Figure 1.1 Cette animation comprend dix images par seconde. À cette cadence, l'illusion d'un mouvement continu est possible.
Figure 1.2 Cette animation comprend deux images par seconde. À cette cadence, les images sont perçues séparément et l'illusion d'un mouvement continu est donc impossible.
L'histoire de l'animation commence bien avant celle du cinéma. Lefolioscope, petit carnet de dessins successifs qui donne l'illusion de personnages ou d'animaux en mouvement lorsqu'on l'effeuille avec le pouce, est sans doute l'un des premiers procédés d'animation complexe. Dans les premières décennies duXIXe siècle apparaissent des dispositifs appelés courammentjouets optiques,« qui vulgarisaient sous des formes récréatives les expériences scientifiques de laboratoire sur la décomposition et la restitution du mouvement à partir de dessins. Comme à cette époque, les scientifiques connaissaient tous le grec et le latin, ils donnaient à leurs machines des noms aussi étranges que savants. Ces jouets de salon suscitaient dans les dernières décennies duXIXe siècle l'engouement d'un public fortuné en même temps qu'ils ouvraient le chemin des rêves aux artistes »[1]. C'est ainsi queJoseph Plateau, voulant mettre en évidence lapersistance rétinienne, invente lePhénakistiscope en 1832, un disque pivotant sur son axe, muni sur son pourtour de fentes verticales par lesquelles on observe, en reflet dans un miroir, une suite de dessins disposés en rayons sur le disque (un dessin voisine chaque fente), dessins qui représentent une personne ou un animal en mouvement en autant de positions immobiles[2].Zootrope,Praxinoscope,Zoopraxiscope et d'autres machines suivent celle de Plateau. Ces petites machines et leurs disques sont classées dans l'ère duprécinéma car leur principe même les condamne à un spectacle extrêmement court (1 seconde, ou plus rarement 2) axé sur la répétition cyclique d'un seul geste (un saut, une grimace…) sans qu'elles puissent un jour proposer un véritable spectacle, au moins un sketch voire une histoire complète.
Pauvre Pierrot, premier dessin animé de l'histoire au Musée Grévin, réalisé par Émile Reynaud (28 Octobre 1892).
Le dessin animé filmé image par image avec unecaméra chargée d'une pellicule photographique voit le jour en1906 avecHumorous Phases of Funny Faces (traduisible par:Phases amusantes de figures rigolotes), réalisé par le comédien américainJames Stuart Blackton. En 1917,Quirino Cristiani crée le premier long métrage d'animation de l'histoire intitulé El Apóstol[4]. En trois minutes, sur un tableau noir où sont tracés, puis modifiésimage par image, des traits à la craie blanche, une histoire complète est racontée, celle d'un jeune couple qui s'aime, puis vieillit, grossit, s'aigrit et finit par se détester. Un coup d'éponge final, donné par le dessinateur, les plonge dans le brouillard. Suivent d'autres personnages… La technique est alors appelée« en France,mouvement américain. Il était encore inconnu en Europe »[5]. Le film est tourné photogramme après photogramme, à la manière d'un appareil photo, grâce à ce qu'on nommera longtemps le« tour de manivelle »[6], un tour de la manivelle de la caméra déplace la pellicule d'un seul pas d'image (soit 4 perforations) et enregistre un uniquephotogramme. Telle est la base de toute animation ayant recours à un appareil de prise de vues, ce qui est la majorité des films d'animation existants, même si l'appareil de prise de vues est devenue depuis quelques années unordinateur.
À peu près tout peut être utilisé pour faire un film d'animation, l'élément principal étant souvent l'imagination. Les principales techniques dans les séries d'animation comprennent : papier et carton ;pellicule (animation sans caméra) ;acétate de cellulose (oucelluloïds (cells)), avec deux styles graphiques : animation stylisée (Disney) etanimation limitée (dont le styleUPA,Warner Bros).
Latechnique est identique à celle découverte par James Stuart Blackton, quel que soit le moyen d'acquisition employé : le mouvement des personnages (et des objets) est décomposé en une succession de dessins, sur la base universelle de 24 ou 25 dessins par seconde d'action, qui, enregistrés dans l'ordre chronologique, produisent à la projection l'illusion d'un mouvement continu. Selon les indications dustoryboard fourni par leréalisateur ou laréalisatrice, l'animateur ou animatrice dessine sur papier chaque position clé des personnages dans une action donnée et détermine en combien de secondes (donc autant de fois 24 ou 25 images) le mouvement ainsi souhaité doit se produire. C'est pour cela qu'on l'appelle le plus souventanimateur ou animatrice clé. Ses assistants, appelésintervallistes, dessinent les positions intermédiaires entre chaque position clé, et, selon le principe dufolioscope, la fluidité du mouvement peut ainsi être testée (parfois filmé et projeté quand le budget dufilm le permet).
Figure 2 : décomposition des 6 images des figures 1.1 et 1.2, permettant la restitution du mouvement.
Après acceptation ou transformations, les dessins sur papier sont reportés à l'encre de Chine sur une succession de feuilles decelluloïd (appelés « cells ou cels ou cellos », maintenus en position par un jeu de perforations et de tenons qui permettent une superposition exacte des dessins. Les différentes manipulations des cells sont protégées des traces de doigts par des gants que l'on porte obligatoirement au cours des opérations. Chaque dessin est repris par lescoloristes qui appliquent des encres de couleur sur son verso sans dépasser les limites des tracés à l'encre de Chine. Dans le système industriel du dessin animé, chaque couleur est appliquée par le ou la même coloriste pour des raisons de productivité. Les cells terminés sont alors photographiés un par un avec une caméra dédiée à l'image par image sur unbanc d'animation qui est doté des mêmes tenons utilisés auparavant par les animateurs.
L'image animée par ordinateur simplifie grandement tout ce travail : c'est lelogiciel d'animation qui effectue lui-même les opérations de dessins intermédiaires et de mise en couleurs, et qui livre directementau propre l'animation désirée. La même technique image par image lance l'animation en volume, dont encore une fois le comédien James Stuart Blackton a l'idée, appliquant cette technique à undécor miniaturisé où les personnages sont en fait des objets qui semblent bouger tout seuls. En plus, Blackton innove en animant une marionnette, procédé image par image dont la cousine est l'animation de pâte à modeler, deux techniques que l'on utilise encore de nos jours.
Adobe Animate CC, précédemmentAdobe Flash et anciennement Macromedia flash, logiciel de 2D, de très bonne qualité, pouvant aller jusqu'à des animations très poussées ;
Anime Studio(en) (anciennement Moho) Logiciel, au prix abordable pour le grand public, spécialisé en animation 2D incluant quelques fonctionnalités 3D ;
Beneton Movie GIF, logiciel complètement gratuit d'animationGIF ;
Gimp, logiciel libre de dessin permettant de créer des animations ;
CTP Pro, logiciel d'animation traditionnelle 2D surtout utilisé pour tester l'animation ;
Ktoon(en), logiciel libre d'animation sous Linux ;
Media PEGS du studio d'animationPixibox a été, vers la fin des années 1990 un logiciel professionnel d'animation 2D et de colorisation comptant parmi les plus répandus au sein de nombreux studios internationaux ;
PackshotCreator, logiciel de capture et de gestion d'images et d'animations 3D en temps réel ;
Pencil, logiciel libre d'animation 2D (vectorielle et bitmap) ;
Cette section contient une ou plusieurslistes. Le texte gagnerait à être rédigé sous la forme de paragraphes synthétiques. Les listes peuvent demeurer si elles sont introduites par une partie rédigée et sourcée, de façon à bien restituer les différents éléments (mars 2025).
NEF Animation (Nouvelles écritures pour le film d'animation) ;
Association tunisienne du cinéma d'animation (ATCA) ;
Association algérienne des cinémas d'animations (AACA) ;
Écrans Vo, association des cinémas indépendants du Val-d'Oise ;
Cellofan', association pour la promotion du cinéma d'animation ;
Cartoon, association européenne du film d'animation, qui organise des forums de coproduction et des séminaires pour les professionnels de l'animation européens.
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BernardLonjon,Emile Reynaud, le véritable inventeur du cinéma, Polignac (Haute-Loire), Éditions du Roure,, 232 p.(ISBN978-2-906-27865-3,OCLC421892593),