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| Alois Brunner | |
| Surnom | Georg Fischer Ali Mohammed |
|---|---|
| Naissance | Deutsch Kaltenbrunn (Nádkút en hongrois) (Vas,Autriche-Hongrie) |
| Décès | Inconnue : |
| Origine | Autrichienne |
| Allégeance | |
| Arme | |
| Grade | |
| Années de service | 1932 – 1945 |
| Commandement | Camp de Drancy |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Autres fonctions | Conseiller du gouvernement syrien, vendeur d'armes en Égypte |
| Famille | Marié, une fille (Irena) |
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Alois Brunner, né le àNádkút (enallemand :Deutsch Kaltenbrunn) dans leroyaume de Hongrie, dans l'Empire austro-hongrois[1], située aujourd'hui enAutriche, et probablement mort en ou en àDamas[2], enSyrie, est un membre duparti nazi et un officierSS, qui se rend célèbre par son action contre lesJuifs pendant laSeconde Guerre mondiale dans plusieurs pays d'Europe. Il est l'organisateur des actions duRSHA.
Alois Brunner est l'un descriminels de guerrenazis les plus recherchés, longtemps resté l'un des derniers criminels de guerre nazis en vie et impunis. En Syrie, il devient conseiller d'Hafez el-Assad, aide à former lesservices de renseignement, à organiser la répression et la torture dans lesprisons du régime.
Aloïs Brunner naît en 1912 àNádkút enHongrie à 150 km au sud deVienne. Son père, Joseph Brunner et sa mère, Anna Kruise, sont de petits paysans duBurgenland, profondémentcatholiques etantisémites. À l'âge de15 ans, il devient apprenti dans un grand magasin deFürstenfeld, enAutriche.
En1931, à l'âge de19 ans, il adhère auNSDAP. Il s'inscrit en 1932 à l'école de police privée deGraz. Il intègre laLégion autrichienne, vivier des futurs responsables de laShoah, en 1933. Il y côtoie :Adolf Eichmann,Odilo Globocnik,Rolf Günther,Ernst Kaltenbrunner,Franz Novak,Franz Stangl… Âgés, pour la plupart, de vingt à trente ans, ces hommes sont les cadres dirigeants de l'Office central pour l'émigration juive à Vienne, fondée en par Adolf Eichmann. La même année, Brunner entre à laSS puis auSD en 1939[1].
Il devient par ses fonctions l'un des rouages importants de laSolution finale aux côtés d'Adolf Eichmann. Il est notamment l'instigateur des faits suivants :
À partir du, Eichmann dirige depuis Berlin lasection IV B4 de laGestapo, chargée des affaires juives. Brunner lui succède à la tête de la Centrale de Vienne qui devient le « laboratoire » pour l'internement et la déportation des Juifs du Reich et des pays occupés. Dès, Brunnerfait déporter un millier de Juifs autrichiens àNisko près deLublin. Il est promuObersturmführer (lieutenant SS), l’année suivante. À Vienne, suivant le modèle duJudenrat mis en place dans les communautés juives de Pologne, il impose aux Juifs d'Autriche la création d'unepolice juive ouJupo qui est chargée de coopérer à la constitution de cinq convois de déportés en direction de Lublin, du au. À partir d’, il interdit l’émigration des hommes juifs âgés de 18 à45 ans. Du au, cinq nouveaux convois sont dirigés vers leghetto de Łódź. En, quinze jours après laconférence de Wannsee qui organise laSolution finale du « problème juif », Brunner est promuHauptsturmführer (capitaine SS) et, en juillet, inspecteur de la SIPO-SD. Du au, six nouveaux convois de Juifs quittent l’Autriche pour Lublin. 5 000 Tziganes sont également déportés sur ordre de Brunner[1].
Nommé ensuite àBerlin, en, il y organise en deux mois la déportation de 20 000 Juifs.
Le, Alois Brunner etDieter Wisliceny arrivent enGrèce. Pour organiser la déportation de lacommunauté juive de Salonique[Note 1], ils imposent aux Juifs de Grèce leslois de Nuremberg. Les Juifs sont rassemblés fin dans quatre ghettos :Kalamaria, Singrou, Vardar etAgía Paraskeví près d'Athènes. Ils sont ensuite transférés dans un camp de transit du quartier du baron Hirsch jouxtant la gare de Salonique, à l'ouest de la ville. De là, les trains de la mort les emmènent àAuschwitz-Birkenau. Pour accomplir leur mission, les SS imposent à la communauté juive la création d'une police juive à leur service.
De mars à, plus de25 convois quittent Salonique pour Auschwitz-Birkenau parBelgrade etVienne. Le premier convoi arrive à Auschwitz dans la nuit du 20 au. Fin mars, un convoi part pourTreblinka. En tout, 46 000 Juifs sont déportés : 43 850 de Salonique même, 1 132 des villes environnantes et 1 002 de la zone est-Egée. Le voyage d'un convoi dure une dizaine de jours en moyenne. L'état d'affaiblissement des victimes est tel à l'arrivée que la plupart des survivants sont immédiatement destinés à lachambre à gaz.
Dans le dernier convoi, qui part le, se trouvent367 Juifs protégés par leur nationalité espagnole qui sont déportés àBergen-Belsen puis de là purent être transférés àBarcelone puis auMaroc, certains purent atteindre laPalestine mandataire.
Le, Brunner est nommé à Paris afin d'intensifier le processus de déportation des Juifs de France. Dépendant directement de Berlin, Brunner court-circuite l’autorité duJudenreferent-SSHeinz Röthke, dans la mise en œuvre de la déportation des Juifs de France.
Accompagné de son équipe mobile de SS autrichiens, Brunner dirige lecamp de Drancy à partir du. Il prend en main directement la gestion du camp à partir du et cantonne les gendarmes français à sa garde extérieure. Il réorganise le fonctionnement interne du camp et y fait régner un système de terreur qui s’abat sur les internés. Selon des techniques éprouvées à Vienne, à Berlin et à Salonique, Brunner crée également une police juive au sein même des internés dont il réorganise la hiérarchie.
Cependant, en contrepartie, la nourriture et les conditions d’hygiène s’améliorent, grâce aux colis collectifs de l’Union générale des israélites de France (UGIF).
Le, il fait fermer les camps dePithiviers et deBeaune-la-Rolande et fait regrouper les Juifs raflés à Drancy.
Il organise le départ des déportations non plus de lagare du Bourget mais de lagare de Bobigny pour des raisons de discrétion et de logistique.
On estime le nombre de Juifs vivant ou réfugiés sur la Côte d'Azur en 1943 à 25 000[3].
À partir du, à la suite de l’armistice signé entre l’Italie et les Alliés, la Gestapo entre à Nice et y organise la traque des Juifs selon un plan préétabli par Röthke et Brunner. Les rafles sont pratiquées dans toute l'anciennerégion d'occupation italienne avec une méthode, une intensité et une cruauté jusque-là inusitées en France :
Lesréseaux de résistance délivrent force faux papiers, mais jusqu'au, 2 500 Juifs sont arrêtés et détenus à l’hôtel Excelsior près de la gare de Nice ; le docteurAbraham Drucker, médecin juif interné aucamp de Drancy, transféré à Nice pendant trois mois, chargé d'examiner les Juifs arrêtés, témoigne de sa brutalité[Note 2]. Brunner demeura dans la région niçoise du au, parvenant à déporter 1 820 personnes en28 convois, ses successeurs en raflant 1 128 autres (18 convois) jusqu'à la fin[4]. Une stèle commémorative a été édifiée devant l'hotel Excelsior[5].Charlotte Salomon,Serge Klarsfeld père de Arno Klarsfeld, Roman Joffo, père deJoseph Joffo, André, Jean etSimone Jacob font partie des déportés.
À partir de, Brunner fait procéder à des rafles en province et en région parisienne. En, son passage àGrenoble entraîne l'arrestation de Juifs dans la ville[6].
Conjointement avecHelmut Knochen, chef de la police de sécurité en France, il signe, le, un ordre d'arrestation de tous les Juifs de nationalité française restant sur le territoire : orphelinats, prisons, camps de travail sont vidés de leurs occupants juifs, les campagnes sont ratissées… Cette dernière vague d'arrestation a pour conséquence la déportation de 6 000 Juifs (parfois dénoncés pour toucher une prime réservée aux délateurs) envoyés de France dans les camps d'extermination en Pologne[7]. Seuls les conjoints de non-Juifs sont, depuis 1943, en principe, provisoirement épargnés au profit de l’Organisation Todt ou d'autres camps en région parisienne.
Brunner reçoit, dans la traque des Juifs, l'aide de laMilice deJoseph Darnand.
En, Brunner fait partir un convoi de 1 500 personnes.
Mais les arrivées à Drancy se font de plus en plus rares, et malgré ledébarquement de Normandie, il veut absolument continuer les déportations de Juifs. Dès lors naît en lui l'idée de se rabattre sur les centres d'enfants qui sont entretenus par l'UGIF à Paris et en banlieue. Il rassemble ainsi à Drancy cinq cents enfants âgés de un à quinze ans, accompagnés de leurs directeurs et de leurs assistances sociales. Le, 1 314 personnes, dont trois cents enfants quittent Drancy en direction du centre de mise à mort d'Auschwitz-Birkenau (convoino 77). Parmi eux se trouvent les20 petites filles de l'orphelinat de Saint-Mandé et leur directrice,Thérèse Cahen[8].
Il fait partir un dernier convoi de Drancy, le, avant que les derniers internés ne soient libérés par le consul de SuèdeRaoul Nordling. Aidé de la gendarmerie française, il a fait déporter en un an, 22 427 hommes, femmes et enfants, soit près du tiers des déportés juifs de France.
En, àBratislava, il assisteJosef Witiska, chef de l'Einsatzgruppe H, dans le processus de déportation des Juifsslovaques[9]. Il organise, dans la nuit du 25 au, la rafle de 1 800 Juifs de la capitale slovaque qui sont internés avec les 5 000 ducamp de concentration de Sereď, antichambre d’Auschwitz. Plus de 13 500 Juifs sont déportés deSlovaquie sur ordre de Brunner.
Le dernier convoi qu'il organise avant la fin de la guerre part le de Sered[10].
Après avoir démantelé le camp de Sered en 1945, Brunner réussit à gagner Vienne puis, en avril,Prague où se trouve replié le QG d’Eichmann.
Lors de l’entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie, il prend une nouvelle identité, « Aloïs Schmaldienst » et réussit à se soustraire aux partisans tchèques. Il est finalement interné dans un camp américain près de Vienne. Il semble que son identité soit confondue avec celle d'Anton Brunner, qui est exécuté, ce qui lui permet d'échapper aux Alliés[10]. Libéré, il mène une existence paisible àEssen, en Allemagne, bien que figurant sur la listeno 1 des criminels de guerre établie par leTribunal militaire international de Nuremberg[11]. Craignant d’être découvert, il s'enfuit enÉgypte en 1953, avant de gagner la Syrie en 1954, aidé parMohammed Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem[2]. Il y retrouveFranz Rademacher qui l'embauche dans sa société Orient Trading Company (OTRACO), sous le nom de Georg Fischer[2].
Brunner est condamné à mort parcontumace par leTribunal permanent des forces armées à Paris, le[12],[13].
Le, il est condamné à nouveau en France par contumace à la prison à perpétuité pourcrimes de guerre etcrimes contre l'humanité[14].
Il est traqué sans relâche parSimon Wiesenthal, mais trouve refuge à Damas[15] où il serait connu sous le nom de « Dr Georg Fischer » ou bien « Ali Mohammed ». L'Allemagne et d'autres pays réclament sans succès son extradition.
Une photo, prise en 1961, le représente alors affublé d'une moustache, contrairement à son habitude[16]. Le de cette même année, leMossad (services secretsisraéliens) l'ayant localisé, lui envoie uncolis piégé : deux agents de la poste de Damas sont tués, Brunner (qui se fait alors appeler « Fisher ») n’est que blessé bien qu’il soit donné mort par la police. Brûlé au visage, il perd l’œil gauche. Un autre colis piégé est envoyé en 1980, lui causant la perte de plusieurs doigts[17].
En 1966, après le coup d'État qui porte leparti Baas au pouvoir, Alois Brunner commence à conseiller lesservices de sécurité syriens[2]. Pour Serge Klarsfeld,« Le clan Assad devait éprouver de la sympathie pour celui qui, comme eux, éprouvait de la haine contre les Juifs. D’après les services spéciaux, cet ancien ingénieur de la solution finale a transmis son savoir-faire et a contribué à la montée d’Hafez el-Assad au pouvoir. »[18] Il prend encore plus d'importance en 1971 après le coup d'État qui placeHafez el-Assad à la tête de la présidence[2]. Selon ses anciens gardes de lasécurité d'État, « il est allé voir directement Hafez al-Assad en se présentant comme un proche d’Hitler. Et c’est là qu’il a été désigné comme un de ses conseillers »[19]. Il forme tous les chefs derenseignement syriens[2],[20] et aide à mettre en place la répression[21] ainsi que des techniques detorture dans les prisons[17]. Hedi Aouidj etMathieu Palain écrivent dans leur ouvrageLe nazi de Damas : « Avec l’aide d’Aloïs Brunner, le nouveau président syrien met sur pied un appareil répressif d’une rare efficacité. Complexe, divisé en nombreuses branches qui toutes se surveillent et s’épient, fonctionnant sur la base du cloisonnement absolu, cet appareil s’érige sur un principe : tenir le pays par l’usage d’une terreur sans limites. »[19]
En 1982,Beate etSerge Klarsfeld localisent son adresse et établissent même un contact téléphonique avec lui, forçant la France et l'Allemagne à déposer une demande d'extradition auprès de la Syrie. En 1985, le journal allemandBunte parvient à le photographier, ce qui permet à la police criminelle de Wiesbaden de l'identifier formellement[2].
Dans une interview accordée auChicago Sun-Times, Brunner déclare en 1987 à propos desJuifs exterminés :« Tous méritaient de mourir parce que c'étaient les envoyés du diable et des ordures humaines. Je n'ai aucun regret et je le referais »[22]. En,Interpol lance contre lui unmandat d'arrêt international.
Une rumeur fait état de la mort de Brunner, en 1992, en Syrie. Sa fille, Irena Ratheimer, mariée à un député autrichien, n'a jamais confirmé ce décès. L'enquête pour attester la présence d'Alois Brunner, alias Georg Fisher, au 7, rue Georges-Haddad, à Damas, s'avère impossible, tout comme celle pour vérifier si des obsèques chrétiennes ont bien été célébrées pour lui, ou l'existence d'un enterrement dans un cimetière de Damas[23].
En 1995, le procureur de l'Allemagne annonce une récompense de 333 000 dollars pour toute information qui permettrait son arrestation. En, des rumeurs font état de sa mort en 1996. Des journalistes allemands qui avaient fait un séjour en Syrie affirment qu'il est toujours vivant et qu'il réside à l'hôtel Méridien de Damas.
En, le ministère de la Justice autrichien annonce sur son site qu'une récompense de 50 000 euros est promise à toute personne qui fournirait des informations pouvant conduire à localiser ou capturer Alois Brunner etAribert Heim.
En, le gouvernement allemand admet avoir détruit des documents concernant la localisation de Brunner, lachute du mur de Berlin, en 1989, ayant bouleversé la procédure d'extradition en cours[24].
Fin, lecentre Simon-Wiesenthal annonce son probable décès en 2010, à Damas, à l'âge de98 ans, selon les informations recueillies par un ancien agent des services secrets allemands ayant servi auMoyen-Orient[25].
Une enquête de la revueXXI publiée le aboutit à la conclusion qu'Alois Brunner est mort dans un cachot àDamas en 2001 où il était enfermé depuis la fin des années 1990, après avoir été durant de longues années le protégé du régime deHafez el-Assad[2]. Selon le journaliste Hedi Aouidj :« Il se promenait dans Damas, et peu à peu il a été de plus en plus enfermé ; il est mort en 2001 dans un cachot, seul, car il a été lâché parBachar el-Assad. Ce régime c'est comme la mafia. On l'a laissé dans ce cachot en se disant que peut-être on en aurait besoin plus tard »[20]. Il serait mort dans ce lieu, décrit comme« au sous-sol d’une résidence habitée par des civils », dans Damas[26].
| Cadre juridique |
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| Rafles |
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| Camps |
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| Assassinats et déportation | |||||||||||||||||||||||
| Responsables allemands de la mise en œuvre | |||||||||||||||||||||||
| Responsables français de la mise en œuvre |
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| Spoliation | |||||||||||||||||||||||
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| Documentation | |||||||||||||||||||||||
| Lieux de mémoire |
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| Justes parmi les nations |
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