Pour les articles homonymes, voirLehmann.
| Secrétaire générale Ligue française pour le droit des femmes |
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Andrée Lehmann, née àParis 9e le et morte àParis 13e le, est uneavocate et une militanteféministe française.
Andrée Lehmann est née dans une famillejuive d'originealsacienne. Son père, Victor Lehmann, est représentant de commerce, et sa mère, Delphine Weill, est sans profession. Elle est titulaire d'unbaccalauréat scientifique et d'unelicence en droit qui lui permet de s'inscrire aubarreau de Paris en 1921, soit la même année queMarcelle Kraemer-Bach etYvonne Netter[1]. En 1923, elle soutient unethèse sur le travail féminin[2] et collabore au cabinet d'avocats deMaria Vérone, présidente de laLigue française pour le droit des femmes (LFDF). En 1924, à Paris, Andrée Lehmann épouse le docteur en médecine, Jean Jules Édouard Séjourné, de trois ans son cadet ; Maria Vérone est un de leurs témoins[3].
En 1924, Andrée Lehmann commence à militer très activement à la LFDF et devient, la même année, sa secrétaire générale. Elle collabore régulièrement à sa revueLe Droit des femmes. Elle y traite des problèmes juridiques liés audivorce, aux régimes successoraux ou à la réglementation dutravail féminin. Dans ce dernier domaine, elle condamne notamment l'interdiction dutravail de nuit pour les femmes alors que la loi les autorise à commencer une journée de travail à 5 heures du matin. Pour Andrée Lehmann les seules réglementations applicables au travail féminin doivent être fondées sur le principe "à travail égal, salaire égal" et sur les droits auxcongés de maternité. Sur son initiative, la LFDF propose aux femmes des cours d'initiation audroit constitutionnel français[3].
Andrée Lehmann lutte aussi pour la suppression de l'incapacité juridique subie par les femmes mariées et participe à la modification duCode civil en ce sens. Elle se joint auxsuffragettes qui harcèlent lessénateurs pour obtenir le droit de vote pour les femmes. Durant toute l'année 1928 les suffragettes mènent des actions d'éclat aux abords duSénat. Elles arborent des banderoles et des chapeaux portant le leitmotiv « La femme veut voter ». Le, Andrée Lehmann est arrêtée avec une autre avocate manifestant, Simone Weiler, pour délit de stationnement sur le trottoir du Luxembourg situé face au Sénat. Pour la journée internationale des femmes, le, Andrée Lehmann fait partie des militantes de la LFDF qui déposent devant la statue deJeanne d'Arc une couronne portant l'inscription « A Jeanne qui sauva la France, mais qui serait jugée indigne d'élire un conseiller municipal. ». Une autre de ses actions spectaculaires est de survoler lejardin du Luxembourg en avion le et d'envoyer sur le Sénat une pluie de tracts réclamant le droit de vote pour les femmes[3].
Dans les années qui précèdent laSeconde Guerre mondiale, Andrée Lehmann comme l'ensemble des militantes de la LFDF adopte des positions trèspacifistes. Elles les expriment jusqu'à la veille de la guerre par des articles dans le journal de la LFDF et en se joignant aux 150 000 signataires de la pétition de soutien au Centre d'action contre la guerre.
Leslois raciales deVichy la contraignent à suspendre l'exercice de sa profession d'avocate et à fuir Paris. « Elle qui aimait tant défier l'adversaire et combattre au premier rang à visage découvert, dut se cacher enzone libre et n'échappa auxcamps de la mort qu'au fait qu'elle avait épousé uncatholique, le docteur Séjourné. » indique Madame Morey dansLa vie et l’œuvre féministe d'Andrée Lehmann (Le droit des femmes,)[3].
De retour à Paris, bien que ledroit de vote soit acquis en France pour les femmes (), et contrairement à la plupart des organisations suffragistes, Andrée Lehmann reconstitue et continue de présider la LFDF. Le journalLe droit des femmes réapparaît en 1946 et elle en assure la direction[4]. Après la mort deMaria Vérone le, elle poursuit son travail : elle élargit l'action de la LFDF en l'associant aux travaux de l'UNESCO. Elle assure également la vice présidence de deux associations qui défendent le travail féminin : l'Alliance internationale des femmes et l'Open Door International. Elle reste membre du Comité directeur de l'Association française des femmes diplômées des universités (AFFDU) jusqu'en 1968[3].
Parallèlement elle poursuit la publication de plusieurs ouvrages.Le rôle de la femme dans l'histoire de la Gaule est une recherche historique qui parait dès 1944. Dans son introduction, elle développe une approcheféministe de l'histoire devenue aujourd'hui courante alors qu'elle est novatrice à l'époque de la parution, parution qui a lieu cinq ans avant celle duDeuxième sexe deSimone de Beauvoir. Elle écrit notamment que « l'histoire est restée jusqu'ici l’œuvre des hommes. A peu près seuls, ils l'ont écrite. Il est conforme à la nature humaine qu'ils aient cru que seuls, ils l'avaient faite. [...] C'est ainsi sans doute, que le rôle joué par la femme dans l'histoire est, à presque toutes les époques, mal connu et souvent méconnu. » Des volumes consacrés au rôle de la femme française auMoyen Âge et au milieu du 20e siècle lui font suite. Ce dernier est réédité par la LFDF[3].
Affaiblie par une maladie de cœur, elle meurt à l'âge de 77 ans à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.