Prince de Bourbon et Bourbon (Borbón y Borbón), le nouveau-né reçoit des prénoms rendant hommage à la dynastie à laquelle il appartient, au pape et à certains saints Espagnols. Il est baptisé Alphonse, François, Pie, Ferdinand, Jean de Marie de la Conception, Grégoire Pelayo (Alfonso Francisco Fernando Pío Juan de María de la Concepción Gregorio Pelayo). En tant qu'héritier du trône d'Espagne, il reçoit le titre deprince des Asturies. Son parrain et sa marraine sont leroi et lareine des Belges[2].
En 1868, alors qu'il est encore un enfant, sa mère est détrônée par la « glorieuse révolution » qui envoie la famille royale en exil. Celle-ci s'installe àParis. Du fait de son éloignement, le jeune prince acquiert une expérience inestimable car il se frotte à d'autres systèmes politiques enFrance, enAutriche et auRoyaume-Uni. Il est le premier prince des Asturies à profiter d'une formation militaire à l'étranger.
À Paris, sa première école est lecollège Stanislas. Le, la famille déménage provisoirement àGenève où en plus des cours particuliers, il suit l'enseignement de l'Académie publique. ÀVienne, on le retrouve à l'Académie royale et impériale, puis en Angleterre à l'Académie royale militaire de Sandhurst. Le futur roi connaît ainsi de première main leconstitutionnalisme anglais. Dans la correspondance d'Alphonse avec sa mère, il apparaît clairement que la famille royale ne dispose alors que de faibles moyens d'existence.
Son règne consiste principalement à consolider la monarchie et les institutions et à réparer les dommages laissés par les luttes internes duSexennat démocratique. Il y gagne le titre de « pacificateur ». La nouvelleconstitution est approuvée en 1876. Cette même année, on met fin à laguerre carliste menée par le prétendantCharles de Bourbon. AuPays basque et enNavarre, les privilèges sont réduits. ÀCuba, lepacte de Zanjón suspend les hostilités.
Investiture d'Alphonse XII comme Grand Maître des Ordres Militaires, le 24 février 1877.
Cette même année, une épidémie decholéra se déclare àValence et s'étend à l'intérieur du pays. Alors que l'épidémie atteintAranjuez, le roi exprime le désir de rendre visites aux malades, mais le gouvernement refuse de lui faire prendre ce risque. Le roi se rend toutefois à Aranjuez et fait ouvrir les portes dupalais royal pour loger les troupes de la garnison. Une fois sur place, il console les malades et distribue de l'aide. Lorsque le gouvernement est mis au courant du voyage, il envoie le ministre de la justice, le capitaine général et le gouverneur civil pour ramener le roi à Madrid. À son retour, le peuple le reçoit en héros, dételant les chevaux de sa voiture pour la tirer jusqu'aupalais royal.
Veuf à 20 ans, très affecté par ce deuil, le roi se fiance à l'infanteMarie-Christine, âgée de 26 ans, sœur de sa défunte épouse mais celle-ci meurt avant la célébration des noces.
Il épouse en deuxièmes noces, le, l'archiduchesseMarie-Christine d'Autriche (1858-1929), avec qui il a trois enfants :
À la mort du roi, la reine Marie-Christine devient régente et exile la maîtresse de son mari en France, où elle reçoit le soutien financier de l'ex-reine Isabelle II.