À partir du, des troupes russes occupent la péninsule de Crimée, puis des mouvements de troupes sont entrepris par l'armée de terre russe près de la frontière ukrainienne. Ces évènements provoquent une crise diplomatique internationale.
Le déploiement de ces troupes russes fait suite aux manifestations de l'Euromaïdan enUkraine ayant abouti à la destitution du président ukrainien pro-russeViktor Ianoukovytch par leparlement, le. LaRussie considère que le nouveau gouvernement ukrainien est « illégitime »[2]. Le gouvernement ukrainien du nouveau présidentOleksandr Tourtchynov accuse la Russie « d'invasion » et « d'occupation armée » tandis que la Russie nie être à l'origine de la présence de soldats russes en Crimée et affirme que ces soldats sont des « forces locales d'auto-défense », tout en évoquant la possibilité d'envoi de troupes en Ukraine[2].Vladimir Poutine avouera en avril que ces troupes occupant la Crimée étaient bien des soldats de l'armée russe. Le, leparlement de Crimée, illégitime, déclare l'indépendance de larépublique de Crimée.
Le, à la suite d’unréférendum tenu le, le gouvernement russe annonce que la république de Crimée (correspondant à l’ancienne république autonome de Crimée) et la ville de Sébastopol, anciennement ukrainiennes, deviennent deux nouveauxsujets de la fédération de Russie et le gouvernement ukrainien commence alors à retirer ses troupes de Crimée. Début avril, une insurrection armée séparatiste soutenue par la Russie émerge dans l'est du pays. Commence alors laguerre du Donbass.
Au niveau international, lesÉtats-Unis, l'Union européenne et d'autres pays s'opposent à la Russie, l'accusant de violer ledroit international et la souveraineté de l'Ukraine. L'Assemblée générale de l'ONU adopte le avec100 voix pour et 11 contre, unerésolution non contraignante qui souligne le caractère invalide du référendum en Crimée et le rattachement de cette péninsule à la Russie. Sur les193 pays membres, 58 s'abstiennent et une vingtaine ne prend pas part au vote[3].
Le,Iouri Mechkov est élu président de la Crimée, poste qu'il sera le seul à occuper de 1994 à 1995. Un triple référendum est lancé le, en même temps que les élections régionales et nationales. Il porte sur une plus grande autonomie de la Crimée, sur la double-nationalité et sur l'importance des décrets présidentiels ; les trois votes sont positifs. En, le parlement de Crimée vote le retour à la constitution de. En, le président de la Crimée, Mechkov, en accord avec son parlement, décide de réécrire une nouvelle constitution. Le, lemémorandum de Budapest signé entre laRussie et l'Ukraine garantit l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Le le parlement d'Ukraine abolit la constitution de 1992 etde facto la légalité du Président de la Crimée. De juin à, c'est le président d'UkraineLeonid Koutchma qui gouverne directement la Crimée par décrets présidentiels. En, le parlement de Crimée vote une nouvelle constitution, encore une fois contestée par les autorités ukrainiennes, jusqu'en, après bien des amendements. Une seconde constitution de la Crimée, donnant moins d'autonomie, est finalement ratifiée par le parlement de Crimée, le. Le parlement ukrainien confirme à son tour cette constitution le. Elle entre en vigueur le[9].
Le, lesaccords de Kharkov sont signés entre l'Ukraine et la Russie, prolongeant, jusqu'en 2042 au lieu de 2017, l'utilisation de labase navale de Sébastopol contre des rabais importants sur le gaz russe. Les intérêts pour la Russie de prendre la Crimée sont également énergétiques, celle-ci disposant d'importantschamps de gaz[10].
En février 2014, dans le contexte des manifestations pro-européennes de l'Euromaïdan, débutées en 2013, dénonçant la corruption et le caractère pro-russe du pouvoir en place, le président de l'UkraineViktor Ianoukovytch est destitué par le parlement ukrainien et remplacé par un gouvernement d'intérim dirigé parOleksandr Tourtchynov etArseni Iatseniouk[11].
Le 21 février, leprésident ukrainienViktor Ianoukovytch téléphone auprésident russe Vladimir Poutine et déclare son intention de quitter Kyïv. Poutine cherche à le dissuader de quitter la capitale, mais Ianoukovytch se rend àKharkiv puis àDonetsk[12]. Dans le documentaire russe d'Andreï Kondrachov(ru),Crimée. Retour à la Patrie(en), Poutine déclare avoir tenu une réunion toute la nuit du 22 février, dans laquelle il annonce sa décision d'imposer le« retour » de la Crimée à la Russie[12],[13],[14]. À Donetsk, Ianoukovytch demande de l'aide à Poutine ; ce dernier suggère qu'ils se retrouvent àRostov-sur-le-Don, mais l'avion de Ianoukovytch n'est pas autorisé à quitter l'aéroport international de Donetsk[12]. Par conséquent, il s'envole pour la Crimée. Une fois sur place, les Russes organisent le transport de Ianoukovytch d'Ukraine vers la Russie[12].
Dans les jours qui suivent la destitution de Ianoukovytch, les groupes armés pro-russes de Simferopol engagent des volontaires dans des milices, stimulés par la télévision pro-russe qui affirme que des nationalistes ukrainiens descendent sur la capitale de Crimée[17].
Le, le FSB et lerenseignement militaire russe (GRU) contactentLeonid Hrach(en) (député de la Rada d'Ukraine jusqu'en 2012 et ancien dirigeant communiste de Crimée sous l'URSS) puisSergueï Axionov (député d'un groupe marginal prorusse) pour leur faire une proposition formelle de devenir premier ministre de larépublique de Crimée et leur annoncent leur intention de« rattacher la Crimée à la Russie ». C'est Axionov qui est finalement choisi[18].
Le, un débat en vue d'un vote sur la tenue d'un référendum se tient au Parlement de Crimée à Simferopol. Mais le vote n'a pas lieu ce jour-là car le nombre de députés pour réunir unquorum n'est pas atteint,2 députés refusant d'enregistrer leur présence. Pendant ce temps, des milliers de manifestants s'affrontent à l'extérieur du bâtiment entre les pro-russes et les pro-Kyïv[17].
Au petit matin du, des manifestants ainsi qu'entre 50 et 100 Russes armés prennent d'assaut le siège du Parlement de Crimée et hissent ledrapeau russe[16]. Le site internet du Parlement est alors mis hors service et les téléphones des personnes entrant dans le Parlement sont confisqués[19]. Les journalistes sont également interdits d'accès[17]. Un groupe de députés (une dizaine selon les organisateurs de la manifestation) vote la défiance du précédent gouvernement avant d'élire Sergueï Axionov comme nouveau Premier ministre de Crimée, bien que le Parlement communique plus tard que 61 élus sur 100 étaient présents[20]. Le parti d'Axionov,Unité russe(en), avait obtenu 4,02 % des voix aux élections de 2010. Dès son arrivée au pouvoir, il demande le soutien financier et sécuritaire de la Russie[21]. La tenue du référendum prévu initialement le est votée[19].
Le même jour, la Russie engage des manœuvres militaires[22] avec son armée de terre aux zones frontalières avec l'Ukraine, au prétexte de « mettre à l'épreuve sa capacité d'action »[23]. Ces mouvements de troupes couvrent en fait une mobilisation à l'échelon régional provenant de la base navale de Sébastopol, comme les événements du week-end qui suit le révéleront. La base navale stratégique de Sébastopol est un élément primordial du système de défense russe, abritant la flotte de la mer Noire[a]. Les forces russes stationnées en Crimée — la810e brigade d'infanterie de marine de la Garde — ne sont pas assez nombreuses pour encercler les bases des garnisons ukrainiennes[16],[b].
Selon leService national des gardes-frontières d'Ukraine, le matin du 28 février, dix hélicoptères militaires russes s'envolent vers l'Ukraine depuis la Russie, en passant par le capTakil(uk). Deux hélicoptèresKamov Ka-27 et un hélicoptèreMil Mi-8 atterrissent à l'aérodrome de Katch(ru) et passent par les douanes ukrainiennes selon les procédures établies, mais les autres hélicoptères — ne répondant pas aux communications des gardes-frontières — atterrissent près de l'aérodrome en violation de l'accord russo-ukrainien[24]. Le même jour, une dizaine d'avions de transport militaire russes Il-76 atterrissent sur labase aérienne de Hvardiïske sans obtenir d'autorisation[c]. La défense aérienne ukrainienne est passive en l'absence d'instructions claires du gouvernement : deux avions de combatSoukhoï Su-27 basés en Ukraine continentale survolent la Crimée mais n'attaquent pas les Russes[16],[d].
Le ministre de l'intérieur ukrainien par intérim,Arsen Avakov, dénonce une « invasion » et une« occupation armée » des deux aéroports de Crimée par des hommes armés qu'il identifie comme des soldats russes, ce que le Kremlin ne précise pas. À la suite de cet événement, le parlement ukrainien fait voter une résolution appelant laRussie, leRoyaume-Uni et lesÉtats-Unis à respecter l'engagement de 1994, signé à Budapest visant à garantir l'indépendance de l'Ukraine en échange de son renoncement aux armes nucléaires[29]. Dans l'après-midi, Ianoukovitch tient une conférence de presse àRostov-sur-le-Don, au cours de laquelle il affirme sa légitimité de président, sa volonté de revenir en Ukraine quand sa sécurité sera assurée, et la nécessité de tenir un référendum[30].
Le, leConseil de la fédération de Russie autorise le président Poutine à faire usage de la force en Ukraine[31]. Cette demande fait suite à l'appel du nouveau Premier ministre éluSergueï Axionov, favorable à l'union avec la Russie[32].
Dans l'est du pays, notamment àKharkiv etDonetsk, ainsi qu'àOdessa, ont lieu des manifestations pro-russes massives, avec des heurts à Kharkiv[33]. L'État russe annonce engager un processus de normalisation, d'abord en Crimée, ce que certains observateurs occidentaux interprètent comme une réitération de l'intervention en Géorgie de 2008 qui a mené à la séparation de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, à la différence que le conflit en Géorgie a commencé par une action géorgienne après plus d'une décennie de blocus économique, ce qui n'est pas le cas du gouvernement ukrainien. Plusieurs témoins attestent de la distribution de passeports russes à des habitants d'Ukraine[34]. La politique de distribution de passeports russes (passeportisation(en)) en Crimée rappelle d'ailleurs celle orchestrée en Géorgie, dans les régions d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, peu avant la guerre russo-géorgienne. À cette époque, l'un des principaux arguments invoqués par Poutine lors de son intervention était la protection de ses citoyens[35].
Le 2 mars àSimferopol, des milices d'auto-défense se structurent; sur les photos, les boucliers anti-émeutes sont parés des couleurs dudrapeau de la Crimée.
Manifestationsplace de l'Indépendance à Kyïv protestant contre l'intervention russe en Crimée, le.
Le, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale ukrainien annonce que l'armée va mobiliser tous les réservistes[36] ; de plus, à la suite de rapports de survol de son territoire par des hélicoptères de combat, l'Ukraine ferme son espace aérien à tout aéronef non civil[37]. L'escalade verbale est perceptible par la convocation en urgence des vingt-huit ambassadeurs desÉtats membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) le dimanche[38]. Dans la nuit, des avions ukrainiens éconduisent deux chasseurs russes de l'espace aérien ukrainien[16].
Lachancelière allemandeAngela Merkel obtient que Poutine participe à des négociations avec un groupe de contact composé de diplomates européens. Par ailleurs, le gouvernement ukrainien affirme que les Russes auraient adressé un ultimatum aux Ukrainiens leur demandant d'abandonner leurs bases[39].
Le, Washington estime que « la Russie a atteint le contrôle opérationnel de la Crimée »[40]. À Moscou, la bourse chute de 10 %[41], le taux de change du rouble s'effondre. En Ukraine, les citoyens volontaires en âge d'être incorporés se rassemblent dans les commissariats de district, répondant à l'appel du gouvernement[42]. Côté diplomatique, leministre russe des Affaires étrangères,Sergueï Lavrov, souligne dans une allocution à Genève[43] que son pays n'avait aucunement porté atteinte à l'intégrité territoriale, mais assuré la sécurité des habitants russophones de Crimée face aux événements récents de Kiev. Son homologue américain,John Kerry, décline alors toute une série de sanctions possibles dont la plus retentissante mènerait à l'isolement économique de la Russie[44].Ioulia Tymochenko, ancienne Première ministre ukrainienne, considère que la raison de l'agression russe provient des velléités ukrainiennes de s'intégrer à l'Europe[45]. Selon elle, la Russie vise à la capitulation de l'Ukraine[46].
Le, le Parlement de Crimée adopte à l'unanimité une motion réclamant son rattachement à la Russie, sous la contrainte des soldats armés russes et des militants pro-russes[48],[17]. Le référendum est également avancé au 16 mars à la place du 25 mai. Ce jour-là, le parlement russe adopte une loi facilitant l'annexion de la Crimée par la Russie[17].
Le, un autre navire russe de classe BM-416 est sabordé[49].
Le, des gardes-frontières ukrainiens sont déployés le long de laTransnistrie (république séparatiste deMoldavie) dans le but d'empêcher des provocations d'activistes pro-russes dans l'oblast d'Odessa[50]. Des allégations font également surface quant à l'implication, selon les Russes, de mercenaires de la société privée militaire américaineAcademi (anciennement Blackwater) pour réprimer les manifestations pro-russes àDonetsk.The Washington Post les interprète comme un« prétexte pour une intervention militaire russe en Ukraine au-delà de la Crimée »[51].
Le, le Parlement de Crimée déclare par78 voix sur 81, sous la contrainte des militants pro-russes armés, son « indépendance » vis-à-vis de l'Ukraine par la création de larépublique de Crimée qui regroupe larépublique autonome de Crimée et la ville de Sébastopol[52]. Dans son communiqué, il déclare s'inspirer de la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008[53]. Un des leaders russes de l'organisation des milices armées en Crimée et alors agent duFSB,Igor Guirkine, avouera en 2015 dans une interview que les députés du parlement de Crimée ont été forcés à voter le rattachement à la Russie par les forces qu'il dirigeait[54].
Le, la Russie accepte pour la première fois l'envoi d'unemission de l'OSCE en Ukraine alors que 8 500 soldats russes, selon une annonce officielle du gouvernement russe, seraient déployés de l'autre côté de la frontière ukrainienne et participeraient à des exercices militaires. La Russie a de plus envoyé six avions de combat Su-27 et trois avions de transports enBiélorussie à la suite d'une demande du gouvernement de ce pays[55]. Le Parlement ukrainien approuve la formation d'une Garde nationale de volontaires qui pourrait comprendre jusqu'à 60 000 hommes, chargée de la sécurité intérieure, de la protection des frontières et de la lutte contre le terrorisme[56]. Un manifestant pro-Kiev est tué lors de heurts avec des manifestants pro-russes à Donetsk[57].
Le, la Crimée vote le rattachement à la Russie, 96,77 % des votants ayant voté en faveur de cette résolution lors du référendum contre 2,51 % pour le rétablissement de la Constitution de la république de Crimée de 1992 et le maintien du statut de la Crimée au sein de l'Ukraine[58]. Le, le rouble devient la monnaie officielle de larépublique de Crimée mais lahryvnia, la monnaie ukrainienne qui avait cours légal, sera acceptée jusqu'au. L'intégration des institutions de Crimée dans la fédération de Russie devrait prendre un an. En contrepartie la Russie annonce envoyer une aide de15 milliards de roubles (295 millions d'euros) à la Crimée[59].
Le, l'Ukraine annonce mobiliser jusqu'à 40 000 réservistes contre « l'ingérence russe » en Crimée[60]. Le lendemain, le gouvernement russe annonce que larépublique de Crimée et la ville de Sébastopol (dont le maire estAlexeï Tchaly) sont devenues deux nouveauxsujets fédéraux de Russie. Le gouvernement ukrainien se prépare à retirer ses troupes de Crimée vers l'Ukraine continentale« rapidement et efficacement »[61].
L'Ukraine annonce officiellement le retirer ses troupes de Crimée[62].
Le, Vladimir Poutine reconnaît dans une interview télévisée que les soldats sans insigne qui avaient envahi la Crimée étaient des soldats de l'armée russe :« Derrière les forces d'autodéfense de Crimée, bien sûr, se trouvaient nos militaires »[63].
Dans le même temps, en ce début d'avril, une insurrection armée séparatiste soutenue par la Russie émerge dans l'est du pays. Commence alors laguerre du Donbass[64],[65].
Le, des militaires russes s'emparent du quartier général du55e régiment de missiles anti-aériens(uk) àEupatoria, désarmant le personnel ukrainien[66]. Ce jour-là, les Russes encerclent les trois régiments ukrainiens dedéfense aérienne stationnés en Crimée[16]. À Belbek, les Russes occupent leshangars et encerclent le poste de garde. Les Ukrainiens refusent l'ordre de rendre leurs armes, mais ce soir-là, le poste de garde est pris d'assaut à l'aide degrenades assourdissantes. L'armée ukrainienne indique que les aéroports militaires deKirovske et Belbek sont contrôlés par les Russes[67],[28].
Le soir du, l'amiralDenis Berezovski, nommé le commandant en chef de l'amirauté ukrainienne fait allégeance au camp pro-russe[68]. Il est aussitôt poursuivi pourhaute trahison par les autorités ukrainiennes[69]. Mille soldats russes encerclent les services des douanes et des garde-côtes àPereval'ne, tentant sans succès de désarmer les unités ukrainiennes qui s'y trouvent. Selon les autorités ukrainiennes qui organisent la mobilisation générale[70], 150 000 soldats russes seraient massés de l'autre côté desfrontières de l'Ukraine[71].
Le, Washington estime que « la Russie a atteint le contrôle opérationnel de la Crimée »[40].
À Belbek, les deux camps échangent plusieurs ultimatums : les Russes exigent la reddition des Ukrainiens assiégés et les Ukrainiens demandent l'accès à certaines parties de la base. Aucune des deux parties ne respecte les termes des ultimatums de l'autre camp. Le, la garnison ukrainienne commandée par le colonelIouliy Mamtchour(en) de la204e brigade d'aviation tactique monte une« contre-attaque » : à pied et sans armes, les drapeaux déployés et entonnant l'hymne national ukrainien[28],[72]. Les Ukrainiens portaient le drapeau ukrainien bleu et or et ledrapeau rouge de l'Union soviétique. La brigade, respectée par les Russes par le rôle qu'elle a joué pendant laSeconde Guerre mondiale, marche en direction d'un point de contrôle russe avant d'être stoppée par des tirs de sommation[73]. Malgré les coups de feu d'avertissement des Russes, le colonel Mamtchour et ses Ukrainiens parviennent à reprendre la piste et à négocier le retour sous contrôle conjoint russo-ukrainien[28],[72] d'autres parties de la base aérienne sous contrôle russe. Les soldats réguliers russes à Belbek sont accompagnés d'hommes prétendant appartenir aux forces d'autodéfense locales. Malgré l'absence d'insignes sur les uniformes russes, unGAZ 2330 TIGR est identifié comme appartenant à la partie russe : ses plaques d'immatriculation militaires le rattachent audistrict militaire du Caucase du Nord, et non à la flotte de la mer Noire[73].
Par ailleurs, des sources russes affirment que jusqu'à 6 000 soldats ukrainiens auraient fait défection et rejoint le camp pro-russe depuis le début de la crise[77]. Le, des volontaires serbesTchetniks arrivent en Crimée aux côtés des Russes, pour les soutenir[78].
Soldats russes sans insigne bloquant la base ukrainienne dePerevalnoïe, le.
Des membres duBerkout gardent un point de contrôle à l'entrée de la péninsule de Crimée, le.
Le, les Russes désarment un bataillon d'infanterie motorisé ukrainien àBakhtchissaraï et prennent le contrôle d'une base de lancement de missiles à Tchornomorskoïe et du principal hôpital militaire ukrainien en Crimée (situé àSimferopol[79]).
Le, des exercices militaires ukrainiens débutent[80], alors que les forces russes seraient par ailleurs entrées dans l'oblast de Kherson (reliant l'Ukraine à la Crimée) et y auraient placé des mines et des bornes-frontières quelques jours plus tôt[81].
Le, les pompiers ukrainiens, accompagnés du colonel Mamtchour, éteignent un incendie qui s'est développé dans la partie occupée par la Russie de la base aérienne de Belbek.
Le, le colonel Mamtchour (commandant la204e brigade d'aviation tactique, basé à l'aéroport international de Sébastopol, réquisitionné par les troupes pro-russes) lance un appel sur YouTube au gouvernement ukrainien, lui demandant de donner des ordres écrits à toutes les troupes ukrainiennes en Crimée, faute de quoi lui et sa brigade se battront, même s'ils ne peuvent pas résister longtemps[82],[83].
Le, selon leministère de la Défense de l'Ukraine, l'armée ukrainienne aurait fait décoller des avions de chasse et envoyé des parachutistes pour repousser une tentative d'intrusion par hélicoptère de jusqu'à120 soldats russes dans l'oblast de Kherson. Le communiqué officiel ne donne pas plus de détails et aucune source indépendante n'a pu confirmer cette déclaration[84]. Les Russes affirment s'être déployés pour protéger la station de pompage de gaz deChornomornaftogaz(en) (qui doit être transférée àGazprom à la suite de la nationalisation des entreprises engagée par les autorités de Crimée) d'éventuelles attaques terroristes[85],[86].
Le même jour, une attaque contre un centrephotogrammétrique de la Direction centrale des opérations de soutien fait un tué, un blessé et dix-huit prisonniers parmi la garnison ukrainienne et un autre tué parmi les forces pro-russes Criméennes, les forces ukrainiennes en Crimée recevant l’autorisation après cet incident de faire usage de leurs armes. La base ukrainienne de Simferopol est prise par les pro-russes[87].
Le, vers20 h 30, les troupes ukrainiennes ouvrent le feu contre des forces hostiles non identifiées qui tentent de s'emparer de labase aérienne de Belbek en lançant des grenades assourdissantes. Les attaquants sont repoussés[90]. Le gouvernement ukrainien se prépare à retirer ses troupes de Crimée vers l'Ukraine continentale« rapidement et efficacement »[61].
Le, les forces russes capturent deuxcorvettes ukrainiennes dans le port de Sébastopol : leLoutsk(en) et leKhmelnytskyi(uk). Les200 membres d'équipage ukrainien sont ramenés vers la côte[91],[92]. Par ailleurs, la frégate ukrainienneHetman Sahaydatchniy se serait confrontée à quatre navires de guerre russes soutenus par deux hélicoptères d'assautMi-35, ces derniers étant rentrés dans les eaux territoriales ukrainiennes au large d'Odessa. Il n'y a pas eu cependant d'échange de tirs et l'Hetman Sahaydatchniy se serait retiré. Dans la soirée, quinze à vingt soldats russes prennent d'assaut une autre corvette ukrainienne, leTernopil(en)[93].
Le sous-marin ukrainienZaporijjia(en) (photographié ici en 2012) a été pris d'assaut par les Russes le.
Le, des navires de guerre russes encerclent à Sébastopol le sous-marin ukrainienZaporijjia(en). Il est capturé par les Russes après avoir été attaqué à l'aide de grenades[94]. Le dragueur de mines ukrainienTcherkassy(uk) tente infructueusement de négocier avec les Russes pour obtenir un accès à la haute mer (le port ayant été bloqué par le sabordage de navires russes). À la suite de l'échec des négociations, leTcherkassy et le navire de débarquementKonstantin Olshansky jettent l'ancre et se disposent en formation défensive dans le port[95].
Le, labase aérienne ukrainienne de Belbek est prise par des forces spéciales russes soutenues par six blindésBTR-80 qui lancent des grenades fumigènes contre les installations de la base. Un journaliste et un soldat ukrainien sont blessés dans l'assaut, le colonel Mamtchour (commandant la garnison) est capturé par les Russes qui s’emparent, à Sébastopol, de la corvette ukrainienneVinnytsia(en) et du navire de commandementSlavoutytch(en)[97].
Le, selon le Comité de la sécurité de l'État de Transnistrie, un drone ukrainien aurait été abattu au-dessus du territoire transnistrien par les forces de sécurité de ce pays[98].
Le dans la matinée, des hélicoptères russes Mi-24 et Mi-8 attaquent la base ukrainienne deFéodossia, avant d'être par la suite pris par les forces spéciales russes soutenues par trois BTR-80[99].80 soldats et 2 officiers sont faits prisonniers. LeKonstantin Olchansky est pris d'assaut par200 soldats russes ainsi que le navire auxiliaireHenichesk(uk). De son côté, leTcherkassy aurait repoussé l'attaque de deux vedettes armées hostiles. L'Ukraine annonce officiellement dans la même journée retirer ses troupes de Crimée[62].
Le, leTcherkassy, dernier navire à arborer le drapeau ukrainien en Crimée, est finalement capturé après une confrontation ayant duré environ deux heures avec des navires et hélicoptères russes, sans faire de victimes.
Le, deux hélicoptères russes basés en Crimée survolent « par accident » l'oblast de Kherson[102] (en territoire ukrainien). Dans le même temps, le ministère russe de la Défense annonce que le matériel militaire ukrainien capturé en Crimée serait rendu à l'Ukraine[103].
Le, le capitaine ukrainien Viatcheslav Demianenko retenu en captivité depuis le est libéré par les Russes[104],[105].
Le, un soldat russe aurait fait irruption dans la caserne de la marine ukrainienne deNovofedorivka où le personnel de la base est en attente d'être évacué vers l'Ukraine continentale et aurait tué un officier ukrainien, selon le ministère ukrainien de la Défense[106].
Des altercations armées se produisent ponctuellement entre soldats fidèles à Kiev et miliciens pro-russes. Ainsi, deux combattants sont tués (un pro-russe et un pro-ukrainien) lors d'une fusillade entre les deux parties, le[107], tandis que les locaux de la marine ukrainienne à Sébastopol sont investis par les "Forces d'autodéfense" pro-russes le lendemain[108].
Le processus d’adhésion de larépublique autonome de Crimée à lafédération de Russie et donc de sa séparation de l'Ukraine amène les marins originaires de la péninsule à se positionner quant à leur loyauté. Ils seront ainsi 6 000 à faire le choix de rejoindre la Russie, et 2 000 à rester Ukrainiens[109].
La crise a provoqué des turbulences sur les marchés financiers. De nombreux marchés à travers le monde ont baissé légèrement en raison de la menace d'instabilité. Les cours de l'euro et du dollar américain ont monté, tout comme celui du dollar australien et du franc suisse[110]. Le marché boursier russe a chuté de plus de 10 %, tandis que le rouble russe a atteint un niveau bas historique contre le dollar américain et l'euro[111]. La banque centrale russe a relevé les taux d'intérêt et est intervenue sur les marchés de change à hauteur de12 milliards de dollars pour tenter de stabiliser sa monnaie. Par ailleurs, les prix du blé et des céréales ont augmenté, l'Ukraine étant un important exportateur de ces deux matières premières agricoles[112].
Il y a de plus des inquiétudes sur les exportations de gaz russe vers l'Europe et l'Ukraine qui pourraient être perturbées par le conflit actuel. 30 % du gaz européen est importé de Russie, dont la moitié transite par les pipelines ukrainiens. Le, le ministère russe de l'Énergie décide d'arrêter les subventions de gaz russe pour l'Ukraine sans pour autant arrêter les exportations[113].
Le, la Russie annonce qu'elle va augmenter de 80 % le prix du gaz naturel que paie l'Ukraine, ressource dont elle est très dépendante[114]. Le premier ministre ukrainienArseni Iatseniouk qualifie cette décision '« d' «inacceptable » et accuse la Russie de vouloir s'« emparer de l'Ukraine par une agression économique », après que« la Russie a été incapable de s'emparer de l'Ukraine militairement »[115].
En représailles, les autorités de Kiev annoncent le qu'elles vont fermer les vannes ducanal de Crimée du nord, qui assure 85 % des besoins en eau de la péninsule[116].
Avant l'annexion, plus de 80% des Ukrainiens avaient une opinion favorable de la Russie, contre seulement moins de 50% en septembre 2014. Le premier ministreArseni Iatseniouk etPetro Porochenko, alors candidat à la présidentielle, avaient déclaré avant l'invasion russe qu'intégrer l'OTAN n'était pas une priorité. Mais avec l'invasion, Iatseniouk demande que l'Ukraine reprenne le processus d'adhésion (qui avait été abandonné en 2010 par le président pro-russe Ianoukovitch[117]) à l'Alliance atlantique. Porochenko devenu président, demande lui un statut spécial pour l'Ukraine[118].
Entre 2014 et 2015,20 000 habitants fuient la Crimée. Entre 2015 et 2019, plus de134 000 personnes vivant en Crimée font une demande de passeport à l'Ukraine. Les demandes sont toutes approuvées[119].
Dans la péninsule, la minorité tatare subit des pressions dès l'invasion russe. Les opposants, journalistes, responsables d’organisations non gouvernementales (ONG), minorités ethniques et religieuses, subissent des pressions. En quelques mois, plusieurs militants d’ONG disparaissent. De nombreux lieux de culte de l’Église orthodoxe ukrainienne rattachée au patriarcat de Kiev sont vandalisés[118].
Le gouverneur de Crimée et les membres de son gouvernement pouvaient, avant l'annexion, être nommés ou révoqués par les membres du parlement de Crimée en accord avec le président de l'Ukraine. Désormais, avec la nouvelle constitution, le gouverneur de Crimée est élu par le parlement parmi les candidats proposés par le Président de la Fédération de Russie, et seul ce dernier peut révoquer le gouverneur[118].
Les obligations entre la Russie et l'Ukraine en matière d'intégrité territoriale et d'interdiction du recours à la force sont définies dans un certain nombre d'accords multilatéraux ou bilatéraux dont la Russie et l'Ukraine sont signataires[120].
La Russie et l'Ukraine sont toutes deux signataires de laCharte des Nations unies. La ratification de cette charte a plusieurs conséquences en matière de droit international, notamment en ce qui concerne le thème de lasouveraineté[121].
Vladimir Poutine affirme que l'intervention russe en Ukraine a été effectuée pour protéger les populations locales russophones, tandis que l'Ukraine et d'autres pays soutiennent que cette intervention constitue une violation de la souveraineté de l'Ukraine. Poutine, dans un entretien téléphonique avec Barack Obama en 2014, affirme que la déclaration d'indépendance du Kosovo de 2008 (à laquelle Moscou s'était opposée) fait jurisprudence, pour justifier le référendum de Crimée[122].
La Russie viole ses engagements signés en 1994 dans leMémorandum de Budapest par lequel elle s'était engagée à respecter la souveraineté territoriale de l'Ukraine[123]. Elle avait également signé letraité d'amitié russo-ukrainien en 1997 dans lequel les deux parties s'engageaient à respecter l'inviolabilité de leurs frontières respectives[124].
La Charte des Nations unies traite également des thématiques liées à l'autodétermination (article 55), aux actes d'agression (articles 1 et 39) et aux conditions humanitaires (article 1)[125].
Moscou et les sécessionnistes mettent en avant plusieurs textes qui impliqueraient que les habitants de Crimée aient le droit de décider de se séparer de l'Ukraine et de demander leur rattachement à la Russie[126].
Leur revendication repose tout d'abord sur ledroit des peuples à disposer d'eux-mêmes inclus dans la Charte des Nations unies. Seulement, ce droit ne peut s'exercer sereinement, à cause de la pression de la Russie et de sa présence militaire, qui donneraient au processus des airs d'annexion. Par ailleurs, larésolutionno 1514 de l'ONU précise que seuls les peuples qui ont subi une« subjugation, domination et exploitation étrangères » peuvent prétendre au droit à l’autodétermination, ce texte se référant au cas de la colonisation en Afrique[127],[126]. Le spécialiste des relations internationales Jean Charpentier fait remarquer que cette résolution établit une injustice entre les peuples de ladécolonisation et les autres[128].
L'ONU permet cependant, pour un peuple qui n'est pas dans un cas de« subjugation, domination et exploitation étrangères », une gestion interne de ses affaires politiques tant que cela ne remet pas en cause l'État auquel il appartient. Avant l'intervention russe, la Crimée était déjà dans ce cas. En effet, elle disposait alors d'un statut spécial lui accordant certaines prérogatives par rapport au gouvernement ukrainien en tant que république autonome et jouissait donc déjà du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes[126].
Larésolution 68/262 de l'Assemblée générale de l'ONU n'est cependant pas fondée juridiquement sur le droit international car celui-ci n'interdit pas une sécession si elle repose sur une consultation des populations, bien que dans le cas de la Crimée, le référendum ne soit pas reconnu par l'ONU[127].
Selon Théodore Christakis, professeur de droit international à l'universitéGrenobleII Pierre Mendès-France et directeur du Centre d'études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes (CESICE),« un référendum concernant le statut futur d'un territoire n'est pas, en principe, "illégal" du point de vue du droit international, pas plus qu'une éventuelle déclaration d'indépendance à la suite d'un tel référendum ». Pour lui,« le véritable problème en Crimée n'est donc pas le référendum, mais l'intervention militaire et l'ingérence russes qui elles, sont clairement "illégales" et peuvent rendre aussi illégale la situation résultant du référendum ». Il souligne que l'intervention russe en Crimée est clairement illégale et que l'argument du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes pour justifier le référendum n'est pas fondé car ce droit s'applique uniquement à des peuples ou ethnies en situation de décolonisation ou d'occupation militaire[129]. Selon le professeur Pierre Bodeau-Livinec, une sécession, comme celle de la Crimée avec l'Ukraine, n'est ni autorisée ni interdite en droit international : c'est un fait. Mais ce fait ne vaut que si le droit international n'est pas violé pour y parvenir[130].
L'ingérence militaire de la Russie durant le processus jette un très net doute sur la sincérité de cette sécession qui est donc assimilable à une annexion pure et simple de la Crimée par la Russie[127].
Les observateurs de la mission spéciale d'observation de l'OSCE en Ukraine sont refoulés à quatre reprises et ne peuvent surveiller le bon déroulement du vote. Les seuls observateurs conviés sont des « politologues et députés européens surtout connus pour leurs allégeances à l’extrême droite »[131] : l'eurodéputé duRassemblement NationalThierry Mariani en fait partie[132]. Également invité, l'eurodéputéFabrizio Bertot(en) du partiForza Italia et du groupeParti populaire européen, déclare que« le vote a eu lieu régulièrement »[133]. Par ailleurs, la campagne, clairement en faveur d'un rattachement à la Russie, est menée en deux semaines à peine[131].
Le 22 mars 2014, laCommission de Venise duConseil de l'Europe dépose son opinion :'La Constitution de l'Ukraine, comme d'autres constitutions des États membres du Conseil de l'Europe, prévoit l'indivisibilité du pays et n'autorise pas la tenue d'un référendum local sur la sécession de l'Ukraine. Cela résulte notamment des articles 1, 2, 73 et 157 de la Constitution. Ces dispositions, combinées au chapitre X de la Constitution, montrent que cette interdiction s'applique également à la République autonome de Crimée et que la Constitution de Crimée n'autorise pas le Soviet suprême de Crimée à convoquer un tel référendum. Seul un référendum consultatif sur une autonomie accrue pourrait être autorisé par la Constitution ukrainienne.. De plus, la situation en Crimée n'a pas permis la tenue d'un référendum conforme aux normes démocratiques européennes. Tout référendum sur le statut d'un territoire aurait dû être précédé de négociations sérieuses entre toutes les parties prenantes. De telles négociations n'ont pas eu lieu."[134]
Le président russeVladimir Poutine s'exprime lors d'une conférence de presse à propos de la situation en Ukraine le, dénonçant lesévénements à Kiev comme un « coup anticonstitutionnel » et en insistant sur le fait que la Russie a le droit de « protéger ses citoyens en Ukraine[135] ».
Le président intérimaire ukrainienOleksandr Tourtchynov accuse la Russie de « provoquer un conflit » en envahissant la Crimée. Il compare les actions militaires de la Russie à ladeuxième guerre d'Ossétie du Sud de 2008, lorsque les troupes russes ont envahi laGéorgie et occupé les républiques séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, après avoir vaincu l’armée géorgienne. Il appelle Poutine à retirer les troupes russes de Crimée et déclare que l'Ukraine« préservera son territoire et défendra son indépendance »[136]. Le, il avertit qu'une intervention militaire« serait le début de la guerre et la fin desrelations entre l'Ukraine et la Russie »[137], fait placer lesforces armées ukrainiennes en état d'alerte maximale et fait mobiliser les réservistes[138].
Le, Ioulia Tymochenko prévient qu'un« rattachement de la Crimée à la Russie créerait les conditions d'une guerre de guérilla »[139].
Le, le ministre des Affaires étrangères ukrainien déclare :« nous voulons régler cette crise pacifiquement. Nous ne voulons pas combattre les Russes », juste après avoir été reçu par son homologue françaisLaurent Fabius auQuai d'Orsay.« Nous voulons maintenir un bon dialogue, de bonnes relations avec le peuple russe. Nous apprécions tous les contacts possibles »[140].
Le, alors que Ianoukovytch ne s'était pas exprimé depuis le, il appelle les forces armées ukrainiennes à ne pas suivre les « ordres criminels » du gouvernement agissant à Kiev. Il décrit l'actuel gouvernement ukrainien comme une « bande d'ultranationalistes et de néo-fascistes » et critique ses soutiens occidentaux supposés, tout en annonçant sa volonté de revenir en Ukraine[141].
Le, Iatseniouk estime qu'il y a« encore une chance de résoudre la crise avec Moscou pacifiquement ». L'ambassadeur russe à l'ONU,Vitali Tchourkine, lui répond que« la Russie ne veut pas la guerre et les Russes non plus, et je suis convaincu que les Ukrainiens non plus »[142]. À trois jours du référendum, le leader desTatars de Crimée,Moustafa Djemilev, appelle quant à lui les habitants à boycotter celui-ci[143].
En avril, les autorités ukrainiennes ferment les vannes ducanal de Crimée du nord, dont la Crimée dépend à 85 % pour son approvisionnement en eau[116], provoquant notamment des problèmes dans l'agriculture locale[144]. Le gouverneur de CriméeSerguei Aksionov déclare que des négociations ont lieu avec l'Ukraine pour tenter de trouver une solution[116].
En, les autorités ukrainiennes prennent des mesures contre la Crimée pour faire pression sur la Russie, notamment en décidant la suspension des liaisons ferroviaires et en car à destination de la péninsule[145], officiellement pour des raisons de sécurité[146].
Le, lesecrétaire d'État des États-UnisJohn Kerry prévoit d'isoler la Russie, de la sanctionner économiquement et de rendre l'obtention des visas plus difficile pour ses citoyens. Leministère des Affaires étrangères russe déclare en retour que« cette attitude est irresponsable et contreproductive ». Il pose la question de savoir pourquoi Kerry, en qualité d'homme politique américain, s'est rendu en personne auparavant surMaïdan, afin de soutenir les manifestants.Sergueï Narychkine, le président de laDouma d'État (chambre basse duParlement russe) et proche de Poutine, déclare le :« la déclaration du secrétaire d'État John Kerry sur l'isolement de la Russie à cause de la politique en Crimée est à courte vue. Ces mesures mèneraient à une escalade de la crise autour de l'Ukraine »[147].
Le, Lavrov affirme que la Russie n'a pas l'intention d'envahir l'Ukraine orientale[148] alors que 100 000 soldats russes seraient massés près de la frontière ukrainienne, prêts à rejouer le scénario de la Crimée dans l'est du pays selon le gouvernement ukrainien[149].
LaChine appelle au dialogue et au respect de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine tout en refusant de s'opposer directement à la décision de la Russie[150].
—État appelant à une résolution pacifique du conflit.
—État appelant au respect de l’intégrité territoriale de l'Ukraine.
—État condamnant les actes russes.
—État condamnant les actes russes et les interprétant comme une intervention militaire.
—État soutenant l'intervention russe.
—État reconnaissant la légitimité des intérêts russes.
—Ukraine.
—Russie.
Le, l'Assemblée générale des Nations unies adopte unerésolution dénonçant le référendum en Crimée (estimant qu'il n'avait aucune validité) et l'annexion russe de la péninsule. La résolution recueille100 voix pour,11 voix contre et 58 abstentions, sur les193 États membres[151]. La Syrie fait part de son soutien à Poutine[152] et la Chine, qui s'était abstenue lors d'une résolution occidentale dénonçant le référendum, rejetée en raison du veto de la fédération de Russie, a appelé au dialogue et au respect de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine tout en refusant de s'opposer directement à la Russie[153].
Au niveau international, les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays se sont opposés à la Russie, l'accusant de violer ledroit international et la souveraineté de l'Ukraine. De plus, l'Union européenne ordonne la suspension immédiate des négociations de libéralisation des visas avec la Russie, tout en évoquant la possibilité de sanctions économiques (gels d'avoirs)[154]. Dès le, dans une déclaration, leprésident américainBarack Obama met en garde la Russie, tout en excluant une éventuelle intervention militaire américaine aux côtés des Ukrainiens[155]. Le sommet duG8 qui devait se tenir àSotchi en juin est annulé, et la Russie est exclue temporairement du G8 (devenu par conséquent G7), et n'y est jamais revenue[156].Le, leprésident françaisFrançois Hollande se déclare contre leréférendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie, affirmant qu'il ne peut y avoir de référendum sur l'avenir de la péninsule« sans que l'Ukraine elle-même n'ait décidé de l'organiser »[157]. Merkel parle d' « annexion de la Crimée[158] » et affirme que le référendum en Crimée est « illégal » et« contraire à la Constitution ukrainienne et au droit international »[159]. Le, elle affirme lors d'une déclaration auBundestag que« si la Russie continue sur la même voie que celle des dernières semaines, ce n'est pas seulement une catastrophe pour l'Ukraine (…), cela nuit aussi et surtout massivement à la Russie, j'en suis convaincue, économiquement, comme politiquement »[160]. Le, Obama affirme que les États-Unis « rejettent complètement » les projets de référendum[161].
Le Conseil de l'Europe a jugé le référendum illégal et ne reconnaît pas l'annexion de la Crimée[162].
Le,Shivshankar Menon,conseiller à la Sécurité nationale(en) de la République indienne, appelle toutes les parties impliquées à chercher une solution pacifique à cette crise diplomatique ; questionné sur la position officielle de l'Inde sur les événements qui se déroulent en Ukraine, il déclare« nous espérons que, quels que soient les problèmes internes en Ukraine, ils puissent être résolus pacifiquement, ainsi que les problématiques plus larges de réconcilier les différents intérêts impliqués, et il y a des intérêts russes ainsi que d'autres qui sont impliqués... Nous espérons qu'ils seront discutés, négociés et qu'une résolution satisfaisante de ces conflits d'intérêts sera trouvée »[166]. Le, l'Inde déclare que les« intérêts russes en Crimée sont légitimes »[167].
LaSyrie, par le biais de son présidentBachar el-Assad, a été le seul pays à avoir fait part explicitement de son soutien aux efforts de Poutine visant à« rétablir la sécurité et la stabilité dans le pays ami d'Ukraine »[168].
De son côté, le ministre des Affaires étrangères cubainBruno Rodríguez Parrilla a dénoncé ce qu'il a appelé « l'hypocrisie, les doubles standards et l'agression » de Washington et de l'OTAN en faisant référence à l'éviction de Ianoukovytch et a mis en garde contre toute tentative d'étendre la présence de l'OTAN aux frontières de la Russie qu'il considérerait comme une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies et qui constituerait une menace pour la paix, la sécurité et la stabilité mondiales[169].
Le, le Pentagone annonce envoyer six avions de combat et un avion de ravitaillement supplémentaires afin d'augmenter les quatre participant déjà à la missionBaltic Air Policing[171],[172]. Les États-Unis annoncent de plus le envoyer 12 avions et 300 personnels enPologne en réponse vraisemblablement aux activités russes en Crimée[173],[174]. Le, la Turquie fait décoller six de sesF-16 après qu'un avion espion russe a volé près de ses côtes au large de la mer Noire (celui-ci serait néanmoins resté dans l'espace aérien international)[175].
Le, le Royaume-Uni fait part de sa proposition de déployer un certain nombre d'Eurofighter Typhoon pour appuyer la mission Baltic Air Policing de l'OTAN[177]. LeDanemark annonce à son tour envoyer six F-16 pour soutenir cette mission le[178].
↑Elle confère, en théorie, à lamarine russe, l'accès à la Méditerranée et aux mers chaudes (elle est néanmoins dépendante - comme les autres pays - du droit de contrôle de laTurquie sur leBosphore et lesDardanelles réglé par laConvention de Montreux).
↑Afin de pouvoir transporter des soldats russes en masse, Poutine ordonne une « inspection surprise de l'état de préparation opérationnelle » du district militaire ouest et du district militaire central, dans le cadre de laquelle une quarantaine d'avions de transport militaires russes Iliouchine Il-76 partent de la base aérienne d'Oulianovsk les 26 et 27 février, dont au moins dix atterrissent à l'aéroport d'Anapa, sur la côte caucasienne et face à la Crimée depuis le kraï de Krasnodar russe.
↑Huit avions de transport militaire russes Il-76 atterrissent sur labase aérienne de Hvardiïske. Le commandant de la garnison russe empêche les gardes-frontières ukrainiens d'accomplir les procédures habituelles[24]. D'autres sources précisent que 13 de ces avions sont arrivés, amenant environ 2 000 hommes destroupes aéroportées russes[16].
↑Une colonne de trois véhicules blindés de transport de troupes et de dix camionsUral entre dans l'aéroport et les Russes bloquent les routes d'accès avec deshérissons tchèques[28]. Les troupes russes pénètrent dans la base aérienne par une voie d'accès non gardée, bloquant lapiste et s'emparant dudépôt de munitions[16]. Les Russes s'emparent de l'entreprise publique qui assure lecontrôle de la circulation aérienne dans l'espace aérien de la Crimée et occupent un autre bâtiment[28].
↑« « Opinion on “whether the decision taken by the Supreme Council of the Autonomous Republic of Crimea in Ukraine to organise a referendum on becoming a constituent territory of the Russian Federation or restoring Crimea’s 1992 Constitution is compatible with constitutional principles” adopted by the Venice Commission at its 98th Plenary Session (Venice, 21-22 March 2014) », »,Coucil of Europe,(lire en ligne)
↑« Le Conseil de l’Europe soutient l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris de la Crimée, déclare la Secrétaire Générale »,Conseil de l'Europe,(lire en ligne)