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L'antiaméricanisme (ouanti-américanisme) est une position de méfiance ou d'hostilité à l'égard desÉtats-Unis et plus particulièrement de leurpolitique extérieure. Cependant, il s'exprime aussi parfois envers lasociété, l'histoire, laculture ou le peuple américain. L'antonyme d'antiaméricanisme estaméricanisme.
L'Amérique fut, très tôt, considérée comme un continent que l'Europe pouvait coloniser. L'évêque etphilosopheirlandaisGeorge Berkeley exprima en1726 la théorie de latranslatio imperii, studii et religionis, à savoir que le transfert de la puissance, le pouvoir impérial, suivait d'est enouest la course dusoleil : l'Europe était à la pointe de la civilisation après que l'Orient et lesArabes eurent joué ce rôle. Les Amériques constituaient le prolongement logique de cette rotation.
Cependant, de retour d'un voyage aux États-Unis,Charles Dickens exprima en1842 sa déception : il publia un carnet de voyage(American Notes) critique vis-à-vis de la société américaine, en particulier du faible attachement au terroir et du manque de savoir-vivre. Les États-Unis représentaient, pour les Européens, la possibilité d'améliorer leur condition économique. LesIrlandais victimes de lafamine, lesScandinaves, lesRusses, lesBurgenlandais et lesItaliens émigrèrent en masse. Pour les opposants politiques, l'exil était une possibilité d'éviter l'emprisonnement : en1848 les États-Unis connurent une vague d'immigration qui exporta d'Europe vers le Nouveau Monde le mécontentement social. Le caractère universaliste de la Révolution française et les bonnes relations entre les deux pays consécutives à l'intervention de la France dans la guerre d'indépendance de 1776 permirent à un Américain,Thomas Paine, de siéger en à laConvention nationale.
Avec la fin de laSeconde Guerre mondiale et la défaite dunazisme, le monde connut une bipolarisation entre l'Union des républiques socialistes soviétiques communiste et les États-Unis capitalistes. Un antiaméricanisme inspiré par l'idéologie communiste fut imposé dans les pays d'Europe centrale et de l'Est et relayé par les partis communistes des pays alliés des États-Unis. En réaction à une prétendue menace soviétique, les dirigeants américains menèrent une politique anticommuniste qui culmina avec lemaccarthysme pendant laguerre froide. Le harcèlement des personnes accusées d'avoir des sympathies communistes fut utilisé par les détracteurs des États-Unis[réf. nécessaire] comme un argument montrant la faiblesse de ladémocratie américaine. De leur côté, les admirateurs des États-Unis tentent de trouver des justifications à cette période sombre de l'histoire américaine. L'écrivain et journaliste françaisJean-François Revel affirme ainsi dans son ouvragel'Obsession anti-américaine :
« quelque odieux qu'aient été le maccarthysme et McCarthy, pourquoi omettre de constater que c'étaient les Américains eux-mêmes, républicains en tête, qui avaient déboulonné en moins de quatre ans l'encombrant sénateur ? En outre, c'est un fait que l'espionnage soviétique permit à Moscou de gagner plusieurs années dans la construction de sa bombe atomique. On avait déjà prouvé en 1970 queles époux Rosenberg étaient effectivement des agents du Komintern et que leur rôle fut des plus néfastes.Alger Hiss, un des collaborateurs les plus proches du présidentFranklin Roosevelt, notamment à laconférence de Yalta, travaillait pour les services de soviétiques. »
Le soutien des États-Unis àIsraël depuis sa création en1948, puis le maintien de troupes « infidèles » enArabie saoudite, pays des lieux saints de l'islam, après laguerre du Golfe, contribuèrent à développer un sentiment antiaméricain dans le monde arabe. Il fut entretenu par certains gouvernements autoritaires (enSyrie ou enIran) qui firent des États-Unis un exutoire du mécontentement populaire[réf. nécessaire] ; ce sentiment est également alimenté par lesfondamentalistes musulmans.
Lesattentats du 11 septembre 2001 provoquèrent un grand élan de sympathie en Europe vis-à-vis des États-Unis. La gestion, qualifiée d'« unilatérale » et contestée, de la menace terroriste par le pays (détention illimitée de suspects àGuantanamo sans recours possible,intervention militaire en Irak en2003,scandale d'Abou Ghraib, soutien aux méthodes israéliennes contestées de lutte contre les groupes palestiniens terroristes[réf. nécessaire]) a vraisemblablement fait diminuer cette sympathie et nourri une nouvelle vague d'antiaméricanisme dans le monde arabe, en Europe et au Canada.
La critiqueéconomique porte le plus souvent sur les profondes inégalités engendrées par ladéréglementation desmarchés et la disparition progressive, partielle ou totale, desservices publics au profit dusecteur privé[1]. Les écarts de revenus et de patrimoine, l'inégalité d’accès aux études, la surreprésentation des minorités en prison sont souvent évoqués[2],[3]. Des experts éminents, commeMaurice Allais, prix Nobel français d'économie, proposent des réformes fondamentales du système économique américain "ultralibéral", qui serait selon eux responsable de la pauvreté et de la désagrégation des structures sociales[4]. Bien que la critique systématique ait connu une quasi-disparition avec l'effondrement du bloc communiste en1989–1991, le mouvementaltermondialiste a repris cet angle d'attaque. En effet, presque toute la classe politique (de l'extrême gauche à l'extrême droite) admet que le capitalisme est source d'inégalités[5] ; la politique américaine étant toujours plus libérale que celle des pays Européens, beaucoup dénoncent le mépris de l'économie des pays défavorisés ou même les problèmes sociaux liés au capitalisme. Les crises boursières comme lekrach de 1929 ou lacrise bancaire et financière de l'automne 2008 provoquent une certaine méfiance de la part des pays affectés. Par ailleurs il s'est souvent dit que si la majorité de la population américaine disposait d'un niveau de vie supérieur au reste du monde, c'était grâce à leurs multinationales qui exploitaient les peuples étrangers (excepté ceux des pays communistes) et qu'ils entendaient protéger par un interventionnisme parfois armé[6]. Cette idée aboutit en Uruguay à l'enlèvement, puis à l'exécution, en 1970, d'un agent américain,Dan Mitrione, qui partageait son expérience dans le domaine de latorture avec la police de divers payslatino-américains.
Les États-Unis sont également accusés de vivre aux dépens du reste du monde[7] car ils possèdent un déficit commercial important et persistant. Dans son ouvrageUn autre monde contre le fanatisme du marché,Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie en 2001, évoque les problèmes que pose le déficit commercial des États-Unis. Le déficit commercial des États-Unis précise-t-il n'est passoutenable et est source d'instabilité financière internationale (en cas de forte baisse du dollar, hausse de l'euro, etc.). Les États-Unis financent leur déficit commercial par les emprunts à l'étranger et non par l'épargne. Il ajoute qu'alors que les États-Unis ont été par le passé les plus grands créanciers du monde, ils en sont devenus les plus grands débiteurs.
Les pays européens scrutent la croissance américaine car ils savent que leur propre santé économique dépend de celle des États-Unis. Ce développement est cependant inégal car les pays riches importent des pays pauvres surtout des matières premières bon marché pour y exporter soit des biens de consommation à forte valeur ajoutée soit des produits subventionnés. Ces produits subventionnés faussent le marché des pays vers lesquels ils sont exportés, ce qui provoque la disparition de secteurs entiers de l'économie locale. Les États-Unis et l'Union européenne se voient souvent reprocher de fausser la concurrence mondiale par le biais de subventions (agriculture,aéronautique) et de porter atteinte, en particulier, aux pays agricoles dutiers monde. Les altermondialistes[réf. nécessaire], quant à eux, dénoncent systématiquement le libéralisme commercial qui développe la fracture entre pays pauvres et pays riches, ainsi que la fracture entre riches et pauvres à l'intérieur même des pays développés.
Avant même laDéclaration d'indépendance, les treize colonies britanniques en Amérique étaient réputées pour leur tolérance religieuse. Leshuguenots français, les protestants néerlandais et allemands, lesquakers anglais, les juifs, lesamish allemands fuyaient l'Europe à cause des persécutions religieuses pour trouver asile aux États-Unis.William Penn, par exemple, a voulu transformer la ville dePhiladelphie en la ville de la fraternité et de l'amitié interconfessionnelle (ce qui explique d'ailleurs le nom de la ville,φιλαδελφία) (philadelphía), « amour fraternel »). Dans la Philadelphie duXVIIIe siècle se côtoyaient temples protestants et églises catholiques. Plus tard allaient s'ajouter des mosquées, des synagogues, des églises orthodoxes, etc. Cette politique d'hébergement des minorités religieuses est la cause principale de l'influence de certains groupes religieux dans certaines régions des États-Unis. À ces régions s'opposent les régions fortement urbanisées des côtes est et ouest, qui sont réputées « libérales ».
La séparation de l'État et de l'Église est inscrite dans lepremier amendement de la Constitution des États-Unis, qui interdit l'établissement d'une Église d’État, mais lesecularism américain n'interdit pas l'expression des opinions religieuses dans l'espace public comme le fait lalaïcité française (on estime aux États-Unis qu'abriter et protéger les minorités religieuses implique de les laisser s'exprimer). La présence importante de la religionchrétienne dans le débat public est l'objet de vives critiques en France et ailleurs (y compris aux États-Unis) : la mention deDieu sur les billets de banque (In God we trust : « Nous avons confiance en Dieu »), l'interdiction faite, dans certaines écoles et pour motifs religieux, d'enseigner lathéorie de l'évolution deCharles Darwin[8] ou l'instauration d'un jour de prière par le Sénat pour la protection de l'Amérique y sont particulièrement mal perçus.
Les États-Unis sont également accusés de faire preuve d'uneislamophobie inspirée par les chrétiens fondamentalistes américains, par legroupe de pressionsioniste ou par leracisme, alors que leur motivation officielle est d'ordre sécuritaire.[réf. nécessaire]
Durant la présidence deBill Clinton, les États-Unis reprochèrent à leurs alliés européens de ne pas respecter laliberté de culte notamment à cause des refus allemand et français de reconnaître l'Église de scientologie comme telle au lieu de la considérer comme unesecte.Cette ingérence dans les affaires religieuses européennes est globalement mal perçue par l'opinion publique des pays concernés, alors même que les jugements venus d'Europe sur la liberté de culte américaine sont rejetés aux États-Unis.[réf. nécessaire]
Les antiaméricains considèrent[réf. nécessaire] que les États-Unis sont un pays « puritain », ce qui impliquerait une société à la morale austère et refusant toute libéralisation des mœurs. Le contraste de cette société avec le mouvementhippie des années 1960, remettant en question les valeurs bourgeoises et leconformisme en utilisant, par exemple, lenudisme et lenaturisme, semble être contradictoire avec cette volonté puritaine. Aujourd’hui, le secteur des loisirs nus représente environ400 millions de dollars chaque année aux États-Unis[9] ; le chiffre d’affaires des films pornographiques américains est comparable à celui d’Hollywood[10] ; le taux dedivorce est l’un des plus élevés du monde. En 2004, 62 % desAméricains étaient favorables à la reconnaissance d'un statut légal des unions homosexuelles (mariage ou union civile)[11] ; 66 % des Américains considèrent l'avortement comme un droit[12] et 1,29 million de femmes ont subi une IVG en2002 aux États-Unis[13], soit un taux proche de 5 pour mille, qui est l'un des plus forts des pays riches.
L'antiaméricanisme peut également être à l'inverse « antilibéral » : les personnes[réf. nécessaire] ayant des croyances religieuses critiquent souvent la décadence morale des États-Unis (par exemple en raison de l'industriepornographique, de la tenue vestimentaire des femmes, et de la perte des valeurs religieuses). Toutefois ces critiques sont présentes autant aux États-Unis qu'ailleurs dans le monde[réf. nécessaire] ; elles ne sont donc pas automatiquement associées à de l'antiaméricanisme.
Une forme anti-impérialiste assimile les interventions militaires, économiques oudiplomatiques américaines à une nouvelle forme de « colonisation ». L'unilatéralisme est une accusation souvent portée ; l'historienTony Judt résume que les Américains« sont peu enclins à participer aux initiatives et aux accords internationaux, que cela soit dans la question du réchauffement climatique, celle des armes biologiques, celle du droit pénal international (Cour pénale internationale) ou celle du droit des femmes ».
Les adversaires des États-Unis[réf. nécessaire] soulignent les faiblesses et les carences de la démocratie américaine (notamment lebipartisme). Ils agiraient aussi non pour diffuser la démocratie dans le monde mais pour protéger leurs intérêts.
Le fait qui provoqua la plus grande vague d'antiaméricanisme dans le monde auXXe siècle fut laguerre du Viêt Nam. Début 1967, dans une biographie surHo Chi Minh traduite en quatorze langues,Jean Lacouture traita de « lâche » la majorité du peuple américain[14]. De à un tribunal d'opinion, leTribunal Russell se mit en place, siégeant en Suède puis au Danemark, pour accuser les États-Unis d'« agression » et de « génocide »[15]. En France en 1965, la rédaction duNouvel Observateur exigeait pour toute candidature journalistique au périodique, une condamnation sans appel des interventions américaines auViêt Nam et àSaint-Domingue[16].
Dans son discours de réception du prix Nobel de littérature en, le BritanniqueHarold Pinter dénonce les crimes des États-Unis, jugés« systématiques, constants, vicieux, sans remords », et dissimulés par une« manipulation clinique dans le monde entier sous le masque d'une force universelle pour le bien »[17],[18].
L'antiaméricanisme nationaliste ne se préoccupe pas de ce que lesÉtats-Unis font à l'intérieur de leurs frontières, mais rejette la relation inégale entre laFrance et lesÉtats-Unis et de la présence culturelle américaine fortement diffusée du ausoft power[19]. Le rejet de la dépendance auxÉtats-Unis et la perception d'une relation dominant-dominé est également un facteur clé d'antiaméricanisme.
LaGuerre en Irak de 2003 menée par lesÉtats-Unis avait été condamnée par laFrance qui n'avait pas soutenue l'invasion américaine, en ce sens, une forte campagne defrancophobie a été mise en avant par le gouvernement américain. Cela a augmenté l'antiaméricanisme dans les mouvementsnationalistes mais également parmi la population française en général.
Les nationalistes de gauche reprochent notamment aux États-Unis leurcapitalismelibéral et leurImpérialisme culturel, parfois leurs interventions militaires dont les conséquences peuvent provoquer de nombreux évènements défavorables à plusieurs pays du monde.
Lesbaasistesnationalistes arabes sont hostiles au gouvernement américain à cause de la menace qu'il fait peser sur eux. Lesbaasistes syriens, bien que fortement rivaux desbaasistes irakiens, ont appuyé ces derniers au début de laGuerre d'Irak et ont protégé l'aile minoritaire de ceParti Baas irakien entré en guérilla,Al-Awda.[25],[26] Par la suite, le soutien des américains aux rebelles syriens dont plusieurs groupes islamistes pendant laGuerre civile syrienne a rendu les relations entre le régime baasiste syrien et le gouvernement américain bien plus hostiles[27], en sommes car le soutien des américains à des groupes islamistes sunnites met notamment en danger les minorités religieuses (Alaouites,chrétiens etc..) qui sont majoritairement pro-gouvernementales.
La politique internationale des États-Unis s'est inscrite, au long de l'histoire, entre plusieurs pôles : isolationnisme, égalitarisme, universalisme démocratique et impérialisme postcolonial.
L’isolationnisme est une doctrine qui affirme que les États-Unis devraient se tenir à l'écart de la scène internationale. Cette politique a été appliquée tout leXIXe siècle jusqu'à la dernière phase de laPremière Guerre mondiale, puis lors de l'entre-deux-guerres, jusqu'en 1941. Il faut également remarquer que le programme sur lequelGeorge W. Bush a été élu président en 2000 était un programme isolationniste, qui s'est modifié seulement après les attentats du.
Lapolitique égalitariste affirme que les États-Unis doivent agir sur la scène internationale comme n'importe quel autre État.
L’universalisme démocratique peut être compris par comparaison avec l'universalisme à la française. Alors que l'universalisme de la Révolution française voulait étendre la liberté, l'égalité et la fraternité à l'échelle européenne, l'universalisme démocratique américain voudrait étendre la démocratie dans le monde entier. Des accents universalistes démocratiques peuvent être perçus dans les discours de maints présidents américains, de la guerre froide à l'époque contemporaine.
L'impérialisme postcolonial serait une doctrine tacite, selon certains[réf. nécessaire] des gouvernements américains depuis leXIXe siècle, surtout depuis la Seconde Guerre mondiale. Il aurait eu ses premières bases à partir la « doctrine de Monroe » selon laquelle les États-Unis auraient la mission de protéger la sécurité ducontinent américain (des visées européennes) avec toutes les ambiguïtés que peut comporter cette notion. Bien que l'impérialisme n'ait jamais été revendiqué par lesÉtats-Unis (au contraire de pays comme laFrance, l'Espagne ou leRoyaume-Uni) en tant que tel, les États-Unis ont occupé des territoires (par exemple,Cuba,Philippines,Vietnam,Irak,Afghanistan,Panama) à la place des anciennes puissances coloniales. Mais l'accusation d'impérialisme la plus souvent relayée dans les critiques contemporaines fait référence aux interventions ponctuelles des troupes américaines dans des territoires étrangers, et peut-être plus encore aux stratégies politiques et économiques menées par les États-Unis hors de leurs frontières, sans qu'ils n'interviennent d'une manière directe.
Ces différentes orientations de la politique extérieure des États-Unis, quoique concurrentes, ne sont pas incompatibles.
Si l'on remet souvent en cause l’hégémonie américaine dans le monde, on ne s’interroge que rarement sur les causes de cette situation. Certains intellectuels ont démontré que la désagrégation du bloc communiste, la crise du continent africain et l’incapacité de l’Union européenne à s’organiser ont provoqué la suprématie américaine après 1990. Revel pose, en outre, le problème du concept d’hyperpuissance, forgé en1999, par leministre français des Affaires étrangèresHubert Védrine : le terme « superpuissance » existant déjà, il est inutile, selon lui, de parler d’hyperpuissance d’autant que le préfixe grechyper signifie la même chose que le préfixe latinsuper[28]. Pour Revel et d’autres, le monde n'est pas unipolaire mais de plus en plus multipolaire avec la croissance des pays émergents. SelonSylvain Allemand et Jean-Claude Ruano-Borbalan, les États-Unis ne chercheraient pas à dominer intentionnellement le monde mais simplement à protéger leurs intérêts et préserver leur sécurité[29]. Dans cette logique, les attentats de 2001 ont provoqué un renforcement des interventions américaines dans le monde.
La culture américaine est pourtant le fruit des influences européennes (académie des beaux-arts,impressionnisme) puis mondiales. Certains pensent d’ailleurs que ce mélange des cultures permet d’expliquer le succès planétaire des productions culturelles américaines. La culture américaine s’est diffusée grâce à la mondialisation et au libéralisme. Mais elle ne s’impose pas par la force, comme le rappelle le politologueJoseph Nye avec la stratégie dusoft power.Adrien Lherm reprend cette idée que les Américains profitent de la mondialisation sans l’imposer par la contrainte :
« […] L’exportation du modèle américain répond moins à un programme impérialiste qu’à la « pure « et simple logique du profit – gourmand, oui, mais pas conquérant au sens militaire et politique. Ce qu’ils s’emploient aujourd’hui à faire, à l’échelle de la planète, c’est moins à imposer un exemple […] qu’à assurer des débouchés à leur puissant secteur culturel […][30]. »
La culture de masse aux États-Unis a un rayonnement très important, mais le pays possède également un nombre important de galeries et de musées d'art (leMetropolitan Museum deNew York, par exemple), de bibliothèques (laBibliothèque du Congrès, la plus grande du monde), etc. Mais la France, elle-même a, à Paris, une grande bibliothèque américaine,The American Library in Paris.
L'Accord Blum-Byrnes de 1946 a donné au cinéma américain un avantage important en permettant que toutes les salles de cinéma françaises soient ouvertes aux films américains sauf une semaine par mois. Il existe un sentiment anti-Hollywood[31] même si la plupart des gens[réf. nécessaire] continuent à regarder des films américains, qui font souvent plus de recettes que les productions locales. Aux États-Unis, les sympathisants duParti démocrate considèrent Hollywood comme une tribune des idées progressistes (liberal)[réf. nécessaire], et Hollywood est considéré par nombre de sympathisants duParti républicain comme un « repaire de gauchistes »[réf. nécessaire], au même titre que l'université de Californie à Berkeley.
L'antiaméricanisme résulte parfois d'unhumanisme qui s'insurge contre certaines pratiques jugées barbares, comme l'exécution sur lachaise électrique ou la condamnation à perpétuité prononcée dans certains comtés deCalifornie après la deuxième récidive d'un menu délit. Les États-Unis sont le seul pays à avoir dit non aux résolutions desdroits de l'enfant[réf. nécessaire] et un des seuls pays à n'avoir pas ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant après l'avoir signée en 1995[37].
Human Rights Watch etAmnesty International dans un rapport publié conjointement en2005[38] affirment qu'au moins 2 225 délinquants mineurs purgent des peines deprison à vie sans possibilité de libération conditionnelle (« Life without parole », ou LWOP) dans des prisons américaines pour des crimes commis avant l’âge de18 ans. Par ailleurs, laprison aux États-Unis a en 2000, le taux d'incarcération le plus élevé du monde.
Un fort courant abolitionniste européen[réf. nécessaire] conteste le recours même à la peine capitale et argue que seuls de rares pays développés y ont encore recours (Japon, États-Unis).
La peine de mort n’est pas du ressort du gouvernement fédéral mais dépend des États fédérés. Certains de ces états l’ont supprimée ou ne l’appliquent pas. La peine de mort aux États-Unis n’est pas la même chose qu’en Chine : appliquée dans unétat de droit, les condamnés ont des garanties de procédure et sont défendus par un avocat. Le sujet n’est pas tabou aux États-Unis et de nombreux films la remettent en question.
D'un point de vueécologique, les États-Unis sont accusés de gaspiller les ressources non renouvelables (notamment lepétrole) et de ne pas chercher à réduire leurs émissions de substances polluantes (refus de ratifier leprotocole de Kyoto sur la limitation de l'émission desgaz à effet de serre) dont ils sont de loin le plus gros producteur. Pourtant, le gouvernement américain est le premier à avoir institué les parcs nationaux et des efforts sont réalisés pour développer les énergies renouvelables. Le protocole de Kyoto est appliqué dans de nombreuses villes du pays et enCalifornie[39]. Les nombreuses associations et les lobbies écologistes font pression sur le gouvernement[40].
D'un point de vueuniversaliste[réf. nécessaire], les États-Unis sont accusés dedifférentialisme, c'est-à-dire de considérer les individus en fonction de leur origine nationale, ethnique et religieuse. Est en cause le système communautaire.
Le système dediscrimination positive destiné à favoriser les personnes issues de minorités ethniques défavorisées serait également un exemple de différentialisme[réf. nécessaire].
On[réf. nécessaire] décrit également la société américaine comme une société injuste sans protection sociale ou solidarité. Or l’IDH américain est l’un des plus élevés du monde et l’espérance de vie est comparable à celle des autres pays industrialisés. Il existe également des programmes sociaux, et le nombre de pauvres n’est que légèrement supérieur à celui des autres nations développées.
Quant à l’accusation de l’échec du« communautarisme » américain, elle est surtout portée par les Français attachés au modèle républicainintégrateur[43]. Ce n’est pas l’avis de tout le monde, comme en témoignent les propos du journaliste américain d'origine indienneDinesh D'Souza :
« Les États-Unis ont réussi à intégrer des populations d'origines diverses en favorisant une culture de la réussite qui transcende les conflits religieux et ethniques[44]. »
On[réf. nécessaire] accuse entre autres l’émission satiriqueLes Guignols de l'info de ce type de caricature (par exemple, les militaires américains tous représentés par la même marionnette deSylvester Stallone, n'ayant que violence et patriotisme en tête).
Une part de la xénophobie envers les Américains pourrait être liée à l'antisémitisme de l’extrême droite[45], lathéorie du complot décrivant les États-Unis comme un pays gouverné par lesJuifs. Ce mouvement xénophobe aurait connu un nouvel essor avec le soutien accordé àIsraël.Pierre-André Taguieff écrit ainsi que « la judéophobie va désormais de pair avec une xénophobie antiaméricaine »[46].
Denis Jeambar reprend cette idée que l’antiaméricanisme est une forme de xénophobie en évoquant l’affaire du journalisteDaniel Pearl, égorgé par des islamistes auPakistan : « Daniel Pearl était américain, mais c'était d'abord un journaliste et, à ce titre, un défenseur de ces valeurs universelles que sont les libertés de penser et de publier.… L'indignation française et européenne, si prompte à se manifester pour dénoncer le traitement des prisonnierstaliban deGuantánamo, aurait donc dû retentir haut et fort. Hélas ! Nous n'avons rien entendu, ou si peu »[47].
Roger Garaudy (intellectuel d'abord lié auParti communiste français, passé ensuite aunégationnisme), auteur d'un pamphletQu'est-ce que l'anti-américanisme ? donne cette définition de l'antiaméricanisme :« L'anti-américanisme n'est ni une forme de nationalisme ni de racisme ni d'aucune forme du refus de l'autre, d'un autre homme ou d'un autre peuple. Il est la lutte contre un système, contre une conception de l'homme et d'un mode de vie. Historiquement il est né dans un continent qui tente de l'imposer au monde par la puissance des oligarques politiques, financiers et militaires aujourd’hui à la tête des États-Unis. Ils ne peuvent d'ailleurs le faire qu'avec la complicité et la servilité des dirigeants d'un grand nombre de pays ». On signalera aussi qu'en France à tout le moins aucun Américain n'a subi d'agressions physiques comme d'autres personnes qui ont subi le racisme, la xénophobie ou l'antisémitisme.
EnAmérique latine, l'expression argotiquegringo peut parfois avoir une portée péjorative pour désigner une personne d'un pays anglophone ou des États-Unis[48], bien que cela dépende du contexte comme le rappelle Roger Axtell[49]. Un exemple connu d'usage à vocation péjorative du terme date de 2007, alors le président équatorienRafael Correa ordonne l'expulsion de l'activiste américain Sean O'Hearn-Gimenez, militant de laSea Shepherd Conservation Society, et déclare ne pas vouloir laisser desgringuitos se mêler des affaires des pêcheurs équatoriens[50] (le termegringuito, diminutif du terme "gringo" en espagnol, renforce ici la dimension péjorative du terme).
Les critiques des États-Unis refusent généralement[réf. nécessaire] d'être décrits comme antiaméricains et arguent que le concept est le plus souvent employé de manière péjorative à leur encontre. Il est vrai que les détracteurs de l'antiaméricanisme le qualifient souvent de « primaire »[réf. nécessaire], formant ainsi l'expression « antiaméricanisme primaire ». Cette formule, assez souvent utilisée par les journalistes, discréditerait toutes les analyses critiques de la société et des valeurs américaines, même celles qui sont les plus recevables. Face à ce constat,Noam Chomsky, pourtant américain, écrit :« Le concept d'antiaméricanisme est intéressant. Son équivalent n'est utilisé que dans les États totalitaires et les dictatures militaires… Ainsi, dans l'Union soviétique, les dissidents étaient condamnés pour antisoviétisme. C'est un usage naturel parmi les personnes avec des instincts totalitaires bien implantés qui identifient la politique de l'État avec la société, la population, la culture.A contrario, les personnes ayant tant soit peu d'esprit démocratique traitent ces notions ridicules avec dédain. À supposer qu'une personne en Italie qui critique la politique italienne soit condamnée comme « anti-italienne », l'événement serait considéré comme trop ridicule même pour que l'on puisse en rire. »
Les antiaméricains disent que si les États-Unis n'ont pas connu de dictature, les Européens fraichement arrivés sur le continent ont construit leur nouvelle nation sur le génocide desNord-Amérindiens, les « Américains » d'origine. On a même découvert, dans les années 1990, aux États-Unis même que le généralWilliam Sherman prononça en 1867,75 ans avantHitler, l'expression « solution finale au problème indien »[51]. Ils soulignent aussi la bonne conscience colonialiste avec laquelle leur cinéma, le western, a longtemps présenté ces Amérindiens comme des agresseurs toujours repoussés par les agressés. Ils rappellent aussi l'élaboration en 1877, douze ans après l'abolition de l'esclavage de 1865, d'une ségrégation raciale séculaire à l'encontre des Noirs, qui formaient 10 % de la population[réf. nécessaire], accompagnée de nombreux lynchages d'hommes de couleur, pratiqués notamment par leKu Klux Klan dans leSud profond.En 1918 pendant la première guerre mondiale des divisions américaines de soldats blancs et noirs séparés, arrivèrent. Les Américains noirs, infériorisés par les Américains blancs racistes, furent au contraire bien accueillis par les Français. En même temps ils découvrirent en France des cafés fréquentés invariablement par des Blancs et des gens de couleur[52],[53],[54].[pertinence contestée].
Tout le problème de ce concept repose sur le préfixe « anti- », qui n'est pas, d'un point de vue linguistique, compatible avec la modération. L'« antiaméricanisme » est donc forcément total. Comme l'« antisoviétisme » qui avait cours au temps de l'Union soviétique, l'antiaméricanisme est forcément « primaire », même si cet adjectif concerne en premier lieu celui qui l'utilise afin de ne pas avoir à débattre avec lui[réf. nécessaire].
Jean-François Revel cite plusieurs exemples de discours antiaméricains : quelques jours après les attentats du, la presse française sous-entendait que les Américains, dans leur ensemble, étaient responsables de la tragédie. Outre cette tentative d'amalgame, l’écrivain rappelle que l'antiaméricanisme consiste à reprocher aux États-Unis tout et son contraire. Washington est tour à tour taxé d'isolationnisme et d'impérialisme lorsqu’il s’agit des relations internationales : il donne pour cela l’exemple de l'intervention américaine dans lesBalkans au cours des années 1990 :« Il faut, pour faire cesser ou diminuer les massacres, que les États-Unis se chargent de l’opération, successivement enBosnie, auKosovo et enMacédoine. Les Européens les remercient ensuite en les traitant d'impérialistes, tout en tremblant de frousse et en les qualifiant de lâches isolationnistes dès qu'ils parlent de retirer leurs troupes »[55].
D'autres exemples apparaissent régulièrement dans la presse française et internationale. Ainsi, après la victoire des démocrates au Congrès en,Courrier international indiquait : « Après avoir voulu diriger le monde, les États-Unis pourraient être tentés de se replier sur eux-mêmes. Une bien mauvaise idée […] Il serait imprudent de penser que la planète sera rendue plus sûre par une Amérique paralysée qui se désengage. Ce serait certes une bonne chose que l’Amérique soit moins adepte de l’unilatéralisme, mais sûrement pas qu’elle devienne isolationniste »[56].
Aussi, pour Revel, l’antiaméricanisme devient « primaire »[57], irrationnel, lorsque la contestation est illogique et surtout dénué de fondements. La mauvaise connaissance du pays, de sa culture et de son histoire serait la cause de l’hostilité à l’égard des États-Unis[58]. Si l’antiaméricanisme est une critique du système capitaliste libéral et non une attaque contre les Américains, alors pourquoi les États-Unis sont-ils toujours cités en exemple, ou plutôt en repoussoir, comme la référence obligée du discours journalistique et politique, alors qu’il existe d’autres pays qui pratiquent ce modèle économique ? D’après Revel, à force d’attaquer constamment et en toute mauvaise foi les Américains, ils finissent par ne plus écouter les critiques fondées qui leur sont adressées[59].
Alexandre Douguine est un promoteur de l'anti-américanisme dont le but est d'encourager des conflits ethniques et raciaux, dans le but de déstabiliser le pays.
« de faire en sorte d'introduire du désordre géopolitique dans les activités intérieures des États-Unis, en encourageant toute forme de conflit ethnique et racial, en soutenant les mouvements dissidents, extrémistes, racistes et sectaires afin de déstabiliser le pays[60]. »
L'antiaméricanisme canadien se développa initialement pendant laguerre d'indépendance américaine. LesCanadiens francophones craignirent que les treize colonies à majoritéprotestante ne reconnaissent pas la culture française et la religioncatholique, et lesgroupes indigènes s'inquiétèrent de la perte de la protection accordée par les traités signés avec leRoyaume-Uni. Lorsque les colonies rebelles tentèrent d'envahir leQuébec et de libérer leurs voisins de force, nombre de Canadiens commencèrent à considérer les Américains comme une nation arrogante, violente et dangereuse. Ces sentiments furent amplifiés par la migration subite de milliers de loyalistes hors des treize colonies.
Pendant laguerre de 1812, une force américaine envahit l'Amérique du Nord britannique, futur Canada. La menace américaine fut l'une des raisons de laconfédération canadienne en1867. Après de nombreuses attaques contre le Canada dirigées par laFenian Brotherhood stationnée aux États-Unis et l'expansion de ces derniers vers l'Ouest, les Canadiens et les Britanniques sentirent une menace planer sur leurs terres. En fait, le gouvernement américain poursuivait le programmeManifest Destiny et cherchait à répandre leurs valeurs démocratiques chez leurs voisins septentrionaux.
Plus tard, un sentiment de compagnonnage avec les États-Unis se développa durant les deux guerres mondiales et rapprocha les deux pays sur les plans politique et économique. Les deux font aujourd’hui partie d'institutions communes comme l'OTAN et l'ALENA.
Les Canadiens plaisantent à l'envi au sujet de l'ignorance présumée des Américains aux cultures étrangères, notamment canadienne. Un thème revenant souvent est l'image d'Américains réactionnaires au sujet de l'état-providence, duféminisme, de l'avortement, de lapeine capitale, des relations avecCuba, de l'écologie, de l'homosexualité, de la lutte contre lesdrogues, de l'immigration, de ladéfense, etc.
L'antiaméricanisme canadien est désormais calqué sur la géopolitique du pays. En effet, les sondeurs tendent à distinguer l'antiaméricanisme québécois de l'antiaméricanisme anglophone. Leur portée est similaire, mais leurs expressions et manifestations divergent bien souvent, ce qui impose aux politiciens du pays de jongler avec ces deux perspectives. Ainsi, durant la campagne électorale de, le premier ministre,Paul Martin, a cherché à s'appuyer sur l'antiaméricanisme canadien, notamment québécois, en tenant des propos antiaméricains. Cela conduit l'ambassadeur des États-Unis au Canada, ce qui arrive parfois, à intervenir en pleine campagne électorale pour adresser des remontrances au gouvernement canadien.
Une partie des citoyens américains partagent certaines des critiques communément adressées à leur pays. Les conservateurs accusent régulièrement la gauche d'avoir des points de vue antiaméricains. Ces derniers sont convaincus que les conservateurs mènent à la destruction du pays. Ces accusations exagérées s'inscrivent dans lesculture wars (guerres de culture) américaines qui divisent la population entre deux visions extrêmes et diamétralement opposées de la nation qui sont toutes les deux convaincues d'êtres les « vrais américains », chacun accusant l'autre de trahir l'idéal américain. Dans l'après-guerre le concept d'antiaméricanisme a servi de justification au maccarthysme : une commission sur les activités antiaméricaines fut créée chargée de traquer les communistes (ou supposés tels).
Les États-Unis ont considéré[Quand ?] le reste du continent américain comme leur chasse gardée.
Bannière antiaméricaine lors d'une manifestation auBrésil.
« C'est, pour les Latino-américains, un scandale insupportable qu'une poignée d'Anglo-Saxons, arrivés dans l'hémisphère beaucoup plus tard que les Espagnols… soient devenus la première puissance du monde. Il faudrait une impensable auto-analyse collective pour que les Latino-Américains puissent regarder en face les causes de ce contraste. C'est pourquoi, tout en sachant que c'est faux, chaque dirigeant politique, chaque intellectuel latino-américain est obligé de dire que tous nos maux trouvent leur explication dans l'impérialisme nord-américain[61] »
Les complots contre les régimes de gauche, orchestrés la plupart du temps par la CIA pour faire valoir les intérêts de la « puissance néocoloniale » que sont les États-Unis dans cette région, ont incité la population à soutenir les positions antagonistes[62].
Hors pays arabo musulman et Moyen-Orient, les pays d'Amérique Latine sont parmi ceux avec l'opinion publique la plus antiaméricaine au monde selon une enquête menée par lePew Research Center en 2007[63] : 40% d'opinion défavorable au Venezuela, 41% au Mexique, 51% au Brésil, 52% en Bolivie, et même plus de 70% en Argentine[63].
AuVenezuela,Hugo Chávez, président de 1999 à 2013 dont les discours sont fortement imprégnés par ce mode de pensée, met en œuvre un front anti-américain en partenariat avec l'Iran ; la rhétorique de Chavez est analysée comme ayant pour but de souder la nation vénézuélienne autour d'un ennemi commun[64]. Le il dénonce l'attitude des États-Unis et de l'administration Bush lors de sondiscours à l'Assemblée Générale des Nations unies. Le, Chavez déclara au cours d'un meeting politique :« Allez en enfer, yankees de merde. Nous sommes un peuple digne, allez en enfer cent fois »[65].
De même,Rafael Correa, président de l'Équateur de 2007 à 2017, se fait également remarquer pour des tirades virulentes adressées envers l'impérialisme américain. Ainsi, alors qu'il n'est encore que ministre de l'économie et des finances sous le mandat d'Alfredo Palacio, il qualifie le président américain de l'époqueGeorge W. Bush de "simple d'esprit", et déclare, en réaction à la comparaison faite par Hugo Chávez entre Bush et le diable, qu'une telle comparaison est insultante pour le diable lui-même[66]. Sa politique étrangère durant ses mandats de président témoigne de cet anti américanisme affiché : accords de coopération économique avec l'Iran et laBiélorussie[67], adhésion à l'Alliance Bolivarienne pour les Amériques aux côtés d'autres figure duSocialisme du XXIe siècle (Evo Morales,Hugo Chavez, etc.). Mais surtout, son soutien affiché envers le cybermilitantJulian Assange, fondateur deWikiLeaks, qu'il fait héberger dans l'ambassade équatorienne àLondres, cristallise les tensions entre le pays latino-américain et le gouvernement américain[68]. Cet antiaméricanisme officialisé est à la fois idéologique, économique (hostilité au libre échange avec les États-Unis, accords envers des adversaires affichés des États-Unis) mais aussi diplomatique. En 2009, il impose également la fermeture de la base américaine de Manta[68]. Toutefois, l'intellectuel et universitaire de gauche équatorien Gonzalo Abad note que« La politique étrangère de Correa et sa politique intérieure sont deux choses très différentes »[67] : en effet, dans ses objectifs de maintien de la croissance, Correa n'hésite pas également à négocier auprès des grands groupes américains basés sur place, voire avec le gouvernement américain lui-même[67]. Par exemple, il ne revient pas sur la dollarisation de l'économie équatorienne, et justifie cette décision dans une interview de décembre 2015 pour le journalLe Monde en ces termes, bien qu'il y reconnaisse les effets négatifs de celle ci dans l'économie du pays :« Mais sortir du dollar entraînerait pour les Equatoriens le chaos économique, social et politique. C’est impossible. Notre décision a donc été de maintenir la dollarisation, tout en profitant de ses avantages, comme le contrôle de l’inflation et la possibilité d’avoir des investissements à long terme. »[69]
L'ancienneAllemagne de l'Ouest se caractérisait par son américanophilie en raison du soutien américain après laSeconde Guerre mondiale : leplan Marshall et la réaction américaine aublocus de Berlin sont l'une des raisons dumiracle économique desannées 1950. En revanche, l'antiaméricanisme fut cultivé enAllemagne de l'Est par le régime communiste. Il continue d'être diffusé par les partis d'extrême droiteNPD etDVU (par exemple, en assimilant lebombardement de Dresde à unholocauste), par la mouvancenéo-nazie et par les communistes duDKP et duKDP. La politique, qualifiée d'« unilatérale », du présidentGeorge W. Bush, notamment en termes d'interventions militaires et d'écologie, a contribué à l'émergence d'un sentiment antiaméricain y compris dans les partis politiques de gouvernement. Ainsi, en 2002 puis en 2003, le chancelier social démocrateGerhard Schröder refuse, tout comme le président françaisJacques Chirac, de soutenir la Guerre d'Irak, au nom de la dénonciation d'un unilatéralisme belliciste de la part des États-Unis en violation des lois internationales[70].
Du fait que laBelgique abrite les plus hautes instances de l'OTAN, dont les États-Unis occupent un siège prédominant pour des raisons historiques, sa politique étrangère a toujours été mesurée, à l'image de ses conflits fédéraux intérieurs, cherchant les compromis plutôt que la guerre ouverte.
Il existe cependant quelques mouvements réclamant notamment le retrait des troupes américaines de son territoire (leSHAPE, installé àCasteau, dans leHainaut) ainsi que le retrait des têtes nucléaires installées dans plusieurs bases aériennes. Le gouvernement a parfois relayé la question des missiles nucléaires, mais l'écho fit long feu ; certains ministres s'expriment contre la politique étrangère du président Bush à la suite de laguerre du Golfe notamment.
L'opposition républicaine desannées 1960 et desannées 1970 voyaient dans les États-Unis le soutien à Franco. Le soutien de cette force politique auxguérillassud-américaines d'inspirationmarxiste (donc combattues par les États-Unis) renforça le sentiment antiaméricain.
Malgré un sentiment antiaméricain dans la population, l'Espagne a rejoint l'OTAN et participa, sous le gouvernement deJosé María Aznar et contre l'avis d'une majorité écrasante de la population, à laguerre en Irak aux côtés des États-Unis. En2004, la population élisait le candidat socialiste,José Luis Rodríguez Zapatero, qui promettait un désengagement immédiat des troupes espagnoles d'Irak. Il garda sa promesse.
Selon les auteurs deNon merci, Oncle Sam ! (1999),« […] l'Amérique essaie d'imposer son ordre moral, économique et militaire. Elle règne sur le FMI, tient en dépendance les pays les plus pauvres, favorise la corruption en Russie. Elle dicte sa loi à l'ONU, soutient les Talibans d'Afghanistan et veut faire de l'Otan le maître militaire du monde […] elle tente de coloniser nos assiettes avec son bœuf aux hormones et les OGM de Monsanto. Elle rachète nos entreprises avec ses fonds de pension, exigeant de faire fondre la « mauvaise graisse » des salariés. Elle se dote d'une milice planétaire, l'OMC, à laquelle elle donne mission de régenter le commerce mondial, culture et santé comprises […]. L'Amérique, c'est le record d'obèses, le record absolu d'armes détenues par des personnes privées […], la peine de mort appliquée aux mineurs[72], le poids du puritanisme et des sectes, la dépendance des politiques vis-à-vis des lobbies et de la mafia, de plus en plus de pauvres… »[73].
L'antiaméricanisme est un phénomène minoritaire en France : en effet seuls 15 % des Français déclarent en éprouver de l'antipathie à l'égard des États-Unis[74]. Les autres se partagent entre sympathie (30 %) et indifférence (55 %).Un sondage réalisé par l'Institut français d'opinion publique en 2008 montre que l'hostilité envers les États-Unis est plus marquée chez les plus de35 ans que chez les jeunes générations. Ainsi, à la question« Appréciez-vous beaucoup, assez, peu ou pas du tout les États-Unis d’Amérique ? », seuls 58 % des sondés de plus de35 ans expriment une opinion positive concernant les États-Unis, soit dix points de moins que les moins de35 ans (68 % d'opinion positive ) et quatre points de moins que la moyenne de l'ensemble d'opinion positive (62 %)[75]. Toujours selon cette étude, concernant l'image spontanée des États-Unis (la question étant« Quand vous pensez aux États-Unis, quel est le premier mot qui vous vient spontanément à l’esprit ? »), les sondés se déclarant hostiles envers les États-Unis se réfèrent à des sujets ou des évènements politiques (guerre en Irak, le Président Bush, la Maison-Blanche) là ou la majorité des sondés se réfèrent plutôt à la culture américaine (chanteurs, cinéma, séries, etc.)[75]. Toutefois, comme dans beaucoup de pays européens et occidentaux, laguerre d'Irak semble avoir grandement terni l'image des États-Unis auprès de l'opinion française, au moins sur le court et moyen terme : entre 2002 et 2003, l'image positive des États-Unis dans l'opinion française est passée de 63 à 31 %[76].
Mais selon les travaux dePhilippe Roger (chercheur au CNRS), même s'il semble minoritaire, l'antiaméricanisme français serait un des plus virulents d'Europe occidentale, prenant racine dès leXVIIIe siècle[77].
L'antiaméricanisme est très présent parmi lesaltermondialistes etfrontistes français : le des militants duGroupe union défense, une organisation d'extrême droite, avaient organisé une manifestation contre l'impérialisme américain, rassemblement qui avait pourtant été interdit par lepréfet de police[78],[79]. On peut noter cependant que l'antiaméricanisme au sein duRassemblement national a connu de nombreuses évolutions et altérations. Ainsi, dans les années 1980,Jean-Marie Le Pen exprimait une certaine sympathie pour le président américain de l'époqueRonald Reagan, appréciant sa critique de l'État-providence et son anticommunisme. Il assiste d'ailleurs à la convention duParti républicain en 1984, alors que Reagan fait campagne pour sa réélection[80]. De même, si Marine le Pen prônait explicitement une sortie de la France de l'OTAN en 2017[81] au nom de l'indépendance nationale, cette optique s'est progressivement effacée, et n'est plus explicitement réclamée par le Rassemblement national aujourd'hui. L'élection deDonald Trump en 2016, saluée par Marine le Pen[82], a pu contribuer à ce changement de perception de la puissance américaine, perçue comme un potentiel allié idéologique et diplomatique par le parti et sa présidente.
Auxélections présidentielles de 2017, plusieurs candidats portent une critique plus ou moins vive de l'influence américaine. C'est le cas notamment deJean-Luc Mélenchon, candidat pourLa France insoumise, dont le point 54 du programme "L'avenir en Commun", propose la sortie de la France de l'OTAN, ainsi que d'offrir l'asile politique aux lanceurs d'alerteJulian Assange (fondateur deWikiLeaks) etEdward Snowden (qui en 2013 a révélé le programme de surveillance de masse des États-Unis)[83]. De même, le candidat de l'UPRFrançois Asselineau propose lui aussi la sortie de l'OTAN dans son programme présidentiel au point "garant de l'indépendance nationale"[84].Jean Lassalle propose lui aussi une politique étrangère se détachant des intérêts et de la sphère d'influence diplomatique des États-Unis, à travers là encore une sortiea minima du commandement intégré de l'OTAN, ainsi qu'une réinstauration de relations diplomatiques avec le régime deBachar el-Assad enSyrie[85].
En, lacrise des sous-marins australiens ternit les relations entre les États-Unis et la France ; le« contrat du siècle » est annulé sans préavis et l'allianceAUKUS est dévoilée au terme d'échanges secrets ayant duré18 mois. L'ambassadeur de France aux États-Unis est, pour la première fois, rappelé pour consultations.
Le courant antiaméricain grec considère que c'est à l'Amérique qu'elle doit ladictature des Colonels, et que c'est sur son ordre qu'ils n'ont pas assumé le traité de défense conclu avec Chypre.
Andréas Papandréou, ancien premier ministre grec, mais aussi ancien citoyen américain durant son exil, écrit dans l'en-tête de son testament politiqueDémocratie au peloton d'exécution :« Mon pays est sous occupation et cette occupation est américaine. »
L’opinion grecque est celle de tous les pays où les États-Unis ont manifesté leur ingérence. Après la chute des Colonels,Konstantin Karamanlis doit en grande partie sa victoire, non à l'opinion des gens mais à la crainte d'une nouvelle dictature provoquée par les États-Unis.Míkis Theodorákis membre du parti communiste l'exprima ainsi :« Ou on vote à droite, ou c'est les tanks ».
L'affaire des comptes en déshérence, comptes bancaires appartenant pour bon nombre à des Juifs disparus pendant la Seconde Guerre mondiale, a généré un certain sentiment antiaméricain dans ce pays[réf. nécessaire]. Bien que l'attitude des banques pendant la guerre ait été dénoncée de manière argumentée, le peuple suisse a été heurté par les accusations de collaboration avec le régimenazi, jugeant les États-Unis et ses tribunaux comme étant intervenus dans les affaires d'un pays étranger.
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LaSuisse est l'un des pays européens qui exprima la plus forte opposition à Bush dans les enquêtes d'opinion publique, avant tout en raison du soutien américain inconditionnel àIsraël, et des guerres en Irak et en Afghanistan.
De manière générale, leMoyen-Orient, à très forte majorité musulmane, est sujet à de forts sentiments antiaméricains, l'une des raisons principales étant le soutien jugé inconditionnel des États-Unis enversIsraël. De même, les interventions militaires américaines ont augmenté l'appréhension des habitants du Moyen-Orient[réf. nécessaire].
Au sein des territoires soumis au contrôle de l'Autorité palestinienne ainsi que dans les territoires occupés, l'opinion publique y est la plus antiaméricaine au monde, d'après une étude duPew Research Center de 2007 : 86% des sondés palestiniens auraient une opinion défavorable des États-Unis, soit le taux d'opinion défavorable le plus élevé au monde recensé dans cette étude[63].
Mais il y a eu aussi le casiranien : le renversement duPremier ministre d'IranMohammad Mossadegh en 1953 par la CIA amena l'instauration d'une monarchie corrompue et particulièrement sanglante, tout comme une mainmise du pays par les multinationales américaines. Larévolution iranienne de 1979 renversa cette dictature et par voie de conséquence frappa les États-Unis (qualifiés de « Grand Satan ») par uneprise d'otages à l'ambassade américaine. La libération des diplomates sera effectuée en échange de la promesse de non-ingérence des États-Unis dans la politique intérieure de l'Iran, du dégel des fonds iraniens et de l'assurance qu'aucune poursuite judiciaire ne sera lancée contre les autorités iraniennes (accords d'Alger).
L'Afghanistan est un autre exemple de l'antiaméricanisme présent au Moyen-Orient.En effet, la prise du pouvoir des talibans, la débâcle des troupes afghanes et américaines et le retrait forcé de l'armée américaine nous montre une fois de plus l'antiaméricanisme présent dans ces régions plus qu'autre part dans le monde[Interprétation personnelle ?].
À la suite des explosions nucléaires des bombes deHiroshima et deNagasaki, certains Japonais gardent un sentiment hostile envers les États-Unis[réf. nécessaire]. Cependant, leJapon a connu après la Seconde Guerre mondiale un redressement fortement aidé par les États-Unis. Il est aujourd’hui le principal allié des États-Unis dans l'Océan pacifique avec l'Australie et, les deux se trouvent très dépendants de la protection américaine.
Ces facteurs contradictoires (non-violence et opposition aux armes nucléaires, opposées à l'intérêt stratégique national) expliquent à la fois l'appui apporté par le gouvernement japonais aux États-Unis lors de l'invasion de l'Irak en 2003 et la réticence populaire à cet appui. Ainsi, selon une enquête duPew Research Center de 2007, 36 % de la population japonaise aurait une opinion défavorable des États-Unis[86].
↑Fernand Braudel,La dynamique du capitalisme, Paris, Arthaud, 1985,(ISBN2080811924).
↑« Les États-Unis, un pays malade de ses inégalités »,Courrier international,(lire en ligne)
↑« Aux États-Unis, les riches creusent l’écart »,Le Monde diplomatique,(lire en ligne)
↑Robert Castel, « La "guerre à la pauvreté" aux États-Unis : le statut de l'indigence dans une société d'abondance »,Actes de la Recherche en Sciences Sociales,no 19,,p. 47-60(lire en ligne)
↑Elic Leser, « Le lent poison des inégalités »,Slate,(lire en ligne)
↑Voir l'opinion d'Emmanuel Todd, citée dansAnton Brender et Florence Pisani,Les déséquilibres financiers internationaux, La Découverte,, 128 p.(lire en ligne), « Les limites à l'endettement américain »,p. 101
↑Bertrand Russell,Nuremberg pour le Viet-nam !, Paris, Maspero, 1967 ;Jean-Paul Sartre,Situations, tome VIII, Paris, Gallimard, 1972, autour de 68 ; « première partie-Viet-nam : le tribunal Russell »,pp. 7-124.
↑a etbUwe Sauermann:Ernst Niekisch. Zwischen allen Fronten. Mit einem bio-bibliographischen Anhang vonArmin Mohler. München, Berlin: Herbig, 1980, 236 S.,(ISBN3-7766-1013-1) S. 219 – 236)
↑PhilippeBaillet,L'autre tiers-mondisme : des origines à l'islamisme radical : fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre défense de la race et solidarité anti-impérialiste, Saint-Genis-Laval, Akribeia,, 475 p.(ISBN978-2-913612-61-7 et291361261X,OCLC961035695),p. 161-193
↑Voir l'articlePolitique environnementale des États-Unis ; lire aussi : Claudine Mulard, « La Californie, chantre entêté de l'air pur » dansLe Monde du 23/09/2006,[lire en ligne] ;Marion Festraëts, Christophe Carrière, « L'Amérique vire au vert », dansL'Express, 10/10/2006 ; « La Californie s'engage à réduire les émissions de gaz à effet de serre », dépêche AFP dansLe Monde, 31/08/2006,[lire en ligne] ; Guillaume Serina, « La révolte des maires américains », dansLe Monde du 12/10/2006,[lire en ligne]
↑Nicole Bacharan,Faut-il avoir peur de l’Amérique ?, Paris, éditions du Seuil, 2005(ISBN2-0207-9950-2),p. 63
↑106 millions de pistolets,105 millions de fusils et83 millions de fusils de chasse selon la dernière étude sociologique nationaleGeneral Social Survey(en) de l'année 2010 effectuée par le Centre de recherche national de sondage (NORC de l'université de Chicago).
↑Depuis2005, la peine de mort pour les mineurs a été supprimée aux États-Unis : dans son arrêt sur l'affaireRoper contre Simmons, rendu le, laCour suprême a aboli la peine de mort pour les criminels de moins de 18 ans au moment des faits avec 5 voix contre 4. La cour a jugé que la peine de mort pour les mineurs était inconstitutionnelle en violant le8eamendement de laConstitution des États-Unis qui interdit les châtiments cruels ou disproportionnés.
↑Noël Mamère et Olivier Warin († 2009), quatrième de couverture deNon merci, Oncle Sam !, Ramsay, 1999,(ISBN2-84114-473-9).
↑« France - États-Unis : regards croisés », sondage de l'institut CSA pour la French-American Foundation France et le Sénat, mais 2007,[lire en ligne]
Pierre Guerlain, « America, America : la haine, vraiment ? L'antiaméricanisme et les impasses de l'anti-antiaméricanisme », dansRevue française d'études américaines,no 99,,[lire en ligne].
Pierre Guerlain,« A Tale of Two Anti-Americanisms »,European Journal of American Studies, EJAS 2007-2,[lire en ligne].