Naissance | |
---|---|
Décès | |
Nom de naissance | André Auguste Charles César Warusfel |
Nationalité | |
Formation | |
Activités |
Directeur de thèse | |
---|---|
Site web |
André Warusfel, né le àDouai et décédé le àParis15e[1],[2], ancien élève de l'École normale supérieure (promotion 1956), fut successivement professeur,inspecteur général et historien des mathématiques.
Normalien,agrégé en 1960, il enseigna enclasses préparatoires, tout d'abord aulycée Pierre-Corneille de Rouen, aulycée Henri-IV puis aulycée Louis-le-Grand[3]. Là, il acquit une aura et une réputation pédagogique exceptionnelles, ayant été cité au rang des« professeurs phares » parLe Monde en 1995[4].
Il fut ensuiteinspecteur général de mathématiques de 1994 à 2001.
Après la publication de son premier ouvrage,Les Nombres et leurs mystères, qui fut très bien accueilli à la fois par la communauté scientifique et le grand public et connut un succès immédiat (si bien qu'il est constamment réédité depuis 1961), il publia en 1966 sonDictionnaire raisonné des mathématiques, qui obtint le prix Camille Flammarion.
En 1969, il publia son ouvrageLes mathématiques modernes[5].
Par ailleurs, passionné d'histoire des sciences depuis ses jeunes années sous l'influence deJean Itard et du pèrePierre Costabel, il consacra la fin de sa carrière à ses recherches sur l'œuvre mathématique deDescartes. Sur ce sujet, il soutint sa thèse de doctorat[6] à l'université Paris Sorbonne-Paris IV le, sous la direction deJean-Luc Marion. Il fut l'un des intervenants du colloque organisé à la Sorbonne le à l'occasion duIVe centenaire de la naissance de Descartes, puis assura la présentation du principal texte mathématique de Descartes,La Géométrie, dans le3e tome desŒuvres complètes de Descartes[7] publié en 2009.
Il publia en 2009 un ouvrage consacré à l'œuvre d'Euler, qui comporte notamment une introduction sur l'histoire des mathématiques "autour du siècle des Lumières". On lui doit aussi deux articles surMarin Mersenne (religieux duXVIIe siècle ami deDescartes, deFermat et dePascal), l'un en 1986 portant sur lesnombres de Mersenne[8], l'autre en 1994 sur deux de ses autres contributions[9].
En 2016, ont paru, dans le premier volume desŒuvres complètes de Descartes, sa présentation et ses notes desExercices sur les Éléments des solides (premier texte mathématique de Descartes) ainsi que deParnassus, un autre de ses textes de jeunesse[10]. Toujours concernant René Descartes, il a laissé plusieurs travaux inachevés, dont certains éléments commencent à être mis en ligne (notamment un commentaire développé duDe Solidorum Elementis, ainsi qu'une présentation inédite deLa Géométrie).
En 1967, il fut chargé par le ministre de la recherche,Maurice Schumann, d'une mission aux États-Unis pour étudier les dernières tendances d'enseignement des mathématiques, ce que l'on désignait à l'époque sous le terme demathématiques modernes.
Il devint membre de laCommission ministérielle sur l'enseignement des mathématiques, créée en 1967 parAndré Lichnerowicz, qui fut à l'origine de l'introduction des mathématiques modernes au sein de l'enseignement secondaire.
Il est l'auteur de nombreuses communications sur l'histoire et l'enseignement des mathématiques. Le, il intervint à l'institut Henri-Poincaré, surLa correspondance entre Pascal et Fermat (1654) et leproblème des partis. En 1999, il rappela l'histoire duthéorème de Borel-Lebesgue lors du colloqueÉmile Borel consacré aux mathématiques en France au début duXXe siècle[11]. On peut également citer ses articles de 2002 consacrés àAmpère[12] et àFermat[13], celui de 2005 sur la formation des mathématiciens français auXXe siècle[14] ainsi que, la même année, sur l'historique de la résolution des équations algébriques[15]. En 2007, il intervint surLeonhard Euler et l’arithmétique politique[16] et fut l'un des deux rapporteurs de la thèse de doctorat de Claire Schwartz consacrée àMalebranche et les mathématiques, soutenue à l'université de Neuchâtel le.
Ses communications les plus nombreuses furent consacrées à l’œuvre mathématique de Descartes, comme en 2006 au colloqueAlgébrisations - Géométrisations à l'IREM de l'université Toulouse III en 2006[17] ou en 2011 à l'université du Luxembourg où il intervint sur la notion de « règle générale » chez Descartes.
André Warusfel fut égalementécrivain etjournaliste. Il fut en 1964 l'un des fondateurs de la revueAtomes, future revueLa Recherche, alors dirigée parMichel Chodkiewicz.
Dans la perspective de vulgarisation scientifique qui était la sienne, il prépara entre 1982 et 1984 un ouvrage qui devait être consacré à l'informatique et qui devait faire voyager le lecteur de la « préhistoire » de l'informatique (notamment de « Pascal à la Lune ») jusqu'aux perspectives futures de l'intelligence artificielle en passant par une description assez détaillée de l'état de la micro-informatique (matériel et logiciel) qui venait d'apparaître et dont il pressentait qu'elle allait bouleverser l'industrie informatique et les usages des ordinateurs. Prévu pour être publié auxÉditions du Seuil, cet ouvrage ne fut finalement pas achevé mais quelques chapitres du premier tapuscrit ont été retrouvés et témoignent de la manière dont on pouvait percevoir le développement de l’informatique à cette période[18].
De 1974 à 2007, il fut rédacteur en chef de laRevue de mathématiques spéciales (devenue la RMS depuis 2004). AuxÉditions du Seuil où il publia ses premiers ouvrages, il dirigea la collection « Le rayon de la science », puis participa avec Max de Ceccatty etFrançois Dagognet à la création de la collectionScience ouverte en 1966.
En 2004, il participa également à la première édition des lettres d’Henri Lebesgue àÉmile Borel[19].