Considérée comme l'une des plus grandes interprètes féminines de l'histoire du cinéma[2],[3],[4],[5], elle est parmi les rares actrices et la première italienne à être appréciée comme un authentique mythe dans le monde entier[6].
La Via San Teodoro àRome vue depuis lemont Palatin, où Anna Magnani a passé son enfance.
Anna Magnani est née àRome, dans la Via Salaria 126, près de laporta Pia (dans l'actuel quartier deNomentano)[8], le. Sa mère, Marina Magnani, était unecouturière originaire deFano (dans laprovince de Pesaro et d'Urbino)[9] qui, après lui avoir donné naissance, la confia définitivement aux soins de sa grand-mère maternelle Giovanna Casadio, originaire deRavenne[10],[11], avec laquelle elle grandit dans la Via San Teodoro, entre leCapitole et lemont Palatin[9]. Elle n'a jamais connu son père naturel[9]. À l'âge adulte, en recherchant l'identité de son père, Anna découvre ses originescalabraises[9] et ce qui aurait dû être son nom de famille, Del Duce (son père était Pietro Del Duce, juriste et noble de naissance)[12] ; elle dit alors, ironiquement, qu'elle s'est arrêtée dans ses recherches parce qu'elle ne voulait pas passer pour « la fille duDuce »[13].
Après avoir abandonné sa fille, Marina Magnani a émigré àAlexandrie, enÉgypte, où elle a rencontré et épousé un riche et opulentAutrichien[14]. C'est la raison pour laquelle on a longtemps cru que Magnani était née en Égypte ; par la suite, cependant, la vérité est apparue, d'abord de l'aveu même de l'actrice, puis grâce aux confirmations de son fils Luca. Anna est élevée par sa grand-mère dans une maison habitée par ses cinq tantes Dora, Maria, Rina, Olga et Italia. La seule présence masculine était l'oncle Romano. C'était une « enfant ordinaire, frêle et à l'esprit mélancolique ». Ses grands-parents compensaient en la dorlotant avec de la nourriture et des jolis vêtements. Pourtant, en grandissant, on dit qu'elle se sentait plus à l'aise avec des compagnons « plus truculents », se liant souvent d'amitié avec « l'enfant le plus dur à cuire du quartier »[15]. Ce trait de caractère s'est poursuivi dans sa vie d'adulte lorsqu'elle a proclamé : « Je déteste la respectabilité. Donnez-moi la vie de la rue, celle des gens ordinaires »[15].
La grand-mère a travaillé dur pour élever et éduquer sa petite-fille, l'inscrivant dans un pensionnat de religieuses françaises, où elle n'est restée que quelques mois. Anna se met rapidement à étudier le piano et s'inscrit auconservatoire Sainte-Cécile, où elle reste pendant deux ans[16]. Entre-temps, elle s'est rendue à Alexandrie pour rendre visite à sa mère, mais elle est revenue très affligée par cette expérience, qui s'est avérée très douloureuse car la relation affectueuse mère-fille qui lui a toujours fait défaut n'a pas réussi à se développer entre les deux femmes.
De retour à Rome, elle décide d'abandonner l'étude de la musique, qui ne la satisfait pas pleinement, et se tourne vers la comédie.
En janvier 1927, elle commence à fréquenter avecPaolo Stoppa l'école d'art dramatiqueEleonora Duse dirigée parSilvio D'Amico, devenue plus tardAcadémie nationale d'art dramatique Silvio-D'Amico de Rome. Elle a pour professeurIda Carloni Talli. Silvio D'Amico a tout de suite compris la force perturbatrice de cette jeune fille dont, dit-il, « l'École ne pouvait pas lui apprendre beaucoup plus que ce qu'elle avait déjà en elle... », car elle avait déjà ce charisme qui la rendrait inoubliable. Il raconte à sa sœur (scénariste) : « Hier, une petite fille est arrivée, petite, aux cheveux noirs et aux yeux expressifs. Elle ne joue pas, elle vit les rôles qui lui sont attribués. Elle est déjà une actrice... »[17]. Entre 1929 et 1932, elle fait partie de la compagnie Vergani-Cimara, dirigée parDario Niccodemi.
En 1932, Anna Magnani et Paolo Stoppa se retrouvent à travailler ensemble dans la compagnie d'Antonio Gandusio, qui tombe rapidement amoureux de Magnani et apprécie ses qualités à tel point qu'il l'encourage à s'essayer également à la réalisation de films. En 1934, elle passe à larevue, aux côtés desfrères De Rege, puis travaille dans une série de spectacles à succès avecTotò à partir de 1941. En 1944, elle joue dans la revueCantachiaro deFranco Monicelli,Italo De Tuddo,Garinei et Giovannini, et en 1945 dans la revueSoffia so'....
Après de nombreux films dans lesquels elle jouait des rôles de serveuses ou de chanteuses, elle parvient à se faire un nom en tant qu'interprète dramatique. C'estVittorio De Sica qui lui offre pour la première fois la possibilité de construire un personnage non négligeable, celui de Loretta Prima, une artiste de variétés, dans le filmMademoiselle Vendredi (1941). Elle joue dans l'avanspettacolo deTotò et interprète le rôle de la marchande de légumes romaine dansCampo de' Fiori (1943) deMario Bonnard, aux côtés d'Aldo Fabrizi.
Le, elle donne naissance à son unique enfant, Luca, fruit d'une brève liaison avec l'acteur Massimo Serato, qui l'abandonne dès qu'elle est enceinte. En raison de sa grossesse, Magnani doit renoncer au tournage du filmLes Amants diaboliques deLuchino Visconti et se fait remplacer parClara Calamai. L'actrice réussit à imposer son propre nom de famille à son fils, tout comme sa mère Marina l'avait fait avec elle, un des rares cas de généalogie matrilinéaire qui s'est poursuivie jusqu'à trois générations[18]. Toujours en 1942, elle joue dans le filmFinalmente soli deGiacomo Gentilomo, dans lequel elle est doublée parTina Lattanzi. Ces années-là, elle a également tenu des rôles importants dansLa vita è bella (1943) deCarlo Ludovico Bragaglia et dansLe Diamant mystérieux (1943) deMario Mattoli.
Elle atteint la célébrité mondiale en 1945 et remporte son premierRuban d'argent[19] grâce à sa prestation dans le film manifeste du néoréalisme,Rome, ville ouverte deRoberto Rossellini (avec qui elle établit une relation romantique), avecAldo Fabrizi,Marcello Pagliero etMaria Michi. Dans ce film, Magnani joue l'une des séquences les plus célèbres de l'histoire du cinéma : la course derrière un camion allemand, dans lequel son mari est prisonnier, à la fin de laquelle son personnage est tué par la mitrailleuse des Allemands. La même année, elle participe au filmQuartetto pazzo deGuido Salvini, également doublée à cette occasion par Lattanzi, tandis que l'année suivante elle participe au film musicalDevant lui tremblait tout Rome deCarmine Gallone, où elle est doublée pour les scènes de chant lyrique par la soprano Elisabetta Barbato. Toujours en 1946, elle chante aux côtés deVittorio de Sica dans la comédieAu diable la richesse deGennaro Righelli, où elle incarne l'exubérante Gioconda Perfetti, une vendeuse de fruits qui s'enrichit rapidement grâce aumarché noir dans la Rome de l'après-guerre.
En 1948, elle joue dans son dernier film avec Roberto Rossellini, avant la rupture de leur relation,L'amore, divisé en deux parties. La première partie (inspirée de la pièce en un acte deJean Cocteau,La Voix humaine) est un long monologue au téléphone d'une femme abandonnée par son compagnon. La seconde partie est l'histoire d'une paysanne naïveviolée par un berger (joué par un jeuneFederico Fellini) en croyant qu'il s'agit desaint Joseph[23] ; ensuite enceinte, elle est l'objet de la méchanceté des villageois qui notamment l'affublent d'une cuvette sur la tête[24]. À laMostra de Venise 1948, Anna Magnani présenteL'amore deRoberto Rossellini en compétition. Le jury voulait lui remettre le prix de la meilleure actrice pour ce film , mais comme elle l'avait reçu en 1947 et que le jury voulait soutenir un jeune talent, c'estJean Simmons qui l'obtient pour son rôle dansHamlet deLaurence Olivier. Le Père dominicain Felix Morlion a été membre du jury international, et son comportement amical avec Anna Magnani a provoqué des problèmes au Vatican :« Comme le fait d'avoir un prêtre dominicain habitant de Rome dans le jury constituait un précédent inusité, il n'est pas surprenant qu'une femme malveillante ait envoyé au Saint Père une illustration d'un journal où je suis présenté comme donnant la bénédiction à Anna Magnani, très décolletée, j'ai déjà fait la déclaration nécessaire que je n'ai pas donné cette bénédiction, et en fait j'ai parlé avec Anna Magnani sur sa demande, pour donner mon avis sur (un film...) qu'elle voudrait tourner[25] ». Pour ce film, elle a également reçu son troisièmeRuban d'argent.
En 1949, elle tourneVulcano, réalisé parWilliam Dieterle, avecRossano Brazzi etGeraldine Brooks, sur l'île voisine de celle où Rossellini tourneStromboli avec sa nouvelle partenaire Ingrid Bergman. Le tournage des deux films est resté dans l'histoire du cinéma comme la « guerre des volcans »[26].
En 1952, elle incarne Anita Garibaldi dans le filmLes Chemises rouges, aux côtés deRaf Vallone et sous la direction de son ex-mariGoffredo Alessandrini, avec lequel elle se heurte amèrement, au point que ce dernier quitte le plateau avant la fin du tournage (achevé par l'assistant réalisateur, le nouveau venu de l'époqueFrancesco Rosi). La même année, elle joue dansLe Carrosse d'or deJean Renoir, le premier film européen tourné entechnicolor. Sa participation au projet ne s'est faite que sur le conseil deLuchino Visconti qui admirait Renoir[28]. Le personnage de Camilla dans le film est une sorte de mise en abyme d'Anna Magnani, son interprète. Renoir ne fut pas de ceux qui reprochèrent à Anna son jeu flamboyant, hyperbolique ; au contraire, il l’encouragea[28]. Les critiques italiennes ont mal accueilli le film alors qu'il est considéré par d'autres commeFrançois Truffaut[29] ouÉric Rohmer comme remarquable. En 1953, jouant son propre rôle, elle est à nouveau dirigée par Visconti dans le cinquième segment du film à sketchesNous les femmes.
Le, elle est la première actrice italienne de l'histoire des Oscars à remporter l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation dans la version cinématographique deLa Rose tatouée[31] d'après la pièce deTennessee Williams (dont elle était une amie proche). Elle est ainsi la première actrice non-anglophone à recevoir unOscar[32], qui lui est décerné pour son interprétation de Serafina Delle Rose dans le filmLa Rose tatouée (1955), avecBurt Lancaster, réalisé parDaniel Mann. Pour ce même rôle, elle a également remporté leBAFTA de l'actrice internationale de l'année et leGolden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique. Magnani n'a pas assisté à la cérémonie : l'Oscar a été récupéré des mains de Jerry Lewis parMarisa Pavan, qui était nommée pour le meilleur second rôle féminin dans le même film. Lorsqu'un journaliste américain annonce qu'elle a remporté l'Oscar, Magnani reste silencieuse, puis s'exclame en anglais« Magnani is happy » (litt. « Magnani est contente ! »)[33].
En 1960, et malgré sa volonté initiale, elle ne devient pas la vedette deLa ciociara : le film, initialement réalisé parGeorge Cukor, devait la voir dans le rôle de Cesira, alors queSophia Loren avait déjà été choisie pour incarner sa fille Rosetta[35]. Magnani a fini par refuser le rôle parce qu'elle se considérait trop mûre pour ce personnage, et ne voulait pas jouer la mère de Sophia Loren. C'est donc Loren elle-même, à peine vieillie par le maquillage, qui a joué le rôle de Cesira (ce qui lui a valu un Oscar en 1962), tandis que le rôle de Rosetta a été confié à l'adolescente italo-américaineEleonora Brown.
Sans la présence de Magnani, Cukor décide de se retirer de la production et se fait remplacer parVittorio De Sica[35]. Le projet étant tombé à l'eau, la même année, elle partage l'affiche avecTotò etBen Gazzara dans la comédieLarmes de joie deMario Monicelli, un film qui devait également relancer l'actrice dans lecinéma italien après son intermède américain, mais qui n'a pas eu de succès.
En 1962, elle joue dansMamma Roma dePier Paolo Pasolini, un réalisateur avec lequel elle entretient une relation conflictuelle. Pasolini, après ses débuts en 1961 avecAccattone, tente par tous les moyens de travailler avec la grande actrice, de plus en plus sélective dans le choix de ses rôles ; Magnani accepte, mais tous deux sont insatisfaits du résultat. Elle a déclaré que « Pasolini s'est servi de moi »[36], tandis qu'il a affirmé qu'elle avait été « trop bourgeoise »[36]. Quoi qu'il en soit, malgré leurs malentendus sur le plateau, qui n'ont d'ailleurs jamais entamé leur estime mutuelle, le film a connu un grand succès auprès du public et de la critique, notamment en France, tandis qu'en Italie, le grand succès critique a été suivi d'une billetterie décevante.
Sur ces quatre films, les trois premiers ont été diffusés sur la chaîne Programma Nazionale (aujourd'huiRai 1) enpremière partie de soirée entre le et le. Le quatrième,Correva l'anno di grazia 1870, en revanche, était initialement destiné au circuit du cinéma et n'a été diffusé que plus tard à la télévision sur la chaîne Secondo Programma (aujourd'huiRai 2) sous le simple titre1870. Pour la presse, une projection en avant-première de la version télévisée a lieu à Rome, au siège de la Rai, Viale Mazzini, mais l'actrice n'assiste pas à la présentation car elle est déjà très malade : elle meurt en effet quelques heures avant la diffusion, prévue, dans une douloureuse coïncidence, pour la soirée du[37].
Sa dernière apparition à l'écran remonte à 1972, dans l'hommage que son amiFederico Fellini rend à sa ville natale,Fellini Roma. La nuit, une Anna Magnani triste marche dans les ruelles d'une Rome silencieuse et déserte pour rentrer chez elle. Elle répond à Fellini sur un ton de surprise, le congédie rapidement et, en souriant, ferme la porte devant la caméra : c'est ainsi que l'actrice termine sa longue carrière cinématographique. Sa dernière phrase, récitée en romanesco, était :« No, nun me fido. Ciao. Buonanotte! » (litt. « Non, je n'ai pas confiance. Au revoir. Bonne nuit ! »)[38]. Sa dernière apparition lors d'un événement public a eu lieu lors d'une première au théâtre à Rome au début de l'été 1973.
Elle meurt à la clinique Mater Dei de Rome le, à l'âge de 65 ans, terrassée par uncancer du pancréas[39] ; elle sera soignée jusqu'à la fin par son fils Luca et parRoberto Rossellini, dont elle s'était rapprochée dans ses dernières années et qui s'occupera personnellement de ses funérailles en l'église Santa Maria Sopra Minerva, auxquelles assisteront des milliers de personnes. Après une première inhumation aucimetière monumental du Verano à Rome, ses restes reposent depuis 1988 dans la chapelle familiale du petit cimetière deSan Felice Circeo, non loin de sa villa, sur ordre de son fils Luca[40].
Elle a épouséGoffredo Alessandrini, le réalisateur de ses premiers films, en 1935, deux ans après qu'il l'eut découverte sur scène. Après leur mariage, elle s'est retirée du métier d'actrice à plein temps pour « se consacrer exclusivement à son mari », bien qu'elle ait continué à jouer de petits rôles au cinéma[15]. Ils se sont séparés en 1942.
Magnani a eu une liaison avec l'acteurMassimo Serato, avec qui elle a eu son seul enfant, un fils nommé Luca[41], né le à Rome, après sa séparation d'avec Alessandrini. À l'âge de 18 mois, Luca a contracté lapolio et a perdu l'usage de ses jambes en raison de la paralysie qui en a résulté. En conséquence, Magnani dépense la plupart de ses premiers revenus pour des médecins spécialistes et des hôpitaux. Après avoir vu un jour unvétéran de guerrecul-de-jatte se traîner sur le trottoir, elle dit : « Je me rends compte maintenant que c'est pire quand ils grandissent », et décide de gagner suffisamment d'argent pour « le mettre à l'abri du besoin pour toujours »[15].
En 1945, elle tombe amoureuse du réalisateurRoberto Rossellini alors qu'elle travaille surRome, ville ouverte (1945). « Je pensais avoir enfin trouvé l'homme idéal... [Il] avait perdu son propre fils et j'ai senti que nous nous comprenions. Surtout, nous avions les mêmes conceptions artistiques ». Rossellini est ensuite devenu violent, versatile et possessif, et ils se disputaient constamment à propos de cinéma ou par jalousie. « Dans des accès de rage, ils se jetaient de la vaisselle à la figure »[15]. En tant qu'artistes, cependant, ils se complétaient bien en travaillant sur des filmsnéoréalistes. Ils se séparent finalement lorsque Rossellini tombe amoureux d'Ingrid Bergman qu'il épouse.
Magnani avait un penchant mystique et consultait desastrologues, tout en croyant à lanumérologie. Elle mangeait et buvait très peu et pouvait subsister pendant de longues périodes sans rien d'autre que du café noir et des cigarettes. Cependant, ces habitudes affectaient souvent son sommeil : « Mes nuits sont épouvantables », dit-elle. « Je me réveille dans un état de nervosité et il me faut des heures pour reprendre contact avec la réalité »[15].
Jean Renoir a écrit : « Magnani est la quintessence de l'Italie[43], et aussi la personnification la plus complète du théâtre, du vrai théâtre avec des décors en papier mâché, un mensonge fumeux et des chiffons dorés, je devais logiquement me réfugier dans lacommedia dell'arte et emmener Magnani avec moi dans ce bain, je lui suis reconnaissant de symboliser dans mon film toutes les autres actrices du monde ».
Antonello Trombadori se souvient d'elle en ces termes : « Leromanesco était pour elle un moyen de communiquer avec le public. En fait, Anna Magnani était une intellectuelle ratée, elle n'était pas une actrice populaire mais une actrice qui visait à être extrêmement fonctionnelle et intellectuelle. Elle n'était pas instinctive, mais méditée et réfléchie. Plus que ce que l'on pourrait croire. L'instinct et l'impulsion de communiquer n'ont pas libre cours chez elle, mais contenus et contrôlés. Ses personnages ne sont donc pas son point de départ, mais une façon d'être afin de se rendre populaire »[44].
Quelques jours après son arrivée en Amérique, la presse a déclaré : « Comparées à elle, nos actrices sont des mannequins de cire par rapport à un être humain »[45]. LeTime écrit : « Divin, tout simplement divin »[45].
Après le tournage du filmMamma Roma,Pier Paolo Pasolini a commenté leur collaboration en ces termes : « Anna est romantique, elle voit la figure dans le paysage, elle est commePierre-Auguste Renoir, moi par contre je suis sur la voie deMasaccio ».
Après sa mort, de nombreuses initiatives ont été prises en Italie et à l'étranger pour se souvenir d'Anna Magnani. Parmi les plus importantes, celle de 2002 auMuseum of Modern Art deNew York, qui lui a rendu hommage en lui consacrant une rétrospective avec la projection de 14 de ses films[46].
Gianni Togni lui a dédiéNannarè, contraction romane du surnom « Nannarella », contenu dans l'albumBersaglio Mobile de 1988, tout commePino Daniele avecAnna verrà, inclus dans l'albumMascalzone latino de 1989 ; mêmeCarmen Consoli a écrit une chanson intituléeAnna Magnani, chantée parAdriano Celentano.
Paola Turci, dans son albumIl secondo cuore de 2017, lui dédie le titre de clôtureMa dimme te, dont les strophes résument la fougue et la passion de l'actrice.
Elle était « la femme la plus mystérieuse et la plus transparente que la mythologie du cinéma ait inventée, (...) une femme de caractère », a écritOriana Fallaci dans l'Europeo[48].
D'aprèsMeryl Streep elle est « La déesse. Fantastique. Regardez ces yeux. Une telle intensité. Un engagement total dans tout ce qu'elle faisait. Un engagement qui éclatait dans tout ce qu'elle faisait »[49].
1929 :Laboremus de Sabatino Lopez, mise en scène Dario Niccodemi et Ruggero Lupi. Compagnie drammatica Italiana,Teatro Olimpia de Milan
1930 :Triangoli de Dino Falconi etOreste Biancoli, mise en scène Dario Niccodemi et Ruggero Lupi. Compagnie drammatica Italiana,Teatro Manzoni de Milan
1930 :La donna in vetrina deLuigi Antonelli, mise en scène Dario Niccodemi et Ruggero Lupi. Compagnie drammatica Italiana,Teatro Argentina de Rome
1930 :Un uomo, una donna, un milione de Giuseppe Bevilacqua, mise en scène Nera Grossi Carini. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro degli Arcimboldi de Milan
1930 :Confidenza d'Alessandro Greppi, mise en scène Nera Grossi Carini. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro Arcimboldi de Milan
1930 :Affari d'America deFrank I. Hirschfeld, mise en scène Nera Grossi Carini. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro Arcimboldi de Milan
1930 :Luciano 1930 deLeonida Rèpaci, mise en scène Nera Grossi Carini. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro Arcimboldi de Milan
1931 :Facciamo due chiacchiere de Dino Falconi et Oreste Biancoli, mise en scèneGero Zambuto. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro Arcimboldi de Milan
1931 :I documenti del console Touquet de Giulio Cesare Gallia, mise en scène Gero Zambuto. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro Arcimboldi de Milan
1931 :Paggio Fernando de Mura, mise en scène Gero Zambuto. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro Arcimboldi de Milan
1931 :La fiera lampionaria de Pietro Mazzuccato, mise en scène Gero Zambuto. Compagnie du teatro Arcimboldi, Teatro Arcimboldi de Milan
1931 :800-900-1000 de Carlo Veneziani, mise en scène Carlo Veneziani. Compagnie Fontana, Teatro Odeon de Milan
1931 :Bourrachon de Laurent Doillet, mise en scène Antonio Gandusio et Luigi Almirante. Compagnie Gandusio-Almirante, Teatro Carignano de Turin
1932 :Tifo! de Celso Maria Poncini et Roberto Biscaretti, mise en scène Antonio Gandusio et Luigi Almirante. Compagnie Gandusio-Almirante, Politeama Chiarella de Turin
1932 :Amore mascherato deSacha Guitry, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1932 :Il profumo de mia moglie de Leon Lenz, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1932 :L'uomo del piacere (L'homme de joie) dePaul Géraldy etRobert Spitzer, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1932 :Il primo letto d'Andrea Bisson, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1932 :Bourrachon de Laurent Doillet, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1932 :Baciatemi deTristan Bernard,Yves Mirande etGustave Quinson, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1932 :L'acquolina in bocca (L'Eau à la bouche) dePhilippe Parès,Serge Véber etGeorges van Parys, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1932 :Jim la Houlette, roi des voleurs deJean Guitton, mise en scène Aristide Baghetti et Ermete Liberati. Compagnie de spettacoli comici et musicali Baghetti-Liberati, Teatro Argentina de Rome
1935 :Casanova, non sei più tu! d'Egeo Carcavallo, mise en scène Gero Zambuto. Compagnie Spettacoli Eliseo, Teatro Eliseo de Rome
1935 :Gangster del mio cuore de Giovanni Manca, mise en scène Gero Zambuto. Compagnie Spettacoli Eliseo, Teatro Eliseo de Rome
1935 :I milioni de Michele Galdieri et Arturo Milone, mise en scène Michele Galdieri. Compagnie Spettacoli Eliseo, Teatro Eliseo de Rome
1938 :Il sorprendente dottor Klitter deBarré Lyndon, mise en scène Annibale Betrone. Compagnie Spettacoli Elle Betrone-Magnani, Teatro Eliseo de Rome
1938 :Metropoli d'Alessandro De Stefani, mise en scène Annibale Betrone. Compagnie Spettacoli Elle Betrone-Magnani, Teatro Eliseo de Rome
1938 :Palcoscenico de Geoffry G. Ames, mise en scène Annibale Betrone. Compagnie Spettacoli Elle Betrone-Magnani, Teatro Eliseo de Rome
1938 :La mascherata de San Silvestro d'Andrea dello Siesto, mise en scène Annibale Betrone. Compagnie Spettacoli Elle Betrone-Magnani, Teatro Eliseo de Rome
1940 :Quando meno te l'aspetti de Michele Galdieri, mise en scène de l'auteur. Compagnie dule grandi riviste Totò de Remigio Paone, Teatro Quattro Fontane de Rome
1942 :Volumineide de Michele Galdieri, mise en scène de l'auteur. Compagnie Totò-Magnani, Teatro Lirico de Milan
1944 :Che ti sei messo in testa? de Michele Galdieri, mise en scène de l'auteur. Compagnie Totò-Magnani,Teatro Valle de Rome
1944 :Con un palmo de naso de Michele Galdieri, mise en scène de l'auteur. Compagnie Totò-Magnani, Teatro Valle de Rome
1944 :Cantachiaro deFranco Monicelli, Italo De Tuddo, Pietro Garinei, Sandro Giovannini, Compagnie Magnani-Ninchi, mise en scène Oreste Biancoli, Teatro Quattro Fontane de Rome
1945 :Cantachiarono 2 d'Italo De Tuddo, Pietro Garinei, Sandro Giovannini, Franco Monicelli, Compagnie Magnani-Ninchi, mise en scène Oreste Biancoli, Teatro Quattro Fontane de Rome
1945 :Maya deSimon Gantillon, mise en scène Orazio Costa, Teatro Eliseo
1945 :Scampolo de Dario Niccodemi. Compagnie Anna Magnani, Teatro Quirino de Rome
1945 :Anna Christie d'Eugene O'Neill, mise en scèneOrazio Costa. Compagnie Anna Magnani, Teatro Eliseo de Rome
↑Silvia Bizio et Claudia Laffranchi,Gli italiani di Hollywood: il cinema italiano agli Academy Awards, Gremese Editore,(ISBN978-88-8440-177-9,lire en ligne)
↑Extrait de l'article« Celebrazioni All’Istituto italiano: Anna, anche Parigi la ricorda con Gagarin » (Célébrations à l'Institut italien : Paris se souvient d'Anna avec Gagarine) publié surArchivio Storico.unità.it du 23 septembre 2008