La plus ancienne datation attestée du dieuAmon àKarnak se situe pendant son règne. LeCanon royal de Turin (5.14) a une lacune sur son nom et lui attribue un règne de 49 ans[4]. LaChambre des ancêtres à Karnak, datant du règne deThoutmôsis III, doit probablement le citer, mais les différentes lacunes empêchent de savoir avec certitude à quelle place son nom devait être inscrit, la liste n'étant pas chronologiquement ordonnée. La position (n° 10) peut lui correspondre, s'y trouve inscritAntef, juste à côté de noms partiellement préservés :In... ouAn... (n° 11, peut-êtreAntef Ier) etMen... (n° 12, peut-êtreMontouhotep Ier).
Après ces guerres, des relations plus amicales ont été établies et le reste du règne d'Antef a été pacifique. La découverte d'une statue d'Antef II, enveloppée dans une robe defête-Sed, dans le sanctuaire d'Heqaib àÉléphantine suggère qu'aux environs de la30e année de son règne[7], l'autorité de ce roi s'étendait à la région de la Première Cataracte et, peut-être, à une partie de la Basse-Nubie. Cette impression semble confirmée par une expédition menée par Djemi deGebelein au pays de Ouaouat (c'est-à-dire enNubie) pendant son règne[7]. Par conséquent, à la mort d'Antef II, il a laissé derrière lui un gouvernement fort àThèbes qui contrôlait toute laHaute-Égypte et maintenait une frontière jusqu'au sud d'Assiout[7].
Sur sa stèle funéraire, Antef met l'accent sur ses activités de construction de monuments. Il est significatif que le plus ancien fragment survivant de construction royale àKarnak soit une colonne octogonale portant le nom d'Antef II. Antef est également le premier souverain à construire des chapelles pourSatis etKhnoum sur l'île Éléphantine[8]. En fait, Antef a lancé une tradition de construction royale dans les temples provinciaux deHaute-Égypte qui devait durer tout au long du Moyen Empire.
Tjetjy : trésorier en chef et le chambellan des rois Antef II etAntef III[8] ; sa stèle funéraire finement sculptée, aujourd'hui auBritish Museum[9], montre qu'Antef II revendiquait le double trône d'Égypte mais reconnaît aussi l'étendue limitée de son règne : « L'Horus Ouahânkh, roi de Haute et de Basse-Égypte, fils de Rê, Antef, né deNéférou, lui qui vit éternellement comme Rê, [. ...] cette terre était sous sa domination au sud jusqu'à Yebou et au nord jusqu'àAbydos »[2]. Tjetjy décrit ensuite sa carrière de la manière typique de l'élite égyptienne. Plus important encore, le texte démontre le pouvoir incontesté du roi dans le royaume thébain de laXIe dynastie : « J'étais un favori digne de confiance de mon seigneur, un officiel au grand cœur et au tempérament tranquille dans le palais de son seigneur [...]. Je suis quelqu'un qui aimait le bien et détestait le mal, quelqu'un qui était aimé dans le palais de son seigneur, quelqu'un qui accomplissait tous ses devoirs en obéissant à la volonté de son seigneur. En effet, comme pour chaque tâche qu'il m'a ordonné d'entreprendre [...], je l'ai fait avec justesse et droiture. Jamais je n'ai désobéi aux ordres qu'il m'a donnés ; jamais je n'ai substitué une chose à une autre [...]. De plus, pour chaque responsabilité du palais royal que la majesté de mon seigneur m'a confiée et pour laquelle il m'a fait exécuter une tâche, je l'ai fait pour lui conformément à tout ce que sonka désirait »[2].
Hetepy : fonctionnaire àNekheb qui administrait les trois nomes les plus au sud du royaume d'Antef II ; cela signifie qu'il n'y avait pas denomarques dans les territoires contrôlés par les Thébains ; tout comme dans le cas de Tjetjy, la référence constante au roi dans la stèle d'Hetepy démontre l'organisation centralisée du gouvernement du royaume thébain et le pouvoir du roi, à qui tout était dû : « J'étais un bien-aimé de mon Seigneur et loué par le seigneur de ce pays et sa majesté rendait vraiment ce serviteur heureux. Sa majesté a dit : « Il n'y a personne d'autre que Hetepy qui [...] ait un bon commandement », et ce serviteur l'a très bien fait, et sa majesté a loué ce serviteur pour cela »[8] ; enfin, la stèle de Hetepy mentionne une famine qui s'est produite sous le règne d'Antef II.
Djary : officier militaire qui a combattu les forces d'Héracléopolis Magna dans le nome d'Abydos pendant la poussée vers le nord des armées d'Antef II[8] ; sa stèle raconte la lutte pour le contrôle de laMoyenne-Égypte : « Antef a combattu la maison de Khety au nord deThinis. »[10]
Idoudjou-Iker : un des chefs responsables de la Basse-Nubie qui aida le roi à conquérirAbydos[11].
Le complexe funéraire d'Antef a été creusé à flanc de colline àEl-Tarif sur la rive opposée du Nil en face deThèbes et est aujourd'hui connu sous le nom de Saff el-Kisasija.Saff signifierangée en arabe et désigne la double rangée de colonnes et les entrées qui donnent sur une grande cour trapézoïdale de 250 mètres sur 70, à l'extrémité orientale de laquelle se trouvait une chapelle mortuaire[12]. Cette chapelle était peut-être destinée à servir de temple de la vallée[13]. Suivant la tradition de ses ancêtres nomarques, Antef a érigé à l'entrée de sa tombe une stèle biographique qui relate les événements de son règne et lui attribue cinquante ans de règne[8],[14]. Une stèle mentionnant les chiens du roi aurait également été érigée devant la tombe. Une autre stèle mentionnant un chien nommé Beha a été découverte, elle a été retrouvée près de la chapelle des offrandes[12].
↑abcd eteDarrell D. Baker: The Encyclopedia of the Pharaohs:VolumeI - Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International,(ISBN978-1-905299-37-9), 2008, pp. 143-146