Pour les articles homonymes, voirFleury.
Cet article concerne le cardinal (1653 - 1743). Pour l'abbé (1640 - 1723), confesseur deLouis XV, voirClaude Fleury.
| Président Académie des sciences | |
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| Cardinal | |
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| Président Académie des sciences | |
| Abbé de Saint-Étienne de Caen | |
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| Fauteuil 29 de l'Académie française | |
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| Évêque de Fréjus Diocèse de Fréjus | |
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| Activités | Prêtre catholique(à partir de),évêque catholique(à partir du),homme politique,ministre,ministre du culte |
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| Membre de |
André Hercule de Fleury, né le[1] àLodève et mort le àIssy-les-Moulineaux, est un ecclésiastique ethomme d'Étatfrançais, principal ministre du jeune roiLouis XV etcardinal de1726 à1743.
Aucun ministre ne lui succède, le roi décide alors de régner seul jusqu'en 1758.


Issu de la petite noblesse languedocienne, André de Fleury est le fils de Jean de Fleury, seigneur deDio, receveur destailles au diocèse deLodève et de Diane de La Treilhe.
Destiné dès l'enfance à l'état ecclésiastique, il est envoyé à Paris à l'âge de six ans poursuivre ses études aucollège de Clermont puis aucollège d'Harcourt, à l'instar des enfants nobles de l'époque.
Nomméchanoine àMontpellier en 1668, l'adolescent revient à Paris terminer ses études et est ordonné prêtre en 1674. Il poursuit cependant des études dethéologie et obtient salicence en 1676.
Grâce à la protection ducardinal de Bonzi, il devient aumônier de la reineMarie-Thérèse en 1677 puis, après la mort de celle-ci, aumônier du roi (1683). En 1691, il devientabbé commandatairede Larrivour[2].
En 1699, il obtient lediocèse de Fréjus, petit diocèse frontalier duduché de Savoie,« par indignité divine » suivant ses propres termes. Quoique déçu dans ses ambitions, il se rend dans son diocèse conformément aux décrets duconcile de Trente et s'occupe avec soin de ses ouailles.
Pendant laguerre de succession d'Espagne, son diocèse est menacé par les troupes deVictor-Amédée II de Savoie ; il parlemente avec l'envahisseur et évite le passage des troupes, allant jusqu'à recevoir en grande pompe le souverain ennemi dans sa cathédrale et à y faire chanter unTe Deum en son honneur. Il sera pour cela soupçonné de trahison et ne devra qu'à son habileté politique et au soutien de ses amis à Versailles d'éviter la disgrâce.
Prétextant des ennuis de santé, il renonce à son évêché en 1715 et devient peu après, lors des fêtes de la Pentecôte, abbé commendataire de l'abbaye Saint-Philibert de Tournus, qu'il gouvernera jusqu'à sa mort[3].
Dans le même temps, sur proposition duduc du Maine, fils légitimé deLouis XIV, et de son épouse, le roi ajoute un codicille à son testament : il confie à l'ancien évêque de Fréjus l'éducation de son arrière-petit-fils et successeur, le futurLouis XV, âgé de cinq ans[4].

LePhilippe,duc d'Orléans et régent du royaume, nomme Fleury précepteur de Louis XV, qui a alors tout juste six ans, conformément au deuxièmecodicille du testament de Louis XIV.
En 1717, le régent lui accorde le privilège de monter dans le carrosse du roi : en effet,« monter dans le carrosse du roi » impliquait de pouvoir dialoguer avec le roi (parler de l'état du royaume, obtenir des grâces, etc.) et d'être vu par tous dans une certaine intimité avec le monarque. Ce privilège revêtait une grande importance politique.
Le de cette même année, il est élu au fauteuilno 29 de l'Académie française, remplaçantFrançois de Callières. Il a en effet agrandi la bibliothèque du roi, envoyé des membres de l’Académie des Sciences dans le Nord et au Pérou pour mesurer le méridien et des savants en Égypte et en Grèce pour rechercher les manuscrits précieux. Là aussi il lutte très activement contre les candidatures desjansénistes et des premiers philosophes. Il procure àLouis Racine un emploi dans les finances en province pour éviter qu'il soit élu à l'Académie. Il interdit les réunions duClub de l'Entresol. Il est de ceux qui accusent l’abbé de Saint-Pierre. Il s'oppose à l’élection de Montesquieu, puis dit s’en désintéresser. Enfin, il y reçoitMassillon[5].
En 1721, il est nomméabbé commendataire deSaint-Étienne de Caen[6] tandis que leduc du Maine, oncle très aimé du jeune roi,victime des cabales de son épouse, est incarcéré à lacitadelle de Doullens avant de revenir en grâce.
Le, Louis XV estsacré roi à Reims. Fleury tient le rôle d'unpair ecclésiastique.
Louis XV est déclaré majeur en à l'entrée de sa quatorzième année. Sur les conseils de son oncle, l'ex-régent, il nommeprincipal ministre le conseiller de celui-ci, lecardinal Dubois. Le prélat meurt dès le mois d'août et l'ex-régent réclame la place vacante qu'aussitôt son neveu lui accorde.
Le duc d'Orléans meurt en décembre suivant et le petit roi, déjà marqué par la perte de ses parents et de son arrière-grand-père, se tourne encore vers sa famille et nomme premier ministre un autre de ses grands-oncles, leduc de Bourbon.
Ce prince, qui dirige les affaires de l'État pendant trois ans, est dominé par deux femmes ambitieuses, sa mèreLouise-Françoise de Bourbon, fille légitimée du Louis XIV et sa maîtresse, lamarquise de Prie. Pour conserver le pouvoir, il a entre autres mis à mal l'alliance avec l'Espagne en faisant rompre les fiançailles du roi avec l'infanteMarie-Anne-Victoire d'Espagne afin de lui faire épouser une princesse en exil,Marie Leszczyńska, fille du roi détrôné dePologneStanislas Leszczyński, sans pouvoir ni richesse mais qui, de sept ans l'aînée de son futur mari, est en âge d'avoir des enfants (le duc de Bourbon veut que Louis XV ait un fils, afin d'empêcher leduc d'Orléans de devenir roi).
Sa politique rend rapidement le duc de Bourbon très impopulaire. Sa volonté d'amener le roi à disgracier Fleury dont il jalouse l'influence, provoque sa chute : Fleury, sans en avertir le roi, se réfugie auséminaire d'Issy-les-Moulineaux ; Louis XV, inquiet d'être encore séparé d'un être qui lui est cher, le fait rappeler et malgré l'appui de la reine, le duc de Bourbon est exilé le sur sesterres de Chantilly. À peine un an après son mariage, victime de son inexpérience et de sa naïveté, la reine a perdu pour toujours l'influence qu'elle aurait pu exercer sur son mari. Le roi de 16 ans déclare assumer seul le pouvoir et se passer de premier ministre. Cependant, il confie l'essentiel du pouvoir à son précepteur. À l'âge de 73 ans, « M. de Fréjus », comme on l'appelle d'après le nom de son évêché, est « appelé aux affaires ». En septembre 1725, sur la demande du roi, il est créécardinal par le papeBenoîtXIII.


Le, Fleury devientministre d'État, c'est-à-dire « premier ministre » de fait, malgré son grand âge - 73 ans - et sa faible constitution physique.Edmond Jean François Barbier note dans son journal : « L’évêque de Fréjus n'a pas le titre de premier ministre, mais il en aura presque le crédit, puisqu'il assistera à toutes les conférences que chaque ministre aura avec le roi, et qu'il lui fera prendre le parti qu'il jugera à propos[7],[8]. »
Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, le cardinal est réputé ne pas avoir profité de son élévation au ministère pour s'enrichir ni favoriser ses proches.Voltaire dit de lui qu'il « fut simple et économe en tout, sans jamais se démentir[9]. » Une exception peut-être, reste l'accession de son neveu et filleul du roiJean-Hercule de Rosset de Rocozels au titre de duc de Fleury.

Il se distingue par la modération de son train de vie ; à contrepied de ses prédécesseurs cardinauxRichelieu etMazarin, il n'a pas de fortune. Il dépense ses revenuscommendataires en aumônes et se contente de ses appointements de ministre (20 000 livres). Il est d'un commerce agréable, à la parole apparemment timide mais à l'esprit très fin et très habile ; sa verve de conteur était très appréciée[10].
Le cardinal de Fleury gouverne avec prudence et sagesse : à l'intérieur, il rétablit le budget de l'État, stabilise la monnaie, reprend la politique deColbert, pacifie dans la mesure du possible le problèmejanséniste avec l'aide de l'archevêque d'Embrun,Pierre Guérin de Tencin (voir aussi « gallicanisme » et ladéclaration des Quatre articles) qui convoque unconcile provincial à Embrun pour juger un évêque favorable au jansénisme,Jean Soanen[11]. La répression est particulièrement dure à Paris, où la majorité des curés soutiennent le jansénisme[12]. Il ne parvient cependant pas à entraver la montée de l'opposition parlementaire. Autour de l'année 1737, il mène une politiqueantimaçonnique et fait fermer plusieurs loges.
Sa politique économique reconstruit l'économie du pays, sinistrée à la suite des dérapages de la politique monétaire du régent et de son ministre-banquier atypiqueJohn Law, père du « système de Law ». Il rappelle aux affaires leconseiller Le Blanc. Fleury restera comme le « premier ministre » – qu'il n'était pas en titre – ayant créé les conditions du développement économique, scientifique, industriel que la France va connaître durant les années 1728-30 à 1770. Avec les conseils avisés deMichel Robert Le Peletier des Forts, Fleury réforme le système monétaire, en rétablissant lalivre, par réévaluations ; un louis d'or vaut alors 24 livres. La valeur de la monnaie restera à ce niveau jusqu'en 1785 et permet la stabilité monétaire dans le royaume.
Sa politique extérieure est marquée par une recherche de la paix et de la stabilité européenne.
Entraîné par le roi dans laguerre de Succession de Pologne, il la conclut rapidement par letraité de Vienne de 1738 qui apporte à terme leduché de Lorraine et leduché de Bar à la France.
Il se laisse aussi entraîner dans laguerre de Succession d'Autriche dont il ne verra pas la fin.

Son acharnement à éviter les ambitieux et les intrigants et, en apparence, à exercer seul le pouvoir jusqu'à sa mort le, lui vaut le surnom de « Son Éternité ».
Il se fait enterrer dans un tombeau somptueux dans l'église Saint-Louis-du-Louvre[13].
Sa sœur,Marie de Fleury, épousa en 1680 Bernardinde Rosset de Rocozel, d'où un neveu,Jean-Hercule de Rosset, qui fut marquis de Rocozel (1724) et duc-pair de Fleury (1736)[14].
André Hercule de Fleury a ordonné les évêques suivants[15] :
Il est élu membre de l'Académie française en 1717, de l'Académie des sciences en1721 et de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1725. Il reçoit le titre de proviseur de laSorbonne et de supérieur ducollège de Navarre.
Lecomte d'Argenson, ministre de la guerre sous Louis XV, écrit dans sesMémoires :
« Comme on plaisante ici sur les choses les plus sérieuses, il court une épigramme sur le Cardinal dont je n'ai retenu que le trait. La France est un malade que, depuis cent ans, trois médecins de rouge vêtus, ont successivement traité. Le premier (Richelieu) l'a saigné ; le second (Mazarin) l'a purgé ; et le troisième (Fleury) l'a mis à la diète. »
| 8. Jean DE FLEURY | ||||||||||||||||
| 4. Pierre DE FLEURY (1572-1642) | ||||||||||||||||
| 2. Jean DE FLEURY (1620-1677) seigneur deDio-et-Valquières etVernazobres, receveur destailles au diocèse deLodève | ||||||||||||||||
| 20. Pierre DEROSSET | ||||||||||||||||
| 10. Jean DEROSSET (1545-????) | ||||||||||||||||
| 21. Marguerite DE CHAVAGNAC | ||||||||||||||||
| 5. Lucrèce DEROSSET (1585-1639) | ||||||||||||||||
| 22. Arnaud DEVISSEC DE LATUDE (1500-1578) | ||||||||||||||||
| 11. Étiennette DEVISSEC DE LATUDE (1548-????) | ||||||||||||||||
| 23. Souveraine DELODÈVE (1510-1588) | ||||||||||||||||
| 1. AndréHercule DE FLEURY (22/06/1653 àLodève – 29/01/1743 àIssy-les-Moulineaux) ministre de Louis XV | ||||||||||||||||
| 24. Jean DE LA TREILHE (1520-????) | ||||||||||||||||
| 12. Jacques DE LA TREILHE (1543-????) | ||||||||||||||||
| 25. Isabeau DE FOREZ | ||||||||||||||||
| 6. Jean DE LA TREILHE (1575-1635) | ||||||||||||||||
| 26=22. Arnaud DEVISSEC DE LATUDE (1500-1578) | ||||||||||||||||
| 13. Françoise DEVISSEC DE LATUDE (1555-1610) | ||||||||||||||||
| 27=23. Souveraine DELODÈVE (1510-1588) | ||||||||||||||||
| 3. Diane DE LA TREILHE (1623-1707) | ||||||||||||||||
| 28. Jean DE SARRET | ||||||||||||||||
| 14. Antoine DE SARRET (1535-1588) | ||||||||||||||||
| 29. Françoise DE ROCHEMORE | ||||||||||||||||
| 7. Hélène DE SARRET (1579-1635) | ||||||||||||||||
| 30. Jean D’ALBENAS (1516-1586) | ||||||||||||||||
| 15. Louise D’ALBENAS (1545-1616) | ||||||||||||||||
| 31. Françoise DE LESTRANGE | ||||||||||||||||
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