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Alphabet paléo-hébraïque

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Pièces de monnaie de larévolte de Bar Kokhba portant des légendes enpaléo-hébraïque

L'alphabetpaléo-hébraïque (hébreu :כתב עבריktav ivri, « écriture hébraïque » ou, enhébreu moderne,כתב עברי עתיקktav ivri atiq, « écriture hébraïque antique »), également appelé dans le Talmudktav da'atz (écriture du désert) ouktav ra'atz (écriture brisée)[1], est dérivé duprotosinaïtique utilisé pour écrire l'hébreu à partir duXe siècle av. J.-C. L'écriture paléo-hébraïque sera utilisée jusqu'au Ier siècle de notre ère, alors définitivement supplantée par l'écriture araméenne (en hébreu :Ktav ashouri) également en usage depuis le retour d'Exil de Babylone auVe siècle av. J.-C.

Origine

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La plus ancienne inscription connue utilisant l'alphabet paléo-hébraïque est peut-être l'ostracon de Khirbet Qeiyafa entre -1050 et -970. D'après certains spécialistes, on y retrouve les mots d'un texte enhébreu ; d'autres y voient un texte écrit enprotosinaïtique.

Ensuite vient peut-être lecalendrier de Gezer datant de la fin duXe siècle av. J.-C., que certains spécialistes identifient à un texte utilisant l'alphabetpaléo-hébraïque, alors que d'autres y voient, tout comme l'ostracon précité. D'ailleurs, les inscriptions sur ce calendrier affichent de fortes ressemblances avec des inscriptions phéniciennes contemporaines àByblos. L'abécédaire de Zayit est daté par l'épigraphie de la même période.

Des éléments en hébreu sont visibles parmi les inscriptionsmoabites de lastèle de Mesha. Des inscriptions en hébreu duVIIIe siècle av. J.-C. montrent plusieurs caractères spécifiques et exclusifs faisant penser à certains chercheurs modernes que l'alphabet paléo-hébraïque était largement répandu chez les scribes. Bien que très peu d'inscriptions duIXe siècle av. J.-C. aient été trouvées, la quantité de matériels épigraphiques duVIIIe siècle démontre la diffusion progressive de l'instruction chez les peuples d'Israël et deJuda.

Développement

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Les manuscrits hébreux ont évolué en développant de nombreux éléments cursifs, les éléments lapidaires enpaléo-hebraïque étant progressivement mis de côté avec le temps. Ce rejet de l'écriture lapidaire peut expliquer pourquoi la coutume de l'érection de stèles par les rois portant des inscriptions votives pour leur divinité n'était pas largement diffusée en Israël. Même les inscriptions gravées duVIIe siècle av. J.-C. montrent des éléments de style cursif comme l'ombrage, qui est produit naturellement par l'utilisation d'un stylet et de l'encre. L'inscription de Siloé, de nombreuses inscriptions dans des tombes deJérusalem et des centaines de sceaux hébreux duVIe siècle av. J.-C. sont des exemples de ces éléments cursifs dans des gravures. Le manuscrit cursif le plus développé figurent sur les 18ostraca de Lakish, des lettres envoyées par un officier au gouverneur de Lakish peu avant la destruction de Jérusalem en586.

Déclin

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Après la capture babylonienne de Juda en 586av. J.-C., la plupart des élites sont envoyées en exil. Les paysans, restés à Juda, continuent d'utiliser l'alphabet paléo-hébraïque tandis que les exilés adoptent la langue diplomatique de l'époque c'est-à-dire l'araméen, à la fois comme langue vernaculaire et comme alphabet[2]. Des anses de jarres duVIe siècle av. J.-C., sur lesquelles figurent les noms de quelques viticulteurs, sont des exemples de cette survivance du paléo-hébraïque. Cependant, avec le retour des exilés après - 521, l'araméen, dont ils sont imprégnés, s'impose peu à peu. À partir du début duVe siècle av. J.-C., alors que l'araméen est devenu un moyen de communication officiel, l'alphabet paléo-hébraïque continue cependant d'être utilisé par des scribes érudits, pour la plupartsadducéens, pour écrire laTorah. Des fragments paléo-hébraïques ont été trouvés dans lesrouleaux de la Mer Morte, notamment pour écrire le tétragrammeYHVH. La grande majorité des pièces de monnaiehasmonéennes, ainsi que celles de lapremière guerre judéo-romaine et de larévolte de Bar Kokhba, portent des légendes en paléo-hébraïque.

Lesrouleaux desSaintes Écritures utilisés dans leTemple de Jérusalem étaient écrits avec cet alphabet paléo-hébraïque et lescohanim (grands prêtres) les utiliseront ainsi jusqu'à la destruction duTemple en 70 de l'ère courante[3].

L'utilisation de cet alphabet disparaît totalement après135apr. J.-C., du moins chez les Juifs. LesSamaritains continuent aujourd'hui à en utiliser une variante, l'alphabet samaritain.

L'usage d'écrireYHVH en caractères archaïques s'est prolongé jusqu'auVe siècle comme en témoigneJérôme de Stridon.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Joseph Cohen,L'écriture hébraïque, éditions du Cosmogone, 1997, Lyon.(ISBN 2-909781-59-3)
  • Greenfeld, Jonas C. (2001).Al Kanfei Yonah: Collected Studies of Jonas C. Greenfield on Semitic Philology.Brill Academic Publishers.(ISBN 90-04-12170-6)

Notes et références

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  1. Joseph COHEN, « L’écriture hébraïque (bref aperçu historique) », surmorim.com,
  2. Naissance de l'écriture hébraïque par Laurent Hericher
  3. Sur les plus anciens manuscrits de laSeptante, leNom de Dieu YHVH n'est pas écrit engrec mais est recopié des rouleaux duTemple en caractères paléo-hébraïques

Liens externes

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