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| Formation | Ohio Dominican University(en) |
| Activités | Journaliste,écrivaine, personne de la presse écrite |
| A travaillé pour | The New York Times(à partir de) |
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Anne O'Hare McCormick, née le àWakefield enAngleterre, morte le àNew York, est unejournaliste etécrivaine américaine. Elle est correspondante duNew York Times.
À une époque où le domaine est presque exclusivement « un monde d'hommes », elle devient la première femme à recevoir unprix Pulitzer dans une catégorie majeure du journalisme, remportant en 1937 le prix Pulitzer de la correspondance.
Elle contacte en 1921le New York Times pour être contributrice indépendante en Europe. Elle devient en 1936 la première femme nommée au comité de rédaction duTimes.
À la veille de laSeconde Guerre mondiale, Anne McCormick passe cinq mois en 1939 dans 13 pays différents, s'adressant à la fois aux dirigeants politiques et aux citoyens ordinaires pour rendre compte de l'augmentation des tensions et de la crise imminente. Elle aurait parlé politique avec le présidentFranklin D. Roosevelt. Pour les reportages qu'elle effectue pendant la Seconde Guerre mondiale, leministère de la Guerre distingue Anne McCormick en 1946 d'une médaille en reconnaissance de « son service exceptionnel et remarquable au sein des forces armées dans des conditions de combat difficiles et dangereuses »[1].
La même année 1946, elle est choisie pour représenter lesÉtats-Unis en tant que membre de la première délégation à la conférence de l'UNESCO auxNations unies.
Julia Edwards indique qu'Anne McCormick « établit une nouvelle norme en matière de commentaire sur les affaires mondiales, elle explore un monde en conflit pour répondre à la question : Pourquoi ? »[2]

Anne O'Hare nait àWakefield, enAngleterre, le. Elle est la fille de Thomas J. O'Hare et Theresa Beatrice son épouse ; elle est l'aînée d'une fratrie de trois enfants[3],[4],[5]. Elle émigre auxÉtats-Unis peu de temps après sa naissance et passe son enfance dans leMassachusetts avant de s'installer àColumbus, dans l'Ohio. Son père quitte le foyer lorsqu'elle a quatorze ans, en 1894[5]. Elle effectue ses études au Collège Sainte-Marie des Sources, qui était alors un lycée. À la fin des quatre ans d'études, elle reçoit le premier des 17 diplômes honorifiques décernés. Elle n'a jamais fréquenté l'université[5].
Après son diplôme comme major de promotion en 1898, la famille déménage à Cleveland, où sa mère Teresa Beatrice O'Hare publie son livre,Songs at Twilight[6]. Elles deviennent toutes les deux rédactrices associées pour leCatholic Universe Bulletin[5]. Anne O'Hare épouse Francis J. McCormick Jr., importateur et dirigeant de la Dayton Plumbing Supply Company[7], le 14 septembre 1910[4],[8]. Ils s'installent dans une maison deDayton appelée « Hills and Dales ». Il déménagent dans les années 1930 pour s'installer au Gotham puis à l'hôtel Carlyle àNew York, lorsqu'ils ne voyagent pas enEurope[9]. Les activités d’import-export de son mari et sa carrière coïncidaient bien. Au début, elle voyage avec lui jusqu'à ce que ses missions deviennent trop exigeantes pour suivre son mari. Il se retire alors et voyage avec elle tout en organisant leurs affaires[10].
À Dayton, Anne McCormick commence à écrire en freelance et voyage en Europe lors des voyages d'affaires de son mari. Ses articles et reportages sont publiés par leCatholic World,The Reader Magazine,The Smart Set,The Bookman etThe New York Times Magazine. En 1917, elle écrit un ouvrage sur les obstacles auxquels sont confrontés les femmes dans le journalisme[11]. En 1921, à 39 ans, elle demande à Carr Van Anda si elle peut rédiger des articles pour leNew York Times, sur des questions qui n'ont pas encore fait l'objet d'enquêtes par les journalistes étrangers du Times. LeTimes accepte. Anne McCormick publie alors les premières enquêtes approfondies sur la montée deMussolini et dufascisme enItalie[12],[13],[4],[14]. Selon sa notice biographique dansCurrent Biography en 1940, « elle fut peut-être la première journaliste à voir qu'un jeune rédacteur en chef de journal milanais, à la mâchoire de lanterne, affamé et insignifiant, atteindrait une importance mondiale »[15],[16]. LeTimes fait d'Anne McCormick une collaboratrice régulière en 1922. Les trois années suivantes, elle écrit aussi pour l'Atlantic Monthly . À partir de 1925, elle travaille exclusivement pour leTimes, jusqu'à sa mort, à l'exception d'une série d'articles dans leLadies' Home Journal[10].
Bien qu'on lui attribue la prédiction de l'importance de Mussolini, en tant qu'envoyée spéciale duNew York Times et plus tard comme chroniqueuse de politique étrangère, elle entretient des liens politiques avec une Italie idéalisée[17]. Pendant les deux décennies suivantes, elle décrit aux Américains les beautés poétiques de l'Italie et fait l'apologie du fascisme, selon l'historien John Patrick Diggins[18],[19]. Même si l'éditorial duNew York Times est moins bien disposé à soutenir le fascisme que ses correspondants comme Anne McCormick, il justifie l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie, l'envoi de « volontaires » italiens pour soutenir la révolte du généralFranco contre le gouvernement espagnol démocratiquement élu pendant laguerre d'Espagne[20]. Lorsque le fascisme s'est effondré en 1943, écrit Diggins,« elle est moins déçue par Mussolini que par les Italiens “apathiques” qui l'ont laissé tomber »[18]. Selon Diggins, Anne McCormick « est tombée sous le charme » de Mussolini et « donne aux lecteurs duNew York Times non pas tant une analyse du fascisme qu'un portrait idéalisé d'une Italie ressuscitée »[17].
Anne McCormick est nommée en 1935 l'une des dix femmes américaines les plus remarquables par la suffragetteCarrie Chapman Catt[2],[21]. Le responsable éditorial duNew York Times,Adolph Ochs, n'embauche pas de femmes journalistes, elle conserve donc le statut d'envoyée spéciale jusqu'à la mort de ce responsable. Son successeur,Arthur Hays Sulzberger, l'engage le, en tant que première femme membre du comité éditorial[22], avec un salaire de départ de 7 000 $ par an. À sa mort dans les années 1950, elle gagne 30 624 dollars, soit plus que tous les hommes de la rédaction du journal, sauf quatre[23]. Dans sa lettre à Sulzberger, acceptant le poste, elle déclare qu'elle ne« se limitera pas au “point de vue d'une femme” »[12]. Ses reportages en Europe cette année-là sont récompensées en 1937 par leprix Pulitzer[4].
Elle commence une chronique régulière le[24]. Avant le début de laSeconde Guerre mondiale, McCormick obtient des entretiens avecMussolini, avecHitler en 1933[25], avecStaline, avec le premier ministre britanniqueWinston Churchill, le président des États-UnisFranklin D. Roosevelt, avec les papesPie XI,Pie XII et d'autres dirigeants mondiaux[4],[2]. Elle reconnaît la popularité d'Hitler en Allemagne, tandis que d'autres journalistes américains sont surpris de ses succès électoraux. Après la guerre, elle couvre lesprocès de Nuremberg et laguerre civile grecque. Elle critique l'homme politique américainJohn Foster Dulles pour avoir menacé d'utiliser labombe atomique avant que l'URSS ne l'ait[26].
Elle est nommée déléguée auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) en 1946 et en 1948, peu après la création de cet organisme[22].
Anne McCormick meurt àNew York le 29 mai 1954 ; elle est enterrée au cimetière Gate of Heaven àHawthorne[27]. Son décès est annoncé en première page du journal[28].
Le présidentDwight Eisenhower la qualifie de« véritablement grande journaliste, respectée dans son pays et à l'étranger pour son analyse approfondie et sa présentation impartiale des développements de l'actualité de notre époque ». Le journaliste du Times,James Reston, déclare : « Elle a mis en lumière tout ce qu'elle écrivait », et en 1999, 45 ans après sa mort, il écrit : « Elle est toujours dans mon esprit »[29]. Le ministre britannique des Affaires étrangèresAnthony Eden la qualifie de « championne de toutes les bonnes causes ».« Cette femme nous a quitté à un moment où son courage et sa clairvoyance nous auraient été particulièrement précieux », déclare le ministre françaisGeorges Bidault[28].
Anne McCormick est la première femme à recevoir un importantprix Pulitzer du journalisme, avec le prix Pulitzer de la correspondance reçu en 1937[12].
En 1945, le club Altrusa International pour femmes cadres remet à Anne McCormick son prix de service distingué[30].
Elle est élue en 1947 à l'Institut national des Arts et des Lettres, maintenant l'Académie nationale américaine des Arts et des Lettres[22].
En 1949, l'American Irish Historical Society décerne à Anne McCormick une médaille d'or « en reconnaissance de son éminence dans le journalisme »[31].
Le New York Newspaper Women's Club, où McCormick exerce plusieurs mandats comme vice-présidente[32],[33],[34], crée la bourse de journalisme Anne O'Hare McCormick en mémoire de son nom[35]. La bourse est destinée aux étudiantes de laGraduate School of Journalism de l'Université Columbia ; la première bourse est attribuée en 1955[35],[36],[37].