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Ancien Testament

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Ancien Testament
Moïse brisant les Tables de la Loi, parRembrandt, 1659.
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L'Ancien Testament, aussi appeléPremier Testament, est, pour leschrétiens, la partie de leurBible relative à la période qui précèdeJésus-Christ. Il est formé des livres de laBible hébraïque (leTanakh)[1] et d'autres livres de la fin de la période qui ne sont pas inclus dans lecanon hébraïque actuel. Il constitue la première partie de la Bible chrétienne, la seconde partie étant leNouveau Testament.

L'Ancien Testament se nomme enkoinè (grec)Παλαιὰ Διαθήκη /Palaià Diathếkê, et enlatinVetus Testamentum[2],[3].

Le mot latintestamentum (« testament ; témoignage ») est lui-même traduit dugrec ancien :διαθήκη /diathếkê (« testament, contrat, convention »). Dans un sens religieux, « testament » signifie« alliance »[3].

Origines

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Une page de l'Ancien Testament tirée de laBible de Gutenberg, composée à partir de laVulgate deJérôme de Stridon (vers 1455).
Article détaillé :Datation de la Bible.

L'expression« Ancien Testament » trouve son origine dans la deuxième lettre que l’apôtre Paul adresse vers l’an 55 aux chrétiens de la ville de Corinthe (2 Co, 3, 14). Elle renvoie à l'époque aux cinq livres de laTorah qui étaient alors attribués àMoïse[4].

Ce que leschrétiens appellent Ancien Testament provient d'un ensemble de textes religieux rédigés, pour leur très grande majorité, à l'origine enhébreu, et qui nous est parvenu sous la forme de copies[5].

CetteBible hébraïque est traduite engrec à partir du milieu duIIIe siècle av. J.-C., en commençant par lePentateuque (la Torah). Cette traduction grecque, connue sous le nom deSeptante, est largement utilisée par la communauté juive d'Égypte[3]. Au fil du temps, elle s'étoffe d'autres livres. Vers 132av. J.‑C., la Loi et les Prophètes sont déjà traduits en grec. D'autres livres (notamment les Écrits) sont ensuite encore traduits de l'hébreu ou de l'araméen, mais certains livres sont aussi directement rédigés en grec, si bien que les textes religieux en hébreu et en grec divergent[6].

C'est à partir du milieu duIIe siècle que les chrétiens appellent cetteBible juive « Ancien Testament » pour la distinguer des écrits réunis entretemps dans leNouveau Testament[7] (tous les livres du Nouveau Testament ont été rédigés en grec)[3].

Ensemble des rouleaux du Tanakh.

L'Église chrétienne primitive se fonde sur cette version grecque desSeptante. C'est pourquoi son Ancien Testament comprend, en plus des livres duTanakh juif, d'autres livres ainsi que quelques compléments dans les Livres d'Esther et de Daniel, etc. Ces textes sont appeléslivres deutérocanoniques par l'Église catholique. Les Églises orthodoxes, qui les reconnaissent comme canoniques, ne les désignent par aucun terme particulier. Les Églisesprotestantes ont un Ancien Testament calqué sur la Bible hébraïque et ne reprennent pas ces livres, qu'elles considèrent commeapocryphes.

La version latine de l'Ancien et duNouveau Testaments[8] en usage dans l'Église est établie parsaint Jérôme de 392 à 410. Elle porte le nom deVulgate[3].

Canon

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Article détaillé :Canon (Bible).

Lesjuifs, et à leur suite lesprotestants, ne considèrent pas comme inspirés les livres grecs transmis uniquement par laSeptante. Il s'agit duLivre de Tobie, duLivre de Judith, certains chapitres d'Esther, 1-2Maccabées, certains chapitres deDaniel, Sagesse, Ecclésiastique (Siracide) etBaruch.

Il est difficile de situer le moment à partir duquel l’Ancien Testament est constitué encanon par les chrétiens. AuIIe siècle, l'Église de Rome condamne l'hérésie deMarcion, qui rejetait le caractère inspiré de ces livres. Ce n'est que plus tard que lecanon de la Bible chrétienne est constitué.

Canon catholique et orthodoxe

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Le plan du canon de l'Ancien Testament selon la Septante est le suivant[9] :

  • Pentateuque (Torah) : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome
  • Leslivres historiques :Josué,Juges,Ruth, I-IISamuel, I-IIRois, I-IIChroniques,Esdras,Néhémie,Esther,Tobie*,Judith*, I-IIMaccabées*
  • LesHagiographes :Livre de Job,Psaumes,Proverbes,Ecclésiaste,Cantique des Cantiques,Sagesse de Salomon*,Ecclésiastique*
  • LesProphètes :Ésaïe,Jérémie,Lamentations,Baruch*,Ézéchiel,Daniel,Osée,Joël,Amos,Abdias,Jonas,Michée,Nahum,Habaquq,Sophonie,Aggée,Zacharie,Malachie

Les livres dits « deutérocanoniques » dans l'Église catholique sont signalés par une *.

Ainsi, le canon catholique placeJob,Psaumes,Proverbes etEcclésiastique (Siracide) dans les livres historiques. Ensuite viennent les livres prophétiques ; sixprophètes majeurs :

et les douzepetits prophètes.

Canon juif et protestant

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L'ordre et l'organisation des livres ne sont pas les mêmes dans le judaïsme. LeTanakh est divisé en trois parties :

  1. LaTorah (« instruction », « enseignement », « loi »), c'est-à-dire lePentateuque :Genèse,Exode,Lévitiques,Nombres,Deutéronome
  2. LesNevi'im (« prophètes ») (Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois) etprophètes postérieurs majeurs (Isaïe, Jérémie, Ézéchiel) et mineurs (Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahoum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie)
  3. LesKetouvim (« écrits ») :Psaumes,Proverbes,Livre de Job, les « rouleaux » (Ruth,Cantique des Cantiques,Qohélet ouEcclésiaste,Lamentations,Esther),Daniel,Esdras etNéhémie, 1-2 Chroniques (l'ordre des livres dans cette troisième catégorie peut varier).

Les Biblesprotestantes (par exemple laBible Segond) organisent ces mêmes livres de l'Ancien Testament en 4 parties :

Dieu est-il violent dans l'Ancien Testament ?

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Dès ledébut du christianisme, des chrétiens sont troublés par la violence qui s’exprime dans l'Ancien Testament, et en particulier parce que Dieu lui-même aurait un comportement violent, exprimé de multiples façons. AuIIe siècle,Marcion imagina une solution radicale : se couper de l’Ancien Testament et de son Dieu violent, pour ne garder que le Dieu de l’amour annoncé par Jésus. Cette tentation est souvent réapparue, et l’Église l’a toujours rejetée. Mais le scandale demeure, notamment aujourd’hui dans les milieux et chez les individus préoccupés par la paix dans le monde. En réalité, il n'est pas possible de séparer, sur cette question, laBible hébraïque et laBible chrétienne, car non seulement la Bible chrétienne inclut les Écritures juives, mais le même Dieu juge les hommes à la fin des temps[12].

Marcion fut excommunié en144 par l'Église de Rome, mais sa doctrine, lemarcionisme, se répandit dans tout le bassin méditerranéen[13]. Les églises marcionistes se développèrent et subsistèrent jusqu’auVe siècle mais on en trouve néanmoins des traces jusqu’auXVIe siècle[14]. AuXXe siècle encore, Marcion est récupéré par lesidéologues nazis qui apprécient sonantijudaïsme. AinsiAlfred Rosenberg affirme dansLe Mythe du vingtième siècle (1930)[15] :

« En 150, le Grec Marcion défend l'idée nordique d'un ordre du monde reposant sur une tension organique et des hiérarchies, en opposition avec la représentation sémitique d'une puissance divine arbitraire et de son despotisme sans limite. Pour cette raison il rejette aussi le « livre de la loi » d'une telle « divinité », c'est-à-dire l'ancien testament hébreu. »

Une certaine manière de lire lesÉcritures conduit encore à opposer deux images deDieu (justice ou miséricorde), du culte (ritualiste ou spirituel/la lettre ou l'esprit), la vie (sous l'empire de la crainte ou de l'amour). Ainsi donne-t-elle à penser qu'il y a rupture dans l'unique dessein de Dieu[16].

C'est surtout en étudiant les grands thèmes de l'Ancien Testament et leur continuation dans le Nouveau qu'on se rend compte de l'impressionnante symbiose qui unit les deux parties de laBible chrétienne et, en même temps, de la surprenante vigueur des liens spirituels qui unissent l'Église du Christ aupeuple juif. Dans l'un et l'autre Testament, c'est le même Dieu qui entre en relation avec des hommes et les invite à vivre en communion avec lui ; Dieu unique et source d'unité ;Dieu créateur, qui continue à pourvoir aux besoins de ses créatures, surtout de celles qui sont intelligentes et libres, appelées à reconnaître la vérité et à aimer ; Dieu libérateur surtout et sauveur, car les êtres humains, créés à son image, sont tombés par leurs fautes dans un esclavage misérable[17].

Le Dieu des juifs et des chrétiens est le mêmeDieu d'amour qui faitalliance avec les hommes. « Il garde son alliance et sa fidélité durant mille générations à ceux qui l'aiment et gardent ses commandements (Dt 7, 9) »[18].

Notes et références

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Notes

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Références

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  1. Les extraits de l'Ancien Testament cités dans le Nouveau Testament sont extraits de la traduction grecque de ce qui n'est pas encore le Tanakh, le canon hébraïque n'étant pas encore fixé. Les chrétiens privilégient cependant dans l'Ancien Testament actuel le texte hébraïque du Tanakh.
  2. Introduction à l'Ancien Testament,p. 22.
  3. abcd eteEncyclopédie Larousse duXXe siècle, Paris, 1932.
  4. Thomas Römer,L'Ancien Testament, Paris, Presses Universitaires de France,coll. « Que sais-je ? »,, 128 p.,p. 5
  5. Édouard Dhorme,Introduction à la Bible (Ancien Testament), Pléiade, Gallimard,p. XVII-XVIII).
  6. Introduction à l'Ancien Testament,p. 102.
  7. Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi, Christophe Nihan,Introduction à l'Ancien Testament,Labor et Fides,,p. 19.
  8. Traductions de la Bible.
  9. Introduction à l'Ancien Testament,p. 21-22.
  10. Baruch ben Neria n'est pas considéré comme prophète par les Juifs et les Protestants.
  11. livre deutérocanonique absent des canons juif etprotestant ; parfois placé avant les Lamentations.
  12. Giuseppe Barbaglio,Dieu est-il violent ? Une lecture des Écritures juives et chrétiennes, Seuil, 1994, 348 p.
  13. Alexandre Nanot, « Marcion, l'hérétique (85-160) »,Bibliorama,‎(lire en ligne, consulté le)
  14. « Marcion l’hérétique (85-160) », surbibliorama.org(consulté le)
  15. Alfred Rosenberg,Le Mythe du vingtième siècle, p. 71
  16. Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme,Lire l'Ancien Testament, Paris, Centurion/Èd. du cerf, 1997, p. 17
  17. Commission biblique pontificale,Le peuple juif et ses Saintes Écritures, Paris, Éd. du Cerf, 2001, n° 85.
  18. *Conférence des évêques de France, Service national pour les relations avec le judaïsme,Déconstruire l'antijudaïsme chrétien, éditions du Cerf, 2023, p. 23


Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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