Le pays est un quadrilatère situé entre l’Afrique centralefrancophone et l’Afrique australeanglophone. Il est le deuxième payslusophone par son étendue et le deuxième par sa population. En tant qu'ancienne colonie portugaise, il est membre de laCommunauté des pays de langue portugaise.
Avant l'arrivée des Portugais en 1480, la contrée était appeléeNdongo. Elle avait porté auparavant le nomAmbonde, et ses habitants étaient appelésAmbonds (on trouve également les graphiesAbondos ouAbundos)[10].
Défilé militaire de l'armée portugaise à Luanda, durant la guerre d'indépendance de l'Angola.
Après le cessez-le-feu de 1992, le MPLA remporte toutes les élections ; Dos Santos reste ainsi président de l'Angola sans discontinuer pendant38 ans. Les identités socialesethniques se maintiennent, mais, depuis la paix, un sentiment national s'est développé.
Desélections générales se tiennent le. Ces élections se déroulent dans le contexte de l'annonce par le président lui-même de sa renonciation au pouvoir. La victoire du MPLA lors de ces élections amène à la présidence son successeur désigné,João Lourenço, en septembre de la même année[12],[13].
En, leprésident de la République João Lourenço est élu chef du parti MPLA, à la suite de la décision de José Eduardo dos Santos de prendre sa retraite[14].
Depuis l'indépendance, c'est leMouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) qui est au pouvoir. Les années de guerre civile, jusqu'au cessez-le-feu de 1992, n'ont pas été favorables à une ouverture du régime, appuyé parCuba et par l'Union soviétique. Après la fin de cette guerre civile, mais aussi après l’effondrement duBloc de l'Est (fin des années 1980 et début des années 1990) et celui, en 1991, du régime d’apartheid enAfrique du Sud (qui soutenait les opposants au MPLA[15]), une évolution vers un régime un peu plus démocratique s'est amorcée. Les premières élections générales démocratiques et pluripartites ont eu lieu en Angola les 29 et.José Eduardo dos Santos et leMPLA, de même qu'Isaías Samakuva, successeur deJonas Savimbi à la tête de l’UNITA, ont renoncé à la lutte armée et se montrent désormais favorables à un processus démocratique. Aux élections de 2017, les deux principaux partis dans l'opposition, l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) et laCASA-CE, ont obtenu respectivement 24,04 % et 8,56 % des voix exprimées. Le MPLA a récolté plus de 64 % des suffrages exprimés[13].
Pour autant, le maintien au pouvoir depuis 1975 de ce parti, la mainmise de son dirigeant sur le pays, son contrôle de la magistrature et de la presse, et les intimidations en direction des opposants limitent le fonctionnement démocratique[16]. Les équipes dirigeantes contrôlent également les ressources naturelles du pays, notamment le pétrole, et les principales entreprises. Cette mainmise était le fait de José Eduardo dos Santos et de sa famille, notamment de sa filleIsabel dos Santos et de son frère José Filomena dos Santos. José Eduardo dos Santos« a franchi une ligne rouge au milieu des années 2000 lorsqu’il a substitué son clan« biologique », sa famille directe, au clan politique au sein duquel s’étaient jusque-là répartis des postes-clés de l’État et de l’économie »[17].
Depuis l'avènement de João Lourenço, le pouvoir du clan familial dos Santos est remis en cause. Un effort anti-corruption doit être mené, mais des caciques du parti MPLA tiennent encore l'essentiel des manettes[18],[17].
Situé entre letropique du Capricorne et l’équateur, l'Angola est le pays africain le plus étendu au sud duSahara après laRépublique démocratique du Congo. L'Angola connaît de fortes variations de températures. Plus on avance vers le nord, plus les précipitations sont importantes. Au nord, le climat est tropical humide, avec une saison sèche qui s'étend de juin à septembre et au cours de laquelle le ciel est très voilé ; les Angolais parlent « d’hivernage ». Avec l'altitude, dans l'intérieur des terres, les températures sont différentes de celles de la côte, et sont différentes d'une région à une autre.
Plus on avance vers leTropique du Capricorne, plus le climat est désertique ; le désert de Namibie est l’un des plus anciens et des plus secs au monde. Ce n’est pas un désert de sable mais d’ergs. L’orographie, ici le plateau de climat tempéré, modifie ces données[21]. Le long de la côte passe lecourant de Benguela. Depuis la côte Angola-Namibie, un brouillard se dessine au-dessus de la mer quand la plage elle-même est dégagée. La côte est ainsi très sèche. La présence du plateau suscite des précipitations au sud, dans la région deHuambo. Les plaines côtières sont relativement sèches et reçoivent annuellement environ 300 millimètres de précipitations. Le climat est particulièrement humide dans l’enclave équatoriale deCabinda. Les plateaux reçoivent 1 000 à 1 800 millimètres par an[22].
Comme le reste de l’Afrique australe, le pays est exposé depuis plusieurs années à des épisodes de sécheresse qui affectent la production agricole et menacent la sécurité alimentaire des populations. Les petits éleveurs sont en outre chassés de leurs terres par les grands propriétaires et se retrouvent dans une situation de grande pauvreté, exposés à la faim et aux maladies (en étant souvent contraints de se nourrir de plantes sauvages)[26].
Le marché noir est important et, en 2018, pourrait représenter 90 % de l’activité économique du pays[25].
Les années de fortes croissances économiques se sont aussi accompagnées d'un élargissement de la fracture sociale : « Entre 2003 et 2008, lorsque le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 17 % en moyenne, les inégalités dans la distribution du revenu se sont accentuées avec l’accumulation de très grandes fortunes appartenant à une petite élite politique et entrepreneuriale. Il y a donc eu croissance sans développement », selon Alves Rocha, directeur du Centre d’études et investigation scientifique de l’université catholique de Luanda[27].
Centre de formation dans la province de Moxico[28].
Le dernier recensement du pays a eu lieu en (il n'y en avait pas eu depuis 1970). Les résultats définitifs ont été publiés en. Selon ces données, la population de l'Angola est de 25 789 024 habitants, dont 12 499 041 hommes et 13 289 983 femmes, soit 100 femmes pour 94 hommes. Avec 6 945 386 habitants, on compte 26,9 % de la population du pays résidant dans la province deLuanda[29]. En 2025, l’Angola a environ 39 millions d’habitants.
En 2014, toujours selon les résultats du recensement de, la pyramide des âges comprend 47,2 % de 0–14 ans ; 50,3 % de 15–64 ans et 2,3 % de plus de 65 ans. 65 % de la population a moins de 24 ans[29].
Les groupes ethniques les plus importants sont lesOvimbundu (37 % de la population), lesAmbundu (25 %) et lesBakongo (13 %). On compte également 2 % demétis, 258 920 Chinois (2012)[30], et environ 200 000 Portugais (2013)[31].
Une minorité importante de la population adulte est touchée par l'analphabétisme[32]. Le recensement de annonce que 66 % des plus de15 ans sait lire et écrire et que 48 % de la population de plus de18 ans n'a aucun diplôme[29]. 15 % du budget national, durant la période 1998-2007, est consacré à au secteur de l'Éducation[32]. Le pays est confronté au défi de l'enseignement supérieur[33].
La Constitution du a été révisée le, le, le (loi de, pluralisme), le en ainsi que le. Jusqu'à la dernière version, les constitutions ne contenaient pas de disposition à caractère linguistique. Leportugais était la langue officiellede facto, puisqu’il n’était proclamé dans aucun texte juridique. Dans les lois ordinaires, quelques-unes contiennent une ou quelques rares dispositions d'ordre linguistique, que ce soit au sujet du portugais ou des langues nationales[34].
Dès la proclamation de l’indépendance, les dirigeants politiques angolais ont privilégié la langue qui leur paraissait la seule immédiatement disponible et opérationnelle : la langue du colonisateur, le portugais. Ce n'est qu'en 2010 que la Constitution du a inclus des dispositions d'ordre linguistique. En effet, l'article 19 de la Constitution proclame pour la première fois que le portugais est la langue officielle de la république d'Angola.
Selon les données du recensement de, 71 % des Angolais utilisent leportugais comme première ou deuxième langue[29]. Le portugais d'Angola est proche du portugais du Portugal, mais présente des caractéristiques propres aussi bien dans le vocabulaire et la syntaxe que dans la prononciation.
L'Assemblée nationale de l'Angola.
Sixlangues bantoues ont le statut de langue nationale[35] :umbundu (23 %),kikongo (8 %),kimbundu (8 %),tchokwé (7 %),nganguela (3 %) etkwanyama (2 %)[29],[35],[2]. Au total,38 langues bantoues sont parlées comme langue maternelle ou seconde langue par les Angolais[36],[35]. Lelingala est aussi présent depuis les années 1970 avec les quelque 400 000 Angolais de l'ethniekongo qui ont fui du nord-ouest de l'Angola à la suite de la répression coloniale, réponse à l'insurrection anti-coloniale de l'UPA, en 1961, et qui se sont installés enrépublique démocratique du Congo (ancien Zaïre). Surtout dans la région deKinshasa, ces Angolais ont très souvent abandonné leur langue d'origine, le kikongo, pour passer aulingala, et en retournant en Angola ils ont « importé » cette langue. Il y a déjà une génération d'enfants, et de jeunes de plus de25 ans, qui sont nés lingalophones en Angola sans avoir jamais été au Zaïre ou au Congo[37].Dans le souci de pérenniser le patrimoine culturel et suivant les recommandations de l'UNESCO, le gouvernement angolais annonce l'insertion des langues nationales dans le système éducatif[38].
Le basket-ball est un sport très pratiqué en Angola. L'équipe nationale masculine est la plus titrée de toutes les équipes africaines, ayant remporté à 11 reprises leChampionnat d'Afrique et s'étant retrouvée sur le podium de 1983 à 2015 sans discontinuer. Du côté féminin, l'équipe nationale a remporté deux titres continentaux et 5 médailles de bronze.
Du au, l'Angola organise laCAN 2016 dehandball féminin à Luanda où l'équipe d'Angola, onze fois vainqueur de l'épreuve et organisateur, est l'un des pays favoris à la victoire finale.
Jean-Michel Mabeko-Tali,Barbares et citoyens: L'identité nationale à l'épreuve des transitions africaines: Congo-Brazzaville, Angola, Paris, L'Harmattan,