Plus connue sous le pseudonyme d'Amélie Dubouquet, elle écrit et illustre des ouvrages depédagogie active, des récits autobiographiques et de lalittérature enfantine. Très prolifique, elle signe« G. Dreyfus-Sée » ses écrits d'architecte, « Geneviève Sée » ses œuvres d'historienne de l’art, et « Geneviève D. Sée » ses livres sur laguerre de 1870.
En 1925, elle interrompt ses études pour épouser l’industrielAlbert Dreyfus-Sée et s’installe àValenciennes. Elle décide de ne pas scolariser leurs cinq enfants, mais aménage une « école » à la campagne, avec quelques animaux (« l’Arche de Noé »). Elle y développe une « pédagogie de l’objet » basée sur un empirisme spontané, où l’enfant finit par devenir l’éducateur d’un autre enfant.
En, elle s’enfuit enzone libre avec sa famille et trouve refuge enDordogne, où elle devient cultivatrice. Au printemps 1944, Albert Dreyfus-Sée est fusillé par l’armée allemande dans une opération dereprésailles contre lesRésistants. La famille est dispersée et cachée jusqu’à la fin de la guerre[14]. Sa troisième fille, Jacqueline, atteinte d’un cancer, meurt en 1949. Ses livres,La Maison des collines etLa Vie intérieure des enfants, évoquent ces drames familiaux.
Après-guerre, sa tentative de reconstituer dans leNord un village d’enfants déportés sur le modèle du village d'enfantsPestalozzi, àTrogen[15], la fait remarquer d’André Bloc, directeur deL’Architecture d’aujourd’hui. De retour à Paris, elle écrit des articles et dirige des numéros spéciaux dans les revues d'architecture d'avant-garde tout en poursuivant ses recherches pédagogiques. Elle publie abondamment, en particulier dansL'École nouvelle française, revue fondée parRoger Cousinet, et développe des outils depédagogie active, dont certains enbraille. « Amélie Dubouquet » devient un nom familier de la littérature enfantine lorsqu'elle rejoint les collections duPère Castor.
Sa démarche de théoricienne de l'architecture se prolongera dans l’écriture de livres d’histoire de l’art sur les cités de l’Égypte antique et sur l’art roman. Elle écrit et réalise des documentaires autour descathédrales. Ses dernières parutions littéraires traitent de l’histoire dusiège de Paris et de l'invention de l’aéropostale, des histoires qui ont bercé son enfance.
«Toute personne humaine, peut ressentir le choc de l'expérience intérieure qu'il s'agisse d'un choc moral, intellectuel, esthétique, religieux ou de tout autre domaine, et chacun peut, au-delà de l'insuffisante richesse du langage, communiquer cette expérience à autrui (...)[16] »
Cinquante petites histoires sur les tissus, illustrées par l'auteur et parRoland Bechmann, Imprimerie Dupuis-Lesne, 1933.
Le Dictionnaire-aux-mille-images, dessins de l'auteur, éditions La Province, 1935. Réédition 1948[17] .
Inexpérience ou L'Enfant éducateur, Victor Michon, 1946. Traduit en espagnol[18] . Réédition 1973[19] .
Méthodes actives dans une classe d'enfants aveugles, avec Serge Guillemet, numéro spécial deL'École Nouvelle Française, 1957.
Les cent problèmes du Petit Poucet, avec les schémas deLucienne Félix, Albert Blanchard, 1959. Traduit en italien[20] , espagnol, serbe et adapté pour les amblyopes[21] .
Tant de Soleil, ou la vie intérieure des enfants, avec Jacqueline Sée, éditions Emmanuel Vitte, 1959.
L'Unité des mathématiques et leur enseignement, avecLucienne Félix, éditions del'École Nouvelle Française, 1961.
Histoire de Monsieur Fève, le jardinier, illustrationsRoland Bechmann, Presses d'Ile-de-France, 1962. Réédition 1967[22] .
Histoire du Bébé Lion qui n’avait plus faim, illustrations deGerda Muller, Le Père Castor-Flammarion, 1962, 1989[23] . Traduit en anglais[24] , allemand et italien.
Histoire du Petit Chien qui sautait toujours dans les flaques, illustrations deGerda Muller, Le Père Castor-Flammarion, 1962, 1990[25] . Traduit en anglais, allemand, italien, arabe et hébreu.
La Maison des Collines, SERG, 1970. Réédition 1976[26] .
Les petits hommes verts - les petits hommes rouges, illustrations de Maryse Graticola, Le Père Castor-Flammarion, 1977.
Histoire des quarante jours (en italien), traduction Gabriella Armando, Armando Armando, Rome, 1973. Réédition 1980[27] .
Gli animali di Noè, illustrations de C. Cerretti, Nuove Edizioni Romane, 1998.
Histoire du Petit chien et autres histoires, poche Castor, Flammarion, réédition 1999. Traduit en italien[28].
Histoire du petit singe ;Histoire du bébé lion ; Histoire du bébé ours ; Histoire du petit chien - illustrations d'Annick Bougerolle, Le Père Castor-Flammarion, 1999, 1999, 2000, 2001.
Le dictionnaire-aux-mille-mots – La lumière par le livre. Chambey, 1948.
Les quatre livrets d'exercices du dictionnaire aux-mille-mots, Chambey, 1958.
Le petit livre des couleurs , « La lumière par le Livre», Chambey, 1959. Traduit en italien[29].
Suite de monuments de I 'architecture grecque ancienne, (textes en braille et en noir pour animer les maquettes du sculpteur G. Gaeta), federazione Nazionale pro ciechi, Rome, 1959.
Sculpture, poésie et musique de la France médiévale, Geneviève Sée, avec la collaboration de Marguerite Desfarges,Régine Pernoud,Solange Corbin, photographies d'André Vigneau, SERG, 1971.
Naissance de I 'urbanisme dans la vallée du Nil, Geneviève Sée, photographies de Jacques Marthelot, SERG, 1973.
Grandes Villes de L'Égypte antique, Geneviève Sée, photographies de Jacques Marthelot, SERG, 1974.
Aujourd'hui Paris - les 133 jours du Siège 1870-1871, par ceux qui les ont vécus, Geneviève D. Sée, éditions Les sept vents, 1987.
Une guerre sans sépulture, Geneviève D. Sée, préface du général Copel, 1993. Inédit déposé à la BNF[30].
L'oubli, Geneviève D. Sée, imprimerie Diazo, 1994. Inédit déposé à la BNF[30].
Fonds Amélie Dubouquet/Geneviève Dreyfus-Sée au centre de ressources duMusée national de l’éducation : livres, articles, inédits, correspondance, développements sur la « pédagogie de l’objet »[31],[32].
Bibliographie complète constituée par Eva Renz en marge de son mémoire de maîtrise d’histoire de l’Art,Lucien Bechmann architecte 1880-1968, sous la direction du professeur Pierre Vaisse - Université de Nanterre Paris X,.
« Geneviève Dreyfus-Sée » , par Marie-Laure Crosnier Leconte, Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts de Paris (1800-1968) - INHA[3].
« Geneviève Sée »-Le Dictionnaire universel des créatrices , par Dorothée Lagard, sous la direction de Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber, Éditions des Femmes, 2013[33].
Une femme à travers le XXe siècle - Les sept vies de Geneviève Sée alias Amélie Dubouquet. Textes et dessins de Geneviève Sée, présentés par Dorothée Lagard, Les impliqués éditeur, juillet 2024.
↑Roger Cousinet était inspecteur d'Académie dans le Nord.
↑Elle rencontre Kees Boeke en 1936, au Congrès International d'Éducation nouvelle, à Cheltenham. Il l'invite à Hollande.
↑G. Dreyfus-Sée, « L'École-atelier de Bilthoven »,Ecole Nouvelle Française N°1,,p. 17-18.
↑G. Dreyfus-Sée, « Quelques aspects du Weerkplaats vus de France »,dans un ensemble de témoignages d'éducateurs sur Kees Boeke,,p. 17.
↑Conférence au Musée Royal d'Art et d'Histoire de Bruxelles sous la présidence d'Emmanuel Mounier, dans une série de conférences pédagogiques instaurées par la revue Esprit : "Comment (ne pas ?) apprendre à dessiner aux enfants", 26 mars 1936.
↑G. Dreyfus-Sée, « Le village d'enfants Pestalozzi à Trögen, Suisse »,École Nouvelle Française N°8 et N°9/10, mai et juin/juillet, 1948,p. 153-156 et 181-184.
↑Geneviève Dreyfus-Sée, « La communication de l'expérience intérieure »,arch. MUNAE, 1966.