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| Nom de naissance | Alice Sapriç |
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Alice Sapriç, franciséSapritch, née le àOrtaköy (Empire ottoman, actuelleTurquie) et morte le àParis VIe, est uneactricefrançaise d'originearménienne.
D'origine arménienne[1], Alice Sapritch passe son enfance àIstanbul. La famille Sapriç (graphie originale du nom) connaît de gros problèmes financiers dus aux dettes de jeu de son père, professeur de français aulycée de Galatasaray àIstanbul[2]. Elle qualifie son enfance de malheureuse[3] et dira :« Je n'aime pas l'enfant que j'ai été. Mon enfance n'a rien à voir avec la femme que je suis devenue. Je n'accepte pas de m'en souvenir[4] ». À treize ans, elle quitte laTurquie avec sa mère et ses deux sœurs pour vivre àBruxelles chez sa grand-mère maternelle, fondatrice et directrice d'une maison de haute couture[5]. À l'âge de seize ans elle part toute seule àParis et devient modèle pour des artistes, notamment pour le sculpteurCharles Despiau[4]. Elle entre auCours Simon, puis, en 1939, auConservatoire national supérieur d'art dramatique dans la classe deGeorges-Gustave Toudouze[6], et deMadame Dussane[7], où elle reçoit en 1941 un second accessit de tragédie au concours[8]. Son premier rôle est, en 1943, celui de la reine Gertrude dansHamlet deShakespeare[9]. Elle montre une certaine aisance dans des pièces en costumes.
Pendant l'Occupation[10], elle rencontreGuillaume Hanoteau[11], marié et père de famille, dont elle devient la compagne et avec lequel elle se marie en 1950. Ils divorceront en 1971[12] après qu'il l'ait trompée avec une jeune comédienne tandis qu'elle était enEspagne pour le tournage deLa Folie des grandeurs[13].
L'année 1950 marque ses débuts au cinéma : elle tourne cette année-là dansLe Tampon du capiston, dont son mari a écrit le scénario. On la retrouve dansLe Crime du Bouif (1952), puis, aux côtés d'Yves Montand, dansPremier mai (1958). Elle enchaîne les petits rôles dans des films deClaude Autant-Lara (Le Joueur, également en 1958),Robert Hossein (Les Scélérats, 1959),Gérard Oury (La Menace, 1960),Jean Cocteau (Le Testament d'Orphée, 1960),François Truffaut (Tirez sur le pianiste, 1960) et autres, mais elle ne rencontre pas la notoriété espérée.
En 1959,André Frank, responsable des émissions dramatiques à la télévision, lui suggère de faire de la télévision. Commence alors une carrière à la télévision qui lui apportera le succès et la notoriété et lui fera dire : « Ma vie ne commence qu'avec la télévision[4] ». Elle joue ainsi dans de nombreuses adaptations :Tous ceux qui tombent,Mathilde,La Cousine Bette, d'après Balzac,Destins, d'après Mauriac (1965),La Bonifas, d'après Jacques de Lacretelle (1968),Le Chevalier des Touches, d'après Jules Barbey d'Aurevilly (1966),Le Curé de village, d'après Balzac (1968),Vipère au poing, d'aprèsHervé Bazin (1971).
Au cinéma, le succès arrive en1971, à l'âge de cinquante-cinq ans, convainquant le public dans un registre comique, lorsqu'elle incarne la duègne qui tente de séduireYves Montand dansLa Folie des grandeurs, le quatrième plus gros succès deGérard Oury[14]. Elle y rivalise avecLouis de Funès (déjà croisé dansSur un arbre perché) etYves Montand.
Malgré des prestations remarquées, elle enchaîne durant les années 1970 des comédies qualifiées denanars[3]. Elle rejoint l'équipe deMichel Gérard, adepte du genre, accompagné de son coscénaristeVincent Gauthier et du duoMichel Galabru etPaul Préboist dansLes Joyeux Lurons en 1972 puisLes Vacanciers en 1974.
DansLe Führer en folie dePhilippe Clair, où l'issue de laSeconde Guerre mondiale se déroule lors d'un match de football, elle joue le rôle d'Eva Braun.
Viennent ensuiteGross Paris deGilles Grangier en 1973,Le Plumard en folie deJacques Lemoine en 1974 etDrôles de zèbres, l'unique film réalisé parGuy Lux. Elle continue cependant, pendant cette période, à interpréter des rôles tragiques au théâtre.

Elle abandonne ce style de comédies « à la française » à la fin des années 1970 (sauf pourAdam et Ève en 1984) et redore un peu son blason à la fin de sa carrière grâce à son retour à des rôles dramatiques au cinéma, comme dansLes Sœurs Brontë d'André Téchiné (1979), ou à la télévision avecL'Affaire Marie Besnard en1986, pour lequel elle reçoit un7 d'or.
Son dernier rôle sera celui de l'héroïne éponyme du téléfilm en deux partiesCatherine de Médicis, d'Yves-André Hubert, diffusé en 1989.
Elle enregistre un album de chansons en1975 (réédité en2003) puis sort un 45 tours en1986 :Slowez-moi. Elle écrit également plusieurs ouvrages autobiographiques (Alice,Mes dîners en ville,Femme-public : ma vérité etMémoires inachevés) et un roman (Un amour menacé en 1973).
Claude Véga etThierry Le Luron l'imitent également beaucoup, ce qu'elle prend assez mal au début[15], elle se vengera de Thierry Le Luron en évoquant dans un texte sa petite taille[16]. Dans lesannées 1980, elle participe régulièrement à l'émission desGrosses Têtes, où elle est la cible récurrente des moqueries de ses camarades sur son âge, et où elle lâche son lancinant et sensuel : « T'occupe ! » Elle fait aussi preuve d'autodérision (« Avant, j'étais moche ») en tournant desspots publicitaires pour les produits d'entretien Jex Four, en 1983[17],[18].
Alice Sapritch compte parmi ses plus fidèles amisJean-Louis Bory. Elle lui rend visite presque chaque dimanche alors qu'il se trouve en maison de repos àMontmorency, après la grave dépression qui le conduira à son suicide[19].
Elle est également très proche de la communauté arménienne et participe à de nombreux rassemblements aux côtés de la diaspora arménienne.
Alice Sapritch n'a pas voulu avoir d'enfant, estimant que les enfants d'artiste sont malheureux[20].
Elle meurt d'uncancer le dans leVIe arrondissement[21] deParis[22], à l'âge de 73 ans. Elle est incinérée au crématorium ducimetière du Père-Lachaise àParis et ses cendres sont dispersées dans une rivière[23].
Une pièce-hommage,Allô Alice ? Sapritch à l'appareil !, se joue en 2024-2025 à Paris, avec la comédienne Marie Charlet dans le rôle titre, ainsi que les participations vocales d'Anny Duperey, Lio, Helena Noguerra, Patrick Adler, Sylvain Marceaux[24].