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Chacun des symboles d'un alphabet ougraphèmes, est appelé « lettre ». Dans les cas les plus simples, chaque lettre correspond à un phonème de la langue et inversement. Certaines lettres peuvent recevoir un ou plusieursdiacritiques afin d’étendre le stock de graphèmes si celui-ci est insuffisant pour noter les sons de la langue ou permettre d’éviter les ambiguïtés. De la même manière, un alphabet peut être étendu par l’utilisation dedigrammes ou encore delettres supplémentaires.
Tablette scolaire sur laquelle sont inscrites les lettres de l'alphabet ougaritique. L'une des plus anciennes attestations de l'ordre alphabétiqueABCD.
Lesévolutions phonétiques d’une langue se produisant à un rythme différent de l’évolution écrite, l’écriture alphabétique ne garantit en aucune manière une correspondance biunivoque entre les phonèmes et les graphèmes. Ainsi en français, /s/ se note aussi bienc,ç,s,ss,sc,t oux.A contrario,s peut se prononcer /s/, /z/ ou être muet. Le français comporte même deshomographes non homophones comme dans les phrases« Le vent est à l’est » ou« les poules du couvent couvent ». Certaines langues, notamment les langues construites comme l’espéranto ou lepandunia, onta contrario une écriture totalement phonétique.Dans la majorité des cas, avec quelques exceptions comme lehongrois, ce sont des langues écrites depuis peu dont la transcription au moyen de signes alphabétiques a fait l’objet d’une recherche planifiée[réf. nécessaire].
Enfin, un alphabet n'est pas toujours relié à une forme d'écriture manuscrite mais demeure une collection de symboles comme dans les alphabetsbraille,sémaphore,morse.
Les plus anciennes traces de l'ancêtre de tous les alphabets actuels se situent dans le désert duSinaï aux alentours duXVe siècle av. J.-C. Cet alphabet est exclusivementconsonantique (abjad). Les lettres sont initialement représentées par despictogrammes apparentés auxhiéroglyphes égyptiens mais servent à noter unelangue sémitique. Par exemple « A » (retourné) figurait une tête de taureau avec ses cornes ; on a utilisé ce pictogramme pour noter le son initial du nom qui désignait la chose dans la langue (A=aleph, nom du taureau en Hébreu - ou bœuf)[1] ; enfin, on a donné à la lettre alphabétique nouvelle le nom de la chose que figurait le pictogramme originel (aleph est le nom de la lettre A).
Les deux premières lettres de l’alphabet grec,α (alpha) etβ (bêta), ont pour origine les deux premières lettresphéniciennes : lecoup de glotte et /b/, dont le nom signifiait vraisemblablement « taureau » et « maison ».
ont été classées dans cette liste des écritures qui ne sont pas réellement des alphabets mais desabjads, c'est-à-dire des écritures ne notant que les consonnes ou principalement les consonnes, souvent nommés de manière courantealphabets. On se reportera à l'article en question pour plus de détails. Dans ces écritures, de plus, les lettres ont plus ou moins tendance àchanger de forme selon le contexte ;
lesalphasyllabaires ─ écritures notant les consonnes accompagnées d'une voyelle fondamentale par un seul signe mais indiquant les autres voyelles par un signe annexe ─ sont recensés dans leur propre article, bien qu'on les nomme souvent mais improprement aussialphabets. Dans ces écritures, les lettreschangent souvent de forme selon leur place dans la syllabe ;
le fonctionnement duhangul en fait une écriture très originale mais bien alphabétique : les phonèmes sont visuellement regroupés par syllabe mais les blocs syllabiques créés ne constituent pas des graphèmes indépendants.
Les langues dont la notation écrite est récente (nombre delangues africaines), celles dont l'écriture n'est pas latine voire alphabétique (mandarin,japonais) ou celles dont l'écriture est ambiguë et nécessite une explicitation phonétique dans le cadre de textes didactiques sont le plus souvent écrites outranscrites au moyen de signes alphabétiques (latins pour l'essentiel). Ainsi, certaines langues africaines sont écrites au moyen de l'alphabet pan-nigérian, des langues purement orales le sont de plus en plus grâce à l'alphabet phonétique international (qui permet de noter plus ou moins bien toutes les langues), une langue à écriture non alphabétique comme lemandarin peut être transcrite enpinyin et l'on utilise enphonétique historique deslangues romanes latranscription de Bourciez, toutes écritures alphabétiques.
Certains auteurs de littératurefantastique et descience-fiction ont développé un alphabet imaginaire pour donner un relief supplémentaire aux peuples et aux cultures qu'ils ont créés :
L'aurebesh basic deStar Wars, développé par Stephen Crane pour West End Games dans leCompanion Star Wars Miniatures Battles (1994), pour une utilisation dans le jeuStar Wars Miniatures Battles Games etStar Wars: Le jeu derôle. Il y aura aussi des aurebesh créés pour les cultures mandalorienne, géonosienne, umbari, etc.
l'alphabet galactique standard utilisé dans les jeux vidéoCommander Keen ;
les différents alphabet hyliens et sheika utilisés dans les jeux vidéo de la sagaThe Legend of Zelda
« Avez-vous remarqué combien l'Y est une lettre pittoresque qui a des significations sans nombre ? – L'arbre est un Y ; l'embranchement de deux routes est un Y ; le confluent de deux rivières est un Y ; une tête d'âne ou de bœuf est un Y ; un verre sur son pied est un Y ; un lys sur sa tige est un Y ; un suppliant qui lève les bras au ciel est un Y. »Victor Hugo,En voyage – Alpes et Pyrénées, IV Sur la route d'Aix-les-Bains.
Alors qu'il venait d'acquérir vingt-quatre lettrines gravées, un éditeur demanda àPaul Valéry d'y associer vingt-quatre poèmes en prose dont chacun commencerait par une lettre différente. L'écrivain se proposa aussitôt d'y évoquer les vingt-quatre heures du jour, composa le recueil sans tout à fait l'achever, mais ne le publia pas. À certaines lettres de l'alphabet correspondent plusieurs poèmes.
« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles »Arthur Rimbaud, poèmeVoyelles issu du recueilPoésies complètes. Le sonnet de Rimbaud associe les cinq voyelles de l'alphabet latin.
Par extension, l’alphabet devient un concept mathématique abstrait enthéorie mathématique des langages. Mathématiquement, un alphabet est un ensemble, dont les éléments sont appelés lettres, à partir duquel les mots sont engendrés, comme suites de lettres ; cela permet de développer des algorithmes s’appuyant sur cette théorie, avec des applications eninformatique notamment (voir lathéorie des automates).