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Annette Zelman

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Annette Zelman
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 20 ans)
AuschwitzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Fratrie
Michèle Zelman(d)Voir et modifier les données sur Wikidata

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Annette Zelman, née le àNancy (Meurthe-et-Moselle) et morte en àAuschwitz (en Pologne annexée) est une victime de lapolitiqueantisémite durégime de Vichy puis duReich hitlérien.

Juive française née de parents immigrés d’Europe de l'Est, elle est arrêtée en àParis à la suite de la dénonciation du docteurHubert Jausion, père de son fiancé Jean Jausion, qui voulait s’opposer à leur mariage. Arrêtée à titre « préventif », puis déportée alors que la mesure épargnait les femmes jusque-là, elle meurt au camp d'Auschwitz, probablement en.

Biographie

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Annette Zelman est née le àNancy en Meurthe-et-Moselle en France.

Peu après la déclaration deguerre de 1939, Annette Zelman et sa famille se réfugient àBordeaux[1]. Recensée comme « israélite » en, Annette Zelman se rend àParis pour y entamer des études aux Beaux-Arts ; elle y fréquente artistes et intellectuels duquartier latin (Jean Rouch,Yannick Bellon, etc.)[1] Le, elle se rend à la mairie du10e arrondissement de Paris pour déposer une demande de mariage avec Jean Jausion, poète né en 1917 et lié à la mouvancesurréaliste[1]. Opposé au mariage, le père de Jean Jausion, leDr Hubert Jausion, intervient, selon des modalités qui restent mal éclaircies, auprès des autorités[1]. La jeune fille est arrêtée à son domicile, 58boulevard de Strasbourg[2] (10e arrondissement de Paris), le sur ordre exprès deTheodor Dannecker, chef du service des Affaires juives de laGestapo à Paris, pour un motif « politique »[1]. Détenue jusqu’au au dépôt de lapréfecture de police de Paris puis aucamp des Tourelles, Annette Zelman fait partie, le, dutroisième convoi de déportés à destination d’Auschwitz[1]. Elle y meurt sans qu’aucune information sur son sort n’ait pu être retrouvée[1].

Jean Jausion déclare renoncer au mariage afin qu'Annette soit remise à sa famille ; en vain. Fâché avec son père, il se réfugie à Limoges chez les parents d’Annette qui, après l’invasion de la zone sud, restent cachés dans une cave. Il écrit sur le thème de la dénonciation un roman qui paraîtra en 1945 auxÉditions Gallimard et sera adapté au cinéma sous le même titreUn homme marche dans la ville. En août 1944, il est de retour à Paris ; arrêté par une patrouille ennemie place de la Concorde lors des combats de la Libération, il est échangé contre un officier allemand. Il retrouve pendant quelques jours Saint-Germain-des-Prés puis devient correspondant de guerre du journal Franc-Tireur. Le 6 septembre 1944, dans un geste suicidaire, il lance sa jeep contre une colonne allemande ; son corps n’a jamais été retrouvé[3]. D'autres témoignages l'évoquent criblé de balles devant la ferme Mogador, près de Metz.

Témoignages littéraires et postérité

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La figure tragique d’Annette Zelman apparaît dans les souvenirs deSimone de Beauvoir[4] lorsqu’elle décrit le microcosme duCafé de Flore sous l’Occupation, ainsi que dans un texte deBoris Vian[5]. Son destin a également attiré l’attention de l’historienHenri Amouroux[6] et du romancierPatrick Modiano[7].

Une exposition lui est consacrée en 2024 à laMairie du 10e arrondissement de Paris, à partir de documents familiaux de la famille Zelman et de photographies contemporaines de Jean Sierpinski, qui lui est apparenté et est parti sur ses traces[8].

Analyse historique

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Le destin d’Annette Zelman a été analysé par l’historienLaurent Joly selon deux axes[1].
D’une part, il est une illustration du massif phénomène dedélation, nourri de l’antisémitisme ordinaire et des rancœurs personnelles, qui a touché la société française sousVichy[1]. Loin de se cantonner aux marges de la société, la délation a ainsi touché des franges de la société considérées comme honorables[9] (le père de Jean Jausion,Hubert Jausion est un médecin, fin lettré et homme du monde[1]).
D’autre part, il préfigure la « Solution finale » avec une accélération du rythme des déportations et leur extension aux femmes. La volonté d’anéantir totalement la communauté juive rendra vaines les tentatives d’Hubert Jausion et de Jean Jausion pour intervenir auprès des autorités[1].

Filmographie

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Documentaire

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Le cas d'Annette Zelman est évoqué dans le documentaireDénoncer sous l'Occupation, deDavid Korn-Brzoza, coécrit avec l'historienLaurent Joly[10], diffusé dans la sérieHistoire immédiate, surFrance 3, les[11] et[12].

Téléfilm

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Le téléfilmL'Histoire d'Annette Zelman, tourné en 2022, est réalisé parPhilippe Le Guay sur un scénario d'Emmanuel Salinger etLaurent Joly, avecJulie Gayet,Laurent Lucas,Ilona Bachelier etVassili Schneider[13].

Notes et références

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  1. abcdefghij etkLaurent Joly, « Le cas Annette Zelman et les débuts de la « Solution finale » en France (mai-juin 1942) »,Vingtième Siècle – Revue d'histoire,no 119,‎,p. 29-41(lire en ligne).
  2. Serge Klarsfeld,Mémorial de la déportation des Juifs de France,Beate et Serge Klarsfeld, Paris, 1978 ; nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms, FFDJF (Fils et filles de déportés juifs de France), 2012.
  3. Henri Nahum, L'affaire Annette Zelman ou les conséquences dramatiques de l'antisémitisme ordinaire ; dans Archives Juives 2013/1 (Vol. 46), pages 45 à 53,https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2013-1-page-45.htm.
  4. Simone de Beauvoir,La Force de l’âge, Paris, Gallimard/Le Livre de poche, 1960, 1965,p. 402-404, 547.
  5. Boris Vian,Manuel de Saint-Germain-des-Prés, Paris, Éditions du Chêne,,p. 118.
  6. Henri Amouroux,La Vie des Français sous l’Occupation, Paris, Fayard,, 577 p.,p. 399-400.
    Dans cet ouvrage, l'auteur mentionne les protagonistes ainsi : « Annette Z… », « Jean J… », « le père de Jean est médecin » et note en bas de page : « Dans l'histoire d'Annette Z…, c'est volontairement encore que j'omets de citer les références. » Cependant, après avoir écrit qu'« il semble bien que l'autorité allemande ait été mise au courant », il sous-entend assez clairement que Dannecker avait connaissance de l'origine de la délation. Et indique que, dans la note de la police française qu'il a retrouvée, « Les deux futurs époux ont déclaré par écrit renoncer à tout projet d'union, conformément au désir du docteur J… qui avait souhaité qu'ils fussent dissuadés et que la jeune Z… fût simplement remise à sa famille, sans être aucunement inquiétée.
  7. Patrick Modiano,Dora Bruder, Paris, Gallimard,,p. 120-122.
  8. « Exposition : « La Disparition », ou le destin tragique d'Annette Zelman », surmairie10.paris.fr(consulté le)
  9. Laurent Joly (dir.),La Délation dans la France des années noires, Paris, Perrin,, 384 p.(ISBN 978-2-262-03481-8,BNF 42660684),p. 63-69.
  10. « Dénoncer sous l'Occupation (France 3) », surhistoire-pour-tous.fr,(consulté le).
  11. « La délation sous l'Occupation », surleparisien.fr,Le Parisien,(consulté le).
  12. « Dénoncer sous l’Occupation », sur9docu.co(consulté le).
  13. « L'Histoire d'Annette Zelman », surallocine.fr(consulté le).

Liens externes

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