
UnanthelminthiqueÉcouterⓘ (parfois écritantihelminthique) ouvermifuge est une classe demédicament antiparasitaire[1] qui permet d'éradiquer les vers parasites, notamment gastro-intestinaux chez l'homme ou l'animal.
Étymologiquement parlant, ce mot désigne spécifiquement les médicaments luttant contre leshelminthoses, c'est-à-dire détruisant leshelminthes (chez l'homme, l'animal ou la plante), mais il désigne en réalité plus souvent les antiparasitaires ciblant lesnématodes ettrématodes (Platyhelminthes) susceptible de parasiter les réseaux sanguin et lymphatique, des tissus conjonctifs ou des organes creux (cavités urogénitales, poumons avec par exempleSyngamus trachea, parasite hématophage des poumons des oiseaux), ainsi que tous lesparasites intestinaux de typevers (oxyures,ascaris (Ascaris lumbricoides chez l'Homme),ankylostome,anguillule etténia en particulier).
Ce sont despesticides et desbiocides au sens desdirectives européennes concernant ces produits. Ils doivent aussi répondre aux réglementations concernant lesmédicaments humains etvétérinaires.
On appelle« vermifugation » l'action de vermifuger. Le vermifuge peut se retrouver sous forme de comprimé ou sous forme liquide. Une fois administré, il permet d'éliminer, notamment par les selles, les parasites présents dans l'organisme[2].
Les principaux parasites intestinaux sont :
Il existe des parasites propres à certaines espèces animales. Letoxocara canis, par exemple infecte habituellement les chiens[3], tandis que letoxocara cati se retrouve chez le chat[4]. Certains parasites peuvent également avoir plusieurs hôtes possibles ou réagir différemment en fonction de leur hôte. Letoxocara canis, par exemple, reste à l'état larvaire chez l'humain et s'enkyste dans l'organisme de celui-ci[5].
Habituellement, les excréments infectés ou la peau de la région périanale sont les vecteurs principaux de la contamination[5]. Les chiots et les chatons sont parfois infectés par le lait de leur mère, d'où l'importance de faire vermifuger les femelles reproductrices.
Chez l'être humain, les vers sont surtout acquis par les enfants et par voie orale. Les enfants sont particulièrement à risque puisqu'ils ont moins tendance à se laver les mains après avoir été en contacts étroits avec leur animal[1]. Les femmes enceintes peuvent également être à risque[4]. Unanimal domestique tel qu'un chien ou chat vivant auprès d'enfants ou dans un contexte de pré-grossesse devrait être particulièrement bien vermifugé, plus encore dans une zone d'endémie de zoonoses telle que l'échinococcose alvéolaire et notamment pour« les chiens de chasse qui semblent être beaucoup plus infectées que les chiens de non-chasse » selon une étude récente (2014)[6].
Plusieurs types de parasites peuvent être éradiqués par les vermifuges. On peut parfois les retrouver sous forme d'œufs, devers ou delarves. Cependant, il faut savoir que certains vermifuges sont plus susceptibles d'éradiquer certains types de parasites. Par exemple, le HeartGard (forme commerciale de l'ivermectine) est un vermifuge utile contre les vers du cœur et quelques parasites du typeAscaris. Le Panacur, quant à lui, est un vermifuge à large spectre utilisé contreToxocara canis.
Les symptômes provoqués par ces parasites sont :
D'autres symptômes plus spécifiques de chaque parasite peuvent s'y ajouter. Il faut également noter que l'examen des selles par un laboratoire et souvent la meilleure façon de repérer les parasites[7].
Pour les chiots et les chatons, le vermifuge doit être administré tous les quinze jours pendant deux mois.
Les vétérinaires conseillent par la suite de faire vermifuger son animal tous les mois jusqu'à l'âge de six mois. Par la suite, le vermifuge devra être administré tous les six mois ou lors des situations qui le nécessitent[1]. Les chiennes reproductrices peuvent contaminer les chiots, il est donc conseillé de les vermifuger une à deux semaines avant la mise bas, juste après la mise bas puis toutes les deux semaines jusqu'au sevrage.
Les protocoles varient selon le médicament prescrit, la plupart nécessitent une seule administration. Les vermifuges se présentent sous forme de comprimés ou de pâte et maintenant sous forme de spot on (liquide à appliquer sur la peau) chez le chien.
Certaines molécules naturellement synthétisées par des végétaux ont des propriétés anthelminthiques, avec par exemple
Des résidusécotoxiques de vermifuge sont retrouvés dans les cadavres, les urines et les excréments d'animaux vermifugés.
Ils deviennent des contaminants environnementaux préoccupants pour lesécotoxicologues et certains vétérinaires, notamment pour certainesniches écologiques vulnérables à ces produits (nécrophages,coprophages...). La contamination de l'environnement se fait en général via l'urine ou les excréments après traitement par voie orale, mais aussi par ingestion de la chair d'un cadavre contaminé (chez le vautour, le sanglier, les insectes nécrophages). Certains, comme G. Joncour (1993), plaident pour un usage vétérinaire raisonné de ces produits dans les écosystèmes fragiles ou fragilisés[12]
Ces médicaments étant pour la plupart écotoxiques, toxiques à très toxiques à faible dose, et pouvant contribuer à la « sélection » involontaire de souches antibiorésistantes, ils doivent être utilisés avec précaution, en respectant la règlementation, sous contrôle médical ou vétérinaire, et en sachant que les excréments des humains ou animaux traités avec certains de ces médicaments peuvent être également très toxiques pour les invertébrés (dont des insectes)coprophages ; par exemple, lesbouses des vaches traitées à l'ivermectine peuvent tuer toutes les larves debousiers issues des pontes déposées sur ces bouses. Ces dernières sebiodégradent alors beaucoup moins vite, en empêchant l'herbe de pousser.
Leshelminthes sont omniprésents dans les systèmes de production de ruminants au pâturage et sont responsables de coûts et de pertes de production importants. La résistance aux anthelminthiques des parasites est maintenant très répandue dans le monde. Elle est une menace majeure pour la pérennité de la production moderne deruminants, en diminuant la productivité, en compromettant la santé et le bien-être des animaux, et en augmentant les émissions de gaz à effet de serre au travers d’une augmentation duparasitisme et desintrants agricoles. Une revue de synthèse récente en Europe a montré que la plupart des anthelminthiques utilisés rencontraient des résistances chez lesnématodes gastro-intestinaux du bétail[13].
Depuis 2003 surtout, dulévamisole est retrouvé[14] en quantité dans la cocaïne distribuée par lesnarcotrafiquants. Ce phénomène, identifié d'abord aux États-Unis, le fut ensuite ailleurs dans le monde. En 2009, laDrug Enforcement Administration (DEA) a estimé que 69 % de la cocaïne saisie aux États-Unis contenait déjà du lévamisole en entrant sur le territoire, contre moins de 5 % de la cocaïne saisie2 ans auparavant (en 2007). En France, leSystème National d’Identification National des Substances et Toxiques (SINTES) a alerté en 2008 sur le fait que 29 % des échantillons de cocaïne en contenaient.
Or, associée à la cocaïne cet anthelminthique peut provoquer de graves troubles (neutropénies,purpura pouvant évoluer enlésions nécrotiques) et conduire à la mort. Les symptômes apparaissent quelques semaines après la consommation de cocaïne coupée au lévamisole[15]. Comme il fut observé pour certains effets secondaires du médicament, l'oreille[16],[17], et en particulier le lobe de l'oreille, fait souvent partie (mais pas toujours) des zones touchées par une vascularité nécrosante[18], de même que les joues, les arcs zygomatiques et les membres inférieurs.
Parmi les centaines de cas ayant fait l'objet d'unerevue de la littérature scientifique (2012), les deux complications médicales les plus fréquemment rapportées par les médecins sonthématologiques ou vasculaires[19],[20] (140 cas deneutropénie sur203 cas étudiés) etdermatologiques (rash et/ou nécrose de la peau[21] dans84 cas sur 203), ces symptômes apparaissant souvent conjointement[22].
Il fut d'abord supposé que le lévamisole était introduit dans la cocaïne par les fabricants ou lesdealers comme simpleadultérant (c'est-à-dire pour « couper » la drogue), mais ce produit est beaucoup plus cher que les adultérants classiques et il est trop utilisé pour n'avoir que ce rôle. Ainsi, des travaux plus récents ont montré que le lévamisole présente les caractéristiques d'un additif chimique psychoactif, qui pourrait encore augmenter la dépendance du cocaïnomane au produit[22] ; ce produit augmente en effet laneurotransmission noradrénergique en inhibant la recapture[22], il agit sur les récepteurs nicotiniques ganglionnaires. De plus, il est partiellementmétabolisé en un composé de typeamphétamine[22] et il semble aussi pouvoir augmenter la production d'opioïdes endogènes et le taux dedopamine dans le« circuit de la récompense cérébrale »[22] très impliqué dans le phénomène d'addiction.
Le traitement de ces nécroses impose une chirurgie souvent difficile, car elles peuvent s'étendre sur une grande partie du corps. Elles doivent être stabilisées par des excisions avant toutegreffe de peau (autogreffe). De plus, la nécrose peut aussi parfois atteindre lecartilage (nez, oreilles, fréquemment)[23], et l'os ce qui peut conduire à l'amputation si le système vasculaire est trop dégradé[21].
Une autre molécule, laphénacétine (qui est également un médicament toxique ayant aussi été utilisé contre lapolyarthrite rhumatoïde), est aussi de plus en plus fréquemment détecté commeadultérant de lacocaïne[24].
Sur les autres projets Wikimedia :