. Il estime que leParti socialiste unifié d'Allemagne (SED), principal parti d'Allemagne de l'Est, a construit sa stabilité et, partant, celle du régime, sur quatre « mythes » pour assurer sa légitimité. Nothnagle fait de l'antifascisme du SED le second de ces mythes. Pour l'auteur, la mythologie du régime faisait, de façon exagérée, duParti communiste d'Allemagne le fer de lance de la résistance antifasciste populaire pour attribuer au parti, et donc au régime qu'il dirigeait, la légitimité d'avoir résisté au nazisme[40]. En réalité, le Parti communiste d'Allemagne avait participé à larésistance intérieure au nazisme, mais n'en était qu'une des nombreuses composantes.
L'historien belge Julien Dohet écrit que« aujourd’hui comme hier, la lutte antifasciste doit donc être intimement liée à la lutte antiraciste ». Il considère que« l’antifascisme ne peut être vivant et représenter une alternative que s’il est pluriel, riche de la diversité de ses membres, de ses méthodes, de ses débats et des alternatives qu’il porte »[43].
L'antifascisme contemporain n'est pas à proprement parler un mouvement unifié et structuré. Selon Gilles Vergnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut d'études politiques de Lyon et auteur de l’Antifascisme en France :« le mouvement antifasciste n’est plus du tout organisé au niveau national comme c’était le cas dans les années 1990 »[44], et par ailleurs,« c’est une mouvance qui postule un antifascisme radical, c’est-à-dire qu’il n’est pas question d’avoir des alliances larges contre le Front national : ils ne s’allient ni avec la droite modérée ni avec la gauche du gouvernement »[45]. Il considère les « antifa » presque toujours à« contre-courant », en« décalage complet » avec l'union de la fin des années 1930, pour lutter contre l'« État dominateur, ses institutions, beaucoup plus que la droite radicale », le racisme, le capitalisme, le libéralisme, le sexisme, l'homophobie[46].
Actuellement, l'héritage de la tradition antifasciste est revendiqué par des mouvements souvent situés à l'extrême-gauche :REFLEXes,SCALP-No Pasaran,Francs-tireurs partisans, Coordination antifasciste de Belgique, etc.
Cet antifascisme spécifique, qui se réclame souvent de l'expérience antifasciste allemande des années 1930 inspirée notamment par le propagandisteSerge Tchakhotine, apparaît dans les années d'après-guerre, puis se développe à partir desannées 1960 et1970. Il ne s'oppose plus uniquement aux groupes fascistes et nazis, mais étend son action à toutes les politiques dites de « droite dure », qu'elles soient sécuritaire, conservatrice ou nationaliste, voire « néo-libérale ». Il se caractérise aussi par un rejet de toute « politique politicienne »[47].
Ainsi certains hommes politiques de droite commeNicolas Sarkozy enFrance ouOskar Freysinger enSuisse, ou leurs partis, sont fortement critiqués par les mouvements antifascistes actuels[48].
La mouvance antifasciste actuelle est aussi fortement liée à la scène « skinhead de gauche » et à la mouvanceRedskin (skinheads communistes, trotskistes, communistes libertaires, autonomes…) qui en est la fraction la plus politisée, et par le biais d'organisations du typeRASH (Red and Anarchist SkinHeads -Skinheads rouges et anarchistes) etSHARP (Skinheads Against Racial Prejudice - Skinheads contre les préjugés raciaux, antiracistes), ainsi qu'à une partie de la mouvancealtermondialiste etanticapitaliste qui sont à l'origine de groupes « Antifa(s) ». L'abréviation apparue au début des années 1980 désigne un individu ou un mouvement se réclamant de l'antifascisme de la gauche radicale et autonome.
En 1996, l'association Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA) est créée en France par plusieurs organisationssyndicalistes, dont laFSU etSolidaires[49].
Issue des affrontements physiques avec l'extrême-droite dans les années 1980[50] (voirAntifa, chasseurs de skins), la mouvance actuelle des groupes autonomesAction antifasciste s'inspire directement de l’Antifaschistische Aktion allemande, dont elle a notamment emprunté le logo qui représente, en son centre, deux drapeaux parallèles : le rouge pour lecommunisme et le noir pour l’anarchisme.
En France, en Belgique, en Suisse et au Canada, liés par réseaux sociaux interposés, indépendants les uns des autres, les groupes, souvent « affinitaires », forment une mouvance plus qu'un véritable mouvement traditionnel organisé. Le politologue Nicolas Lebourg précise que« c’est assez typique d’une nouvelle forme de militantisme qui se construit loin d’un parti monolithique ou d’un léninisme d’une seule teinte »[51].
Créée en 2012[51], Action antifasciste Paris-Banlieue serait le groupe qui compterait le plus de militants antifa à Paris, avec beaucoup d’anciens de la tribune Auteuil du Parc des Princes[44]. L'Action antifasciste Paris-Banlieue a été médiatisée, en, par l'affaire Clément Méric[52] et agit en coordination étroite avec leCollectif antifasciste Paris Banlieue[53].
Pour le philosophepaléo-conservateurPaul Gottfried, les intellectuels de l'École de Francfort auraient joué un rôle capital dans la transformation de l'antifascisme de l'après-guerre vers l'antifascisme contemporain. Leur critiquepostmarxiste du fascisme empreinte depsychanalyse aurait élargi l'étendue de ce concept bien au-delà de ce qu'il recouvrait. L'essence du fascisme serait déplacée de ses spécificités historiques vers les domaines de la culture et de la psychologie, où il deviendrait une menace permanente et requerrait une vigilance incessante[57]. LaNouvelle gauche, dans les années 1960, aurait adapté cette nouvelle représentation du fascisme aux particularités dumouvement américain des droits civiques et aux anticoloniaux. Par la suite, le champ du fascisme pourra recouvrir, selon Gottfried, l'ensemble des conceptions traditionnelles relative au sexe, à la nation et aux rapports entre groupes humains de différentes origines[57]. L'antifascisme contemporain se caractériserait ainsi essentiellement comme une« croisade morale », ce qui expliquerait son succès dans des pays comme les États-Unis[57].
Très tôt, quelques personnalités analysent la manière dont l'antifascisme est instrumentalisé par les Partis communistes sous domination stalinienne.George Orwell, lui-même antifasciste, écrit dansLes Pieds dans le plat espagnol (New English Weekly, et) : « Il est malheureux que si peu de gens en Angleterre aient compris que le communisme est aujourd'hui une force contre-révolutionnaire et que les communistes font partout alliance avec les réformistes bourgeois, mettant en œuvre toutes les ressources de leur puissant appareil pour écraser ou discréditer les partis faisant montre de la moindre velléité révolutionnaire »[58].
À l'échelle italienne, le débat sur l'antifascisme a animé la communauté des historiens depuis une trentaine d'années : il avait été ouvert par l'historien du fascismeRenzo De Felice dans sonIntervista sul fascismo, livre entretien qui avait ouvert alors un débat historiographique intense[59]. En particulier, il estime que le fascisme est un phénomène daté, qui a disparu. Pour lui, le maintien d'un mouvement antifasciste n'a pas de sens et l'antifascisme est un mythe qui a pour fonction de légitimer le parti communiste italien.
Le débat s'est poursuivi avec d'autres travaux : Galli della Loggia écrit ainsi dansXXe siècle :« Très tôt, et de plus en plus, l’antifascisme devint un simple outil de parti communiste dans sa lutte contre ses ennemis, périodiquement accusés d’œuvrer au rétablissement d’un régime autoritaire »[60]. Et d'ajouter que le parti communiste italien chercha volontairement à exagérer la menace fasciste pour se donner une légitimité :
« Le parti communiste orienta donc son action politique et culturelle […] en construisant l’image d’un fascisme éternellement menaçant[35]. »
Un tel débat s'est tenu, plus tardivement, en France : l'historienneAnnie Kriegel a soulevé cette question en1990 dans un article, « Sur l'antifascisme », paru dans la revueCommentaire. L'ouvrage deFrançois Furet,Le Passé d'une illusion, est celui qui a le plus diffusé ces idées, en1995. Ainsi, Furet, ancien militant du PCF stalinien, écrit que les mouvements communistes ont nourri une assimilation volontaire et erronée entre fascisme et anticommunisme. Pour lui, cette confusion sciemment voulue aurait bloqué toute analyse critique du communisme, puisque faire cette analyse reviendrait à défendre le fascisme. François Furet applique en particulier cet antifascisme austalinisme[61].
D'autres auteurs commeStéphane Courtois dansLe Livre noir du communisme se sont intéressés à ces thématiques. L'historien écrit par exemple page 32 de l'ouvrage :« L'antifascisme est devenu, pour le communisme, un label définitif et il lui a été facile, au nom de l'antifascisme, de faire taire les récalcitrants. […] Furent ainsi prestement escamotés les épisodes gênants au regard des valeurs démocratiques, comme les pactes germano-soviétiques de 1939 ou le massacre de Katyn ».
Là encore ces thèses ne font pas l'unanimité etEnzo Traverso en particulier a été critique des affirmations de ces auteurs[62]. Traverso écrit notamment que l'antifascisme n'a pas été créé par les communistes, rappelant en Italie la publication en 1925 duManifeste des intellectuels antifascistes, en Allemagne l'importance deDie Weltbühne deCarl von Ossietzky, et en France le fait qu'en 1934 l'initiative de l'unité antifasciste n'est pas venue du PCF, mais d'autres secteurs de la gauche. Selon Enzo Traverso,« l'interprétation de Furet néglige la variété de l'antifascisme »[63].
LeParti communiste français dans sa période stalinienne a plusieurs fois été accusé d'instrumentaliser l'antifascisme. Par exemple, en 1947, le ministre de l'Intérieur socialisteJules Moch, pourtant incarcéré pendant la guerre dans un camp de concentration fut insulté en étant traité de « nazi » parce qu'il réprimait des grèves. De la même façon, en 1958, le retour au pouvoir dugénéral de Gaulle, pourtant ancien chef de la France libre, fut accueilli par des commentaires comme« le fascisme ne passera pas », par ceux qui dénonçaient son putsch constitutionnel[64],[65]. L'historienGeorges-Henri Soutou parle d'une stratégie du PCF de capitalisation sur l'antifascisme dans l'immédiat après-guerre[66].
PourAmadeo Bordiga et lesbordiguistes (petit courantléniniste), l'antifascisme est une« idéologiebourgeoise », visant à mêler les intérêts duprolétariat à ceux de labourgeoisie, pour sauvegarder le capitalisme en crise. Ils rejettent aussi bien le Front populaire que le Front unique. Pour eux, le fascisme est un phénomène typique, mais non extraordinaire, de la contre-révolution victorieuse après l'écrasement des ouvriers consécutif à laPremière Guerre mondiale et à l'échec de la vague révolutionnaire desannées 1920. La contre révolution se caractérise par la montée du fascisme, du stalinisme et du nazisme en Europe. Ce phénomène aboutit à la deuxième guerre impérialiste mondiale. C’est donc un phénomène historique et mondial que l'on doit combattre, mais pas par la défense de la démocratie ou des libertés avec les bourgeois libéraux. C'est une politique du capitalisme dans sa phase de crise historique.
Certains analystes reprochent au mouvement antifasciste contemporain des combats à géométrie variable : pourPierre-André Taguieff, l'indignation des antifascistes vis-à-vis de certainesdictatures serait davantage motivée par des motifs politiques que par un réel intérêt pour le sort des populations sous le joug de dictateurs. Il écrit ainsi que« depuis les années 1970, les «antifascistes» les plus résolus ne se mobilisent jamais contre les dictateurs en exercice dans le monde et ne semblent pas s'indigner devant les multiples régimes tyranniques qui privent de liberté des millions d'hommes »[67].
L'historien Emmanuel Debono constate également que dans le champ politico-associatif, il est devenu« courant de chercher à disqualifier un ennemi en l’affiliant aux régimes fascistes passés et futurs ». Si la référence à l'antifascisme est séduisante car elle se présente comme une opposition musclée au courantnational-populiste, Debono n'est pas certain qu'elle constitue pour autant une analyse pertinente et qu'elle puisse s'avérer la plus adaptée pour le contrer. Selon lui,« le plaquage d’un modèle historique, même puissamment évocateur, montre plus que jamais son essoufflement »[68].
Dès, sous la présidence Obama, selon les documents obtenus par ce média, une étude commune du DSH et duFBI estimait que « des «extrémistes anarchistes» étaient les premiers instigateurs des violences » dans les manifestations, et que des officiels rejetaient sur eux la responsabilité « d'attaques contre la police, le gouvernement et des institutions politiques, ainsi que contre des symboles «du système capitaliste», du racisme, de l'injustice sociale et du fascisme »[69].
Cependant, s'ils paraissent appuyer le président Trump lorsqu'il dénonce les extrémistes de gauche comme représentant un problème à l'échelle nationale, lors d'interviews, ces responsables du maintien de l'ordre considèrent que« la rhétorique incendiaire et les politiques de Donald Trump, d'abord comme candidat, puis comme président, ont « contribué à créer une situation qui s'envenime et s'étend si vite qu'ils ne la contrôlent plus »car « dès que ciblés par les attaques des antifas, les groupes de droite commencent à contrattaquer » avec davantage d'armes, et même là où ils ne sont pas provoqués[69].
Ainsi, lors de l'assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump, en, certains élus républicains ont rapidement cherché à faire croire qu'il avait en fait été organisée par des antifas[70]. En particulier,Sarah Palin a affirmé surFoxNews que la foule était en réalité dirigée par des antifas, reprenant une théorie du complot lancée parLin Wood sur leréseau socialParler[70], souvent considéré comme le Twitter de l'extrême droite, fondé en 2013 parRobert Mercer.Laura Ingraham (polémiste et animatrice sur Fox News), a amplifié cette rumeur dans son émission, et leWashington Times et d'autres médias conservateurs de niche ont immédiatement relayé cetteInfox (fake news), ajoutant qu'une société dereconnaissance faciale avait identifié des antifas dans la foule[70]. Cette affirmation a été rétractée par le média lui-même, mais elle avait déjà été partagée 87 800 fois sur Twitter et 89 700 fois sur Facebook, selon le cabinet d'intelligence médiatique Zignal labs. Dans la nuit, après que le Capitole soit libéré,Matt Gaetz, élu républicain de Floride, a persisté, affirmant devant la Chambre que les antifas étaient responsables des violences de la journée[70]. En réalité, les émeutiers étaient des partisans deDonald Trump, parmi lesquels des groupesnéofascistes[71].
Classification de l'antifascisme comme groupe terroriste
En septembre 2025, le président américainDonald Trump désigne officiellement« antifa » comme organisation terroriste après l'assassinat de Charlie Kirk. Cette désignation pose plusieurs problèmes juridiques, seul le secrétaire d'État américain pouvant légalement désigner une organisation terroriste, et cette procédure ne s'appliquant traditionnellement qu'aux groupes étrangers ; d'autre part, les États-Unis ne disposent d'aucune liste officielle d'« organisations terroristes nationales », contrairement aux groupes étrangers. La nature décentralisée du mouvement antifa complique également toute désignation organisationnelle formelle[72].
Suivant cette décision de Donald Trump, le Premier ministre hongroisViktor Orbán annonce que la Hongrie classera également « antifa » comme organisation terroriste. Orbán justifie cette classification en dénonçant des violences survenues en 2023 à Budapest, où des militants antifascistes ont agressé des participants présumés auJour de l'honneur, un événement néonazi, bien que les groupes antifascistes soient peu actifs politiquement en Hongrie où son parti exerce un contrôle quasi-total depuis plus de 15 ans. Tout comme aux États-Unis, il s'agit d'un mouvement idéologique décentralisé sans structure hiérarchique formelle, et non d'un groupe organisé[73],[74].
↑L'historienFrançois Furet lui reproche d'avoir« été instrumentalisé par le mouvement communiste », et pour cette raison avoir« ajouté à son rôle nécessaire un effet néfaste », à savoir une grande difficulté à apprécier convenablement les régimes communistes. DansFascisme et communisme, François Furet, Ernst Nolte, Hachette, 1998,p. 37.
↑Enzo Traverso,1914-1945. La guerre civile européenne, Hachette-Pluriel,,p. 315-316.
↑« Thedreipfeile, three diagonally parallel arrows to counteract the swastika. » (Dan S. White,Lost Comrades, Socialists of the Front Generation, 1918–1945, Harvard University Press, 1992,p. 94). En, un témoin français (Daniel Guérin) voit en Allemagne« les trois flèches socialistes qui transpercent la croix gammée » (extrait de "La Peste brune").
↑Jacques Droz,Histoire de l'antifascisme en Europe, 1923-1939, La Découverte, 2001, chapitre 3 : L’antifascisme allemand.
↑Gilles Vergnon,L'Antifascisme en France, de Mussolini à Le Pen, Presses universitaires de Rennes, 2009, chapitre 4 : « Antifascisme, guerre et Résistance, 1935-1945 ».
↑« Avant la présentation d'un gouvernement comptant cinq ministres néofascistes. Le président de la République italienne a adressé une mise en garde à M. Berlusconi »,Le Monde,.
↑John Whittam,Review Article Fascism and Anti-Fascism in Italy: History, Memory and Culture, inJournal of Contemporary History, 2001,vol. 36(1),p. 163 et suivantes.
↑Manlio Graziano, « (Ne pas) enseigner la nation (italienne) », Outre - Terre, 2005(3) (no 12),p. 23-43.
↑Bündnis Alle gegen Rechts : « Das Bündnis "Alle gegen Rechts" bekämpft nicht "nur" die NazischlägerInnen auf den Strassen und den wiederaufkeimenden Faschismus und Antisemitismus in der Politik und an den Stammtischen. Unser Kampf richtet sich auch gegen alle anderen unterdrückerischen und ausbeuterischen Strukturen und Systeme (Staat, Patriarchat, Kapitalismus, Sexismus…) mit denen eine freie, emanzipierte, selbstbestimmte und solidarische Gesellschaft nicht möglich ist! » (« L'Alliance "tous contre la droite" ne combat pas "que" les nazis dans les rues et le retour du fascisme et de l'antisémitisme dans la politique et dans les bistrots. Notre combat se dirige aussi contre tous les systèmes et structures oppressifs et productifs (État, patriarcat, capitalisme, sexisme, etc.) avec lesquels une société libre, émancipée, autogérée et solidaire n'est pas possible. »).
Annie Bleton-Ruget etSerge Wolikow,Antifascisme et nation : les gauches européennes au temps du Front populaire, Éditions universitaires de Dijon, 1998.
Mark Bray,L'Antifascisme, son passé, son présent et son avenir, Lux éditeur, 2018,326 p.
La Horde,Dix questions sur l’antifascisme, Libertalia, 2023,208 p.
Bernd Langer,Antifa : Histoire du mouvement antifasciste allemand, traduit de l’allemand par Sarah Berg,Éditions Libertalia et La Horde, 2018présentation éditeur.